Pendant que l’Europe grelotte, l’Arctique a trop chaud


Si vous avez des contacts avec des gens de l’Europe, comme les Français, ceux-ci parlent de grand froid ces jours-ci. Étrangement, il fait plus chaud dans mon coin de pays, c’est plus chaud qu’en France. Mais pire encore, l’Arctique elle, c’est plus chaud qu’en Europe. Les changements climatiques font un monde à l’envers
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Pendant que l’Europe grelotte, l’Arctique a trop chaud

 

«Des températures positives près du pôle Nord en... (Photo Brian Battaile archives USGS via AP)

«Des températures positives près du pôle Nord en hiver ont été relevées quatre fois entre 1980 et 2010 (…) Elles ont à présent été relevées au cours de quatre des cinq derniers hivers», explique à l’AFP Robert Graham, climatologue à l’Institut polaire norvégien.

PHOTO BRIAN BATTAILE ARCHIVES USGS VIA AP

 

MARLOWE HOOD, LAURE FILLON
Agence France-Presse
Paris

Alors que l’Europe grelotte sous une vague de froid tardive, le pôle Nord a connu un pic de chaleur avec des températures 30 degrés au-dessus des normales saisonnières, un phénomène exceptionnel qui s’inscrit sur fond de réchauffement de l’Arctique.

Le thermomètre a affiché jusqu’à -35 °C dans certaines régions du centre de la Russie dimanche, -12 °C en Pologne ou encore -10 °C dans l’est de la France. Pendant ce temps, le pôle Nord, plongé dans l’obscurité permanente de la nuit polaire, enregistrait des températures positives grâce à des vagues d’air doux.

Il s’est produit «une situation de blocage anticyclonique sur le nord de la Scandinavie (…) avec une remontée d’air doux de l’Islande vers le pôle Nord d’un côté et de l’autre côté de l’anticyclone, des descentes d’air froid de l’Oural et de la Russie occidentale vers l’Europe de l’Ouest», a expliqué mardi à l’AFP Etienne Kapikian, prévisionniste chez Météo-France. «Le pic de douceur sur le pôle Nord et la vague de froid sur l’Europe sont directement liés», poursuit-il.

Résultat, «on estime qu’il a fait à peu près zéro degré Celsius au niveau du pôle Nord», a indiqué M. Kapikian, selon les estimations obtenues par modélisation, car aucune station météorologique n’est implantée dans cette zone.

Pour avoir une mesure plus précise, il faut aller à l’extrême nord du Groenland, où «on a relevé dimanche 6,2 °C», ajoute Etienne Kapikian. «C’est une valeur exceptionnelle, à peu près 30 °C au-dessus des normales de saison, voire 35 °C pour cette mesure très précise», poursuit-il.

Réduction de la banquise

S’agit-il d’un épisode exceptionnel ? Oui, mais pas tant que ça, répondent les scientifiques.

«Des températures positives près du pôle Nord en hiver ont été relevées quatre fois entre 1980 et 2010 (…) Elles ont à présent été relevées au cours de quatre des cinq derniers hivers», explique à l’AFP Robert Graham, climatologue à l’Institut polaire norvégien.

«On a un hiver exceptionnel sur l’Arctique, l’hiver précédent l’avait déjà été et on ne prend pas trop de risque en disant que le suivant le sera. (…) La tendance de fond est très claire (…) c’est le réchauffement de l’Arctique», renchérit Etienne Kapikian.

Ce phénomène est-il pour autant attribuable au dérèglement global du climat ? «Il est difficile de dire qu’un événement est lié au réchauffement climatique. Mais cette tendance que nous voyons, un Arctique chaud, un continent froid, peut être liée au changement climatique», répond Marlene Kretschmer, climatologue à l’Institut de Potsdam pour la recherche sur le changement climatique.

Ces épisodes de hausse des températures ne sont pas une bonne nouvelle pour la banquise, dont la surface n’a jamais été aussi réduite pour la saison depuis le début des mesures il y a plus de 50 ans.

