Les plus anciennes peintures figuratives du monde ont plus de 40.000 ans


    Ce n’est pas une découverte de cette année, mais les scientifiques ont établis que les peintures dans une grotte en Indonésie seraient datées de plus de 40 000 ans. Ce n’est donc pas en Europe, ais bien en Asie que serait le berceau de l’art rupestre.
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    Les plus anciennes peintures figuratives du monde ont plus de 40.000 ans

    En bas à gauche de cette photo, le dessin d’un bœuf sauvage datant de plus de 40.000 ans. © Luc-Henro Fage

    En bas à gauche de cette photo, le dessin d’un bœuf sauvage datant de plus de 40.000 ans. © Luc-Henro Fage

    Nathalie Mayer

    Journaliste

    Depuis les années 1990, les chercheurs savent qu’il se cache, dans les montagnes reculées et accidentées de Bornéo, des grottes contenant des peintures datant de la Préhistoire. Aujourd’hui, ils révèlent qu’il s’agit probablement des plus anciennes représentations figurées au monde. Elles dateraient de plus de 40.000 ans.

    L’art rupestre figuratif constitue l’une des principales innovations liées à la culture humaine. Et contrairement à ce qu’imaginaient les chercheurs, il n’a peut-être pas vu le jour en Europe. Mais plutôt en Asie du sud-est comme semblent le suggérer des peintures datant d’au moins 40.000 ans. Elles recouvrent les parois calcaires d’une grotte de Bornéo (Indonésie) et elles représentent un animal étrange, ressemblant vaguement à un bœuf sauvage.

    Des évolutions technologiques à l’origine de la découverte.

    Ces peintures avaient déjà été décrites au milieu des années 1990. Il manquait pourtant une estimation de leur âge. C’est aujourd’hui chose faite grâce notamment à des chercheurs de l’université de Griffith (Australie). Ils se sont appuyés sur une méthode de datation par l’uranium-thorium. Une technique déjà connue depuis plusieurs décennies.

    « Mais avec les évolutions technologiques, nous pouvons aujourd’hui travailler sur de plus petits échantillons », précise Maxime Aubert, l’un des chercheurs impliqués dans l’étude.

    Comment ça marche ? Il faut d’abord savoir que l’uranium est soluble dans l’eau. Et qu’il se désintègre lentement. Sa demi-vie est de l’ordre de 4,5 milliards d’années. En bout de chaîne, il reste du thorium. En mesurant le rapport isotopique de thorium par rapport à l’uranium, il est possible de dater un échantillon.

    Les premiers artistes originaires d’Asie

    Ainsi, les chercheurs ont ici prélevé, autour des dessins rupestres, des échantillons de carbonate de calcium pour lesquels ils ont pu déterminer ce rapport uranium/thorium. Conclusion : la représentation de cet animal sauvage date d’au moins 40.000 ans. Jusqu’alors, la palme du plus vieux dessin du monde revenait à celui d’un babiroussa de 35.400 ans également découvert en Indonésie.

    Ces résultats permettent aux chercheurs de découper désormais l’histoire de l’art rupestre ancien à Bornéo en trois grandes périodes. La première s’étend entre -52.000 et -40.000 ans et comprend des pochoirs à main ainsi que de premiers animaux. Le tout dans des couleurs ocres rouge orangé. À partir de -20.000 ans, les œuvres se tournent vers le monde humain. De couleur plutôt violette, les personnages sont représentés dansant ou chassant. Et les premiers signes abstraits apparaissent. La dernière phase ne semble pas débuter avant -4.000 ans. Elle offre des motifs géométriques et des bateaux en plus des personnages humains et fait la part belle aux pigments noirs. Ces différentes phases marquent-elles le travail de deux groupes humains distincts ou simplement une évolution culturelle ? Les chercheurs se posent toujours la question.

    . Ce qui positionne l’Asie comme le berceau de cet art puisque les plus anciennes peintures européennes semblent dater de quQuoi qu’il en soit, cette nouvelle datation semble en accord avec les informations récentes découvertes sur les premiers Hommes. Homo sapiens a quitté l’Afrique il y a environ 70.000 à 60.000 ans. Une fois dispersé en Eurasie, il se serait donc mis à l’art figuratif il y a plus de 40.000 anselque 35.000 ans et les plus vieux dessins rupestres africains d’environ 30.000 ans seulement.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des chercheurs ont daté, par la méthode de l’uranium-thorium, des dessins rupestres découverts dans les années 1990 dans une grotte de Bornéo.

