Tigre de Tasmanie : la génétique explique pourquoi il a disparu


Le thylacine et le tigre de Tasmanie son cousin et ont le même problème de la faiblesse génétique. Bien sûr, l’homme n’a pas été à la disparition de ces animaux. Et devinez quoi ? Les scientifiques aimeraient bien ressusciter le thylacine .. Il y bien plus à faire avec nos animaux actuels que de chercher à reproduire ceux qui sont déjà disparus
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Tigre de Tasmanie : la génétique explique pourquoi il a disparu

 

Marie-Céline Jacquier
Journaliste

Le génome du thylacine, ou tigre de Tasmanie, a été séquencé à partir d’un spécimen de plus de cent ans, donnant des clés pour mieux comprendre les causes de sa disparition. L’étude affirme qu’il était déjà en « mauvaise santé génétique » avant l’arrivée de l’homme en Australie il y a 50.000 ans.

Le tigre de Tasmanie, ou thylacine (Thylacinus cynocephalus), était un marsupial carnivore qui vivait en Australie, d’où il a disparu il y a 3.000 ans. La population se limitait à l’île de Tasmanie et elle y a survécu jusqu’au début du 20e siècle. C’est l’arrivée de bergers européens qui a précipité la fin de l’espèce, d’autant plus que le gouvernement offrait une récompense pour chaque animal tué. Le dernier thylacine connu est mort en captivité en 1936.

Le thylacine possède une poche marsupiale dans laquelle se développe le petit. Son dos porte des rayures caractéristiques, d’où son nom. Anatomiquement, il ressemble beaucoup à un canidé mais ne lui est pas du tout apparenté puisque les marsupiaux ont divergé du reste des mammifères il y a fort longtemps, bien avant l’apparition des canidés et du tigre de Tasmanie. Mais qu’en est-il sur le plan génétique ? Pour en savoir plus sur l’histoire évolutive de ces animaux, une équipe internationale de chercheurs a voulu séquencer leur génome.

Pour cela, ils ont utilisé un spécimen bien conservé d’un jeune datant de 106 ans, provenant de la collection d’un musée australien. L’ADN a été extrait et séquencé, ce qui a permis de replacer le thylacine dans un arbre phylogénétique.

 Andrew Pask, un des auteurs de ces travaux, a expliqué dans un communiqué de l’université de Melbourne que « le tigre de Tasmanie appartient à une lignée sœur des Dasyuridae, la famille qui inclut le diable de Tasmanie et la souris marsupiale. »

Le génome a aussi montré que le thylacine était en mauvaise santé génétique, avec une faible diversité génétique, avant même l’arrivée des humains en Australie. Le diable de Tasmanie, son proche cousin, souffrait du même problème de faible diversité génétique avant d’être isolé en Tasmanie.

 

Du point de vue phylogénétique, le diable de Tasmanie est le plus proche cousin vivant du thylacine. © Oleksii, Fotolia

Du point de vue phylogénétique, le diable de Tasmanie est le plus proche cousin vivant du thylacine. © Oleksii, Fotolia

Canidés et thylacine sont un exemple d’évolution convergente

Mais cette étude génétique apporte aussi de nouvelles informations sur la façon dont l’animal a évolué pour ressembler à un chien en dépit de son éloignement avec cette espèce. Le thylacine et les canidés sont un bel exemple d’évolution convergente : ce sont des organismes éloignés qui ont évolué indépendamment et ont fini par se ressembler pour s’adapter à des environnements et des modes vie similaires. En raison de leur technique de chasse et de leur alimentation à base de viande fraîche, le crâne et la forme du corps sont devenus semblables.

Pour l’Australien Andrew Pask, « l’apparence du thylacine est presque celle d’un dingo avec une poche » (rappelons que le dingo est une race de chien sauvage apparue en Australie).

L’apparence du thylacine est presque un dingo avec une poche

L’équipe a analysé les caractéristiques du crâne du thylacine. Christy Hipsley, du muséum Victoria a expliqué :

« nous avons découvert que le tigre de Tasmanie avait une forme de crâne plus semblable à celle du renard roux et du loup gris qu’à celle de ses plus proches parents. »

Du point de vue génétique, cette évolution convergente ne serait pas due aux gènes eux-mêmes qui auraient produit la même forme de crâne et de corps ; les responsables seraient plutôt les régions de contrôle entourant ces gènes qui « allument » ou « éteignent » les gènes aux différentes étapes de la croissance.