Autour de l’archipel norvégien de Svalbard, à l’est du Groenland, la surface de glace mesurée lundi était de 205 727 km2, soit moins de la moitié de la superficie moyenne sur la période 1981-2010, selon des données norvégiennes.

De façon plus globale, les climatologues estiment probable de voir l’océan Arctique libre de glace d’ici à 2050 pendant l’été.

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Profonde, la grande tache rouge de Jupiter


Mieux vaut être sur Terre que sur Jupiter. Il y a des tempête là-bas qui sont immense. En fait, la fameuse tache rouge de cette planète gazeuse, est 1,3 fois le diamètre de la Terre, cet anticyclone dure depuis plus de 185 ans. La sonde Juno, a donné des renseignements sur la profondeur de cette tache qui serait d’environ 300 km, et même voir  plus.
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Profonde, la grande tache rouge de Jupiter

 

La grande tache rouge de Jupiter

La grande tache rouge de Jupiter   Photo : NASA

La profondeur de la grande tache rouge sur Jupiter, la plus grande tempête du système solaire, est mieux cernée grâce aux données recueillies en juillet 2017 par la sonde américaine Juno.

Un texte d’Alain Labelle

Cet anticyclone de 16 000 kilomètres de largeur qui fait 1,3 fois le diamètre de la Terre existe depuis plus de 185 ans, mais sa profondeur demeurait un mystère pour les astrophysiciens.

Les nouvelles analyses permettent d’établir que la tempête pénètre au moins jusqu’à 300 kilomètres sous son couvert nuageux, mais qu’elle pourrait être encore plus profonde.

Comparaison entre la taille de la grande tache rouge de Jupiter et la Terre.

Comparaison entre la taille de la grande tache rouge de Jupiter et la Terre.   Photo : NASA

Juno a découvert que les racines de la grande tache rouge sont 50 à 100 fois plus profondes que les océans de la Terre et qu’elles sont plus chaudes à la base qu’au sommet. Andy Ingersoll, professeur à l’institut de technologie de la Californie (Caltech)

« Les vents sont associés à des différences de température; la chaleur à la base de la tache explique les vents féroces qu’on observe à la surface de son atmosphère », explique le Pr Andy Ingersoll de l’institut de technologie de la Californie (Caltech)

La prochaine vidéo montre une vue en plongée dans l’atmosphère de Jupiter réalisée par la NASA à partir des informations recueillies par la sonde Juno.

En fait, cette tempête s’étend aussi loin que peut le détecter le radiomètre micro-ondes embarqué sur la sonde Juno. Cet instrument traque la chaleur (des centaines de degrés Celsius) dans l’atmosphère de la planète associée à la tempête de forme ovale qui se trouve dans son hémisphère sud.

Elle se déplace dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et les vents qui la composent atteignent des vitesses plus grandes que n’importe quelle tempête sur Terre.

Si Juno pouvait également effectuer des mesures gravimétriques dans la région, elle pourrait détecter des mouvements de masse liés à la tache à plus de 1000 kilomètres sous le sommet des nuages de cette planète.

Cette image a été captée le 10 juillet lorsque Juno se trouvait à 9866 km du sommet de la couverture nuageuse de la planète. Les couleurs ont été modifiées afin de mettre en évidence les détails de la tempête.

Cette image a été captée le 10 juillet lorsque Juno se trouvait à 9866 km du sommet de la couverture nuageuse de la planète. Les couleurs ont été modifiées afin de mettre en évidence les détails de la tempête.   Photo : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Gerald Eichstädt

Le saviez-vous?

  • Jupiter est la cinquième planète du système et de loin la plus grosse.
  • Jupiter est située à 778 millions de kilomètres en moyenne du Soleil.
  • Elle est si imposante qu’elle pourrait contenir les sept autres planètes du système.
  • Elle parcourt son orbite autour du Soleil en 11,86 ans.
  • Elle est une géante gazeuse (comme Saturne, Uranus et Neptune). Ces planètes sont dites gazeuses en raison de l’épaisse atmosphère qui entoure leur noyau de dimension relativement faible.

Les nouvelles données montrent aussi l’existence de deux zones de radiation inconnues à ce jour près de l’équateur.

