Syndrome de glissement : ces vieux se laissent mourir


Syndrome du glissement, est un syndrome qui atteint les personnes âgées qui ont perdu le goût de vivre suite a un décès, secrets de familles, et autres, ils sont souvent en état de dépression. Alors que d’autres non et veulent avoir le droit de mourir sans avoir d’aide médicale pour survivre
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Syndrome de glissement : ces vieux se laissent mourir

 

Une grand-mère ( César.Gutiérrez (Flickr))

A la suite d’un traumatisme, des personnes âgées se laissent glisser vers la mort.

En médecine, les syndromes racontent des histoires. Leurs noms, quand ils ne sont pas ceux de leurs découvreurs, révèlent souvent des métaphores, des tentatives quasi poétiques de dompter une réalité rarement réjouissante.

Ainsi, quand une personne âgée se laisse mourir après un événement qui l’a bouleversée, on parle en psychiatrie et en gériatrie d’un « syndrome de glissement » dépressif ou réactionnel.

« Les vieux ne bougent plus »

Le concept – franco-français – a été décrit pour la première fois en 1956 par le gériatre Jean Carrié et cerné ensuite par plusieurs médecins, les docteurs Graux et Delomier en tête. Le premier insistant particulièrement sur le caractère « brutal et rapidement évolutif » du syndrome.

Le décès de la personne âgée survenant en général dans les quatre semaines qui suivent l’événement traumatique.

Hervé Merveille est psychiatre des personnes âgées à Limoges, au Centre hospitalier Esquirol. Il détaille :

« Le syndrome de glissement touche les personnes de plus de 65 ans. Parmi les facteurs de risque, on trouve en tête la perte du conjoint ou la perte d’un proche, qui se conjugue à une baisse de l’estime de soi. »

Il existe aussi d’autres éléments déclencheurs comme l’annonce d’un diagnostic, la vente d’un bien immobilier précieux pour l’histoire familiale du patient ou encore une intervention chirurgicale dont les suites sont mal vécues. Hervé Merveille poursuit :

« Ces pertes s’accumulent et entraînent divers symptômes parmi lesquels l’apathie, l’anhédonie [l’incapacité à ressentir des émotions positives, NDLR], l’aboulie (perte de l’envie), la baisse de la conation [de la volonté d’agir, NDLR], la clinophilie (le fait de rester au lit), l’anorexie et la bradyphémie (lenteur de l’expression).

C’est un homme paternaliste et autoritaire qui se décharne de ses qualités masculines, une épouse qui perd de son autorité au foyer. »

Comme dans la chanson de Jacques Brel :

« Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit. Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit. »

Secrets de famille

Pour ce médecin, qui se rend régulièrement aux domiciles de ses patients ou au sein des Ehpad, c’est un lourd travail de recherche qui commence.

« Pour identifier l’origine du problème et l’élément déclencheur, il faut mener une enquête presque policière sur la biographie du patient. Prendre le temps de créer un lien de confiance, discuter avec sa famille, faire attention aux mots employés. »

Le syndrome de glissement s’installe dans le passé, les secrets de famille, les décès ou les deuils douloureux.

« On fait face parfois à des troubles de déambulation nocturne, des patients qui se lèvent la nuit pour chercher des choses dans des placards. Puis on se rend compte qu’un cousin éloigné de la famille vient de mourir, que personne de l’entourage du patient ne s’y est intéressé, mais que le patient a bien connu ce cousin.

C’est le moment où les gros secrets de famille explosent. Des événements très lourds, éteints ou mis de côté pendant des années, refont surface alors que la chaudière de la maison tombe en panne. »

La prise en charge du syndrome de glissement est aussi bien médicale que cognitive (kiné, aide à domicile), explique Hervé Merveille. La conséquence directe de cette souffrance, c’est le suicide.

« Contrairement aux jeunes, les personnes âgées ne se ratent pas. Il faut être vigilant et évaluer le potentiel suicidaire en se posant des questions : est-ce qu’il y a une arme à portée de main ? L’isolement du patient est-il critique ?, etc. »

La maison de retraite

Pour les personnes âgées hospitalisées ou qui vivent en maison de retraite, Hervé Merveille est plus pessimiste :

« Pour les personnes en Ehpad, le pronostic est très sombre. Le corps et l’esprit ne font qu’un et malheureusement, le corps réagit très mal à la dépression. Souvent, il y a une pathologie qui se déclenche à ce moment-là. Quand on n’a pas envie de vivre, le corps ne suit plus, d’où l’importance de faire venir les psychiatres et les psychologues dans les établissements de soins. »

Dans cet article où nous parlions de la culpabilité liée au placement d’un proche en maison de retraite, Marika évoquait « le glissement » de sa grand-mère Elise, arrivée en Ehpad à l’âge de 96 ans.

