Le manque de jugement: quand notre cerveau manque de freins


Nous faisons toutes des gaffes, des erreurs de jugement en société, mais certains en font plus que d’autres que ce soit verbalement ou par leurs actes. Ces personnes, ne savent plus où est la limite de l’acceptable ou non. Je pense, qu’en lisant cet article, nous aurons tous quelqu’un en tête
Nuage

 

Le manque de jugement: quand notre cerveau manque de freins

 

François Richer

Faire des blagues déplacées dans une rencontre formelle. Parler de son embonpoint à quelqu’un pour qui c’est un sujet sensible. Plonger son doigt dans un gâteau d’anniversaire avant qu’il ne soit coupé. Prendre un selfie du bord d’une falaise pour épater ses copains.

On a tous fait des erreurs de jugement, des comportements sociaux inappropriés (faux-pas, incivilités, gaffes, colères) ou des comportements impulsifs (dépenses, prises de risque, consommation, paris). Ces comportements sont des petites défaillances de l’intelligence émotionnelle, des pertes d’inhibitions sociales ou affectives. Ils peuvent bien sûr nuire à leur auteur en démontrant une perte de contrôle passagère, mais le plus souvent ils affectent aussi les autres.

Les comportements désinhibés sont souvent des écarts par rapport à une norme sociale. Certains concernent le respect des autres comme les incivilités, l’excès de franchise ou le manque de tact (Tu as pris du poids?). D’autres concernent la bonne conduite générale comme la provocation, la fronde (Uriner dans l’allée d’un avion) ou l’impulsion colérique (T’as vu ce connard!) Parfois, les écarts sont en rapport avec une norme individuelle ou rationnelle comme les gens qui, sur un coup de tête, prennent des risques majeurs qu’ils n’auraient jamais pris avant (finances, santé, sécurité), font des excès qu’ils regrettent (consommation, drogues, plaisirs) ou prennent des décisions trop hâtives qui manquent de délibération ou de discernement.

Les erreurs de jugement sont des défaillances du contrôle émotionnel.

Les freins sociaux, les normes, les repères éthiques et les valeurs sont associés à des petits signaux émotifs (des microémotions) qui nous font anticiper les conséquences possibles de nos actes comme l’approbation ou la réprobation de notre entourage, l’atteinte à notre amour-propre ou à celui des autres ou les impacts sur notre compte en banque. Ces microémotions sont des intuitions qui nous servent de gouvernail personnel, social ou moral. Des guides sur les coûts et bénéfices potentiels d’une action. Si on est peu sensible à ces petites intuitions, elles ne peuvent plus nous retenir ni nous orienter adéquatement. Si le signal émotif de l’empathie fait défaut, on peut oublier qu’une parole pourrait être blessante avant de la dire. Si on ne ressent pas le regret après une décision impulsive on a plus de chances de répéter une erreur. Risquer sa santé, sa fortune ou sa réputation? Où est le problème? Ce n’est pas que les gaffeurs ne comprennent pas les enjeux (même si parfois c’est le cas) mais plutôt qu’ils ne les ressentent pas ou qu’ils n’en tiennent pas compte dans le feu de l’action. Si en plus, ces petites intuitions sont submergées par des émotions plus fortes comme l’envie de se venger, de reprendre du pouvoir ou d’être reconnu, il sera plus difficile de résister aux impulsions comme dire une bêtise pour provoquer ou une méchanceté pour montrer son sens de la répartie.

Plusieurs circonstances peuvent favoriser le manque de jugement.

On dit souvent que le jugement et les inhibitions sont solubles dans l’alcool. On parle trop fort, on en dit trop, on en fait trop. L’euphorie peut aussi favoriser ces comportements, car les inhibitions c’est bon mais c’est fatigant et ce n’est pas drôle. Cependant, certaines personnes n’ont pas besoin d’alcool ou d’euphorie. Certains ont des envies irrésistibles de dire (ou faire) tout ce qui leur passe par la tête sans filtre. Comme un enfant surexcité qui n’a plus de freins, certains adultes peuvent provoquer ou se donner en spectacle parce que ça fait du bien ou ça fait de l’effet, mais surtout parce qu’ils n’ont pas le choix, ils n’ont pas de freins assez forts ou assez rapides pour se retenir.

On voit plus souvent ces comportements désinhibés chez les personnes qui ont des traits impulsifs ou provocateurs, mais aussi dans les troubles psychologiques comme l’anxiété ou la dépression.

Chez les personnes ayant des traits antisociaux, le manque de jugement moral peut causer des dommages importants quand elles trichent, mentent, volent, agressent ou détruisent. On voit aussi des comportements désinhibés chez les personnes qui ont subi des dommages au cerveau (maladie d’Alzheimer, démence frontotemporale, traumatisme cérébral…). Tels Dr. Jekyll et Mr. Hyde, certaines personnes peuvent changer complètement de personnalité et passer de personnes courtoises et attentionnées à des êtres insupportables en quelques minutes.

Les erreurs de jugement sont aussi favorisées par notre environnement social.