De l’hydrogène, de l’oxygène et des ions de soufre s’y déplacent à une vitesse proche de celle de la lumière.

Ces nouvelles connaissances ont été partagées par l’équipe scientifique associée à la mission Juno lors de la rencontre annuelle de l’American Geophysical Union qui se tenait à La Nouvelle-Orléans.

À ce jour, Juno a effectué 8 vols rapprochés au-dessus de Jupiter. Un neuvième est prévu le 16 décembre.

Cette image montre le pôle Sud de Jupiter lorsque la sonde Juno se trouvait à  52 000 kilomètres d'altitude. Les formes ovales sont d'énormes ouragans.

Cette image montre le pôle Sud de Jupiter lorsque la sonde Juno se trouvait à 52 000 kilomètres d’altitude. Les formes ovales sont d’énormes ouragans.   Photo : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Betsy Asher Hall/Gervasio Robles

La sonde a été placée en orbite autour de la géante gazeuse le 5 juillet 2016, après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres depuis son lancement du cap Canaveral en Floride, le 5 août 2011.

Cette sonde de 1,1 milliard de dollars pèse 3,6 tonnes et est aussi longue qu’un terrain de tennis.

Depuis son entrée en fonction, la sonde a détecté de gigantesques ouragans sur les pôles de Jupiter et a effectué des observations inédites de l’atmosphère et de l’intérieur de la planète gazeuse.

Les neuf instruments embarqués sur la sonde ont aussi détecté :

  • des masses brillantes de formes ovales à ses pôles, qui sont en fait de colossaux ouragans dont certains peuvent atteindre un diamètre de 1400 kilomètres;
  • un champ magnétique environ 10 fois plus puissant que celui de la Terre, beaucoup plus intense que ce que prévoyaient les modèles mathématiques;
  • des aurores boréales qui se comportent de manière totalement différente de celles que l’on observe sur Terre. Elles sont en effet alimentées par les électrons qui sont aspirés dans la région polaire, ce qui tend à montrer que la planète alimente ses aurores en lumière;
  • des panaches d’ammoniaque qui se forment à partir de la zone équatoriale et qui créent des systèmes météorologiques géants ressemblant à une version à grande échelle des courants d’air qui s’élèvent de l’équateur terrestre et génèrent les alizés;
  • des sons étranges dans l’énorme magnétosphère de la planète, qui se contracte et se développe selon les mouvements du vent solaire.

À ce jour, les informations recueillies ne permettent pas de déterminer si Jupiter possède un noyau solide, comme certains modèles le prédisent. Peut-être qu’il existe en son centre un petit noyau solide, mais sa composition reste inconnue.

La formation de Jupiter a influé sur le développement et la position de toutes les autres planètes de notre système solaire. Selon les théories, l’immense champ gravitationnel de Jupiter aurait protégé la Terre du bombardement de comètes et d’astéroïde.

http://ici.radio-canada.ca

Le Saviez-Vous ► Été indien


Cette année au Québec, on peut dire que nous avons un bel été indien. La chaleur un peu chaude, les couleurs magnifiques de l’automne est enchanteur et plus quand nous avons la chance d’avoir ciel bleu d’azur. Joe Dassin, a fait mention de l’été indien dans une ses chansons, mais que ce soit en France, en Italie, en Suède cela porte un autre nom
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Été indien

 

Nathalie Mayer
Journaliste

L’expression « été indien » est traduite de l’expression anglaise : « indian summer ».

 Lorsqu’elle apparaît aux États-Unis, sans doute à la fin du XVIIIe siècle, elle fait référence à une particularité du climat continental d’Amérique du Nord. Cette particularité se produit au Canada et aux États-Unis, entre le début du mois d’octobre et la mi-novembre.

L’été indien correspond à une période de météo étonnamment clémente pour la saison et qui arrive après une première période de gel. Si les nuits restent fraîches et les matins brumeux, la journée le temps est alors doux, ensoleillé et sec. Les températures dépassent d’au moins 5 °C les normales de saison et peuvent dépasser, parfois allègrement, les 25 °C. L’été indien peut durer entre 3 et 8 jours.

