Une nouvelle espèce de rainette découverte dans les Andes équatoriennes


Une nouvelle rainette en Amérique du Sud à été identifiée, elle est particulière par sa couleur et une sorte de griffe à la base du pouce. Malheureusement, à cause de la déforestation, elle est en danger.
Nuage

 

Une nouvelle espèce de rainette découverte dans les Andes équatoriennes

 

rainette grenouille

Un spécimen de l’espèce Hyloscirtus hillisi, récemment découverte. Crédits : Gustavo Pazmiño, BIOWEB Équateur

Une équipe de biologistes annonce la découverte d’une toute nouvelle espèce de rainette sur les pentes d’une montagne isolée à l’est des Andes. Une région riche en biodiversité, mais encore largement méconnue.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue ZooKeys.

La peau brune et mouchetée de petits points orange : cette nouvelle espèce de rainette attire l’œil. Découverte il y a quelques jours dans la Cordillera del Cóndor, une zone difficile d’accès à l’est des Andes, l’amphibien se distingue par une structure inhabituelle en forme de griffe dépassant de la base de son pouce. La fonction de cette “griffe” reste encore inconnue, mais il pourrait s’agir d’un moyen de se défendre contre les prédateurs, ou contre d’éventuels concurrents dans une course à la reproduction.

Six spécimens analysés

« Pour atteindre le plateau, nous avons marché deux jours sur un terrain escarpé. Puis, entre sueur et épuisement, nous sommes arrivés au plateau où nous avons trouvé une petite forêt. Il y avait des petites rivières et les grenouilles étaient assises tout le long sur des branches », explique Alex Achig, l’un des biologistes à l’origine de la découverte.

Après analyses génétiques de plusieurs spécimens (une femelle, trois mâles et deux juvéniles), les chercheurs de l’Université catholique d’Équateur ont alors conclu qu’il s’agissait finalement d’une espèce de rainette encore jamais décrite. Ils l’ont baptisé Hyloscirtus hillisi, en hommage au biologiste David Hillis pour sa contribution dans les années 80 à la connaissance des amphibiens et des reptiles dans la région.

 

Déjà menacées

Mais à peine découverte, il est à noter que l’espèce – étroitement apparentée à H. tapichalaca – est d’ores et déjà considérée comme en danger d’extinction. Non loin de là, dans la province de Zamora Chinchipe, se trouve en effet une importante exploitation minière chinoise qui menace la biodiversité locale(déforestation et donc perte de l’habitat naturel). Des expéditions supplémentaires dans la Cordillera del Cóndor pourraient néanmoins permettre de mieux appréhender ses occupants, dans le but de les protéger.

On note par ailleurs qu’il s’agit ici de la 601e espèce de grenouille identifiée en Équateur, sur la côte ouest de l’Amérique du Sud. En septembre de l’année dernière, l’espèce tsáchila (ou Scinax tsáchila) avait fait de cette nation l’un des quatre seuls pays au monde à comptabiliser 600 espèces d’amphibiens. Sur ces 601 espèces, 256 sont également endémiques, c’est-à-dire que vous ne les retrouverez que sur ce territoire.

Source

https://sciencepost.fr

La triste vérité derrière la mode du quinoa


Le quinoa est un super aliment étant riche entre autres, de fibres et protéines, il convient à tous, surtout pour les végétariens, végétaliens, végan … Le problème quand un aliment viens en vogue, les pays producteurs se font dépasser par d’autres pays laissant les premiers producteurs dans une situation précaire allant a augmenter la pauvreté
Nuage

 

La triste vérité derrière la mode du quinoa

 

Des grains de quinoa montrés par un Bolivien à Tarmaya, en Bolivie, le 8 avril 2013. © reuters.

Maxime Czupryk
Source: AFP, Brut, Franceinfo

Le quinoa connait une popularité exponentielle depuis quelques années aux États-Unis et en Europe. Victime de son succès, ce produit a vu son prix doubler en cinq ans. Conséquence: de nombreux pays se sont lancés dans sa culture, au grand dam des petits producteurs boliviens, lesquels vendent désormais leur produit phare à perte. Ou comment la mode du quinoa fragilise l’économie d’un pays dont la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Popularisé chez nous notamment par les végétariens et autres vegans, le quinoa, cette pseudo-céréale venue tout droit d’Amérique latine, a envahi nos assiettes (et les réseaux sociaux) depuis quelques années.