L’espoir des chercheurs est que cette recherche aide à sauvegarder d’autres espèces menacées, comme le diable de Tasmanie. Pourrait-on « ressusciter » le thylacine avec son génome ?

Pour Andrew Pask, « comme ce génome est l’un des plus complets pour une espèce éteinte, techniquement, c’est la première étape pour « ressusciter le thylacine », mais nous sommes encore loin de cette possibilité ». Et pour y parvenir, « nous aurions encore besoin de développer un modèle animal marsupial pour héberger le génome du thylacine, comme le travail mené pour inclure des gènes de mammouth dans l’éléphant moderne. »

Ces résultats paraissent dans Nature Ecology and Evolution.

http://www.futura-sciences.com

La résurrection des mammouths se fera peut-être plus rapidement que vous ne le pensez


 Est-ce que j’ai des préjugés face à la manipulation de la génétique pour donner aux éléphants d’Asie, des caractéristiques propres aux mammouths ? Oui !!! Ils veulent faire comme pour les bisons alors qu’ils étaient une espèce presqu’éteinte ont pu grossir le troupeau de milliers d’animaux. Mais le bison existait et existe encore. Est-ce que le fait que les éléphants d’Asie résistant au froid pourront aider a diminuer les conséquences des changements climatiques ? Faut voir ….
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La résurrection des mammouths se fera peut-être plus rapidement que vous ne le pensez

MAMMOUTH 1

Par Lila Shapiro

De toutes les possibilités offertes par CRISPR-Cas9, une nouvelle méthode controversée de réécriture de l’ADN, les plus fascinantes sont peut-être les tentatives de faire renaître des animaux disparus. Parmi les espèces candidates à la dé-extinction, comme l’ont baptisé les Anglo-Saxons, citons par exemple le pigeon voyageur (dont le dernier est mort en captivité en 1914), le dodo (observé pour la dernière fois en 1662) ou le lamantin (disparu en 1768, 27 ans seulement après sa découverte par les Européens).

Et ces projets ne sont pas chimériques.

Le docteur George Church, biologiste moléculaire en charge de projets de ce type à Harvard, estime qu’une version du mammouth laineux (disparu il y a environ 4 000 ans) pourrait voir le jour dans sept ans à peine. Comme les autres partisans de la dé-extinction, il espère que ces animaux joueront un rôle clé dans le ralentissement ou l’inversion du changement climatique.

Si, comme la plupart des gens, vous avez vu Jurassic Park, vous connaissez à peu près le processus. Des scientifiques commenceraient par récupérer de l’ADN sur les restes congelés d’un mammouth laineux, conservé pendant des millénaires dans les glaces de la toundra. Ils épisseraient ensuite cet ADN dans le génome d’un éléphant d’Asie, comme cela a été fait cette année dans le laboratoire du Dr Church. Selon lui, les deux espèces sont tellement proches qu’elles pourraient se reproduire entre elles si les mammouths existaient encore. Une fois leur ADN manipulé pour le rapprocher de celui de leurs cousins d’autrefois, les éléphants d’Asie seraient en mesure de donner le jour à un hybride plus gros et plus poilu.

Un mois après l’annonce du succès de cette tentative d’épissage génétique, un groupe de scientifiques internationaux a publié un article présentant leur travail de séquençage de tout le génome du mammouth laineux, lequel fournira une “feuille de route” pour rapprocher les chromosomes de l’éléphant d’Asie de ceux du mammouth. Grâce à CRISPR, ces modifications sont plus rapides, plus simples et moins coûteux que jamais. Cette méthode permet aux chercheurs de modifier, supprimer ou remplacer les gènes de n’importe quel animal ou plante, à la manière du “rechercher et remplacer” d’un logiciel de traitement de texte.

Le Dr Church et d’autres spécialistes affirment que ces travaux ne se limitent certainement pas à la création d’une sorte de Mammouth Park. Leur espoir est que ces éléphants d’Asie adaptés au froid puissent repeupler les immenses étendues de toundra et de forêts boréales d’Eurasie et d’Amérique du Nord, un objectif qui, selon eux, permettra à la fois de protéger cette espèce menacée et de faire revivre au cœur de la toundra une ancienne zone de prairies, qui pourrait empêcher la fonte du permafrost sibérien.

