Naoto Matsumura, le dernier homme de Fuksuhima, resté pour les animaux


Cela prend un certain courage de vivre dans la zone interdite de Fuksuhima et s’occuper ainsi des animaux abandonnés après la catastrophe nucléaire, car la vie continue malgré tout
Nuage

 

Naoto Matsumura, le dernier homme de Fuksuhima, resté pour les animaux

 

Naoto Matsumura

Par Sophie Le RouxCrédits photo : Naoto Matsumura – Facebook

Quatre ans après le tsunami ayant entraîné la catastrophe nucléaire de Fukushima, Naoto Matsumura est toujours là. Du haut de ses 55 ans, cet homme est la seule personne vivant encore dans la zone d’exclusion tracée autour de la zone sinistrée.

Il vit toujours dans sa maison, dans la ville côtière de Tomioka, située à une dizaine de kilomètres de la centrale. Et s’il a refusé de partir, c’est pour prendre soin des nombreux animaux abandonnés lors de la catastrophe. Chiens, chats, vaches, cochons, poneys, canards, et même une autruche :  Naoto Matsumura, surnommé Macchan, est la seule et unique personne sur laquelle toutes ces bêtes peuvent encore compter.

L’homme est revenu quelques jours après la catastrophe pour voir comment allaient les chiens de la ferme familiale qu’il avait dû laisser derrière lui pour se mettre à l’abri. Macchan leur a donné à manger et très vite de nombreux autres chiens se sont manifestés.

« Je suis allé les voir et j’ai constaté qu’ils étaient tous encore attachés. Tout le monde dans la ville pensait être de retour dans une semaine ou deux j’imagine » avait-il confié en 2011 au magazine Vice.

« Les animaux m’apportent du réconfort et m’ont permis de survivre »

Depuis, il est revenu chaque jour pour nourrir ces animaux. Il raconte avoir vu les cadavres de centaines de bovins, des troupeaux entiers être emmenés pour être euthanasiés. Et puis il y a ce chien, enfermé pendant près d’un an dans une grange et n’ayant survécu que grâce à des carcasses de vache. Il l’a appelé Kiseki (Miracle).


Nous avons tous été abandonnés par le gouvernement » déplore Naoto Matsumara. « Alors les animaux et moi devons rester ici ».

C’est grâce aux dons des nombreuses personnes qui l’admirent et le soutiennent que cet amoureux des animaux et ses protégés survivent depuis quatre ans. Et c’est au milieu des ruines de Fukushima, exposées aux radiations, que naissent de nouvelles générations d’animaux.


Entièrement dévoué à sa cause, Macchan passe plus de temps auprès de ces bébés qu’auprès de son enfant né en 2013. Un petit garçon né de son union avec une femme rencontrée lors d’une conférence sur le nucléaire au Japon.

« Les animaux m’apportent du réconfort et m’ont permis de survivre » affirme l’homme qui lorsqu’il ne prend pas soin de ses bêtes élève la voix dans le monde contre le nucléaire.

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