Une « graine d’or » qui a de quoi séduire

Le quinoa n’est pas une graminée comme le riz ou le blé. C’est une plante herbacée de la famille des chénopodiacées, la même que les betteraves et les épinards. Riche en acides aminés, le quinoa jouit également d’une plus haute teneur en fibres et en protéines par rapport au blé ou au riz par exemple. De plus, il ne contient pas de gluten, ce qui ravit donc les adeptes du régime « gluten free » (très à la mode lui aussi). Bref, la « graine d’or » a de quoi séduire.

2013, année du internationale du quinoa

Ce n’est pas pour rien que l’Assemblée générale de l’ONU a ainsi proclamé 2013 « Année internationale du quinoa. » L’organisation voulait ainsi « rendre hommage aux pratiques ancestrales des peuples andins qui sont parvenus à conserver le quinoa à l’état naturel pour nourrir les générations présentes et futures grâce à leur savoir-faire et leur vie en parfaite harmonie avec la nature.

 » Pour l’ONU, le quinoa représente un atout pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans le monde, « dans un contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources en eau », s’est réjouie à l’époque Nadine Heredia, ambassadrice du quinoa.

Tout le monde veut en profiter, effet yo-yo sur le prix

Sauf que ce coup de pub, louable, a eu pour effet de faire exploser le prix de la petite graine des Andes, lequel a grimpé jusqu’à 9.000 euros la tonne. Par conséquent, tout le monde a voulu sa part du gâteau sans gluten. Désormais, pas moins de 90 pays cultivent du quinoa. Au Pérou notamment où sa culture intensive lui a permis de passer devant la Bolivie en tant que premier producteur mondial. L’offre ayant largement dépassé la demande, les prix ont dégringolé.

Un effet dévastateur pour les petits producteurs

Cet effondrement des prix a eu un effet dévastateur sur les petits producteurs boliviens, qui doivent désormais vendre à perte. En sachant que 250.000 personnes vivent de la culture de quinoa en Bolivie, cette situation est devenue critique dans un pays où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Consommez responsable

Enfin d’endiguer ce triste phénomène, consommez de manière responsable en vérifiant la provenance du quinoa que vous achetez.

© reuters

.

© reuters.

http://www.7sur7.be/

Analyse génétique d’une momie d’enfant inca sacrifié


Ils ont pu étudier l’ADN d’une momie en Amérique du Sud pour connaitre sa lignée et voir qu’il fait partie d’un sous-groupe qui maintenant à presque disparus
Nuage

 

Analyse génétique d’une momie d’enfant inca sacrifié

La momie du Cerro Aconcagua, trouvée dans la Cordillère des Andes en 1985. En haut à gauche, fragments de poumons à partir desquels a été faite l'analyse génétique. ©Nature / Université de Cuyo (Argentine)

La momie du Cerro Aconcagua, trouvée dans la Cordillère des Andes en 1985. En haut à gauche, fragments de poumons à partir desquels a été faite l’analyse génétique. ©Nature / Université de Cuyo (Argentine)

Par Bernadette Arnaud

Des généticiens ont séquencé l’ADN d’une momie d’enfant inca sacrifié dans les Andes il y a 500 ans. Elle révèle une diversité génétique importante, disparue avec l’arrivée des colons européens au moment de la Conquête.

Pour renforcer leur pouvoir, et surtout bénéficier des faveurs des dieux, les empereurs inca (15e-16e siècle) faisaient sacrifier des enfants, souvent sur les plus hauts sommets des Andes. Des généticiens ont ainsi analysé les restes momifiés d’un garçon de 7 ans immolé il y a 500 ans et découvert en 1985 au sommet du Cerro Aconcagua, la plus haute montagne d’Amérique (6962 mètres), dans la province de Mendoza, à la frontière de l’Argentine et du Chili. Le séquençage ADN de cette momie conservée à l’université nationale de Cuyo, dans la ville de Mendoza, a pu être effectué à partir d’un minuscule échantillon de poumos (350 mg). D’après les auteurs de l’étude, il s’agirait de la première analyse génétique complète de l’ADN mitochondrial (lignée maternelle, à l’inverse de l’ADN nucléaire qui vient des deux parents) d’une momie amérindienne. Les résultats publiés dans la revue Scientific report révèlent son appartenance à un sous-groupe paléo-indien, les plus anciens habitants du continent, disparu aujourd’hui après avoir été présents au Pérou dès 14.300 ans. Ce même profil génétique a également été retrouvé sur une momie Wari (1100 après J.C), un peuple antérieur aux Incas. Cet haplotype*, baptisé C1bi, serait encore présent chez de très rares personnes. Trois d’entre elles seulement ont été identifiées en Bolivie (chez des Aymaras) et au Pérou. Ce qui pourrait en partie s’expliquer par un échantillonnage insuffisant des populations modernes.

