Faut-il avoir peur de l’astéroïde Bennu ?


La Nasa veut faire le même exploit que les Européens sur un astéroïde qui passe à tous les 6 ans près de l’orbite terrestre. Il fallait s’y attendre
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Faut-il avoir peur de l’astéroïde Bennu ?

 

(Agence Science-Presse) L’Agence spatiale américaine s’apprête à explorer un astéroïde géant du nom de Bennu. Pas de panique : contrairement à ce que vous avez pu lire ailleurs, ce gros caillou extraterrestre ne risque pas de détruire la Terre lors de sa prochaine visite, prévue en 2135. Au contraire, la NASA pourrait en apprendre beaucoup sur la constitution de cet objet, mais aussi sur notre origine.

C’est vrai, l’énorme Bennu effraie avec son diamètre de près de 500 mètres. Découvert en 1999, cet astéroïde croise l’orbite terrestre – son orbite, pas la Terre — tous les six ans et voyage à la vitesse de 101 000 km/h. Il devrait s’approcher si près de la Terre, dans près de 200 ans, qu’il pourrait bien passer entre elle et son satellite – et risque éventuellement d’être capturé par la gravité terrestre.

Déjà, les rapprochements avec la boule de feu qui a traversé le ciel de Chelyabinsk, en Oural (Russie) en février 2013, donnent des frissons. Si elle est due au croisement orbital du météore de 19 mètres Duende – cela reste un mystère, les scientifiques y voyant plutôt deux événements séparés – et comme le diamètre de Bennu s’avère 26 fois plus important que ce précédent visiteur, qu’est-ce qui nous tombera sur la tête ?

Pas d’affolement, ce n’est pas le premier astéroïde de belle taille à nous frôler, comme ce qui s’est produit en début d’année – et dont l’impact anticipé avec la Terre n’est pas sans rappeler le film Armaggedon dans les nombreuses manchettes de ces derniers jours.

« La Terre est-elle en sécurité avec l’astéroïde Bennu ? » titre le Scientific American, un peu par provocation. «L’astéroïde Bennu risque d’être le problème de la Terre du XXIIe siècle », ajoute même Space.

Pour nous rassurer un peu, la NASA a calculé le risque de collision : 0,037 %, soit une chance sur 2 700. La probabilité que Bennu viole notre atmosphère est donc faible – ou élevée, si vous êtes pessimiste – d’autant plus que l’on ne connaît pas exactement la trajectoire de cet objet extraterrestre et que des impacts ou les radiations solaires pourraient la modifier.

Le grand voyage d’OSIRIS-REx

Connaître la future route de Bennu constituera l’un des pans de la mission OSIRIS-REx (pour Origins-Spectral Interpretation Resource Identification Security Regolith Explorer) – un acronyme qui rappelle le nom de la divinité égyptienne Osiris, connu pour être le souverain du royaume des morts, mais aussi celui par lequel l’agriculture, et donc la vie, est parvenue aux hommes.

L’objectif principal demeure le prélèvement d’un échantillon de l’astéroïde Bennu, afin d’en analyser sa composition. Lancé au mois de septembre prochain, l’engin spatial mettra deux ans à rejoindre sa cible pour en prélever au moins 60 grammes de minéraux, avant de prendre le chemin du retour et d’atteindre la Terre cinq ans plus tard, en 2023.

Le 8 septembre 2016, OSIRIS-REx emportera donc avec lui de nombreux instruments, dont l’altimètre laser canadien qui cartographiera la surface de Bennu durant six mois et dressera la topographie de ce corps céleste d’exception. En échange, les chercheurs canadiens recevront et analyseront 4 % des échantillons prélevés sur Bennu.

Grâce au système d’acquisition TAGSAM (Touch-and-Go Sample Acquisition Mechanism), la collecte des échantillons se fera au bout d’un bras articulé et grâce à une aspiration rapide des poussières de Bennu – ou plus exactement par propulsion de gaz nitrogène poussant les poussières de minéraux vers la chambre de collecte.

Le risque de rebondir, comme l’a fait l’atterrisseur Philae sur la comète Tchouri, reste très faible pour OSIRIS-REx et ne modifierait pas le captage des minéraux, soutiennent les chercheurs de la NASA – ils assurent qu’un toucher rapide de quelques secondes par le collecteur suffirait pour prendre les échantillons désirés.

Une quête des origines

Les anciens astéroïdes constituent des capsules temporelles pour comprendre les origines de notre système solaire, car ils conservent depuis plus de 4 milliards d’années les matériaux originels de sa constitution. La surface de Bennu, riche en carbone et en histoire, s’avère très attirante.

OSIRIS-Rex va y chercher la présence de matière organique, d’acides aminés et d’eau, sous la forme d’une sorte d’argile. Ces éléments pourraient contribuer à expliquer le démarrage de la vie sur Terre. Si les impacts d’astéroïdes ont pu mettre fin à certaines formes de vie – l’extinction des dinosaures, il y a 65 millions d’années – ils ont aussi, par leur rencontre avec la Terre, pu jouer un rôle de facilitateur pour le grand commencement.

– Isabelle Burgun

http://www.sciencepresse.qc.ca/

Ottawa finance une mission pour étudier un astéroïde menaçant


Parmi tous les astéroïdes qui voyagent dans notre système solaire, Bennu est probablement celle que nous entendrons le plus parler, car selon Sentry (le système de surveillance de la NASA) la probabilité d’impact est de 0.037 %. C’est quand même un caillou de 490 mètres environs. Bon faut dire que c’est dans plus de 100 ans, mais au cas …
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Ottawa finance une mission pour étudier un astéroïde menaçant

 

L'engin spatial devrait atteindre Bennu vers la fin... (Photo PC)

L’engin spatial devrait atteindre Bennu vers la fin de 2018, et le retour sur Terre de l’échantillon que l’on espère prélever est prévu pour 2023.

Photo PC

La Presse Canadienne
TORONTO

Le gouvernement canadien injecte 8,84 millions $ pour financer la construction d’un scanneur qui sera envoyé dans l’espace afin d’étudier l’astéroïde Bennu, qui pourrait entrer en collision avec la Terre vers la fin des années 2100.

À titre de contribution pour cette mission chapeautée par les États-Unis, le Canada produira l’altimètre laser OSIRIS-REx, «un système de cartographie laser ultraperfectionné».

L’altimètre sera intégré à un engin spatial qui sera lancé en septembre 2016, a indiqué le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, en présentant les grandes lignes de ce projet lors d’un événement à Toronto, jeudi.

L’Agence spatiale canadienne et la société technologique MacDonald, Dettwiler and Associates planchent sur l’altimètre, qui servira à créer des cartes 3D inégalées de Bennu pour aider l’équipe de mission à choisir le lieu où l’engin spatial prélèvera son échantillon.

L’engin spatial devrait atteindre Bennu vers la fin de 2018, et le retour sur Terre de l’échantillon que l’on espère prélever est prévu pour 2023.

Selon Tony Clement, le fait d’en apprendre davantage sur les astéroïdes permettra d’en découvrir encore plus sur notre planète et ses origines.

http://www.lapresse.ca