  • Ils auraient plus de 40.000 ans. Ce qui en fait les plus anciennes peintures figuratives jamais découvertes.

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Mystères et sculptures de chameaux dans le désert saoudien


De l’art rupestre datant d’au moins 2000 ans dans le désert en Arabie Saoudite. Des sculptures d’animaux rarement utilisés à cette époque. On ne sait pas trop pourquoi et surtout comment ils ont fait étant donné que c’est sur des montagnes
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Mystères et sculptures de chameaux dans le désert saoudien

 

L'une d'elles en particulier se démarque: un chameau... (FAYEZ NURELDINE, AFP)

L’une d’elles en particulier se démarque: un chameau (à gauche) face à ce qui serait un âne, une mule ou un cheval (à droite), des animaux rarement représentés dans l’art rupestre de la région.

FAYEZ NURELDINE, AFP

 

Agence France-Presse
AL JOUF

Au milieu d’un désert écrasé par le soleil, Hussein Al-Khalifa, un responsable du patrimoine en Arabie saoudite, pointe fièrement du doigt des silhouettes de chameaux sculptées dans la roche: une découverte sans précédent qui reste entourée de mystères.

On voit bien ce qui serait un âne,... (Fayez Nureldine, AFP) - image 1.0

 

On voit bien ce qui serait un âne, une mule ou un cheval (à droite) face au reste de la tête d’un chameau (à gauche).

FAYEZ NURELDINE, AFP

Elles sont une douzaine de sculptures, certaines endommagées par l’érosion ou des actes de vandalisme, qui dateraient d’environ 2000 ans. Elles ont été découvertes il y a quelques années dans une propriété privée du désert d’Al-Jouf, dans le nord du royaume.

Ciselées sur trois éperons rocheux, ces sculptures reflètent un niveau de compétence jamais vu dans d’autres formes d’art rupestre du désert saoudien.

M. Khalifa, membre d’une mission archéologique franco-saoudienne, raconte avoir accidentellement découvert les sculptures, lorsqu’un ami lui a parlé d’une « montagne en forme de chameau ».

« En me rendant sur la zone, j’ai en fait découvert que des chameaux étaient sculptés dans les affleurements de la montagne. C’est vraiment unique », dit-il.

Le chameau, appelé « vaisseau du désert » et apprécié pour sa viande, son lait et sa capacité de résistance, est un sujet récurrent sur les sites archéologiques saoudiens.

Mais ceux d’Al-Jouf sont différents.

Certaines de ces sculptures sont perchées très haut sur les montagnes, laissant penser que des cordes ou des échafaudages ont été utilisés.

L’une d’elles en particulier se démarque: un chameau face à ce qui semble être un âne, une mule ou un cheval, des animaux rarement représentés dans l’art rupestre de la région.

Routes de la Mésopotamie

« Les sculptures en trois dimensions témoignent d’une grande maîtrise au niveau du réalisme et de la taille », explique Maria Guagnin, de l’Institut Max Planck des Sciences de l’Histoire humaine basé en Allemagne.

« Cela pourrait changer notre compréhension de la dynamique des populations préhistoriques et de leurs traits culturels », dit-elle à l’AFP.

Mais le mystère reste entier sur les sculpteurs et les outils utilisés.

M. Khalifa relève une proximité avec les Nabatéens, des Arabes nomades connus pour avoir fondé la ville de Petra, dans l’actuelle Jordanie, sculptée dans des falaises de grès.

« Il s’agit d’une découverte scientifique importante qui nous rappelle l’importante histoire préislamique de l’Arabie saoudite », estime l’archéologue Guillaume Charloux, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France.

« Je ne peux qu’espérer que cela amènera les gens à découvrir la variété et la richesse du passé saoudien », ajoute M. Charloux, qui dirige la mission avec M. Khalifa.

Les sculptures d’Al-Jouf ont des styles différents, ce qui suggère qu’elles ont été réalisées par plusieurs artistes.

Il est possible, estiment des archéologues, que le site ait été un lieu de vénération, un lieu de repos sur une route de caravanes ou une frontière délimitant deux régions.

« Mon hypothèse aujourd’hui est que les sculpteurs étaient des habitants de la région et que le site était un lieu emblématique sur les routes empruntées par les caravanes vers la Mésopotamie », avance M. Charloux.

« Questions sans réponse »

Le désert saoudien est riche en sites historiques, dont certains n’ont été mis au jour que récemment, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies.

Mais pour trouver des réponses à toutes les questions concernant les sculptures de chameaux, un important travail de terrain est encore nécessaire.