Elle était décédée un an et demi plus tard, après s’être rapidement enfermée dans la démence.

Cette ancienne infirmière, qui a régulièrement côtoyé des situations de fin de vie, analyse :

« Le glissement, c’est le moment où la personne lâche la vie. C’est une forme de résilience absolue et d’acceptation de la mort. »

« C’est leur moment »

Et dans le meilleur des cas, le « glissement » arrive sans événement traumatique, au moment où le sujet semble s’être résigné à la mort.

Natacha Ledjam, psychologue clinicienne qui a travaillé dix ans en Ehpad, explique :

« Il y a des gens qui, à un instant T, se disent que c’est leur moment. Qu’ils sont fatigués. Qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire. Que ça n’a pas de sens pour eux de continuer à faire des activités, suivre des comportements normatifs soutenus par les institutions. Ils disent qu’ils ont fait leur temps, sans pour autant traverser une dépression. »

Dans « Nous voulons tous mourir dans la dignité », paru en mars 2013, la psychologue Marie de Hennezel cite l’écrivain Michel Landa :

« Le droit de mourir dignement dans la lucidité, la tendresse, sans autres affres que celles inhérentes à la séparation et au glissement hors de cette forme de vie, ce droit devient un impératif évident dès lors que la vie peut être prolongée jusqu’au dernier délabrement – et même au-delà. »

En 2014, lors d’un colloque sur la maladie d’Alzheimer, elle appelait à « respecter le syndrome de glissement chez la personne âgée », tout en expliquant que son propos ne concernait pas le glissement réactionnel :

Natacha Ledjam résume le malaise que les proches, certains soignants et une partie de la société ressentent alors face à cette résignation :

« Voir quelqu’un lâcher, ce n’est pas normal. Et même si les équipes soignantes sont de plus en plus formées aux soins palliatifs, elles ne réagissent pas de la même manière. Il y a des soignants qui – pour des raisons culturelles, religieuses ou de sensibilité – vont être pris d’une forme de panique à vouloir sortir la personne de son état.

D’autres qui vont mettre en place une relation d’écoute, presque tendre. Qui vont instinctivement se positionner dans les soins de confort. L’équipe adapte alors son approche au besoin premier de la personne, à savoir un environnement bienveillant. »

Le rôle de l’équipe médicale consiste alors à « faire la différence entre un syndrome de glissement dépressif et la position de la personne qui demande sereinement à ce qu’on ne la force pas à s’alimenter », comme le prône Marie de Hennezel. Elle cite alors le gériatre François Blanchard :

« Chez les uns, une tristesse affreuse, un désespoir, une souffrance morale. Chez les autres, le sentiment tranquille d’avoir fait son temps. La lampe n’a plus d’huile, on est au bout du rouleau. […] Le vieillard se laisse aller paisiblement. »

Qui conclut :

« Qui sommes-nous pour vouloir absolument trouver des raisons de vivre à la place des autres ? »

Henri Rouillier

https://tempsreel.nouvelobs.com

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Un trouble alimentaire à 55 ans


Quand on parle de troubles alimentaires comme la boulimie, l’anorexie, hyperphagie, de compulsion alimentaire on pense beaucoup que ces troubles de jeunes alors qu’en réalité, il y a des femmes et hommes plus âgés qui ont depuis longtemps ce genre de troubles ou qu’ils commencent plus tard.
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Un trouble alimentaire à 55 ans

 

Voilà 40 ans que l'anorexie fait partie du... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

Voilà 40 ans que l’anorexie fait partie du quotidien de Manon Germain, aujourd’hui âgée de 55 ans.

CATHERINE HANDFIELD

La Presse

«On les oublie, mais les gens qui ont 40, 50, 60 ans peuvent souffrir encore d’anorexie. J’en suis la preuve. J’ai 55 ans. Je n’ai pas honte, mais malheureusement, je souffre encore d’anorexie.»

