Orthorexie : quand manger santé devient une obsession


Parmi les troubles alimentaires, il y a l’orthorexie, mangé à tout prix santé en choisissant les aliments par leurs qualités nutritionnelles même si la personne n’aime pas le goût. Que ce soit les réseaux sociaux, les médias, les revues … parlent des produits miracles, désintox, perdre du poids et tout leur blabla, ceux qui souffrent d’orthorexie suivent cela à la lettre et se retrouve plus malade qu’avant et peuvent être affligés par d’autres troubles alimentaires
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Orthorexie : quand manger santé devient une obsession

 

JIRI MIKLO

Depressed and sad woman in kitchen

Manger sainement est une vertu, mais il faut éviter que cela mène à une obsession appelée orthorexie.

Les personnes souffrant d’orthorexie ont l’obsession de choisir leurs aliments en fonction de leurs qualités nutritionnelles plutôt que de leur goût, souligne la nutritionniste Marilyn Giguère.

« Deux personnes peuvent avoir la même assiette. L’une est orthorexique, l’autre non. La personne orthorexique a calculé les nutriments qu’il allait y avoir dans l’assiette. Tout est calculé. Elle n’a pas nécessairement envie de manger ça, mais c’est ce qu’elle va manger tandis que l’autre à côté mange parce que c’est ce qu’elle a envie de manger », explique Marilyn Giguère.

Dans les médias et la littérature, on vante les vertus de certains aliments et on en proscrit d’autres. La personne orthorexique a tendance à tout prendre au pied de la lettre.

« Je pense que oui, les médias ont beaucoup à voir avec l’adhésion à plusieurs diètes. On classe beaucoup, on catégorise beaucoup ces aliments en bon ou mauvais. Ça n’aide pas non plus. Un aliment n’est pas bon ou mauvais pour la santé. Il faut enlever ce vocabulaire, changer ce vocabulaire pour diminuer un peu le contrôle excessif », affirme Mme Giguère.

L’orthorexie peut déclencher d’autres troubles alimentaires, selon Julie Leduc, psychologue et auteure de l’ouvrage intitulé L’Anorexie chez la femme : s’en sortir.

« Si c’est quelque chose qui prend de plus en plus de place, la personne peut développer d’autres problèmes de santé, dont l’anorexie qui est qu’à force de vouloir tellement manger « parfaitement », la personne qui était au départ en bonne santé devient malade », précise Julie Leduc.

Manger de façon instinctive au lieu de suivre un régime

Marilyne Giguère et Julie Leduc déconseillent les régimes. Mme Leduc estime que ce n’est pas une manière naturelle et instinctive d’aborder l’alimentation.

« Un régime, ce n’est pas une personne qui écoute ses besoins, c’est quelque chose qui vient de l’extérieur de la personne, qui est écrit sur un papier. On va suivre ça. Si on suit un régime X à la lettre, il y a une perte de poids. Mais, parfois, il y a une reprise de ce poids-là parce que la personne, ça ne vient pas d’elle, ça vient de l’extérieur d’elle », explique Julie Leduc.

Marilyne Giguère et Julie Leduc ajoutent qu’il faut éviter que les aliments créent de l’anxiété. Si un type d’aliment est une cause d’anxiété, il faut le réintégrer graduellement dans son alimentation pour que cela devienne naturel.

Avec les informations d’Émilie Vallières

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3 choses à savoir sur les troubles de l’alimentation chez l’homme


Les troubles alimentaires comme l’anoxie et la boulimie sont souvent associés aux femmes et pourtant des hommes peuvent aussi en souffrir,. Il est aussi important pour eux de consulter
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3 choses à savoir sur les troubles de l’alimentation chez l’homme

 

Les femmes ne sont pas les seules à souffrir d’anorexie, de boulimie et d’autres troubles alimentaires. Découvrez les similitudes et différences avec les hommes.

