Survivante d’une attaque à l’acide, elle devient le visage d’une campagne de mode


J’applaudis cette initiative ! La beauté est autre chose qu’un beau visage, en fait, une personne qui a « une belle âme » est belle peu importe si elle n’entre pas dans les critères que la mode, les miss univers nous ont imposés
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Survivante d’une attaque à l’acide, elle devient le visage d’une campagne de mode

 

viva n diva

The Huffington Post UK  |  Par Rosy Cherringto

Une survivante d’une attaque à l’acide vient de devenir la nouvelle porte-parole d’une marque de mode, dans l’espoir de changer « la façon dont on mesure la beauté ».

Laxmi Saa, de Delhi, avait seulement 15 ans quand un homme de 32 ans l’a attaquée à l’acide après qu’elle ait refusé sa demande en mariage.

Aujourd’hui âgée de 26 ans, elle est devenue une des plus importantes voix en Inde à s’élever contre la vente non régulée de l’acide.

La nouvelle campagne de Saa pour la marque Viva N Diva marque la première fois qu’une survivante d’une attaque à l’acide devient le visage d’une marque de mode.

La campagne, appelée « Le visage du courage », est décrite par la marque comme « l’histoire d’une femme brave qui s’enfuit des lacunes de notre société et de la victimisation pour changer la façon dont on mesure la beauté ».

Viva N Diva espère que la séance photo encouragera les femmes qui ont souffert à se sentir belles, elles aussi.

En entrevue avec BBC News, Saa a indiqué qu’elle était heureuse de son rôle.

« L’opportunité de représenter une marque de vêtements était pour moi une plateforme pour montrer aux femmes à avoir confiance et être courageuses, peu importe leur apparence physique. »

« C’était aussi une façon d’envoyer un message clair aux criminels que les femmes ne perdront pas leur courage, même après qu’elles aient été attaquées à l’acide. »

viva n diva

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Cet article initialement publié sur le Huffington Post Royaume-Uni a été traduit de l’anglais.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

«Ma fille se trouve laide et grosse»


Il est triste de voir que de plus en plus jeune, les enfants se soucient de leur apparence physique. Il y a une urgence d’agir, mais comment parler de l’apparence physique alors que tout parle du culte de la minceur pour les femmes et des corps musclés pour les hommes.
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«Ma fille se trouve laide et grosse»

 

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ALEXANDRE VIGNEAULT
La Presse

On le répète, comme pour s’en convaincre: il n’y a pas que l’apparence qui compte. On insiste auprès de nos enfants, aussi perméables que les adultes – c’est dire… – au culte de la minceur ou des torses musclés. L’impact est réel: à 10 ans, une fillette sur deux voudrait être plus mince. Et ce n’est pas nécessairement plus simple pour les garçons, rapporte notre journaliste Alexandre Vigneault.

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Porter le poids de son image

«Ma fille se trouve laide et grosse», se désole une maman sur Facebook. L’enfant en question n’a pas encore 9 ans. Cassandre*, la mère qui signe le billet, lui a fait valoir qu’elle n’est ni laide ni grosse, mais ses bons mots ne pèsent pas bien lourd dans la tête de sa fillette qui désire trouver sa place dans la cour d’école.

Cassandre n’a pas grimpé dans les rideaux la première fois que sa fille lui a fait part de sa souffrance par rapport à son apparence.

«Je ne voulais pas faire la mère freak et dire que mon enfant était fuckée, dit-elle. Mais après plusieurs fois, j’ai commencé à la questionner.»

«Ça vaut la peine de prendre le temps d’en parler. Ce n’est pas un hasard si un enfant répète une chose plusieurs fois. C’est probablement qu’il a envie d’en parler», estime Annie Aimé, professeure de psychologie à l’Université du Québec en Outaouais et spécialiste des problèmes liés au poids.

La fille de Cassandre n’est pas seule. Il y a aussi celle de Claudia, qui fait de l’embonpoint, et celle de Marie, qui a un ventre rondouillet. Se trouver trop grosse à 9 ans est malheureusement très courant.

«En avril 2014, on a publié un rapport de recherche dans lequel un peu plus de 40 % des enfants de 8 à 12 ans interrogés disaient vouloir être plus minces, expose Annie Aimé. Si on avait regardé toutes les insatisfactions par rapport au poids, on serait peut-être arrivé à 50 %.»