Voilà 40 ans que l’anorexie fait partie du quotidien de Manon Germain. L’an dernier, pour la toute première fois dans sa vie, elle a entamé une thérapie, à l’Institut Douglas, à Montréal. Lorsqu’elle l’a entreprise, elle était rendue si faible qu’elle était incapable de monter les marches.

Lorsqu’elle regarde les jeunes femmes qui suivent la thérapie avec elle, Manon Germain ne peut s’empêcher de se voir en elles.

«Je les comprends. Je les comprends, mon Dieu. Tu aimerais tellement les aider, leur dire: « Ne faites pas comme moi. »»

Lorsque nous lui avons parlé, Manon Germain n’avait pas mangé depuis quatre jours («je n’y pense même pas»). Sa voix était affaiblie, mais on y percevait quand même l’espoir.

«Je voudrais manger plus. J’aimerais avoir un poids santé, dit la quinquagénaire, qui s’est souvent sentie jugée dans sa maladie. Douglas m’aide à trouver une nouvelle façon de penser envers moi. De prendre le temps de réaliser que je me fais tellement de tort…»

Quand on pense au trouble alimentaire, l’image de la jeune femme anorexique arrive spontanément. La réalité est pourtant beaucoup plus vaste. S’il est vrai que l’anorexie touche davantage les plus jeunes, les cliniciens voient de plus en plus de patients plus âgés atteints de boulimie ou d’hyperphagie (l’équivalent de la boulimie, sans comportements compensatoires), indique Howard Steiger, chef du Programme des troubles de l’alimentation à l’Institut Douglas.

«On voit des troubles alimentaires qui débutent plus tard dans la vie et qui persistent plus tard», constate le psychologue, qui déplore cette «manie culturelle» envers le maintien d’une image de jeunesse.

44 ans

En 2015-2016, la moyenne d’âge des utilisateurs des groupes de soutien d’Anorexie et boulimie Québec était de 44 ans. Elle était de 36 ans en 2016-2017.

«C’est une statistique qui surprend autant les gens dans la population que les professionnels de la santé, affirme Marilène Dion, coordonnatrice clinique, Anorexie et boulimie Québec (ANEB). On a souvent l’impression que c’est une maladie d’adolescente, alors que dans les faits, ça touche vraiment toutes les tranches d’âge.»

Céline Desparois, 43 ans, a commencé à souffrir... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse) - image 2.0

Céline Desparois, 43 ans, a commencé à souffrir de troubles alimentaires vers l’âge de 25 ans, après deux grossesses.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Marc* avait 62 ans le jour où il a rappelé les Outremangeurs Anonymes (OA), une association de partage pour les gens qui souffrent de compulsion alimentaire. Ce jour-là, Marc avait rencontré des clients à Sainte-Catherine, sur la Rive-Sud de Montréal.

«Je n’avais rien vendu le matin, ça n’avait pas fonctionné.»

Marc était déçu. Et il ressentait l’urgent besoin de manger. De manger beaucoup. Plusieurs assiettes. Il est donc parti à la recherche d’un restaurant de type buffet, en vain.

«Je peux vous dire qu’il n’y en a pas, de buffet, à Sainte-Catherine», lance l’homme de 69 ans, qui peut maintenant en parler avec humour.

Les OA permettent à Marc d’exprimer ses émotions au lieu de les manger. Il mange aujourd’hui raisonnablement.

Quel est le modèle des gens d’âge mûr qui souffrent d’un trouble alimentaire?

Certaines personnes vont carrément développer un trouble alimentaire en âge avancé, mais ça demeure rare, indique Cynthia Bulik, professeure de psychiatrie à l’Université de la Caroline du Nord et auteure du livre Midlife Eating Disorders. Deux cas de figure sont plus fréquents: des gens qui, comme Manon Germain, vivent depuis longtemps avec une forme chronique de la maladie ou encore des gens qui ont vu une résurgence de leur trouble en raison d’un enjeu venu bouleverser leur vie

«Ça peut être n’importe quoi qui dépasse la capacité d’adaptation de la personne, souligne Howard Steiger. La personne va avoir recours à quelque chose qu’elle peut contrôler [dans ce cas-ci, la nourriture] pour se sécuriser.»

Pour Céline Desparois, 43 ans, les troubles alimentaires ont débuté assez tardivement, vers l’âge de 25 ans. Au terme de ses deux grossesses, elle voulait perdre du poids et s’est inscrite au programme alimentaire Minçavi. En trois mois, elle a perdu 25 livres.

