Le Saviez-vous ► Louchébem: le langage texto ne date pas d’hier!


Oh la, quand j’essaie de décodé certain texto de Jean-Phillippe,il me faudrait quelque fois un dictionnaire d’argot des textos , et encore … Mais cela ne date pas d’hier qu’on code un langage pour une groupe cible
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Louchébem: le langage texto ne date pas d’hier!

Par Djinnzz

Il est amusant de constater à quel point la génération digitale – comprenez celle qui est née avec un smartphone dans une main et une souris dans l’autre – pense avoir révolutionné la façon de communiquer.

Quoi de plus chébran ke 2 parlé com sa, jvou ldemande?

Il paraît que c’est pour écrire plus vite… Moi j’veux bien!

Chères petites têtes blondes, sachez tout de même que l’humanité n’a pas attendu l’existence des nouvelles technologies pour s’approprier et déformer le langage! Un des exemples les plus connus – et avec lequel il est aisé de dresser une analogie avec le langage texto – est le Louchébem, l’argot des bouchers parisiens du XIXe siècle.

J’en vois déjà qui font des grands yeux derrière leur écran (si, si, ne mentez pas, je vous vois)! Au même titre que le verlan ou autre langage texto, le louchébem obéit à des règles très stricteset est basé principalement sur une orthographe phonétisée. De quelle façon? C’est ce que nous allons voir!

  • Les premières consonnes du mot sont renvoyées à la fin. Ainsi, pardon devient ardonp par exemple.

Attendez, ce n’est pas fini!

  • Ensuite, on place un l au début du mot. Ardonp se transforme donc en lardonp.

Vous suivez toujours?

  • Histoire d’apporter une touche d’exotisme, on rajoute à la fin du mot un suffixe qui sonne bien à l’oreille, du genre -uche, -oc, -em,…

Notre lardonp devient maintenant lardonpem!

Allez, pour les mous du genou et les bouchés du ciboulot, on récapitule:

PARDON > ARDONP > LARDONP > LARDONPEM

Simple, non? Ou plutôt devrais-je dire… lacilfem!

D’un coup, je vois vos yeux qui s’illuminent (si, si, ne mentez pas, puisque je vous dis que je vous vois!). Le louchébem est donc la transformation du mot… boucher!

Vérifions cela de ce pas…

BOUCHER > OUCHERB (= OUCHÉB) > LOUCHÉB > LOUCHÉBEM (nous y voilà!)

Après la lecture d’un tel article, vous pensez sans doute partir en loucedé de ce site loufoque. Encore heureux qu’on ne vous ait pas demandé de sortir votre larfeuille pour lire de pareilles conneries! Quoique… ne partez pas tout de suite… en loucedé? loufoque? larfeuille? Voilà trois mots rentrés dans le langage familier courant issus tout droit du louchébem!

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus – ou qui trouvent ce machin totalement ringard – sachez tout de même que Raymond Queneau s’est essayé au louchébem pour raconter sa fameuse histoire de zigoto dans un bus dans son Exercice de Style. Alors si même Tonton Queneau s’y est mis, croyez-moi, ça mérite le coup d’œil.

Toujours pas convaincu? Je rajouterai dans ce cas que le louchébem était parlé par les résistants durant la seconde guerre mondiale, histoire de leurrer l’ennemi (qui, par définition, est très bête – normal, il ne sait pas que c’est lui, l’ennemi). L’histoire ne dit pas si les Allemands ont été capables de déchiffrer ce drôle de langage…

Petite énigme avant de nous quitter… Saurez-vous déchiffrer ce couplet de Sale Argot, une chanson écrite et chantée par le groupe de rap I am?

Lutem lonnaicès le lowflem, lactiquetem ledem larjebem lalesem algorem

Lerchechem lapem les loblèmesprem lecmic

Liffekès le lonsem et lesterem lelaxerem lutem laissem

Larseillemic landem les leinevem lusqu’àjem la loremic

IAM une lachinemic à lavagérem

Landem les loursecès y’a des lophétrem à laflérem

Lutem leuvem ludem lurepem lartiécès

AKH lentem lonnedem à la laissecès

Lanleguem ledem lafiquantrem et lecsem

Laintenanmic luplem latiquanprem

Lessem lourpem les laivrem lettecem lusiquemic

Lesignédem lourpem laireplem aux lanatiquefem

Leizesem lesuremic et c’est la lessionprem

Lordelebem lessem lonbem j’en ai les lissonfrem

Si vous voulez mon avis, il y a un peu trop de rimes en -em à mon goût… Je suis bien d’accord avec vous, c’est la lerdemuche totale pour tenter d’y comprendre quoi que soit…