Si leur entourage banalise les jugements personnels sur les réseaux sociaux ‘parce que c’est juste pour rire’, certaines personnes peuvent franchir la frontière entre la blague et l’intimidation. Quand on valorise à l’extrême la séduction et les liens personnels dans la compétition pour les contrats d’affaires, certains peuvent glisser vers des erreurs de jugement moral, dont la fraude et les pots de vin. Parfois, avec la pression sociale, la ligne entre le bien et mal devient floue, le manque de respect peut être toléré et le mal peut devenir banal.

Finalement, on n’est pas si différent des impulsifs et des gaffeurs sociaux.

Notre civisme et notre personnalité ne tiennent qu’à un fil. Le réaliser peut nous aider à tolérer et pardonner un peu plus les écarts de conduite des autres. Le ridicule ne tue pas et les gaffes nous rendent plus humains. On peut aussi prendre conscience de l’importance d’être vigilants sur le respect et le civisme. On peut entrainer nos enfants et nos proches à tourner leur langue 7 fois avant de dire ou de faire quelque chose qui a un impact négatif. Imaginez une société dans laquelle une forte proportion des personnes influentes (chefs d’entreprise, politiciens, journalistes…) ont des manques de jugement fréquents et importants. On a tous intérêt à tempérer nos excès en se rappelant régulièrement les bienfaits du contrat implicite qui nous lie les uns aux autres et du «mieux vivre ensemble».

http://quebec.huffingtonpost.ca

Les psychopathes, des êtres à « empathie variable »


Si on pense que cette étude sur la compréhension de l’absence des émotions chez le psychopathe pourrait être un traitement en vue de sa réhabilitation, il faudrait qu’il soit pris au moment ou les premiers signes se font sentir.
Nuage

 

Les psychopathes, des êtres à « empathie variable »

 

La série Dexter diffusée sur les ondes de Showtime aux États-Unis met en scène un spécialiste dans l'analyse de traces de sang, Dexter Morgan, qui est un tueur en série psychopathe.La série Dexter diffusée sur les ondes de Showtime aux États-Unis met en scène un spécialiste dans l’analyse de traces de sang, Dexter Morgan, qui est un tueur en série psychopathe. Photo :  Showtime

 

Les œuvres de fiction nous présentent souvent les psychopathes tels Hannibal Lecter ou Dexter comme des êtres sans émotion incapables d’empathie, cette capacité à se mettre dans la peau d’un autre et d’imaginer ses émotions.

Or, des travaux réalisés par des chercheurs néerlandais montrent que ces personnes possèdent en quelque sorte un « interrupteur d’empathie » qu’ils peuvent allumer ou fermer selon leur volonté.

Cette réalité expliquerait pourquoi les psychopathes sont capables d’être si durs et si charmants.

Le chercheur Christian Keysers de l’Université de Groningen affirme que cette nouvelle connaissance change notre perception de ce trouble de la personnalité.

Explications

Dans ces travaux, 18 criminels psychopathes et 26 autres personnes ont subi un examen du cerveau par résonance magnétique pendant qu’ils regardaient des extraits vidéo dans lesquels ils voyaient une personne en blesser une autre. On leur a demandé de compatir avec la douleur ressentie par la personne blessée.

Les régions cérébrales liées à la douleur n’ont pas été spontanément activées pour les psychopathes alors qu’elles l’étaient pour le groupe témoin. Toutefois, la différence entre les deux groupes s’est grandement estompée lorsque les chercheurs ont spécifiquement demandé aux participants de se mettre dans la peau des personnes (des acteurs) qui ressentaient la douleur.

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Brain pensent que leurs résultats montrent que les psychopathes ne sont pas simplement des individus froids incapables de ressentir leurs émotions et celles des autres.

La réalité serait plus complexe, selon eux. Ils auraient bel et bien une capacité d’empathie, mais posséderaient un genre d’interrupteur qu’ils peuvent mettre à « marche » ou à « arrêt » et qui serait par défaut à « arrêt ».

Le fait qu’ils puissent remettre l’interrupteur à « marche », au moins dans certaines situations, montre qu’il y a de l’espoir sur le plan thérapeutique, notent les chercheurs. Ainsi, après un traitement approprié, l’interrupteur pourrait être replacé à « marche », ce qui permettrait d’envisager une réhabilitation.

Qu’est-ce que la psychopathie?
C’est un trouble de la personnalité caractérisé par un comportement antisocial, impulsif, un détachement émotionnel vis-à-vis de l’autre, et un manque de culpabilité. Elle peut entraîner des comportements destructeurs sur le plan psychologique ou physique.

http://www.radio-canada.ca

À la rencontre des sociopathes ordinaires


Qui sont les sociopathes ? les psychologue et psychiatres se sont penchés sur leur cas et essayer de décortiqué les caractéristiques de ces personnes qui sont narcissiques,pervers, mal adapté a leur entourage, mais il y a aussi ceux que rien ne parait mais arrive a manipuler les gens malgré et qu’un jour le pire arrive
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À la rencontre des sociopathes ordinaires

 

Pascale Senk

 

Ignorant l’empathie et le remords, manipulatrices et charismatiques, ces personnalités ont en commun une « inflation de l’ego ».