«Mais plus j’en perdais, plus je voulais en perdre. J’ai complètement dérapé, comme quelqu’un qui descend une pente avec son vélo. Je n’étais plus capable de freiner.»

Les années ont passé, et l’anorexie a fini par laisser place à la boulimie. Céline Desparois souffre encore de boulimie aujourd’hui, mais elle va beaucoup mieux. Elle vient d’ailleurs d’entreprendre une thérapie à la clinique St-Amour, où elle réapprend à bien manger le jour.

Si Céline Desparois et Manon Germain parlent ouvertement de leur maladie, beaucoup de gens d’âge mûr souffrent dans la solitude, dans la honte même, souligne Marilène Dion, de l’ANEB.

Paradoxalement, note Cynthia Bulik, souffrir d’un trouble alimentaire à un âge plus avancé (avec les responsabilités professionnelles et familiales qui viennent avec) peut avoir des effets considérables sur la vie de la personne.

Manon Germain, qui était acheteuse dans le domaine de la mode, a arrêté de travailler dans la quarantaine lorsque sa vie a basculé. Et l’anorexie y est pour beaucoup.

Pour s’en sortir, briser l’isolement demeure essentiel, disent à l’unisson tous les intervenants à qui nous avons parlé. Plus on agit rapidement, plus la personne a la chance de se rétablir rapidement. N’empêche, note Marylène Dion, les gens qui souffrent depuis longtemps d’un trouble alimentaire ont tout un vécu dans lequel ils peuvent puiser pour continuer à évoluer.

«Sans trouble alimentaire, je ne serais pas devenue la personne que je suis aujourd’hui, souligne Céline Desparois. J’ai appris que la vie est fragile. Et qu’il faut en prendre soin.»

«Il ne faut pas lâcher, conclut tout doucement Manon Germain. Et il faut s’aimer.»

* Comme Marc est membre des Outremangeurs Anonymes, il a demandé qu’on n’indique pas son nom de famille.

La bigorexie et les femmes aisées

Chez les femmes d’âge mûr issues de milieux socioéconomiques aisés, une autre forme de trouble alimentaire se dessine, note Myriam Gehami, nutritionniste en troubles alimentaires à la Clinique psychoalimentaire. Il s’agit de la bigorexie, la recherche obsessive d’un corps à la fois mince et musclé. Ces femmes, dont l’estime de soi est souvent basse, cherchent à se valoriser, à fuir leur réalité. Et cette fuite passe par l’entraînement et l’alimentation, qui finissent par occuper toute la place dans leur tête et dans leur vie.

«Ce sont des femmes qui s’entraînent beaucoup – au-delà de 12, 13 heures par semaine – et qui, malgré toute l’activité physique qu’elles font, mangent de petites portions, sans féculents ou presque», constate Mme Gehami, selon qui la compétition du milieu alimente la problématique. Ces femmes ont souvent recours à la chirurgie esthétique.

Ressources

ANEB: Anorexie et boulimie Québec est un organisme sans but lucratif dont la mission est de garantir une aide immédiate, spécialisée et gratuite aux personnes atteintes d’un trouble alimentaire et à leurs proches.

Cliniques: La clinique St-Amour, la clinique Muula et la Clinique psychoalimentaire ont toutes une spécialisation dans le traitement des troubles alimentaires.

OA: Outremangeurs Anonymes est une association d’hommes et de femmes qui partagent leur expérience personnelle, leur force et leur espoir dans le but de se rétablir de la compulsion alimentaire.

http://www.lapresse.ca/

L’alcoolorexie, le trouble du comportement alimentaire qui met en danger les jeunes femmes


L’alcoolorexie, un nouveau mot dans notre vocabulaire, il fait partie des troubles du comportement alimentaire apparenté à l’anorexie qui touche les hommes, mais surtout les femmes et les jeunes filles pour sauter des repas dans le but de prendre moins de calories. Ce comportement, même avec de l’alcool moins calorique est un danger pour la santé physique et psychologique
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L’alcoolorexie, le trouble du comportement alimentaire qui met en danger les jeunes femmes

 

Sole Treadmill, via Flickr.

Sole Treadmill, via Flickr.

Repéré par Léa Marie

Repéré sur The Independent

Elles sont de plus en plus nombreuses à sauter des repas afin d’économiser des calories et pouvoir s’autoriser à boire de l’alcool.