Les troubles alimentaires touchent en moyenne deux fois plus de femmes que d’hommes. Ils sont donc minoritaires, certes, mais ce problème les concerne aussi. Pourtant, il est plutôt rare d’entendre des témoignages masculins à ce sujet. L’ancien chanteur du groupe One Direction, Zayn Malik, a parlé de ses troubles de l’alimentation dans son autobiographie et, plus récemment, au cours d’une interview au Sunday Times.

« Chaque aspect de ma vie était tellement réglementé et contrôlé que c’était le seule domaine où je pouvais encore dire ‘non, je ne mangerai pas’. Une fois que j’ai réussi à reprendre le contrôle, mon alimentation est revenue à la normale », raconte-t-il, cité par Health.

Comme lui, des milliers d’hommes souffrent d’anorexie, de boulimie et d’autres troubles alimentaires dans le monde. Voici trois informations à connaître.

Plus rapide que chez les femmes

Des études basées sur l’observation des données entre 1998 et 2008 suggèrent que certains troubles, comme le fait de se purger et de suivre des régimes extrêmes, progressent plus vite chez les hommes que chez les femmes. Ce type de problème est souvent associé à un abus de drogues, une dépression, de l’anxiété et de l’exercice compulsif.

Les jeunes adultes plus à risque

Une étude menée sur plus de 13.000 jeunes âgés de 14 à 20 ans a montré une augmentation des risques de troubles alimentaires chez les hommes à partir de 20 par rapport aux adolescents. Le risque est plus exactement de 1,2% chez les jeunes âgés de 14 ans et de 2,9% chez ceux de 20 ans.

Des symptômes plus ou moins différents

La perte de poids n’est pas le seul signe en cas de trouble alimentaire. L’organisme a du mal à fonctionner quand il est mal nourri, il peut donc développer une fatigue, un manque de coordination, une baisse de la réponse immunitaire, une mauvaise santé mentale et émotionnelle, un manque de concentration, une irritabilité et du stress.

La pression du physique parfait touche les hommes autant que les femmes et peut les pousser à alterner des phases de boulimie avec des phases de jeûne. Mais peu importe le sexe, quand ces maladies commencent à se faire sentir, il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide.

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Le cerveau des anorexiques ignore littéralement la faim


Il semble que des scientifiques ont enfin trouvé des preuves physiologiques qu’ont l’anorexie et la boulimie. Un grand pas pour mieux comprendre ces troubles alimentaires et peut-être de meilleurs traitements
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Le cerveau des anorexiques ignore littéralement la faim

 

Manger ou ne pas manger | daniellehelm via Flickr CC License by

Manger ou ne pas manger | daniellehelm via Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

Chez les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire, les circuits neuronaux gérant l’appétit sont inversés

Une équipe de quatre psychiatres et chercheurs en neurosciences affiliés à l’université du Colorado vient de mettre en lumière les manifestations neurologiques de l’anorexie: les malades sont capables d’ignorer littéralement la faim parce que les circuits qui la gèrent normalement dans leur cerveau sont inversés. Portant sur des adultes, l’étude ne peut pas dire si le phénomène est une cause ou une conséquence des troubles alimentaires, mais il existe bel et bien.

Pour arriver à ce résultat, les scientifiques menés par Guido Frank, spécialiste de la neurologie des troubles alimentaires ont enrôlé 26 femmes souffrant d’anorexie, 25 de boulimie et 26 autres «sujets sains» pour constituer leur groupe de contrôle. Ensuite, les volontaires ont été soumises à un test classique d’activation de l’appétit, à savoir boire un peu d’eau sucrée, tandis que leur cerveau était surveillé à la fois par IRM fonctionnelle et par IRM de diffusion.

La primauté de l’esprit sur la matière

Et ce que montrent les chercheurs, c’est que les anorexiques ou les boulimiques présentent de nombreuses altérations dans les structures cérébrales régissant normalement la récompense gustative et la régulation de l’appétit. Des modifications particulièrement significatives dans la matière blanche, qui coordonne la communication entre différentes zones du cerveau.