Plusieurs des sculptures érodées sont difficiles à dater, les archéologues estimant toutefois qu’elles auraient été achevées au cours des premiers siècles avant J-C.

« Si elles datent d’avant la domestication du chameau, elles représentent des spécimens sauvages qui ont peut-être été chassés, et une chasse réussie peut avoir été vitale pour la survie des populations locales », indique Mme Guagnin.

Pour l’instant, les autorités saoudiennes surveillent le site pour empêcher les chasseurs de trésors d’y accéder, et cherchent à l’acquérir auprès de son propriétaire privé.

Mais d’autres mystères demeurent, comme celui entourant l’un des éperons rocheux qui, vu d’un certain angle, ressemble à un visage humain.

« Il y a tant de questions sans réponses », reconnaît M. Khalifa.

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Le lien qui unit l’Homme au chien est bien plus ancien que ce que l’on pensait


Les archéologues savaient qu’en Égypte, on utilisait des laisses pour les chiens, il plus de 3 000 ans, mais voilà que grâce à des images d’art rupestre des chasseurs-cueilleurs, la laisse pour les chiens auraient existé il y a plus de 8 000, montrant bien une relation déjà établi entre l’homme et le chien
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Le lien qui unit l’Homme au chien est bien plus ancien que ce que l’on pensait

 

domestication chien arabie saoudite

Une nouvelle étude sur l’art rupestre dans la péninsule saoudienne tend à prouver que la relation Homme-chien a commencé en Arabie Saoudite en en Iran il y a plus de 8 000 ans ! 

D’après l’étude publiée dans le « Journal of Anthropological Archeology », les chercheurs de l’Institut des sciences humaines Max Planck en Allemagne ont répertorié plus de 1400 images d’art rupestre. La moitié d’entre elles représentent des figures humaines et animales, et notamment des chiens de chasse. Elles dateraient d’il y a 8 000 à 9 000 ans selon les scientifiques et se trouvent en Arabie Saoudite.

L’apparition de la laisse

Ce qui est étonnant dans ces images est la représentation de la laisse qui relie les chiens aux Hommes. D’après les chercheurs, cela indique que les humains éduquaient les chiens alors qu’ils n’étaient encore que des chasseurs-cueilleurs. Cela tend à prouver qu’il y avait donc déjà, il y a environ 8 000 ans, une interaction entre l’Homme et le chien.

Selon les scientifiques, la laisse était attachée à la taille des humains afin de leur laisser les mains libres pour pouvoir chasser à l’aide d’arcs et de flèches.

Jusqu’à présent, nous savions que la laisse avait été utilisée sur des chiens en Egypte il y a environ 3 500 ans. Mais cette nouvelle étude démontre que la laisse est apparue bien plus tôt.

Le commencent d’une relation qui durera toujours ?

Autre caractéristique étonnante : les chiens sont représentés avec des traits différenciant : certains sont des femelles, d’autres des mâles, certains ont des taches et d’autres pas…

Pour les chercheurs, les artistes auraient ainsi pu vouloir transmettre « un éventail général de variétés chez les chiens locaux ».

Mais il est également possible qu’ils aient souligné ces détails pour insister sur l’importance qu’avaient les chiens à leurs yeux, parce qu’ils les aidaient à survivre. Un bel hommage qui a su traverser le temps ! 

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Art rupestre : d’étonnants dessins « pointillistes », parmi les plus vieux du monde


Le pointillisme est un art que pratiquait Van Gogh ou Seurat au XIX ème siècle, mais cet art rupestre existerait bien plus longtemps que cela. Il daterait en fait plus de 32 000 ans  Et leurs dessins sont encore aujourd’hui assez visibles pour distinguer les sujets dessinés et serait les plus vieux dessins jamais trouvé jusqu’à maintenant
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Art rupestre : d’étonnants dessins « pointillistes », parmi les plus vieux du monde

 

Par Jean-Luc Goudet, Futura

 

Le long de la Vézère, des anthropologues ont découvert dans deux abris des dessins gravés d’aurochs et de mammouths datant de 32.000 à 34.000 ans. Ils viennent s’installer parmi les plus vieilles représentations connues à ce jour. Leur style s’apparente à un dessin de la grotte Chauvet-Pont d’Arc et à des gravures sur des petits objets. De quoi mieux comprendre la diffusion de la culture aurignacienne, la plus ancienne en Europe. 

« Ils étaient obsédés par ce style pointilliste », commente pour Futura Raphaëlle Bourrillon, membre de l’équipe de recherche.