Économiser des calories pour l’alcool: c’est, en gros, le principe de la «drunkorexia» (ou alcoolorexie). Ce terme anglais –un mix entre «drunk» (saoul, en français) et «anorexia»–désigne un trouble du comportement alimentaire qui consiste à réduire son alimentation afin de boire sans culpabilité. Car c’est bien connu, l’alcool est bourré de sucres (sans mauvais jeu de mot) et fait donc grossir.

Selon The Independent, un nombre croissant de femmes sauteraient des repas ou réduiraient drastiquement leur apport calorique journalier afin de dédier ces calories économisées à leur consommation d’alcool. Si le phénomène n’est pas encore cliniquement reconnu, il est fondé sur les mêmes mécanismes que l’anorexie: la crainte excessive de prendre du poids, notamment.

En théorie, l’alcoolorexie peut survenir chez les hommes comme chez les femmes. Mais en réalité, ce trouble touche surtout ces dernières. Et plus particulièrement, les jeunes femmes. Selon une récente étude, près de 60% des étudiantes américaines seraient concernées par cette pratique. Son auteure, Alissa Knight, explique :

«Les symptômes de l’alcoolorexie les plus courants chez les étudiantes sont le fait de sauter des repas (37,5%), la consommation de boissons alcoolisées sans sucres et à faible indice calorique (46,3%) et une la pratique d’un exercice physique à la suite d’une soirée alcoolisée pour éliminer (51,2%).»

Âgée de 23 ans, l’une des étudiantes rentrant dans la première catégorie, explique :

«J’avais pour habitude de sauter des repas à la fac pour éviter d’être ballonnée en soirée.»

Une pratique dangereuse pour la santé

Un penchant futile? Loin de là. L’alcoolorexie est, avant tout, le reflet des injonctions contradictoires que la société fait peser sur les femmes. D’un côté, la pression d’être mince, à l’heure où le fitness est plus que jamais populaire. De l’autre, la nécessité d’avoir une vie sociale bien remplie (qui se construit souvent autour d’un verre) et d’être perçue comme «fun» et libre, surtout en début de carrière. Avez-vous déjà essayé de rester entièrement sobre durant un pot de départ ou une soirée en boîte entre amis? Et ce, malgré les nombreuses remarques, incitations et regards inquisiteurs en direction de votre Coca Zéro? Pas facile.

Tous les régimes alimentaires érigent l’alcool comme l’ennemi n°1 de la ligne. Les magazines féminins expliquent à leurs lectrices que, si elles ne peuvent vraiment pas s’en passer, il leur faudra choisir les liqueurs les moins caloriques. Ainsi, on apprend par exemple qu’il vaut mieux opter pour une vodka avec un soda light ou des shots, plutôt qu’une bière. Ou encore que le vin blanc contiendrait plus de calories qu’une glace.

Autant d’informations déprimantes pour toute femme qui aime boire (même occasionnellement) mais tient à garder la ligne. Et qui débouchent fréquemment sur l’effet yo-yo: cette alternance entre périodes de restriction alimentaire la semaine, et phases d’excès en tous genres le week-end. Et pour cause: une fois ivre, il est bien plus difficile de résister à la tentation de la pizza post-soirée.

Spécialiste des troubles alimentaires, Rhiannon Lambert tire la sonnette d’alarme: l’alcoolorexie peut s’avérer extrêmement dangereuse. D’abord, car boire avec l’estomac vide est particulièrement nocif pour l’organisme. Ensuite, car cette dichotomie entre privation alimentaire et binge-drinking peut conduire à de graves complications physiques et mentales.

«Faire cela régulièrement peut provoquer des maladies chroniques touchant le foie et le cœur, au long terme. Cela augmente également le risque de manquer de vitamines et minéraux. (…) S’il est bon de savoir combien de calories contient votre boisson favorite, ne laissez pas cela devenir une obsession.» 

Tous les experts s’accordent en tout cas sur une chose: si les calories vous inquiètent, diminuez l’alcool, et non la nourriture. 

http://www.slate.fr/

Orthorexie : quand manger santé devient une obsession


Parmi les troubles alimentaires, il y a l’orthorexie, mangé à tout prix santé en choisissant les aliments par leurs qualités nutritionnelles même si la personne n’aime pas le goût. Que ce soit les réseaux sociaux, les médias, les revues … parlent des produits miracles, désintox, perdre du poids et tout leur blabla, ceux qui souffrent d’orthorexie suivent cela à la lettre et se retrouve plus malade qu’avant et peuvent être affligés par d’autres troubles alimentaires
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Orthorexie : quand manger santé devient une obsession

 

JIRI MIKLO

Depressed and sad woman in kitchen

Manger sainement est une vertu, mais il faut éviter que cela mène à une obsession appelée orthorexie.