Ces chiffres correspondent aux constats aussi faits aux États-Unis et en Australie, précise la psychologue.

Les filles sont les principales affectées par le culte de la minceur, mais les garçons aussi sont touchés: à 9 ans, 33 % d’entre eux aimeraient être plus minces.

«On a été surpris de voir que nos garçons aussi voulaient être plus minces», admet Annie Aimé.

En fait, chez les garçons, deux tendances coexistent: vouloir mincir et prendre du muscle.

Un facteur d’intimidation

«Ce qui me sidère, c’est que ma fille est tout à fait normale», lance Cassandre.

Elle croit que cette idée lui vient de l’école. Marie et Claudia n’en doutent pas, elles.

«Il y a des commentaires des amis à l’école», confirme Marie. «Ma fille commence à se faire écoeurer à l’école», dit aussi Claudia.

Le poids est le trait physique le plus susceptible de devenir une source d’intimidation, rapporte Annie Aimé.

«On a tendance à percevoir le poids comme une chose qu’on peut contrôler. Si une personne est grosse, ce n’est pas « pauvre toi », mais plutôt: « qu’est-ce que tu fais pour être grosse de même? » On va blâmer la personne, la culpabiliser.» Annie Aimé,
professeure de psychologie à l’Université du Québec

«L’impression que j’ai, dit Cassandre, c’est qu’on vit dans une société de la performance comme travailleur, comme homme, comme femme, comme parent, comme amoureux. Il y a tellement de messages qui nous disent qu’on doit être parfait. Il n’est pas facile de se développer une pensée autonome.»

Les enfants les plus conformistes et ceux qui ont une faible estime d’eux-mêmes sont plus susceptibles d’être insatisfaits de leur apparence. Par ailleurs, ils sont perméables aux conversations entre adultes au sujet du poids, des régimes et de la nécessité d’améliorer sa silhouette. Ils sont aussi exposés aux publicités d’aliments minceur et d’appareils d’exercice.

«Ça fait longtemps que ma fille veut qu’on achète un vélo stationnaire», glisse d’ailleurs Marie.

Jouets, pub et jeux vidéo

«Les jeunes sont de plus en plus exposés aux médias et le sont de plus en plus tôt. Même avant 2 ans, les enfants peuvent commencer à interagir avec une tablette électronique, par exemple», fait valoir Thierry Plante, spécialiste en éducation aux médias chez Habilo Médias, organisme basé à Ottawa.

En plus de l’inévitable publicité, il évoque l’internet et les jeux vidéo. YouTube est en effet le site le plus populaire chez les jeunes Canadiens de quatrième année et plus, selon lui. Certains des jeux les plus populaires chez les jeunes Canadiennes sont aussi, en résumé, des jeux de magasinage et de maquillage de modèles stéréotypés «soit légèrement ou très sexualisés».

Les jouets colportent aussi des messages. L’icône du genre, pour les filles, c’est bien sûr la Barbie et sa taille d’une finesse démesurée. Une étude américaine qui date de 1999 signale également que les figurines du genre G.I. Joe et Star Wars avaient considérablement pris du muscle depuis les années 70.

«L’impact sur l’image corporelle et l’estime de soi des garçons va se faire sentir plus vers l’adolescence», précise Thierry Plante.

Que faire?

L’insatisfaction quant à l’image corporelle est une situation complexe. Le fait de jouer avec une Barbie ne rend pas anorexique, évidemment. L’exposition prolongée aux stéréotypes dominants peut par contre avoir un effet à long terme si la personne – enfant ou adulte – ne développe pas son sens critique.

C’est pourquoi Thierry Plante suggère de s’intéresser aux émissions et aux jeux qui captivent nos enfants, sans porter de jugement, mais en les remettant en contexte.

«Ça commence avec l’image corporelle, mais plus tard, à l’adolescence, ça touchera la sexualité, sa représentation et les comportements», dit-il.

«On peut aussi planifier l’utilisation des médias, plutôt que leur accès soit toujours une possibilité en arrière-plan, ajoute-t-il.

«Envisager le temps d’utilisation d’un média comme un choix a une influence sur leur utilisation: les enfants sont plus conscients des choix qu’ils font dans un tel contexte.» Thierry Plante,spécialiste en éducation aux médias chez Habilo Médias

Parler sans juger et accompagner les enfants constituent aussi des pistes de solution, selon Annie Aimé. Il faut essayer de naviguer entre l’éducation à l’alimentation, la nécessité de bouger et le développement du regard critique à l’égard des modèles dominants.