Bien sûr, les critiques ne manquent pas. Stuart Pimm, professeur d’écologie de conservation à l’université Duke, l’a qualifié de “fantaisie moléculaire” dans un éditorial pour le National Geographic.

“Dans le pire des cas”, écrit-il, “cette idée donne l’impression aux organismes de financement et aux doyens d’université de sauver le monde. Elle permet aux développeurs sans scrupules d’occulter leur avidité en promettant de s’attaquer aux problèmes plus tard. Elle nous détourne aussi de l’objectif de garantir la biodiversité de notre planète pour les générations futures.”

Lors d’une discussion avec le Dr Church, le Huffington Post a fait le point sur les éventuels bénéfices des tentatives de dé-extinction dans la lutte contre le changement climatique, les inévitables dilemmes éthiques posés par ces travaux, et les réponses qu’il apporte aux critiques (cette interview a été condensée).

Quoi de neuf dans le monde de la dé-extinction?

Nous présentons désormais cela comme une tentative d’améliorer la diversité et les capacités de survie actuelles grâce à l’exploitation d’ADN préhistorique. Il s’agit donc moins de ressusciter une espèce entière que de faire progresser les espèces d’aujourd’hui. D’un point de vue tout à fait pratique, nous sommes obligés de procéder à nos manipulations sur un hôte, alors autant l’aider au passage!

Mon exemple préféré, c’est l’éléphant d’Asie. Son existence est menacée par deux dangers majeurs. Il est en train de s’éteindre, comme le mammouth avant lui, principalement à cause des humains, qui aggravent tous ses problèmes existants.

L’idée centrale du projet est d’incorporer des techniques moléculaires modernes dans des projets de préservation de l’environnement: faire revivre des allèles de mammouth, de simples fragments d’ADN qui peuvent rendre l’espèce actuelle résistante au froid, par exemple.

mammouth 2

Pour transformer un éléphant d’Asie en mammouth, on commence par trois grandes adaptations:

– Oxygénation du sang face aux basses températures.

– Graisse sous-cutanée: isolation et résistance au manque de nourriture.

– Épais pelage pour mieux faire face aux éléments.

Comment tout cela fonctionne-t-il? Imaginons que vous réussissiez à implanter les gènes d’un mammouth laineux chez un éléphant. Est-il qu’il va tout naturellement migrer vers le nord?

Il y a un précédent: le bison. Cette espèce était quasiment éteinte dans le monde entier. Il n’en restait que quelques centaines. Il fallait donc mettre au point un projet qui toucherait des territoires situés aussi bien en Russie qu’en Europe et en Amérique du Nord. Aujourd’hui, il y en a 500 000. On peut donc les installer dans des ranchs ou des territoires protégés, par exemple. Dans le cas du mammouth, ce sera sûrement encore plus simple, parce qu’ils vivront plus au nord, là où il y a encore moins de population et moins de demande pour l’occupation des territoires. Ce n’est pas comme si on comptait bâtir une ville ou une usine en Sibérie.

Tout cela aurait un effet positif sur l’environnement. Cela contribuerait à restaurer des écosystèmes riches, reposant sur l’herbe et les mammouths laineux, en lieu et place des écosystèmes actuels, basés sur les arbres et la mousse, que de nombreux écologistes trouvent bien plus pauvres.

Croyez-vous que ces projets puissent représenter l’une des clés de l’inversion du changement climatique?

Ils devront s’articuler autour de plusieurs axes. Mais ce projet pourrait être l’un des axes principaux, étant donné que la quantité de CO2 accumulée dans la toundra arctique est environ deux fois et demi supérieure à celle de toutes les autres forêts du monde. Si cette toundra fond, tout ce CO2 sera relâché dans l’atmosphère, ce qui équivaudrait à brûler deux fois toutes les forêts du monde.

Toute démarche pour stabiliser ce milieu est donc bonne à prendre. Pour ce qui est des éléphants, nous avons procédé à des expériences en soumettant des parcelles de terrain à un traitement similaire à celui qu’aurait engendré la présence de mammouths, en abattant des arbres et en creusant des trous dans la neige avec des tanks et des tracteurs. En conséquence de quoi, la température du sol a baissé de 8 à 12°C, ce qui permettrait de stabiliser les émissions de CO2 et nous ferait gagner quelques décennies pour trouver d’autres solutions.