Les personnes souffrant d’orthorexie ont l’obsession de choisir leurs aliments en fonction de leurs qualités nutritionnelles plutôt que de leur goût, souligne la nutritionniste Marilyn Giguère.

« Deux personnes peuvent avoir la même assiette. L’une est orthorexique, l’autre non. La personne orthorexique a calculé les nutriments qu’il allait y avoir dans l’assiette. Tout est calculé. Elle n’a pas nécessairement envie de manger ça, mais c’est ce qu’elle va manger tandis que l’autre à côté mange parce que c’est ce qu’elle a envie de manger », explique Marilyn Giguère.

Dans les médias et la littérature, on vante les vertus de certains aliments et on en proscrit d’autres. La personne orthorexique a tendance à tout prendre au pied de la lettre.

« Je pense que oui, les médias ont beaucoup à voir avec l’adhésion à plusieurs diètes. On classe beaucoup, on catégorise beaucoup ces aliments en bon ou mauvais. Ça n’aide pas non plus. Un aliment n’est pas bon ou mauvais pour la santé. Il faut enlever ce vocabulaire, changer ce vocabulaire pour diminuer un peu le contrôle excessif », affirme Mme Giguère.

L’orthorexie peut déclencher d’autres troubles alimentaires, selon Julie Leduc, psychologue et auteure de l’ouvrage intitulé L’Anorexie chez la femme : s’en sortir.

« Si c’est quelque chose qui prend de plus en plus de place, la personne peut développer d’autres problèmes de santé, dont l’anorexie qui est qu’à force de vouloir tellement manger « parfaitement », la personne qui était au départ en bonne santé devient malade », précise Julie Leduc.

Manger de façon instinctive au lieu de suivre un régime

Marilyne Giguère et Julie Leduc déconseillent les régimes. Mme Leduc estime que ce n’est pas une manière naturelle et instinctive d’aborder l’alimentation.

« Un régime, ce n’est pas une personne qui écoute ses besoins, c’est quelque chose qui vient de l’extérieur de la personne, qui est écrit sur un papier. On va suivre ça. Si on suit un régime X à la lettre, il y a une perte de poids. Mais, parfois, il y a une reprise de ce poids-là parce que la personne, ça ne vient pas d’elle, ça vient de l’extérieur d’elle », explique Julie Leduc.

Marilyne Giguère et Julie Leduc ajoutent qu’il faut éviter que les aliments créent de l’anxiété. Si un type d’aliment est une cause d’anxiété, il faut le réintégrer graduellement dans son alimentation pour que cela devienne naturel.

Avec les informations d’Émilie Vallières

http://quebec.huffingtonpost.ca

3 choses à savoir sur les troubles de l’alimentation chez l’homme


Les troubles alimentaires comme l’anoxie et la boulimie sont souvent associés aux femmes et pourtant des hommes peuvent aussi en souffrir,. Il est aussi important pour eux de consulter
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3 choses à savoir sur les troubles de l’alimentation chez l’homme

 

Les femmes ne sont pas les seules à souffrir d’anorexie, de boulimie et d’autres troubles alimentaires. Découvrez les similitudes et différences avec les hommes.

Les troubles alimentaires touchent en moyenne deux fois plus de femmes que d’hommes. Ils sont donc minoritaires, certes, mais ce problème les concerne aussi. Pourtant, il est plutôt rare d’entendre des témoignages masculins à ce sujet. L’ancien chanteur du groupe One Direction, Zayn Malik, a parlé de ses troubles de l’alimentation dans son autobiographie et, plus récemment, au cours d’une interview au Sunday Times.

« Chaque aspect de ma vie était tellement réglementé et contrôlé que c’était le seule domaine où je pouvais encore dire ‘non, je ne mangerai pas’. Une fois que j’ai réussi à reprendre le contrôle, mon alimentation est revenue à la normale », raconte-t-il, cité par Health.

Comme lui, des milliers d’hommes souffrent d’anorexie, de boulimie et d’autres troubles alimentaires dans le monde. Voici trois informations à connaître.