«On évite les extrêmes: il ne faut pas partir en peur, prévient-elle, mais on ne fait pas semblant que ce n’est pas là non plus.»

* Certains noms des mères qui témoignent ont été changés

Une fille sur deux

S’observer et se comparer est un comportement normal. Les recherches montrent toutefois que les enfants sont nombreux à se trouver inadéquats.

3 ANS

Âge auquel on commence à se préoccuper de son image corporelle et où on distingue clairement les gens minces des plus en chair. Cassandre dit d’ailleurs que dès 3 ou 4 ans, il était clair pour sa fille qu’une princesse «ne pouvait pas être grosse».

47 %

Presque une fillette de 9 ans sur deux souhaiterait être plus mince, selon une enquête réalisée au Québec. Il s’agit d’un bond spectaculaire puisque, à 8 ans, 25 % d’entre elles formulaient le même souhait. Après 10 ans, la proportion s’élève à 50 % et demeure stable au cours de l’adolescence.

8 ANS

Le regard des autres contribue à façonner notre image corporelle à partir de 8 ans. Avant, les enfants construisent surtout leur image à travers le regard de leurs parents.

15 %

Pourcentage de garçons de 9 à 11 ans qui voudraient être plus musclés. Une enquête menée au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2002 a révélé en outre que 73 % des garçons de 14 ans souhaitaient gagner du muscle.

Sources: Institut national de la statistique du Québec, Canadian Obesity Network, Annie Aimé (Université du Québec en Outaouais)

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Vers les troubles alimentaires?

Claudia ne tourne pas autour du pot: en voyant sa fille «manger ses émotions», elle craint que celle-ci ne développe un trouble alimentaire.

«Est-ce qu’elle va se faire vomir à l’adolescence? Si on ne règle pas ça en ce moment, ça va être pire plus tard, pense-t-elle. Ça ne peut pas aller en s’améliorant.» Pas tout seul, du moins, selon elle.

Entendre sa fillette se plaindre de son poids et de son apparence suscite une inquiétude semblable chez Cassandre, qui ne voudrait pas que sa fille souffre plus tard d’anorexie.

«Je me dis que c’est maintenant qu’il faut que je m’en occupe, avant que ce soit cristallisé et pendant que la communication est possible, dit-elle. J’ai travaillé avec des ados et je sais qu’à un moment donné, ils se referment…»

Les troubles alimentaires touchent bien sûr un certain nombre de garçons, mais ce sont d’abord les filles qui sont à risque de devenir anorexiques ou boulimiques. Des observateurs s’en inquiètent d’autant plus que, à l’ère de l’internet, des sites présentent la minceur extrême comme un mode de vie («lifestyle») et glorifient les petites cuisses, les ventres plats et les corps d’une minceur parfois extrême.

Inspiration minceur

Thierry Plante, spécialiste de l’éducation aux médias chez Habilo Médias, cite notamment des pages qui utilisent des variations des termes «thinspo» (de «thinsporation», contraction de «thin» et «inspiration») et «Pro-Ana» (raccourci de proanorexie), appellations cool pour désigner des pages consacrées à l’inspiration minceur ou faisant la promotion de comportements associés à l’anorexie. Sur l’un de ces blogues, on aperçoit même une fille impeccablement coiffée et habillée, qui se fait vomir avec style…

Annie Aimé, cofondatrice de la clinique IMAVIE, spécialisée dans les problèmes de nutrition et d’image corporelle, confirme que le risque que la situation empire est réel.

«Le facteur de risque le plus solide des troubles alimentaires, c’est l’image corporelle négative. Alors pour toute femme qui développe un trouble alimentaire, il y a des insatisfactions corporelles.» Annie Aimé, cofondatrice de la clinique IMAVIE

Elle précise néanmoins que ce n’est pas le seul facteur: il y a aussi l’anxiété, la dépression et l’isolement, notamment. L’image corporelle devrait être abordée à l’école, selon elle, et bien sûr à la maison.

«Il faut que la communication soit toujours ouverte», conseille-t-elle.

Même si elle est très embêtée par les inquiétudes de poids de sa fille, Marie peut au moins se réjouir de deux choses: son enfant «est relativement bien dans sa peau» et sa confiance en elle n’a jamais été un problème jusqu’ici.