En outre, l’hypothalamus ne joue pas le même rôle chez les malades et les non-malades. Chez ces dernières, les régions cérébrales impliquées dans la gestion de la faim vont chercher leurs informations dans l’hypothalamus. Chez les malades, non seulement l’activité des voies neuronales de la faim est bien plus faibles, mais l’information va dans le sens inverse: de l’hypothalamus aux autres zones cérébrales. Ce qui laisse entendre que leur cerveau shunte l’hypothalamus et ignore littéralement les signaux incitant à manger.

«En termes cliniques, on parle de la primauté de l’esprit sur la matière, précise Frank. Nous disposons désormais de preuves physiologiques pour soutenir cette idée. En temps normal, la région du cerveau responsable de l’appétit devrait vous faire quitter votre chaise et chercher quelque chose à manger. Chez les patientes atteintes d’anorexie ou de boulimie, ce n’est pas le cas.»

Auto-conditionnement?

Les humains sont prédisposés à aimer le goût sucré, signal d’aliments caloriques et dès lors utiles à la survie. À l’inverse, il est très courant que les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire commencent par s’éloigner du sucré, par peur de grossir.

«Il peut s’agir d’un comportement acquis, voire d’un auto-conditionnement où la prise de poids fonctionne comme une “punition”», écrivent les chercheurs.

Des habitudes qui peuvent tout à fait modifier le cerveau des malades, en altérant notamment les circuits neuronaux dédiés à l’appétit et à la prise alimentaire.

Pour distinguer l’œuf de la poule, l’équipe de Frank envisage de poursuivre ses recherches sur des enfants, et notamment ceux issus de familles où les troubles du comportement alimentaire sont fréquents, afin de comprendre «quand tout cela commence à se mettre en place».

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Anorexie : phobie ou addiction, pourquoi ça change tout


Il semble difficile de soigner les anorexiques et la science piétine sur ce trouble de comportement alimentaire. Suite a des tests, les chercheurs ont émit une hypothèse que l’anorexie serait plus une addiction qu’une phobie. Si les prochaines recherches sont concluantes, cela orienterait vers d’autres zones du cerveau pour mieux traiter ces personnes
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Anorexie : phobie ou addiction, pourquoi ça change tout

 

L'anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles. ©JOEL SAGET / AFP

L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles. ©JOEL SAGET / AFP

Par Hugo Jalinière

Des chercheurs suggèrent qu’un des critères diagnostiques de l’anorexie, la peur de prendre du poids, serait en fait le plaisir d’en perdre. Autrement dit, que la phobie caractéristique serait en réalité un plaisir addictif.

ANOREXIE. Trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles, l’anorexie se diagnostique en principe à partir de trois critères internationaux : la présence d’une restriction alimentaire menant à la perte de poids, une perception déformée du poids et du corps, et une peur intense de grossir. Mais une étude française (Inserm/Université Paris-Descartes/Centre hospitalier Saint-Anne) parue le 7 juin 2016 dans la revue Translational Psychiatry pourrait bien transformer la façon de percevoir cette maladie, et offrir du même coup de nouvelles perspectives thérapeutiques. En effet, ces travaux suggèrent que ce qui caractérise les anorexiques n’est pas la peur de prendre du poids mais plutôt le plaisir d’en perdre. Et cette alternative est loin de n’être qu’une pirouette sémantique. Si elle est avérée, elle constituerait même un changement de paradigme. Car en passant de la peur de prendre du poids au plaisir d’en perdre, on quitte le registre de la phobie pour rejoindre celui de l’addiction ; soit deux circuits cérébraux différents.

L’idée qu’une révision de ce critère diagnostique était possible est venue à l’équipe du Pr Philip Gorwood devant l’absence de progrès notable dans la prise en charge de ce trouble.