Plus rapide que chez les femmes

Des études basées sur l’observation des données entre 1998 et 2008 suggèrent que certains troubles, comme le fait de se purger et de suivre des régimes extrêmes, progressent plus vite chez les hommes que chez les femmes. Ce type de problème est souvent associé à un abus de drogues, une dépression, de l’anxiété et de l’exercice compulsif.

Les jeunes adultes plus à risque

Une étude menée sur plus de 13.000 jeunes âgés de 14 à 20 ans a montré une augmentation des risques de troubles alimentaires chez les hommes à partir de 20 par rapport aux adolescents. Le risque est plus exactement de 1,2% chez les jeunes âgés de 14 ans et de 2,9% chez ceux de 20 ans.

Des symptômes plus ou moins différents

La perte de poids n’est pas le seul signe en cas de trouble alimentaire. L’organisme a du mal à fonctionner quand il est mal nourri, il peut donc développer une fatigue, un manque de coordination, une baisse de la réponse immunitaire, une mauvaise santé mentale et émotionnelle, un manque de concentration, une irritabilité et du stress.

La pression du physique parfait touche les hommes autant que les femmes et peut les pousser à alterner des phases de boulimie avec des phases de jeûne. Mais peu importe le sexe, quand ces maladies commencent à se faire sentir, il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide.

http://www.santemagazine.fr

Le cerveau des anorexiques ignore littéralement la faim


Il semble que des scientifiques ont enfin trouvé des preuves physiologiques qu’ont l’anorexie et la boulimie. Un grand pas pour mieux comprendre ces troubles alimentaires et peut-être de meilleurs traitements
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Le cerveau des anorexiques ignore littéralement la faim

 

Manger ou ne pas manger | daniellehelm via Flickr CC License by

Manger ou ne pas manger | daniellehelm via Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

Chez les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire, les circuits neuronaux gérant l’appétit sont inversés

Une équipe de quatre psychiatres et chercheurs en neurosciences affiliés à l’université du Colorado vient de mettre en lumière les manifestations neurologiques de l’anorexie: les malades sont capables d’ignorer littéralement la faim parce que les circuits qui la gèrent normalement dans leur cerveau sont inversés. Portant sur des adultes, l’étude ne peut pas dire si le phénomène est une cause ou une conséquence des troubles alimentaires, mais il existe bel et bien.

Pour arriver à ce résultat, les scientifiques menés par Guido Frank, spécialiste de la neurologie des troubles alimentaires ont enrôlé 26 femmes souffrant d’anorexie, 25 de boulimie et 26 autres «sujets sains» pour constituer leur groupe de contrôle. Ensuite, les volontaires ont été soumises à un test classique d’activation de l’appétit, à savoir boire un peu d’eau sucrée, tandis que leur cerveau était surveillé à la fois par IRM fonctionnelle et par IRM de diffusion.

La primauté de l’esprit sur la matière

Et ce que montrent les chercheurs, c’est que les anorexiques ou les boulimiques présentent de nombreuses altérations dans les structures cérébrales régissant normalement la récompense gustative et la régulation de l’appétit. Des modifications particulièrement significatives dans la matière blanche, qui coordonne la communication entre différentes zones du cerveau.

En outre, l’hypothalamus ne joue pas le même rôle chez les malades et les non-malades. Chez ces dernières, les régions cérébrales impliquées dans la gestion de la faim vont chercher leurs informations dans l’hypothalamus. Chez les malades, non seulement l’activité des voies neuronales de la faim est bien plus faibles, mais l’information va dans le sens inverse: de l’hypothalamus aux autres zones cérébrales. Ce qui laisse entendre que leur cerveau shunte l’hypothalamus et ignore littéralement les signaux incitant à manger.

«En termes cliniques, on parle de la primauté de l’esprit sur la matière, précise Frank. Nous disposons désormais de preuves physiologiques pour soutenir cette idée. En temps normal, la région du cerveau responsable de l’appétit devrait vous faire quitter votre chaise et chercher quelque chose à manger. Chez les patientes atteintes d’anorexie ou de boulimie, ce n’est pas le cas.»

Auto-conditionnement?

Les humains sont prédisposés à aimer le goût sucré, signal d’aliments caloriques et dès lors utiles à la survie. À l’inverse, il est très courant que les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire commencent par s’éloigner du sucré, par peur de grossir.

«Il peut s’agir d’un comportement acquis, voire d’un auto-conditionnement où la prise de poids fonctionne comme une “punition”», écrivent les chercheurs.