Dans la vallée de la Vézère, en Dordogne, une équipe franco-américaine a réalisé presque coup sur coup deux découvertes majeures : des pierres gravées de traits et de points représentant des formes animales et datant du début de l’Aurignacien supérieur, il y a 32.000 à 34.000 ans. Les chercheurs ont étudié deux sites, l’abri Blanchard et l’abri Cellier.

Dans le premier, situé à Sergeac, dans le vallon des Roches (un ruisseau qui se jette dans la Vézère), les anthropologues, après trois campagnes de fouilles, entre 2009 et 2014, ont trouvé des représentations d’un auroch dans un style dit pointilliste (l’ensemble des points gravés forme un dessin). 

« Nous avons fouillé les restes de cet abri dont le toit est écroulé depuis longtemps, nous précise Raphaëlle Bourrillon, membre de l’équipe. Mais, sous les gravats, l’auroch a été trouvé en situation archéologique, c’est-à-dire au milieu d’autres vestiges d’époque. »

Il y avait là des restes de repas, des outils, des rejets de tailles… Les anthropologues ont pu ainsi constater que l’abri a servi d’habitat à plusieurs reprises. 

« Mais nous ne pouvons pas dire quelles durées séparent les périodes. La datation au carbone 14, pour cet âge, n’est pas assez précise. On est à mille ans près… »

Des points gravés répartis au hasard ? Non, un dessin de mammouth laineux réalisé il y a au moins 32.000 ans par un artiste aurignacien qui vivait près de la Vézère. Des détails sur la trompe et un trait tracé au niveau de l’œil ne laissent pas de doute. De plus, le calcaire a été abrasé au niveau du dos pour donner à la pierre la forme de cet animal. © Raphaëlle Bourrillon

Des points gravés répartis au hasard ? Non, un dessin de mammouth laineux réalisé il y a au moins 32.000 ans par un artiste aurignacien qui vivait près de la Vézère. Des détails sur la trompe et un trait tracé au niveau de l’œil ne laissent pas de doute. De plus, le calcaire a été abrasé au niveau du dos pour donner à la pierre la forme de cet animal. © Raphaëlle Bourrillon

Un style qui évoque celui de la grotte Chauvet-Pont d’Arc

Il est amusant de constater que cette technique d’art rupestre est celle popularisée par Van Gogh ou Seurat au dix-neuvième siècle (pointillisme). Mais, surtout, l’étude de l’équipe montre qu’elle est semblable à d’autres réalisations artistiques, notamment une œuvre de la grotte Chauvet-Pont d’Arc, datant de la même époque. Il s’y trouve en effet un rhinocéros dessiné de cette manière, à l’aide de gros points de peinture. Ces résultats, publiés fin janvier dans la revue Quaternary International, montrent, selon les auteurs, que la culture aurignacienne, attribuée à Homo sapiens, s’est répandue à cette époque en Europe.

Près de cet endroit, l’équipe, dirigée par Randall White, de l’université de New York, et comprenant aussi des chercheurs français (du CREAP et du groupe Traces, de l’université de Toulouse), a plus récemment fouillé l’abri Cellier. En 1927, ses découvreurs avaient mis au jour des gravurespointillistes sur 15 pierres, dont une représentation d’un auroch. Ces vestiges avaient été laissés sur place, sans avoir pu être datés ni examinés de près

Un dessin d’auroch et son interprétation. © Raphaëlle Bourrillon

Un dessin d’auroch et son interprétation. © Raphaëlle Bourrillon

Les abris Cellier et Blanchard remontent à plus de 32.000 ans

Les anthropologues franco-américains, revenus sur place en 2014, réalisent de nouvelles fouilles et ont de la chance : ils exhument 16 blocs de pierre, dont l’un, cassé en deux, peut être daté au carbone 14. Il affiche un âge de 32.000 à 34.000 ans. L’étude montre que cette datation vaut également pour les blocs trouvés en 1927. Leur description vient de faire l’objet d’un article dans la même revue, Quaternary International.

Avec cet âge, ces représentations d’aurochs et de mammouth laineux peuvent concourir pour le titre de plus anciens dessins connus. Pourtant, estime Randall White dans un entretien avec The Independent, la précision de ces alignements de points est remarquable, d’autant plus que les humains de cette époque en étaient, semble-t-il, à leurs premières œuvres picturales.

« Des dessins en points, bien plus petits, sont retrouvés sur des os et des perles, de différentes matières et servant de parure, commente Raphaëlle Bourrillon, spécialiste des manifestations artistiques de cette période. Il y a une forme d’obsession pour ce style. C’est le même mode de pensée… »

 

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