Claudia se trouve dans une situation plus délicate. Elle ne veut pas mettre de pression sur sa fille et dit ne pas vouloir la voir maigrir pour maigrir.

«Ce que je voudrais, c’est qu’elle se sente en forme, qu’elle puisse courir comme les autres, précise-t-elle. Qu’elle ait du fun comme les autres enfants.»

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Ces commentaires qu’on ne veut pas entendre


Il y a des propos sur notre apparence qu’on ne veut pas entendre et qui pourtant est peut-être une réalité .. Cela nous affecte dans notre for intérieur, comme une menace, nos émotions prennent le dessus .. mais voir les choses tel qu’elles sont aide a mieux a passer outre les commentaires
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Ces commentaires qu’on ne veut pas entendre

 

Ces commentaires qu'on ne veut pas entendre

Photos: Fotolia

Certains commentaires axés sur notre apparence physique nous font grincer des dents. On accorde bien malgré nous de l’importance à notre collègue qui souligne notre fatigue ou notre prise de poids. Ces simples observations nous dérangent. Pourquoi?

Marie-Claude Forest

 

Selon Fany Gaudet, psychologue organisationnelle et clinicienne depuis plus de 15 ans, il faut tenir compte du ton utilisé, du lien interpersonnel et du contexte afin d’interpréter les phrases. Globalement, les commentaires qui se réfèrent à l’apparence physique mettent à l’épreuve notre confiance et notre besoin d’approbation sociale. Plus une personne a une image réaliste d’elle-même et qu’elle assume ses faiblesses, plus ces remarques physiques seront absorbées sans trop laisser de traces.

Voici tout de même trois situations qui confrontent la plupart d’entre nous.

«Tu as l’air fatiguée!»

Une collègue vous demande: «Comment vas-tu? Tu as vraiment l’air fatigué». En l’espace d’une seconde, tout son côté sympathique vient de s’envoler. Pourtant, passer de longues heures au bureau est encouragé. N’est-ce pas normal d’être cernée?

Pour Mme Gaudet, cette collègue ne pose pas une réelle question. Elle a déjà la réponse: vous êtes fatigué. Elle l’affirme pour vous, ce qui reflète votre état. Dans notre société, être à la hauteur des exigences est essentiel.

«Le moindre signe de non-performance, comme avoir les traits tirés, n’est pas valorisé», a ajouté la psychologue. «Il faut être à la hauteur à tous les niveaux.»

On doit être capable de mettre en contexte notre réalité pour l’accepter et l’expliquer.

«Tu as pris un peu de poids!»

Lors d’un rendez-vous, on vous accueille en disant: «Vous semblez être en pleine forme, vous avez pris un peu de poids». Pardon? La question des kilos mène directement à un malaise même si l’introduction de la phrase est positive.

Le poids réfère à l’image de soi donc est très émotif.

«Faire référence au poids donne l’impression que tout le corps a grossi, c’est trop général. Est-ce les fesses, les hanches, les joues?», a expliqué Fany Gaudet.

Il faut être plus explicite, affiner sa pensée. Et faites attention, même si la personne se remet d’une période difficile, le poids est un «concept lourd, qui dérange même si l’on veut être positif».

Essayez de faire preuve d’imagination!

«C’est spécial, aimes-tu le résultat?»

Vous venez de passer du blond au roux, une décision coup de tête. Vous êtes heureuse du résultat. Le premier commentaire d’un ami est: «Quel changement! C’est spécial». Soudainement, votre confiance vient de quitter la salle par la porte principale pour laisser place à l’incertitude.

Ici, nous sommes confrontés «à l’adaptation au changement d’une personne» qui est notre interlocuteur. Il est en processus d’acceptation. Cette réaction ne signifie pas qu’il déteste le résultat. Toute la question de votre image et de votre besoin d’approbation sociale va changer votre réception du message.

«Si la personne assume ses choix, un commentaire comme celui-là aura beaucoup moins d’impact», a dit Mme Gaudet. «Il ne faut pas oublier que l’indifférence aussi peut être troublante.»

En imposant un changement, on veut certainement quelques réactions. Comme quoi tout est une question d’équilibre.

«L’image extérieure n’est pas déconnectée de l’image intérieure», a constaté la psychologue.