Des habitudes qui peuvent tout à fait modifier le cerveau des malades, en altérant notamment les circuits neuronaux dédiés à l’appétit et à la prise alimentaire.

Pour distinguer l’œuf de la poule, l’équipe de Frank envisage de poursuivre ses recherches sur des enfants, et notamment ceux issus de familles où les troubles du comportement alimentaire sont fréquents, afin de comprendre «quand tout cela commence à se mettre en place».

http://www.slate.fr/

Anorexie : phobie ou addiction, pourquoi ça change tout


Il semble difficile de soigner les anorexiques et la science piétine sur ce trouble de comportement alimentaire. Suite a des tests, les chercheurs ont émit une hypothèse que l’anorexie serait plus une addiction qu’une phobie. Si les prochaines recherches sont concluantes, cela orienterait vers d’autres zones du cerveau pour mieux traiter ces personnes
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Anorexie : phobie ou addiction, pourquoi ça change tout

 

L'anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles. ©JOEL SAGET / AFP

L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles. ©JOEL SAGET / AFP

Par Hugo Jalinière

Des chercheurs suggèrent qu’un des critères diagnostiques de l’anorexie, la peur de prendre du poids, serait en fait le plaisir d’en perdre. Autrement dit, que la phobie caractéristique serait en réalité un plaisir addictif.

ANOREXIE. Trouble du comportement alimentaire qui touche surtout les jeunes filles, l’anorexie se diagnostique en principe à partir de trois critères internationaux : la présence d’une restriction alimentaire menant à la perte de poids, une perception déformée du poids et du corps, et une peur intense de grossir. Mais une étude française (Inserm/Université Paris-Descartes/Centre hospitalier Saint-Anne) parue le 7 juin 2016 dans la revue Translational Psychiatry pourrait bien transformer la façon de percevoir cette maladie, et offrir du même coup de nouvelles perspectives thérapeutiques. En effet, ces travaux suggèrent que ce qui caractérise les anorexiques n’est pas la peur de prendre du poids mais plutôt le plaisir d’en perdre. Et cette alternative est loin de n’être qu’une pirouette sémantique. Si elle est avérée, elle constituerait même un changement de paradigme. Car en passant de la peur de prendre du poids au plaisir d’en perdre, on quitte le registre de la phobie pour rejoindre celui de l’addiction ; soit deux circuits cérébraux différents.

L’idée qu’une révision de ce critère diagnostique était possible est venue à l’équipe du Pr Philip Gorwood devant l’absence de progrès notable dans la prise en charge de ce trouble.

 « Lorsque la recherche piétine, il est important de remettre en question les critères qui sont à la base même du trouble, explique le Pr Gorwood. Nous avons donc ré-évalué le dernier critère, pourtant bien présent dans le discours des patientes, en faisant l’hypothèse qu’il s’agirait d’un reflet en miroir de ce qui est réellement impliqué, c’est-à-dire un effet récompense de la perte de poids. Nous avons établi le postulat que les patientes ressentaient le plaisir de maigrir plutôt que la peur de grossir. »

Plaisir face aux images corporelles de maigreur

Les chercheurs ont mis cette nouvelle hypothèse à l’épreuve en faisant passer un test simple à 70 patientes atteintes d’anorexie plus ou moins sévère – toutes recrutées au Centre hospitalier Saint-Anne – et à un groupe témoin. Il s’agissait d’évaluer l’émotion de ces personnes lorsqu’elles étaient placées devant des images de personnes en surpoids, de poids normal ou très maigres. Et afin d’exclure le biais déclaratif de ces patientes, les chercheurs ont fondé leur évaluation sur un test de « conductance cutanée » qui consiste à mesurer le taux de sudation de la peau.

« L’émotion provoquée par certaines images entraine en effet une augmentation de la transpiration, rapide et automatique », précise le communiqué de l’Inserm.

Résultat : si l’émotion provoquée par les images de surpoids et de poids normal était à peu près la même chez les anorexiques que chez les sujets sains, il n’en allait pas de même pour les images corporelles de maigreur. En effet, la sudation des anorexiques était plus importante face à ces images révélant des émotions positives selon les chercheurs. Des résultat qui selon eux devraient conduire les travaux de recherche à se ré-orienter vers les circuits cérébraux de la récompense impliqués dans les phénomènes d’addiction plutôt que sur la phobie. Une possible révolution à suivre avec attention

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