Se faire voler l’argent de ses propres funérailles


Je respecte ceux qui font leur arrangement funéraire pendant qu’ils sont en vie, mais de voir comment il semble facile de se faire avoir dans ce domaine, et que souvent, ils jouent avec les émotions des gens, ce n’est pas très tentant de faire la même chose
Nuage

 

Se faire voler l’argent de ses propres funérailles

 

Carmen Charette

Carmen Charette, comme d’autres, avait payé d’avance ses funérailles, avant de découvrir que son argent n’avait pas été placé comme prévu.

Un texte de Nancy Desjardins

La mort, ce n’est pas un sujet facile à discuter ni à vivre. Pour éviter les problèmes, plusieurs personnes veulent s’assurer que leurs dernières volontés soient exaucées. C’est pourquoi des milliers de Québécois achètent de leur vivant des arrangements préalables de services funéraires.

L’an dernier, près de 70 millions de dollars ont été encaissés par les directeurs de funérailles.

3000 clients floués par un thanatologue

Mais attention, même si votre contrat est signé et votre argent encaissé, cela ne veut pas nécessairement dire que vos dernières volontés seront exaucées.

Carmen Charette l’a appris à ses dépens.

« C’est choquant. Ce n’est pas le 1300 $, c’est de se faire avoir par un petit comme ça. » — Carmen Charette

Mme Charette fait partie des 3000 clients floués par le thanatologue Patrick Fortin.

Les reproches envers ce thanatologue, qui se targue d’offrir de la crémation à bas prix, ne datent pas d’hier. 

Selon la Loi sur les arrangements préalables de services funéraires et de sépulture, le directeur de funérailles doit déposer 90 % de votre argent dans un compte en fidéicommis. Ce dépôt sera administré par une institution financière qui s’assurera que votre argent sera en sécurité et utilisé lors de votre décès.

D’autres salons funéraires aussi

Patrick Fortin a omis de déposer l’argent de Carmen Charrette et de plusieurs milliers d’autres clients.

Au Québec, il n’est pas le seul directeur de funérailles à agir de la sorte. En 2013, quatre salons funéraires ont fait la même chose selon l’Office de la protection du consommateur. Une pratique qui ébranle le monde funéraire québécois.

« Pour le consommateur c’est vraiment épouvantable, parce qu’il venait de se prendre un contrat pour se donner une paix d’esprit, et là, l’argent n’est plus là. » — Nathalie Samson, Corporation des Thanatologues du Québec

La Corporation des Thanatologues du Québec estime que l’Office de la Protection du Consommateur (OPC) a tardé avant de demander la révocation du permis de Patrick Fortin. 

De son côté, l’OPC dit avoir fait les choses en temps et lieu.

« Il y a des conditions pour demander une révocation de permis et pour les obtenir, il faut quand même poursuivre l’entreprise, qu’elle soit déclarée coupable, que d’autres organismes gouvernementaux prennent des décisions, qu’ils emboîtent le pas, alors ce n’est pas une décision simplement de l’Office », explique Jean-Jacques Préaux, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur.

En mai dernier, le directeur de funérailles Patrick Fortin s’est suicidé.

Les gouvernements fédéral et provincial et les créanciers lui réclamaient près de 1 million de dollars. Quant à ses clients, l’entreprise funéraire Magnus Poirier a décidé de les prendre à sa charge.

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