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Le cheval reconnaît la voix et le visage


Les chevaux sont des animaux extraordinaire, mais tout aussi extraordinaire le sociabilité et leur faculté de reconnaître des êtres humains … Plus les études avancent chez les animaux plus l’homme doit comprendre que dans le règne animale beaucoup possèdent les mêmes atouts
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Le cheval reconnaît la voix et le visage

 

En entendant la voix de son dresseur, le cheval peut se retourner rapidement vers lui et s’attarder à le regarder. Crédits photo : Photo 12

Une étude anglaise montre que les animaux peuvent identifier rapidement une personne à partir de l’enregistrement de sa voix et de son apparence physique.

Les humains ne sont pas les seuls à pouvoir reconnaître rapidement des individus de leur propre espèce en les regardant et/ou en les entendant.

«La reconnaissance des visages et des voix est à la base de tous les comportements sociaux. Si les animaux ne se reconnaissaient pas individuellement, ils ne pourraient pas interagir»,souligne Sylvia Wirth, de l’Institut des sciences cognitives de Lyon.

Les personnes partageant la vie d’animaux domestiques le savent depuis longtemps. Mais observer n’est pas démontrer. Les expériences cognitives avec les animaux se multiplient et rivalisent maintenant avec l’éthologie (l’étude du comportement animal).

Depuis le début des années 2000, toute une série d’expériences ont montré que les hamsters, les chiens, les singes, les corneilles, les moutons, les chevaux s’identifient couramment entre eux grâce aux sons et à la physionomie.

Plus récemment, d’autres tests ont montré que les singes sont tout à fait capables de différencier des humains à partir du son de leur voix et de leur visage – il s’agissait en l’occurrence de leurs maîtres, leurs dresseurs ou de simples expérimentateurs.

Cette semaine, des chercheurs britanniques publient une étude montrant que les chevaux sont capables eux aussi d’opérer ce type de traitement (Prodeedings of the Royal Society B, en ligne le 16 mai 2012). Chez les animaux, le système de reconnaissance peut donc associer plusieurs éléments distinctifs (physionomie et son) et s’appliquer à d’autres espèces.

Sociabilité entre les espèces

Lean Proops et Karen McComb, de l’université d’Essex, ont fait deux expériences différentes. Dans la première, deux personnes se tiennent debout de chaque côté devant un cheval: d’un côté un inconnu, de l’autre le dresseur. Au bout de quelque temps, la voix enregistrée de l’inconnu ou du dresseur est diffusée dans la pièce où l’expérience a lieu. En entendant la voix de la personne qu’il connaît, l’animal se tourne rapidement vers lui et s’attarde à la regarder. Il a reconnu la voix et l’associe au visage qu’il reconnaît aussi. Quand c’est la voix de l’inconnu qui est diffusée, le cheval hésite avant de tourner sa tête vers lui et il s’en détourne rapidement. Les chercheurs se sont aperçus que les chevaux réagissent plus vite quand les personnes ciblées sont placées à droite.

Le dispositif est identique pour la deuxième expérience mais elle implique deux personnes que le cheval connaît. Manière de s’assurer que l’animal est capable de reconnaître deux personnes qui lui sont familières et qu’il n’y a pas de biais familier-inconnu.

Le système cognitif de reconnaissance des visages et des voix n’est donc pas réservé aux humains ou aux primates. Il existe aussi chez d’autres mammifères et il a une extension plus grande qu’on pouvait l’imaginer, la sociabilité entre les espèces n’ayant pas forcément de frontières infranchissables.

«Ce système cognitif a sans doute émergé très tôt. Et il se caractérise par une très grande flexibilité», souligne Olivier Pascalis, du laboratoire de psychologie et neurocognition de Grenoble.

«Mais on peut se demander s’il n’y a pas un biais avec les animaux domestiques», ajoute-t-il. Des chevaux sauvages ont-ils les mêmes aptitudes? On peut se le demander.

Des études menées chez des nourrissons vivant entourés d’animaux ont montré qu’ils peuvent apprendre très tôt à reconnaître les individus non humains à partir des seuls traits et des sons qu’ils émettent. Le système de reconnaissance se restreindrait donc dans un milieu uniforme.

«Certaines personnes peuvent toutefois développer de véritables expertises. Les ornithologues savent discriminer des espèces d’oiseaux qui se ressemblent et ils peuvent même reconnaître certains individus», indique Olivier Pascalis.

Pour lui, le problème n’est pas de savoir quelles espèces ont le système cognitif le plus performant.

«Il faut savoir quand il a émergé et pourquoi.»

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