La province de Mendoza, où a été mise au jour cette momie d’enfant à 5300m d’altitude, correspond à l’expansion la plus méridionale des Incas, dans la cordillère des Andes. La mère ou les ancêtres de la petite victime serait en fait originaire d’une région située à plus d’un millier de kilomètres de là.

« Nous savons que les Incas accomplissaient des pèlerinages de plus de 1000 km pour ces sacrifices rituels », a ainsi déclaré Alberto Gomez-Carballa, de l’Université de Saint-Jacques de Compostelle (Espagne), le généticien à l’origine des analyses réalisées en association avec une équipe argentine.

 Le petit garçon a peut-être ainsi parcouru cette distance après avoir été choisi pour être sacrifié aux dieux lors d’un rituel appelé Capacocha  (lire encadré).

Des enfants étaient en effet sélectionnés à travers tout le territoire inca en fonction de leur groupe social, de leur beauté et de leur perfection physique comme en témoignent les découvertes d’une quinzaine d’autres petits corps au cours des dernières décennies. A commencer par l’Ice Maiden, connue aussi sous le nom de Juanita, l’enfant du Nevada Ampato, mis au jour près d’Aréquipa (Chili). Ces momies étaient toujours accompagnées d’offrandes auxquelles étaient attribuées des pouvoirs magiques : étoffes finement tissées (cumbi), mais aussi des objets en métal précieux. Le garçonnet  de l’Aconcagua a ainsi été retrouvé enveloppé de plusieurs épaisseurs de textiles ornés de plumes en plus de six statuettes. Selon le magazineScience, l’ensemble du génome nucléaire de cet enfant, ainsi que tous les microbes préservés dans son intestin devraient être également séquencés. Les chercheurs comptent en effet se livrer à la première analyse du microbiome d’une momie et celle des germes infectieux qu’elle aurait pu conserver. De prochains résultats devraient donc suivre.

______________________________________________________

CAPACOCHA

Les enfants sacrifiés des montagnes

Chez les Incas, les montagnes sont des demeures divines (huacas). Et pour conjurer leur crainte des séismes, des éruptions volcaniques ou la disparition du soleil, le long des 3000 km qui formait leur empire, les Incas ont procédé à des offrandes d’enfants appelés capacocha, ou sacrifices royaux. Ils considéraient en effet que seuls des êtres purs et parfaits pouvaient toucher les dieux. Dans des écrits de Bernabe Cobo, un jésuite espagnol du 16-17e siècle, les garçons immolés avaient moins de 10 ans, alors que l’âge des filles pouvait atteindre 15 à 16 ans. Ces enfants étaient souvent drogués comme en témoigne la momie de l’Aconcagua dont les intestins recélaient encore du roucou, un colorant rouge qui agirait aussi comme un hallucinogène. Le jeune garçon semble d’ailleurs avoir connu une mort violente, ses vêtements ayant été retrouvés souillés de vomi. Il aurait été étranglé puis assommé.

______________________________________________________

Un *haplotype est un ensemble de gènes situés côte à côte sur un chromosome. Ils sont généralement transmis ensemble à la génération suivante.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Le Saviez-vous ► La petite histoire de la pomme de terre


Tout le monde connait la pomme de terre, qu’on dit familièrement la patate. Mais ce tubercule n’a pas eu une entrée spectaculaire dans ses débuts en Europe, car on pensait qu’elle était ensorcelée voir toxique. Mais heureusement, la pomme de terre a fini par entrée sur toutes les tables riches ou pauvres
Nuage

 

La petite histoire de la pomme de terre

 

 

Les navigateurs espagnols qui la ramenèrent du Pérou à la fin du XVIe siècle en auraient été bien étonnés. En effet, longtemps on a vu dans ce tubercule un aliment de dernier recours pour les pauvres et les animaux, voire un mets toxique ou ensorcelé.

Les réticences ont été plus grandes en France que partout ailleurs et il a fallu toute la diplomatie d’un pharmacien des armées, Antoine Parmentier, pour convaincre le roi Louis XVI et ses compatriotes d’en faire leur ordinaire.