 « Lorsque la recherche piétine, il est important de remettre en question les critères qui sont à la base même du trouble, explique le Pr Gorwood. Nous avons donc ré-évalué le dernier critère, pourtant bien présent dans le discours des patientes, en faisant l’hypothèse qu’il s’agirait d’un reflet en miroir de ce qui est réellement impliqué, c’est-à-dire un effet récompense de la perte de poids. Nous avons établi le postulat que les patientes ressentaient le plaisir de maigrir plutôt que la peur de grossir. »

Plaisir face aux images corporelles de maigreur

Les chercheurs ont mis cette nouvelle hypothèse à l’épreuve en faisant passer un test simple à 70 patientes atteintes d’anorexie plus ou moins sévère – toutes recrutées au Centre hospitalier Saint-Anne – et à un groupe témoin. Il s’agissait d’évaluer l’émotion de ces personnes lorsqu’elles étaient placées devant des images de personnes en surpoids, de poids normal ou très maigres. Et afin d’exclure le biais déclaratif de ces patientes, les chercheurs ont fondé leur évaluation sur un test de « conductance cutanée » qui consiste à mesurer le taux de sudation de la peau.

« L’émotion provoquée par certaines images entraine en effet une augmentation de la transpiration, rapide et automatique », précise le communiqué de l’Inserm.

Résultat : si l’émotion provoquée par les images de surpoids et de poids normal était à peu près la même chez les anorexiques que chez les sujets sains, il n’en allait pas de même pour les images corporelles de maigreur. En effet, la sudation des anorexiques était plus importante face à ces images révélant des émotions positives selon les chercheurs. Des résultat qui selon eux devraient conduire les travaux de recherche à se ré-orienter vers les circuits cérébraux de la récompense impliqués dans les phénomènes d’addiction plutôt que sur la phobie. Une possible révolution à suivre avec attention

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..


On croit peut-être que l’anorexie est une maladie récente, alors qu’en fait, elle semble venir de bien plus loin dans le temps. L’histoire de l’Impératrice Sissi (qui est complétement différente du film avec Romy Schneider) démontre qu’elle aurait souffert d’anorexie, ainsi que d’autres comme des religieuses qui par soucis mystiques auraient aussi souffert de cette maladie
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Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Impératrice d’Autriche, Élisabeth, mieux connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connu la vie idyllique que la légende a retenu. Elle semblait très mal s’acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l’appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n’était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle avait à peine 22 ans lorsqu’on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

Impératrice d’Autriche Élisabeth (Sissi)

Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à cette époque. Mais plusieurs l’imitent, au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l’archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l’arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

Au retour de la guerre qu’il perdit, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses, et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne, mais n’avait qu’un seul désir : voyager de par le vaste monde, ce qu’elle fit le plus souvent possible, négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

C’est qu’Élisabeth cachait un secret : sa peur démesurée de prendre du poids.

Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd’hui : peu de nourriture et un maximum d’activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu’on constata qu’elle manquait de vitamines, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s’astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s’adonnait à la marche forcée et à l’équitation quotidiennement aussi.

Avec un tel régime, son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes, elle qui mesurait tout de même 1 m 72 (indice de masse corporelle :16,9). C’est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu’elle a toujours souffert d’anorexie.

L’histoire d’un miracle devenu maladie

C’est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaître ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis. Cette perte «miraculeuse» de l’appétit était l’apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offraient à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

Le destin tragique de Catherine de Sienne

Catherine de Sienne 

Au XIVème siècle, naît d’une famille de vingt-deux enfants Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l’ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : sainte Catherine de Sienne.

On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse, dont les symptômes principaux sont le manque flagrant d’appétit, le refus de se nourrir, l’aménorrhée, l’hyperactivité, la constipation et la cachexie

L’inanition hystérique

Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque, qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique.

Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir.

W. Gull propose quelques années plus tard le terme «anorexie nerveuse» (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité.

Au début des années 1890, le professeur Charles Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895.

Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

La jeûneuse de Tutbury

Ann Moore

L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie, et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse.

Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petites quantités et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres, ni eau, et que seule l’intervention divine la maintenait en vie.

L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

Sarah Jacob

Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors, l’origine mystique de l’anorexie perdit toute crédibilité.

Origines psychologiques ou physiologiques?

Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gilles de la Tourette et Pierre Janet, qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit.

Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale, du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

On estime aujourd’hui qu’environ 1 % des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

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Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur


Depuis que la France veut interdire les mannequins souffrant d’anorexie, certaines parmi les mannequins ont dénoncé ouvertement comment ces filles qui doivent s’affamer pour réussir. Espérons que cela pourrait enfin changer les choses, mais il faut que les autres pays puissent dénoncer ce genre de traitement réservé a ces femmes
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Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur

 

Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur

Victoire Maçon Dauxerre.Photo Models.com

Trois pommes par jour pour seul repas, poisson ou poulet une fois par semaine: Victoire Maçon Dauxerre a sombré dans l’anorexie quand elle était mannequin, calvaire dont elle témoigne dans un livre qui paraît au moment où la France a décidé d’interdire les mannequins trop maigres.

«On ne peut pas imposer un corps malade en idéal de beauté, c’est criminel», juge la jeune femme de 23 ans, cinq ans après une carrière météorique de huit mois, au cours de laquelle elle a défilé à New York, Milan, Paris, pour des grands noms dont Alexander McQueen, Céline, Miu Miu.

À l’époque, elle était descendue à 103 livres  pour 5,8 pieds. Aujourd’hui, elle se félicite de la législation adoptée en décembre soumettant l’activité de mannequin à un certificat médical qui prend notamment en compte l’indice de masse corporelle (IMC), même si elle trouve que le texte a «dix ans de retard».

Une telle mesure l’aurait empêchée de travailler:

«un médecin aurait vu que j’avais le pouls super faible, je perdais mes cheveux, j’avais de l’ostéoporose, je n’avais plus mes règles. Quand on a le teint terreux, limite vert, on voit tout de suite qu’il y a un problème».

C’est à 18 ans que Victoire Maçon Dauxerre se fait repérer alors qu’elle magasine avec sa mère dans le Marais à Paris. Fille d’un ingénieur et d’une artiste, elle prépare son diplôme universitaire et rêve de faire des sciences politiques. Mais elle se laisse convaincre par l’aventure du mannequinat et entre à l’agence Elite.

«Personne ne m’a dit: tu dois perdre du poids. Mais on m’a dit: en septembre, tu fais les semaines de la mode, la taille du vêtement sera du 32-34, tu dois entrer dedans. C’est à ce moment-là que j’aurais dû partir», regrette cette longue jeune femme châtain aux yeux bleus, qui porte désormais du 38.

«UNE OMERTA»

Elle s’affame alors pour arriver à la taille requise, et perd une vingtaine de livres en deux mois pendant l’été, en se nourrissant de trois pommes par jour et de boissons gazeuses, dont les bulles «calent».

«Plus je maigrissais, plus je me trouvais grosse», explique cette «bonne élève», qui reconnaît qu’il y a «sans doute un terrain pathologique à l’anorexie». «Mais voir des images toute la journée qui vous confirment que la beauté c’est la maigreur, ça ne fait qu’inciter à cela».

Dans son livre paru mercredi, Jamais assez maigre. Journal d’un top model(Les Arènes), elle raconte avoir vu dans les coulisses des défilés des mannequins grignoter devant les caméras, avant d’aller se faire vomir aux toilettes une fois les journalistes partis. Avoir participé à des séances photo où seuls les photographes avaient à manger. Être tombée d’inanition et de fatigue dans la rue en pleine semaine de la mode de New York.

«Les filles qui travaillent aujourd’hui diront probablement que je mens parce que si elles veulent continuer, elles ne peuvent rien dire, il y a une véritable omerta dans le milieu», dénonce cette jeune femme volontaire, qui se destine désormais au métier de comédienne.

«Les mannequins ne sont rien, ce sont juste des cintres. Dans les années 1980, les mannequins étaient des personnalités. Aujourd’hui il faut s’effacer derrière le vêtement», dit-elle. Elle «en veut aux maisons de couture»: «les créateurs ne veulent que des corps androgynes, on ne veut pas célébrer le corps de la femme».

«Karl Lagerfeld dit que personne ne veut voir des grosses défiler. Mais entre ce qu’on voit maintenant et des grosses, il y a quand même de la marge!», s’insurge-t-elle, en colère contre ce «diktat de la maigreur».

