Les traitements anti-puces toxiques pour nos animaux ?


Les traitements contre les parasites chez nos animaux sous forme de pipettes, sprays, colliers anti puce… ne sont pas sans risques. Beaucoup de chats et de chiens sont morts suite à l’utilisation de ce genre de traitement et qu’en plus, cela peut-être dangereux pour les enfants
Nuage

 

Les traitements anti-puces toxiques pour nos animaux ?

 

Par Johanne-Eva Desvages

En Angleterre, la triste vidéo d’un chaton admis à l’hôpital vétérinaire du Connecticut dans un état grave a fait le tour du web en 2013. L’animal, âgé de moins d’un mois, avait mal supporté son collier anti-puce. Il souffrait d’une augmentation de l’activité électrique dans le cerveau, créant des convulsions incessantes. La clinique avait alors lancé un message pour inciter les propriétaires d’animaux à recourir à des produits naturels.

En Amérique du Nord, plus de 2000 chiens et chats sont morts intoxiqués aux insecticides présents dans les produits anti-puces entre 2008 et 2014. Les organophosphorés (agents neurotoxiques) contenus dans les traitements contre les parasites, sous forme de pipettes, sprays, colliers anti puce… peuvent notamment être mortels pour les chats et petits chiens. D’après l’émission Marketplace de CBS News, 4.726 chats et chiens ont été intoxiqués au Canada entre 2009 et 2013. Au total, 1188 chats et 872 chiens sont morts sur le territoire nord-américain d’une mauvaise réaction à un traitement anti-puces ou tiques. Les pipettes seraient notamment responsables de 80% des incidents.

Plusieurs chercheurs, interrogés par CBS News, soutiennent la dangerosité de ces produits, qui peuvent provoquer de graves effets secondaires chez les animaux, mais qui seraient également dangereux pour les humains.

« Il y a des preuves que les pesticides peuvent être très dangereux pour les enfants en bas âge », a notamment réagi Miriam Rotkin-Ellman, une scientifique spécialisée dans la santé.

Pour d’autres chercheurs, ces traitements, bien que contenant des insecticides, sont pour l’heure les plus efficaces pour éliminer les parasites pouvant causer d’autres problèmes de santé, comme la maladie de Lyme.

Mais « dans la réalité, le danger représenté par les maladies transmises par des parasites externes est minime », indiquait à 30 millions d’amis le vétérinaire Thierry Bedossa, particulièrement opposé à l’utilisation de produits anti-puces et tiques.

Les produits anti-puces pour chiens responsables de nombreux décès chez le chat

Souvent, les chats adultes intoxiqués ont été traités contre les parasites avec des produits pour chiens, particulièrement inadaptés puisqu’ils contiennent pour la plupart de la permétrhine. Un pesticide particulièrement toxique pour les chats et pouvant provoquer leur mort. Les chats intoxiqués peuvent alors être pris de convulsions, perte d’équilibre, souffrir d’hyperthermie ou d’hypersalivation. Mais certains pesticides présents dans les produits pour chats peuvent également causer ces réactions, même chez le chat adulte. En janvier 2016, Teresa Crandall a lancé un appel sur les réseaux sociaux après avoir perdu le sien, intoxiqué avec un collier pour chat Sergeant’s contenant du propoxur. La jeune femme a demandé aux propriétaires de chats de rester prudent :

« Il n’y a aucun moyen de savoir si votre animal est susceptible de faire une réaction au produit jusqu’à ce qu’il soit trop tard », avait-elle déclaré.

En 2012, l’Agence nationale du médicament vétérinaire a suspendu en France la commercialisation de nombreux colliers antiparasitaires dont les principes actifs sont le dimpylate, le propoxur et le tétrachlorvinphos.

Une décision intervenant après l’étude de l’ANSE révélant « des risques potentiels en cas d’exposition chronique, sur le long terme, par voie cutanée chez l’utilisateur et plus particulièrement chez l’enfant », et jugeant que « le rapport bénéfices/risques de ces colliers était défavorable ».

Aux Etats-Unis, le Conseil de défense des ressources naturelles a constaté quedes niveaux dangereusement élevés de résidus de pesticides peuvent rester collés dans les poils de chien ou chat plusieurs semaines après avoir mis un collier anti-puces à l’animal. En France, le Centre de pharmacovigilance vétérinaire de Lyon a recensé en 2007 488 déclarations d’intoxications à la permétrhine chez le chat, et une cinquantaine de décès. Des chiffres encore loin de la réalité, selon 60 millions de consommateurs, qui, dès 2012, s’inquiétait du danger de la permétrhine.

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