Comment s’est développée l’idée de ressusciter des espèces éteintes?

D’abord avec Jurassic Park. Puis des percées dans le séquençage de l’ADN nous ont permis de décoder des génomes vieux de 7 000 ans, à des coûts abordables. Aujourd’hui, nous disposons de tout le génome de ces espèces très anciennes et, dans certains cas, d’hôtes qui s’en rapprochent énormément.

Cela s’est fait en trois étapes. D’abord l’idée de base, puis la mise au point de nouvelles méthodes de séquençage – mon équipe a contribué à en développer certaines – et, enfin, de nouvelles méthodes de synthèse telles que CRISPR, qui nous permettent de tester les idées nées de ce séquençage.

Comment avez-vous réagi en voyant “Jurassic Park” dans les années 1990? Cela vous semblait-il réaliste?

J’ai lu le livre de Crichton en 1990, et vu le film en 1993. Jolie surprise, l’“ADN de dinosaure” mentionné dans le livre venait en fait d’un fragment d’ADN bactérien (et non pas d’ADN de dinosaure) que j’avais étudié en 1978 pour la thèse de mon doctorat. En 1990, mon laboratoire de recherche avait trois ans, l’idée de séquencer de l’ADN ancien en avait six, et celle de manipuler un génome par recombinaison homologue d’une lignée germinale animale fêtait son premier anniversaire.

Tout cela me semblait possible, d’autant que mon laboratoire était spécialisé dans les nouvelles technologies de séquençage et d’ingénierie des génomes.

En quoi est-ce que CRISPR a changé la donne?

Par rapport aux méthodes précédentes, l’usage de CRISPR divise les coûts par mille, ce qui change tout. La différence n’est pas seulement quantitative. Elle ouvre des horizons complètement nouveaux. Grâce à CRISPR, nous avons déjà fait quinze modifications génétiques dans le génome de l’éléphant. Avant, cela aurait été très difficile.

Maintenant, le point de blocage n’est plus CRISPR mais la culture des embryons et le fait de s’assurer que leur développement se passe normalement. C’est ce qui nous ralentit en ce moment.

Sergey Brimov, un écologiste russe qui compte parmi les principaux partisans de la dé-extinction des mammouths laineux, a un jour écrit que “le problème majeur [était] de venir à bout des préjugés”.

C’est presque toujours le cas.

Quels sont, selon vous, les préjugés actuels sur la question de la résurrection d’espèces disparues?

Je pense que certaines personnes ont pour vocation d’explorer de nouveaux mondes. J’en fais partie. Déjà, rien que pour mettre au point de nouvelles méthodes de séquençage et de synthèse, nous sommes obligés de sortir des modes de pensée conventionnels. En fait, je ne crois pas qu’il soit nécessaire que chacun apprenne à penser différemment. En général, il suffit de quelques personnes pour mettre se préoccuper des détails et présenter des projets convaincants.

Je pense qu’il est difficile de changer les mentalités tant qu’on n’a pas implanté de l’ADN de mammouth chez quelques éléphants d’Asie et que l’on voit bien qu’ils deviennent plus poilus, mieux adaptés au froid, etc. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut suggérer de passer à la vitesse supérieure. C’est là qu’il faut vraiment commencer à convaincre.

Ça ne peut pas faire de mal d’en parler dès à présent, parce que les choses pourraient aller bien plus vite qu’on ne le croit. Certaines de ces technologies ont plutôt tendance à dépasser les prévisions.

Quand pourrait-on voir naître les premiers éléphants laineux?

L’usage de CRISPR s’est finalement montré plus facile que prévu. Pour ce qui est de la culture des embryons, c’est plus difficile à prévoir. Je dirais qu’il nous faudra sûrement cinq ans pour mettre au point toute la partie développement de l’embryon, puis au moins deux ans pour procéder à une gestation complète. La première naissance pourrait donc avoir lieu d’ici sept à dix ans. Ce n’est pas loin du tout.