Parmentier offre une fleur de pomme de terre à Louis XVI (gravure extraite d'un livre scolaire, début du XXe siècle)

Une lente acculturation

 

Axomama, déesse de la pomme de terre, culture Moche, PérouLes Incas ont découvert les pommes de terre au XIIIe siècle dans les hauts plateaux des Andes, et en ont fait leur aliment de base sous le nom de papas.

Pizarre et ses conquistadors n’y prêtent guère attention, de même que les colons espagnols qui viennent après eux et les appellent patatas. En 1588, le roi d’Espagne en reçoit quelques spécimens et en fait don au pape pour soigner sa goutte.

Un botaniste de Vienne les représente sur de superbes planches botaniques sous le nom latinisant de «taratufli» (petite truffe). Le mot est déformé en Kartofel par les Allemands, kartopfel par les Russes, tartufoli par les Italiens etc artoufle par les Français.

Petit à petit, le nouveau féculent venu des Andes va bouleverser les habitudes de consommation des Européens.

De fortes réticences

 

Fleur de pomme de terre (Elisabeth Blackwell. Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, idest, Collectio stirpium. Nuremberg, 1760)À la fin du XVIe siècle, des religieux commencent à cultiver des patatas dans un monastère de Séville en vue de nourrir les pauvres à moindres frais.

Des mercenaires espagnols impliqués en Allemagne dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) les font découvrir aux habitants.

En Virginie, des colons anglais en manque de nourriture reçoivent du corsaire Francis Drake des patatas que celui-ci a récupérées au cours de ses errances le long de la côte chilienne.

Rapatriés deux ans plus tard en Angleterre, ces colons font connaître les patatas (en anglais potatoes) à leurs compatriotes. Elles vont connaître en Irlande  une fortune inespérée jusqu’à la grande famine de 1845-1849, due à une maladie de la pomme de terre.

En France, c’est seulement dans les régions pauvres et périphériques que la pomme de terre trouve à s’acclimater. L’agronome Olivier de Serres la cultive dans sa ferme modèle du Pradel. Mais les préjugés ont la vie dure.

Dans les régions prospères, le tubercule est méprisé notamment parce qu’il n’est panifiable, par manque de gluten. Il est jugé toxique et, pire, rangé parmi les plantes ensorcelantes.

Le chantre de la pomme de terre

La pomme de terre va enfin acquérir ses lettres de créance en 1771, quand, à la suite de plusieurs disettes, l’Académie de Besançon offre un prix à celui qui répondra au mieux à la question :

«Quels sont les végétaux qui pourraient suppléer en temps de disette à ceux que l’on emploie communément à la nourriture des hommes, et quelle devrait en être la préparation ?».

L’heureux lauréat est Antoine Augustin Parmentier, né à Montdidier (Picardie) 35 ans plus tôt.

Apothicaire-major à l’hôtel royal des Invalides, il recommande chaudement la pomme de terre après en avoir éprouvé les bienfaits pendant la guerre de Sept Ans, quand, pharmacien aux armées, il avait été capturé par les Prussiens et, pendant deux semaines, en 1763, avait été nourri de pommes de terre en bouillie.

Grâce à une pension du roi Louis XVI, il travaille dès lors sans relâche sur la pomme de terre et convainc le roi de lui prêter le terrain de manœuvres des Sablons, à l’ouest de Paris, qui comme son nom l’indique, est sablonneux et impropre à l’agriculture conventionnelle.

Le 15 mai 1786, il y plante deux arpents de pommes de terre sous les quolibets des Parisiens. Une fois la floraison venue, le 24 août 1786, le pharmacien cueille un bouquet de fleurs et court à Versailles l’offrir au roi.

Louis XVI accroche une fleur à sa boutonnière et en pique dans la coiffure de la reine. Bientôt la pomme de terre fait son apparition à la table royale. Le ton est donné. La production et la consommation de pommes de terre ne vont plus dès lors cesser de croître jusqu’à la fin du XXe siècle.

La Révolution encourage les efforts de Parmentier. Celui-ci poursuit son œuvre de propagande  et suggère à ses compatriotes d’innombrables manières d’accommoder les tubercules, y compris la recette qui portera son nom, le «hachis Parmentier», qui consiste à accommoder les restes de viande avec de la purée de pomme de terre.

Récompensé de ses efforts, il entre à l’Institut en 1796 et la pomme de terre est même un temps rebaptisée en son honneur «parmentière».

