2016: l’année où la désinformation a pris un nouveau visage


Aujourd’hui beaucoup d’études sont faites sur divers sujets et publiées sur des médias, des revues scientifiques. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup trop de désinformations que ce soit en politique, études médicales, et autres, alors que nous devons avoir l’esprit critique, pour éviter de croire sans faire d’effort.
Nuage

2016: l’année où la désinformation a pris un nouveau visage

 

Depuis des années, les neurosciences répètent que notre cerveau est programmé... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

Depuis des années, les neurosciences répètent que notre cerveau est programmé pour croire plutôt que pour réfléchir.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

 

PASCAL LAPOINTE
Agence Science Presse

Des auteurs qui observaient les manoeuvres de marketing antiscience des compagnies de tabac, puis des pétrolières avaient tiré la sonnette d’alarme il y a longtemps. Plus récemment, d’autres avaient documenté la montée de courants anti-establishment qui réduisaient « la science » au rang d’une opinion parmi d’autres. En 2016, Facebook a confirmé que les craintes de ces auteurs étaient en dessous de la réalité.

Le problème n’est pas seulement que « sur Facebook, les fausses nouvelles sont plus populaires que les vraies nouvelles », comme l’avait titré en octobre une enquête du magazine BuzzFeed.

S’il ne s’agissait que de fausses nouvelles sur des chats à cinq queues ou des pingouins volants, on en aurait ri lors des fêtes de fin d’année. Le problème est que ces fausses nouvelles sont devenues un symbole de la fragilité de ce que nous pensions naïvement être une société de plus en plus rationnelle. Et derrière cette « guerre à la science », c’est une fragilité de la démocratie elle-même qui surgit au grand jour.

On ne devrait pourtant pas en être si étonné. Voilà des années que les neurosciences répètent que notre cerveau est programmé pour croire plutôt que pour réfléchir. Un corpus de connaissances brillamment vulgarisé en 2012 par le psychologue Daniel Kahneman dans son livre Thinking Fast and Slow, qui parle d’un cerveau « lent » – celui qui soupèse, réfléchit avant d’agir – et d’un cerveau « rapide » – celui qui juge sur-le-champ. Et le rapide est toujours dominant.

Notre cerveau est une « machine à sauter aux conclusions ».

 Il a évolué chez nos ancêtres animaux pour prendre des décisions à grande vitesse, pas pour faire l’effort de réfléchir.

Notre cerveau « fonctionne d’abord sur le principe de la loi du moindre effort ».

Au-delà des neurosciences, ce n’est pas non plus comme si les signaux d’alarme avaient manqué en politique. Après tout, on vous parlait sur ce site, il y a déjà 10 ans, des manoeuvres de l’administration d’alors de George W. Bush pour s’ingérer dans les rapports scientifiques de son propre gouvernement sur le climat ou sur la pilule du lendemain. Le gouvernement canadien de Stephen Harper s’est fait maintes fois reprocher le même type d’ingérence dans la décennie qui a suivi. En remontant plus loin encore, le créationnisme à la sauce américaine a « évolué », pour remplacer son image d’une croyance religieuse par celle d’une « opinion » cherchant « légitimement » à s’insérer dans le débat. Et des politiciens sont tombés dans le panneau.

Mais ce qui a changé depuis 10 ans, et qui a explosé en 2016, c’est que les outils du numérique ont permis aux opinions les mieux financées – ou les plus bruyantes – de renforcer des chambres d’échos où leurs partisans n’écoutent plus que ce qui conforte leurs propres opinions. C’est ainsi que des climatosceptiques et des antivaccination en deviennent encore plus polarisés, convaincus que l’autre camp représente l’establishment désireux d’étouffer leur « point de vue ».

Le futurologue Nicholas Carr, dans son livre Utopia is Creepy paru cette année, écrit que là où les utopistes imaginaient il n’y a pas si longtemps un futur qui, grâce à l’internet, serait gouverné par l’intelligence et le partage d’information, il y voit pour sa part un présent gouverné par le marketing et la désinformation virale.

La solution est pourtant connue : il faut améliorer l’esprit critique du citoyen. Entre autres, celui des ados, nous rappelait une nouvelle étude le mois dernier.

Or, « améliorer l’esprit critique » n’a rien de révolutionnaire : la solution est connue depuis l’époque où les relationnistes des compagnies de tabac réussissaient à faire croire qu’un scientifique qui écrit dans le Wall Street Journal que le tabac ne cause pas le cancer, c’est la même chose qu’un scientifique qui publie une étude sur le cancer dans Nature.

« Améliorer notre esprit critique », cela signifie prendre conscience qu’on doit toujours douter d’une opinion, même si elle confirme la nôtre. Ça signifie aussi, apprendre à distinguer un fait d’une opinion. Et améliorer l’esprit critique en science, ce n’est pas décrocher un doctorat en physique : c’est entre autres apprendre ce qui distingue une étude fiable.