Qu’y a-t-il de commun entre le collègue harceleur qui humilie son voisin de bureau, le norvégien Breivik qui tue sans remords 77 jeunes, et l’amoureux jusque-là transi qui envoie un texto de rupture en trois mots («je te quitte») à sa compagne de plus de dix ans? Une inconcevable froideur. Bien sûr, les conséquences de leurs actes sont incomparables mais à terme, leur manière de procéder plonge l’individu «normalement névrosé» dans les mêmes questions abyssales:

«Comment une telle incapacité à reconnaître l’autre est-elle possible?» Et surtout «comment repérer ces sociopathes, avant qu’ils ne triomphent dans les faits divers?»

DR.
DR.

Depuis quelques années, les psychologues de toutes obédiences se sont vraiment mis au travail en ce sens. Bien sûr, il y a ceux qui cherchent à comprendre comment naissent l’empathie et la bonté humaines. Mais, tout aussi nombreux, il y a ceux qui osent «regarder le mal dans les yeux», comme le dit la psychologue américaine Martha Stout. Celle-ci décrypte depuis de longues années ceux qu’elle regroupe sous la catégorie du «sociopathe près de chez vous» (titre d’un livre qu’elle a écrit en 2006).

À la suite du chercheur canadien Robert Hare, concepteur d’un tableau d’évaluation des traits relevant de la psychopathie (PCLR – Hare Psychopathy Checklist Revisited), Martha Stout a passé au crible de son analyse les 7 caractéristiques décrites par le DSM-IV * concernant le «trouble de personnalité antisociale»: difficulté à se conformer aux normes sociales, sens de la manipulation, impulsivité, agressivité, mépris pour la sécurité d’autrui, irresponsabilité, manque de remords après avoir fait du mal, maltraité ou volé une personne.

Lorsqu’un sujet présente au moins trois de ces traits, les psychiatres américains peuvent le diagnostiquer sociopathe (aux États-Unis, les termes«sociopathie» et «psychopathie» renvoient à des tableaux cliniques proches). Martha Stout en déduit que tous les sociopathes ne sont pas des criminels en prison, mais que votre voisin de palier peut présenter plusieurs de ses caractéristiques. Selon elle, ce serait le cas de 1 Américain sur 25.

La psychologue ajoute à ce tableau une caractéristique qui signe l’originalité de son travail: l’absence de conscience. Cette carence vient de l’incapacité à éprouver des émotions spontanées envers autrui, donc à pouvoir créer un attachement profond. Très manipulatrices et charismatiques, ces personnes peuvent vous répéter que «vous êtes la personne la plus importante de leur vie», mais au moment où ils l’affirment, aucune empathie de leur part n’est perceptible. D’où le malaise «poisseux» de leurs interlocuteurs qui, eux, sentent bien, que «quelque chose ne passe pas».

«Ils ont très peu d’émotions»

En France, désormais, les essais décrivant les «pervers narcissiques» abondent, essentiellement nourris de l’analyse freudienne dominante chez nous. Le psychanalyste Jean-Charles Bouchoux, qui a publié il y a quatre ans un livre descriptif qu’il dédiait plutôt à ses collègues thérapeutes (Les Pervers narcissiques, Ed Eyrolles) est surpris de voir que les ventes – plus de 40.000 exemplaires – continuent.

«Si nous les rencontrons peu dans nos cabinets – eux ne souffrent pas, pourquoi consulteraient-ils? – leurs victimes décrivent de mieux en mieux leurs comportements», explique-t-il.

«Il n’y a probablement pas plus de personnalités sociopathes, surenchérit la psychologue et psychanalyste Laurence de Rosen, qui a étudié et longtemps travaillé aux USA. Mais on les cible de mieux en mieux».

Ce repérage permet selon elle de distinguer les narcissiques, «qui éprouvent des émotions fortes mais ont des comportements inadéquats à la suite de celles-ci (ils se mettent en colère, de rage, si on échoue à faire ce qu’ils attendaient par exemple), des sociopathes “purs jus” qui, eux, n’ont que très peu d’émotions.»

Pour Jean-Charles Bouchoux, la vraie différence viendrait de l’origine même de ces troubles:

«Le pervers narcissique a souvent eu un père absent, ou déficient. Il sait donc que la loi existe ; le psychopathe ne sait pas ce qu’est un père, il n’a donc jamais eu connaissance de la loi.»

Ce qui questionne les psychologues, c’est le manque de discernement dont fait encore preuve la société à l’égard de ces personnalités nocives:

«Ils sont comme invisibles!» déplore Laurence de Rosen, (et en effet, dans nombre de faits divers on entend dire: «Je n’avais pas vu qu’il était capable de faire ça!»).

Cet aveuglement de leur entourage s’explique certes par leur charme et leurs tactiques de manipulation, mais aussi par le contexte, selon la psychanalyste:

«Ces êtres sont pour la plupart bien adaptés à notre société, qui est elle-même de plus en plus clivée dans ses émotions et coupée des ressentis du corps.»

Autant dire qu’ils peuvent se multiplier comme poissons dans l’eau.

* «Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux», publié par l’Association américaine de Psychiatrie

http://sante.lefigaro.fr