Comment les appellera-t-on?à

Pour ma part, je les appelle des éléphants d’Asie résistants au froid. La partie qui tient indiscutablement du mammouth laineux, c’est l’ADN dont nous nous inspirons et que nous injectons littéralement par ordinateur dans le génome de l’éléphant d’Asie. Le nom de l’espèce hybride sera choisi par consensus, cela ne dépend pas de moi. Je ne compte pas les qualifier de mammouths, sauf si les gens insistent là-dessus. Ce sont des éléphants avec de l’ADN de mammouth.

Selon vous, quels sont les principaux problèmes éthiques?

Qu’on parle de médecine humaine ou d’intervention sur l’écosystème, tout tourne quasiment autour de la sécurité et de l’efficacité. D’abord pour les personnes et, tout de suite après, pour les autres espèces.

Dans ce cas précis, on entend des choses comme: “Ils vont se sentir bien seuls.” Eh bien, la solution, c’est d’en créer tout un troupeau, comme on l’a fait avec le bison. On pourrait facilement créer des dizaines de milliers de ces éléphants. Une autre question qui se pose est de savoir si leur environnement n’a pas disparu. La cause de leur extinction n’est–elle pas encore d’actualité? Pour moi, la partie septentrionale de la Sibérie est probablement suffisamment froide. De fait, le climat actuel n’est pas trop chaud pour les éléphants d’Asie, mais trop froid. Fait-on du mal aux espèces actuellement en danger? Je pense que notre intention est seulement de les aider.

Qu’avez-vous à répondre à ceux qui qualifient ce projet de “fantaisie moléculaire”? Ou qui considèrent qu’il nous détourne des efforts nécessaires pour protéger la biodiversité actuelle?

C’est très vague, comme critique. Nous avons là une manière très spécifique de protéger la biodiversité des éléphants d’Asie. S’il existe une meilleure manière de procéder, je ne demande qu’à l’entendre. Nous essayons de réduire le taux de mortalité dû au virus de l’herpès chez les bébés, et de leur donner une meilleure résistance au froid afin d’élargir leur habitat potentiel. À mes yeux, ce n’est ni une distraction ni un projet fantaisiste. C’est un objectif concret.

Une autre critique du même genre consiste à dire que ce projet détourne à son profit des financements qui iraient normalement à d’autres, ou fait croire aux gens qu’il est inutile de protéger les espèces actuelles parce qu’on pourra toujours les ressusciter ensuite. Sauf qu’en réalité, nous n’allons pas ressusciter des espèces disparues mais renforcer celles qui existent. Nous pourrions envisager une dé-extinction totale à l’avenir, mais seulement parce que le procédé est peu coûteux et présente des avantages.

Nous n’allons pas nous contenter de sauver les éléphants d’Asie. Si on peut se fier aux expériences écologiques, alors il existe parmi les espèces disparues des clé de voûte qui pourraient permettre de stabiliser toute une série d’autres espèces – plantes, microbes et animaux comme le mammouth. On peut trouver ça fantaisiste, mais cette stratégie de préservation de l’environnement a un objectif précis.

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post américain, a été traduit par Guillemette Allard-Bares pour Fast for Word.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Ces espèces animales qui ont disparu à jamais en 2014


Beaucoup d’espèces sont disparues depuis des dizaines d’années et voir plus loin encore dans le temps. Nous savons que plusieurs d’entre eux ont disparu à cause de l’activité humaine. Des activités qui continuent d’ailleurs à mettre en danger d’autres espèces
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Ces espèces animales qui ont disparu à jamais en 2014

 

Le <i>Plectostoma sciaphilum</i> vivait sur une seule colline calcaire de la péninsule malaisienne, aujourd'hui détruite par une exploitation minière.

Labidura herculeana, Plectostoma sciaphilum : l’Union internationale pour la conservation de la nature considère plusieurs espèces animales comme officiellement éteintes.

Elles ont très probablement disparu à jamais de la planète. Un chercheur David Steen a répertorié sur son blog Living Alongside Wildfire les espèces animales qui se seraient éteintes au cours de l’année écoulée. Après s’être déjà prêté à l’exercice en 2013 et 2012, l’Américain s’appuie sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) qui fait figure de référence en matière d’espèces en danger. En 2014, il en a dénombré 22.