Avec le recul du journalisme scientifique depuis 25 ans, c’est loin d’être gagné, mais le mouvement de vérification des faits entrepris dans plusieurs médias ces dernières années, et auquel se rattache le Détecteur de rumeurs créé cette année, permet de rêver à un retour du balancier. Et si 2017 devenait plutôt l’année où la lutte à la désinformation aura pris un nouveau visage ?

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Le réchauffement climatique, ça n’existe pas?


De tel propos sont alarmants, si ceux qui essaient de gagner des votes pour devenir président des États-Unis vont a l’encontre des études de l’environnement sur les changements climatiques cela peut avoir de graves répercussions sur les efforts pour minimiser les conséquences de l’être humain sur le climat. Pourquoi que la religion renierait la science car même très croyants tout gestes a des effets sur ce qui nous entourent. C’est d’après moi enlever notre propre responsabilité en tant que personne ce qui est aberrant
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Le réchauffement climatique, ça n’existe pas?

Le candidat Rick Perry, gouverneur du Texas, accuse ouvertement «nombre de climatologues de manipuler les données pour continuer à percevoir les subventions de recherche» et défend l’enseignement du néo-créationnisme dans les écoles publiques, en parallèle avec la théorie de l’évolution.

Photo: AFP

Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

La plupart des candidats républicains à la Maison-Blanche mettent en doute la science, balayent le changement climatique d’un revers de la main et affichent une foi religieuse inébranlable, fidèles au discours que veut entendre l’électorat le plus conservateur.

Seul un des prétendants républicains, le modéré Jon Huntsman, dit croire à la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique et condamne l’hostilité de son parti à la science.

«Je crois à la théorie de l’évolution et fais confiance aux scientifiques à propos du réchauffement», a-t-il écrit sur Twitter.

Il a aussi attaqué ses rivaux, déclarant qu’à partir du moment «où le parti républicain devient antiscience, on a un énorme problème». Mais M. Huntsman ne décolle guère du seuil des 2% d’intentions de vote dans les sondages…

Michael Bloomberg, le maire de New York, républicain devenu indépendant, a déploré début novembre ce manque de foi scientifique des adversaires potentiels de Barack Obama en novembre 2012.

«Nous avons des candidats présidentiels qui ne croient pas à la science», a-t-il lancé lors d’un forum économique. «Pouvez-vous imaginer une entreprise, quelle que soit sa taille, dont le PDG dirait qu’il ne croit pas à la science? Eh bien il ne finirait pas la journée à son poste», a poursuivi M. Bloomberg.

L’influence des ultras conservateurs, dont bon nombre pensent que Dieu a créé le monde en sept jours, ne laisse guère le choix aux candidats républicains.

«Le parti républicain a une solide base religieuse et le mouvement évangélique en est une composante importante», relève Andrew Kohut, directeur du Pew Research Center, un institut de recherche indépendant.

Dans l’Iowa (centre), dont les «caucus» donnent mardi le coup d’envoi des primaires qui se dérouleront dans les États de l’Union lors des prochains mois, seuls 21% des électeurs républicains croient au réchauffement climatique et 35% à la théorie de l’évolution, selon l’institut de sondage Public Policy Polling.

Mitt Romney, favori dans l’Iowa, n’a pas hésité à revenir sur ses convictions pro-science. En 2007, lors d’un débat, ce mormon avait défendu la théorie de l’évolution de Darwin et la réalité du réchauffement et de ses causes humaines. Mais désormais, il évite de parler science et a modifié sa position, disant qu’on «ne sait pas ce qui provoque le changement climatique».

L’ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, catholique converti, au coude-à-coude dans les sondages nationaux avec Mitt Romney, est muet sur le sujet, d’ailleurs rarement évoqué dans les débats entre les candidats républicains ou dans les réunions électorales.

En 2008, il avait pourtant participé à une campagne dénonçant les dangers du changement climatique avec Nancy Pelosi, alors présidente démocrate de la Chambre et bête noire des conservateurs.

Le candidat Rick Perry, gouverneur du Texas, accuse ouvertement «nombre de climatologues de manipuler les données pour continuer à percevoir les subventions de recherche» et défend l’enseignement du néo-créationnisme dans les écoles publiques, en parallèle avec la théorie de l’évolution.

Pour l’ultra conservatrice Michele Bachmann, qui joue sa survie dans l’Iowa,

«toutes ces questions climatiques devraient être réglées sur de véritables bases scientifiques, pas des inventions».

Ron Paul avait qualifié en 2009 le réchauffement «du plus grand canular depuis de nombreuses années», une opinion partagée par le très dévot ex-sénateur Rick Santorum, également en lice.

Si la science et la religion divisent les républicains, ces derniers sont en revanche «unis pour dénoncer ce qu’il considèrent comme le rôle excessif de l’État fédéral», analyse M. Kohut.

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