Antoine Parmentier en habit d'académicien présente les plantes qu'il a étudiées (François Dumont, 1812, musée de Versailles)

Bibliographie

On peut lire sur le sujet le livre de Maguelonne Toussaint-Samat, Histoire naturelle et morale de la nourriture (Bordas, 1987) et l’article d’Anne Muratori-Philip dans Historia(mars 2013).

http://www.herodote.net

L’olinguito, un nouveau mammifère identifié dans les Andes


Parmi les espèces, il y a différences entres les individus qui souvent dépend de l’environnement. Une nouvelle espèce a été découverte, mais les chercheurs la connaissaient pourtant avec l’ADN, ils ont pu voir ce qui le distingue des autres
Nuage

 

L’olinguito, un nouveau mammifère identifié dans les Andes

 

Ce petit animal est un olinguito.... (PHOTO MARK GURNEY, AP)

Ce petit animal est un olinguito.

PHOTO MARK GURNEY, AP

JEAN-LOUIS SANTINI
Associated Press
Washington

Originaire des Andes, l’olinguito, un mystérieux petit mammifère ressemblant à un chat avec une tête d’ours en peluche, est la première nouvelle espèce de carnivores identifiée sur le continent américain depuis 35 ans, ont annoncé des scientifiques jeudi.

Ce petit animal est le dernier membre découvert de la famille des Procyonidae, à laquelle appartiennent notamment les ratons laveurs ou les kinkajous, précisent ces zoologistes, qui ont identifié cette nouvelle espèce à partir de spécimens conservés depuis un siècle dans des musées, mais pris jusqu’ici à tort pour d’autres espèces déjà connues.

Pesant environ 900 grammes, l’olinguito a de grands yeux, une fourrure de couleur brune tirant sur l’orange et vit dans les forêts brumeuses de Colombie et d’Équateur où les populations locales l’appellent «neblina», brume en espagnol.

«La découverte de l’olinguito par la science montre que le monde n’a pas été complètement exploré et renferme encore des secrets», commente Kristofer Helgen, conservateur du département des mammifères au Musée d’Histoire naturelle de Washington et responsable de l’équipe de recherche à l’origine de cette étude publiée dans la revue américaine Zookeys:

«Si de nouveaux carnivores peuvent encore être découverts, quelles autres surprises nous attendent?».

«Décrire et classer ces espèces est la première étape pour comprendre toute la richesse et la diversité de la vie sur la planète», estime ce scientifique.

Mais ce travail est long et fastidieux. Il a fallu 10 ans pour boucler la première étude exhaustive sur les olingos, qui regroupent plusieurs espèces de carnivores vivant dans les arbres et appartenant au genre des Bassaricyon.

Potentiellement en danger

Ces chercheurs ont examiné plus de 95% des spécimens d’olingos naturalisés et conservés dans les musées autour du monde, testant l’ADN et analysant les données historiques recueillies dans la nature. Ils ont alors découvert à leur grande surprise l’existence de l’olinguito, une espèce jamais décrite précédemment par la science.

Les premiers indices notés par Kristofer Helgen ont été les dents et le crâne de l’olinguito –qui sont plus petits et de forme différente par rapport aux autres olingos. Les chercheurs ont aussi constaté en examinant les peaux de spécimens d’olinguitos que cette nouvelle espèce était de plus petite taille avec une fourrure plus dense et de plus longs poils.

En outre, cette espèce vit dans une zone unique du nord des Andes entre 1600 et 3000 mètres d’altitude, soit plus haut que les autres espèces connues d’olingo.

Après avoir identifié l’olinguito dans les musées avec des spécimens collectés au début du XXe siècle, restait à ces scientifiques à savoir si l’animal existait encore dans la nature. Ils ont alors organisé une expédition pour le trouver.

L’équipe a eu très vite de la chance avec une vidéo de quelques secondes d’un de ces animaux prise par le zoologiste équatorien Miguel Pinto qui a permis ensuite d’en découvrir d’autres sur les pentes occidentales des Andes.

Les chercheurs ont alors passé des journées à filmer et à documenter la vie, les habitudes et caractéristiques de ces animaux. Ils ont ainsi appris que les olinguitos sont surtout actifs la nuit et que, s’ils sont carnivores, ils mangent surtout des fruits. Ils descendent également rarement des arbres et portent un seul bébé à la fois.

L’équipe a également estimé que 42% de leur habitat historique avaient déjà été convertis en zones agricoles ou urbaines, le mettant potentiellement en danger.

http://www.lapresse.ca