Traduction :

Cherche pas les problèmes mec
Kiffe le son et reste relax tu sais
Marseille dans les veines jusqu’à la mort
Iam, une machine à ravager
Dans les courses y a des trophées à rafler
Tu veux du pur quartier ?
Akh t’en donnes à la caisse
Gang de trafiquant et sec
Maintenant plus pratiquant
C’est pour les vrais cette musique
Designée pour plaire aux fanatiques
16 mesures et c’est la pression
Bordel c’est bon j’en ai les frissons

(et pour ceux qui aiment l’originalité, pourquoi n’essaieriez-vous pas de vous mettre au 1337 5p34k)?

 

 

 

http://www.etaletaculture.fr/

Le Saviez-vous ► Expression : Etre à l’ouest


Chez nous, être à l’ouest est souvent exprimé par être dans les patates ou être dans le champ quand on a la tête ailleurs
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Etre à l’ouest 

Être dans un état anormal (de fatigue, d’hébétude, d’inattention…).
Avoir la tête ailleurs.

Les Bretons sont à l’ouest. Faut-il en tirer des conclusions sur leur état habituel ?

Le soleil se couche à l’ouest ? Est-ce parce qu’il est très fatigué qu’il se couche, et dans cette direction uniquement ?

Autant de questions dont les réponses resteront probablement tout aussi incertaines que l’origine de cette expression qui est très récente, puisqu’elle date de la fin du XXe siècle.

La plus probable des origines vient d’une adaptation de la locution anglaise « to go west » (« aller à l’ouest ») qui, au moment de la première guerre mondiale voulait dire « mourir » ou « être tué », elle-même venue de l’argot des voleurs chez lesquels « to go west » voulait dire « être pendu » (après avoir été attrapé et, peut-être, jugé).


En traversant la Manche, elle aurait perdu de son intensité, la mort étant remplacée par une sorte d’hébétude.

En voici deux autres qu’on trouve ici et là, mais qui me semblent un peu capillotractées.

La première viendrait du théâtre du début du XXe siècle. Il paraît qu’à cette époque, les ateliers de décors et les théâtres se situaient principalement à l’est de Paris, alors que les acteurs habitaient surtout à l’ouest.

A la fin de son spectacle, l’acteur très fatigué retournait chez lui, à l’ouest.

La seconde a au moins l’avantage d’être amusante, même si elle est peu probable.

Chacun connaît le professeur Tournesol, alias Tryphon, ce personnage de Tintin qui est toujours à côté de la plaque (donc à l’ouest). Dans « Le trésor de Rackham le rouge », Tournesol n’arrête pas de dire que son pendule lui indique qu’il faut chercher toujours plus à l’ouest. C’est de cette obsession mêlée à l’état naturel du Professeur que viendrait l’expression.

http://www.expressio.fr/

Le Saviez-vous ► Expression : Ne pas être sorti de l’auberge


 Une expression bien connu … ici au Québec, mais nous utilisons beaucoup une variante «Qu’on n’est pas sorti du bois». Quoiqu’il en soit mieux vaut s’arranger pour se sortir des ennuis …
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Ne pas être sorti de l’auberge

 

Ne pas en avoir fini avec les difficultés ou les ennuis.

Voilà une expression du XIXe siècle en apparence étrange, car il semble difficile d’associer les ennuis avec une auberge, généralement destinée à être accueillante.

Et, à part dans l’auberge de Peyrebeille, dite L’Auberge rouge, quand on décide de sortir du lieu, rien ne nous empêche de le faire, pour peu qu’on ait payé notre dû.

Il nous faut donc nous tourner vers l’argot et plus précisément celui des voleurs pour comprendre le sens de cette expression.


En effet, dans ce monde-là, le terme auberge désigne la prison, ce lieu où le voleur trouve gîte et couvert, comme dans une auberge, une fois qu’il a été capturé et condamné.


Autant dire qu’une fois qu’il y est enfermé, non seulement il est loin d’en avoir fini avec les ennuis de la captivité, promiscuité et sévices divers, entre autres, mais il aura beaucoup de mal à en sortir de son propre chef.

Cette expression en a donné une complémentaire qui est sortir de l’auberge pour « se tirer d’un mauvais pas », donc des ennuis dus à la situation pénible dans laquelle on se trouvait.

http://www.expressio.fr