 

Si les journées d’été indien sont ensoleillées, les matinées restent brumeuses. © Splashi, Pixabay, CC0 Creative Commons

Si les journées d’été indien sont ensoleillées, les matinées restent brumeuses. © Splashi, Pixabay, CC0 Creative Commons

L’été indien : un phénomène météorologique

En Europe, on peut observer un été indien lorsqu’un anticyclone tenace vient s’installer sur le continent. Même si ceci arrive rarement, on assiste alors à ce que les météorologues qualifient de blocage : les perturbations océaniques sont tenues à l’écart pendant plusieurs jours. Le temps est sec et si les vents du sud s’en mêlent, ils soufflent sur notre pays des masses d’air subtropicales faisant monter les températures.

Notez qu’en France, avant que Joe Dassin ne le popularise, l’été indien était plutôt qualifié d’été de la Saint-Denis — qui se fête le 9 octobre. En Italie, on parle d’été de la Saint-Martin — qui correspond d’ailleurs à la période opposée aux Saints de glace —, en Suède, d’été de la Toussaint, en Angleterre, d’été de la Saint-Luc et en Espagne, d’été de la Saint-Michel.

http://www.futura-sciences.com/

Les premières images de la Grande Tache rouge par Juno


La sonde de Juno a capturé  des photo de la tache de Saturne. Depuis sa découverte en 1665, cette tache a questionné bien des astronomes pour découvrir par la suite que c’est un anticyclone de 12 000 km avec des vent soufflant à 700 km/h.
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Les premières images de la Grande Tache rouge par Juno

 

La tache rouge de Jupiter

Gros plan sur la tache rouge de Jupiter.

Joël Ignasse
Sciences et Avenir

La NASA a dévoilé les premières photos du dernier survol de Juno au-dessus de Jupiter et de sa célèbre tache.

Juno au dessus de la tache rouge

La sonde a effectué un survol de la grande tache rouge, le 10 juillet 2017.

NASA/JPL-CALTECH

HANDOUT / NASA / AFPLe 10 juillet 2017, la sonde Juno de la NASA a effectué un survol à basse altitude le la géante gazeuse, s’en approchant jusqu’à 3500 kilomètres et est passé pour la première fois au-dessus de la la grande tache rouge, un des phénomènes les plus célèbres du système solaire. Découverte par l’astronome français Jean-Dominique Cassini en 1665, cette anomalie atmosphérique est en fait un anticyclone de 12.000 kilomètres de long et 15.000 de large au sein duquel les vents soufflent à 700 km/h !

Le survol de la grande tache rouge a été le ‘climax’ de la sixième orbite scientifique de Juno autour de Jupiter qui doit durer 53,4 jours en tout. Tous les instruments scientifiques de Juno ainsi que la JunoCam, une caméra destiné à relayer au grand public les plus belles images prises, fonctionnaient pendant le survol, recueillant des données qui sont maintenant retournées sur Terre. Les premiers clichés de ce survol viennent d’être dévoilés par la NASA sur son site consacré à la mission Juno. Il faudra cependant attendre beaucoup plus de temps pour analyser les données issus des autres instruments scientifiques. Elles permettront peut-être de comprendre pourquoi cet anticyclone géant semble diminuer en taille depuis quelques années.

La sonde Juno doit achever sa mission en février 2018

La sonde Juno devait, en tout, effectuer 36 révolutions complètes autour de Jupiter, mais un problème moteur a contraint les ingénieurs à la laisser sur une orbite elliptique qui ne permettra sans doute pas de réaliser cet objectif. Cela n’oblitère toutefois pas les objectifs scientifiques de Juno qui se rapprochera toujours aussi près de Jupiter mais moins souvent que prévu. Les observations et les enregistrements de la JunoCam conservent donc leur intérêt. Et ce contretemps pourrait même favoriser de nouvelles études : en restant sur son orbite elliptique, la sonde va pouvoir observer les confins de la magnétosphère jovienne. Il est toujours prévu qu’elle achève sa mission vers le mois de février 2018, en se précipitant vers la surface où elle se désintègrera. 

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