Quand, à bout, elle décide finalement d’arrêter le mannequinat, «personne n’a compris». Elle tombe dans la boulimie, fait une tentative de suicide.

«Tout le monde me disait  »tu as la vie rêvée » mais moi je n’ai jamais été aussi malheureuse», raconte Victoire Maçon Dauxerre, qui dit avoir reçu depuis l’annonce de son livre plein de témoignages et messages de soutien.

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Vers une interdiction des mannequins anorexiques


Je ne sais pas si c’est la solution pour diminuer les problèmes de l’anorexie, mais je pense que cela est une bonne initiative que de mieux contrôler les agences de mode qui préfère les mannequins qui ont des troubles alimentaires et qu’en plus d’interdire la promotion de l’anorexie. La France ne serait pas la seule à agir ainsi, d’autres pays ont emboité le pas. Espérons par contre, que ces mannequins visés auront de l’aide si nécessaire
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Vers une interdiction des mannequins anorexiques

 

PARIS – Le gouvernement socialiste français s’est prononcé cette semaine pour l’interdiction du recours aux mannequins dénutris et l’apologie de l’anorexie en dépit de réserves des agences de mannequins.

Ces mesures font l’objet d’amendements à un projet de loi sur la santé en débat à compter de mardi au Parlement français. Lundi, la ministre française de la Santé Marisol Touraine a annoncé qu’elle soutiendrait ces amendements.

«Oui je vais soutenir» cette initiative, a-t-elle dit à la chaîne BFMTV.

«Je trouve que quand on est mannequin, on doit s’alimenter et prendre soin de sa santé. C’est un message important en direction des jeunes femmes, des jeunes filles qui voient en ces mannequins des modèles esthétiques», a-t-elle précisé.

Le premier des deux amendements en question, déposés par le député socialiste Olivier Véran, vise à interdire aux agences de mannequinat le recours à des mannequins lorsqu’ils sont diagnostiqués en état de dénutrition. Le parlementaire propose de modifier le code du travail afin de contraindre les agences à produire pour chaque mannequin un certificat médical prouvant que son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à une valeur donnée. Tout contrevenant s’exposerait à une peine de six mois d’emprisonnement et à 101 000 dollars d’amende.

Le Syndicat National des Agences de Mannequins (Synam) représentant «une quarantaine d’agences», a regretté que «cet amendement qui semble tout ignorer des travaux parlementaires précédents, propose une approche (…) uniquement franco-française».

«Les agences de mannequins françaises sont en permanence en concurrence avec leurs homologues européens. En conséquence, une approche européenne est indispensable», a-t-il souligné dans un communiqué.

Certains pays comme l’Espagne, l’Italie, la Belgique, le Chili ou Israël ont déjà pris des dispositions législatives ou réglementaires sur ce sujet.

Le deuxième amendement créerait notamment un «délit de valorisation de maigreur excessive» et viserait à interdire les sites internet qui font «l’apologie de l’anorexie».

Olivier Véran estime qu’en France, «entre 30 et 40 000 personnes» souffrent d’anorexie mentale. «Ce sont des adolescents dans 90% des cas. L’impact social de cette image que véhicule la mode, où des femmes doivent être maigres à un niveau pathologique pour être belles et défiler, est très fort», selon ce député.

«C’est évident que c’est un fléau, tous les amendements qui aideraient à faire en sorte qu’on ne fasse pas la promotion de l’anorexie, c’est toujours bien», a réagi Gérald Marie, ancien directeur Europe de l’agence Elite aujourd’hui à la tête de l’agence parisienne Oui Management, interrogé par l’AFP. «Mais il faut éviter de mélanger les choses. Il y a l’anorexie et il y a des filles qui sont fines, très fines, par tempérament et vous pouvez les faire manger toute la journée elles resteront fines». «Il faut arriver à bien déterminer l’anorexie, et voir que c’est un problème psychologique, psychiatrique», a-t-il relevé.

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