C’est le cas notamment du perce-oreille géant de Sainte-Hélène, également connu sous le nom de Labidura herculeana. Ce plus grand forficule connu sur Terre pouvait atteindre jusqu’à huit centimètres. L’Union internationale pour la conservation de la nature a officiellement déclaré l’espèce éteinte cette année. Il avait été observé pour la dernière fois en 1967 par des chercheurs. Depuis cette époque, son habitat naturel n’a cessé de se dégrader. En cause:

«l’élimination, pour la construction, de presque toutes les pierres de surface qui lui assuraient un abri», explique l’ONG.

Le perce-oreille a également été victime de la pression accrue de ses prédateurs.

Le Plectostoma sciaphilum a lui aussi été victime de la dégradation de son habitat naturel. Cet escargot endémique vivait sur une seule colline calcaire de la péninsule malaisienne. Celle-ci a été détruite par une compagnie minière entre 2003 et 2007. Le relief est aujourd’hui devenu un lac. Un autre escargot de la région se voit à son tour menacé, cette fois par le groupe français Lafarge qui exploite un gisement de calcaire. Cette nouvelle espèce, immédiatement inscrite sur la liste rouge de l’IUCN, lui doit d’ailleurs son nom: Charopa lafargei. Cette décision a été prise afin de sensibiliser l’entreprise à la survie de cet animal rare.

Beaucoup d’espèces, officiellement éteintes cette année, le sont en fait depuis plusieurs années, décennies voire siècles pour certains. Aussi, d’après les examens de restes fossiles ou de spécimens conservés dans plusieurs muséums d’histoires naturelles à travers le monde, l’IUCN a annoncé cette année l’extinction de 13 espèces qui ont en réalité disparu depuis 1500, explique David Steen. Il est par exemple difficile de savoir quand a disparu l’hippopotame nain de Madagascar, probablement après l’an 1000. En cinquante ans d’existence, la liste rouge de l’IUCN a déclaré l’extinction de 832 espèces. Et, en 2014, 22413 étaient susceptibles de suivre le même chemin.

http://www.lefigaro.fr/s

Dinosaures : l’espoir de les recréer grâce à l’ADN s’effondre


Bonne nouvelle du moins pour le moment … le Jurassic Park sera relier aux oubliettes car il est impossible de garder l’ADN fossile en bonne condition et ce même malgré des conditions environnementales idéales.Alors peut-on s’occuper plus sérieusement des animaux qui sont en danger présentement.  

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Dinosaures : l’espoir de les recréer grâce à l’ADN s’effondre

 

Le paléontologue Michael Bunce tient un os de moa, oiseau géant de Nouvelle-Zélande aujourd'hui disparu.

Le paléontologue Michael Bunce tient un os de moa, oiseau géant de Nouvelle-Zélande aujourd’hui disparu.

L’ADN se désintègre trop vite pour qu’on puisse retrouver celui d’animaux disparus il y a des dizaines de millions d’années, affirme une équipe de paléontologues.

Non, on ne bâtira jamais un Jurassic Park peuplé de dinosaures clonés grâce à de l’ADN fossile. Car l’ADN se détruit trop vite. C’est la conclusion d’une équipe de paléontologues dirigée par Morten Allentoft (université de Copenhague) et Michael Bunce (Université Murdoch de Perth), publiée mercredi 10 octobre dans Proceedings of the Royal Society B.

La possibilité de faire revivre un tyrannosaure laissait déjà sceptique une bonne partie de la communauté scientifique.

“Les déclarations selon lesquelles l’ADN pourrait se conserver à l’extrême ont souligné le besoin de disposer de modèles fiables concernant la dégradation de l’ADN au fil du temps”, relèvent les auteurs de l’étude.

Ils ont analysé 158 os appartenant à trois espèces de moas. Ces oiseaux géants de Nouvelle-Zélande se sont éteints il y a environ 600 ans, soit à peu près un siècle après l’arrivée des Polynésiens sur l’île. Les os étaient vieux de 600 à 8000 ans, d’après des datations au radiocarbone. Provenant tous de la même zone géographique, ils ont été préservés dans des conditions environnementales identiques.

Conclusion des chercheurs : la demi-vie de l’ADN est de 521 ans. Autrement dit, la moitié des liens entre les nucléotides de la moelle osseuse sont détruits au bout de 521 ans. Et, 521 ans plus tard, encore la moitié de la moitié restante – et ainsi de suite.

La vitesse de dégradation dépend toutefois de facteurs environnementaux, tempère Michael Bunce (qui avait déjà participé à l’extraction de l’ADN d’œufs fossiles). Parmi ces variables : la température, la chimie du sol et même l’époque où l’animal est mort. Mais, même dans des conditions idéales de préservation à -5 °C, l’ADN deviendrait illisible au bout de 1,5 million d’années environ ; toutes les liaisons entre les nucléotides seraient détruites au bout de 6,8 millions d’années au maximum. Or les grands dinosaures ont disparu lors de l’extinction massive du Crétacé-Paléocène, il y a environ 65 millions d’années.

Cette dégradation de l’ADN n’empêche pas d’en retrouver sur des fossiles plus anciens, mais de façon très fragmentaire et avec le risque qu’il ait été contaminé. La plus vieille séquence d’ADN complète connue à l’heure actuelle, issue d’insectes et de plantes découverts dans une carotte de glace prélevée au Groenland, est datée entre 450 000 et 800 000 ans. Il reste donc encore l’espoir de remonter plus loin. Voire de déchiffrer l’ADN des mammouths.

Fabien Maréchal

Sources : Université Murdoch, Nature, Discovery
Sur la mégafaune d’Australie et de Nouvelle-Zélande, lire “Les géants disparus d’Australie“, National Geographic Francen°133, octobre 2010
Sur l’extinction du Crétacé-Paléocène, lire “
Un monde sans glace“, National Geographic France n°145, ocotbre 2011

http://www.nationalgeographic.fr/

Détectives privés pour animaux


Je pense que ce billet pourrait intéresser certaines personnes du Québec, qui ont connaissance qu’un animal a disparus .. En tout cas c’est bon a savoir surtout si l’animal a une valeur sentimentale ou faut le dire certains coûtent très cher ..
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Détectives privés pour animaux

 

Détectives privés pour animaux

L’organisme Urgence Animales est le seul au Québec qui se spécialise dans la recherche d’animaux disparus ou volés. Sur la photo, l’homme en charge de l’unité de recherche, Éric Dussault, et Roxy, le chien pisteur
© Courtoisie Urgences Animales

Les techniques utilisées par Urgences Animales, qui s’occupe notamment de retrouver des animaux disparus ou volés, font penser à Ace Ventura, le célèbre personnage incarné par Jim Carrey.

 

L’équipe d’Urgences Animales, qui effectue jusqu’à 350 opérations de recherche annuellement, peut compter sur un processus précis afin de retrouver les bêtes de compagnie.

Cet organisme montréalais à but non lucratif est le seul au Québec à être spécialisé dans ce domaine.

Après avoir rencontré les propriétaires et déterminé le type d’intervention adéquat, les «limiers» entrent en scène. Les techniques utilisées seront différentes si l’animal a disparu ou si l’on croit par exemple qu’il a été volé.

«Je ne peux pas dévoiler toutes nos tactiques, mais nous pouvons faire de la surveillance vidéo et physique et de la filature. Il faut œuvrer de différents stratagèmes pour retrouver l’animal», a expliqué Éric Dussault, en charge de l’unité de recherche.

Ce dernier a même déjà été en contact avec une ancienne agente du FBI qui a démarré sa propre entreprise pour retrouver des animaux aux États-Unis et qui a pu lui donner quelques trucs.

Un chien pour en retrouver un autre

L’équipe d’Urgences Animales peut même compter sur deux chiens pisteurs, entraînés pour retrouver les animaux. Ceux-ci peuvent flairer la trace des disparus grâce à leur odorat, mais ont également d’autres atouts.

«Il y a chez les chiens une sorte d’attirance naturelle pour se retrouver en meute», a indiqué M. Dussault.

Un chien pisteur, en jappant, peut donc par exemple attirer un chien perdu qui est à proximité et qui refuse de venir au pied.

Et si la mission première d’Urgences Animales est le bien-être des animaux, ils doivent aussi composer avec les inquiétudes de leurs propriétaires.

«Lorsqu’on intervient pour un animal, on intervient aussi pour l’humain. Des fois l’animal est comme un membre de la famille. On a déjà vécu des pertes de conscience et on a dû faire appel à des ressources additionnelles», a souligné l’enquêteur.

La plupart des recherches visent à retrouver des chats et des chiens, mais aussi d’autres animaux, comme des perroquets, figurent aussi sur la liste.

http://fr.canoe.ca