Un cadavre de baleine a été retrouvé en plein milieu de la forêt amazo­nienne


Comment une baleine à bosse a pu se retrouver à plus de 15 mètre de la plage dans la forêt au Brésil. En plus pour rajouter au mystère, généralement les baleines beaucoup plus loin entre août et novembre.
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Un cadavre de baleine a été retrouvé en plein milieu de la forêt amazo­nienne

 

Crédits : Bicho D’Água

par  Malaurie Chokoualé

Le mystère qui entoure la décou­verte de cette baleine à bosse sur l’île de Marajó, à l’em­bou­chure de l’Ama­zone, reste entier.

Des experts de la faune locale pistaient des rapaces dans la jungle amazo­nienne brési­lienne lorsqu’ils sont tombés sur une gigan­tesque carcasse, dévo­rée par les oiseaux. Comme les cher­cheurs qui l’ont décou­verte, The Inde­pendent s’in­ter­roge sur les circons­tances de son décès.

Diffi­cile d’ima­gi­ner comment ce masto­donte de dix tonnes a pu se retrou­ver ainsi à 15 m de la plage. Les scien­ti­fiques supposent que la baleine géante a été proje­tée lors d’une tempête, tout en recon­nais­sant qu’il est incroyable qu’elle ait pu atter­rir si loin. 

« Paral­lè­le­ment à cette décou­verte aber­rante, nous sommes décon­cer­tés par le fait qu’une baleine à bosse se trouve sur la côte nord du Brésil en plein mois de février », explique Renata Emin-Lima, cheffe de projet de l’Ins­ti­tut Bicho d’Água, un groupe de protec­tion de la nature basé à Marajó chargé d’exa­mi­ner la baleine.

En effet, les baleines à bosse sont géné­ra­le­ment obser­vées bien plus au sud, entre les mois d’août et novembre.

D’après l’avan­ce­ment de son état de décom­po­si­tion, les cher­cheurs ont estimé que l’ani­mal – de 11 m de long pour 6 m de large – serait mort plusieurs jours avant sa décou­verte. Les cher­cheurs ont prélevé des échan­tillons sur la carcasse pour une étude plus appro­fon­die. Le corps de la baleine, quant à lui, ne pourra pas être déplacé vu les diffi­cul­tés à trans­por­ter l’ani­mal à travers la jungle.

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En Amazonie, les peuples autochtones isolés toujours plus menacés


En Amazonie, il y a 4 500 personnes pour 16 communautés de chasseurs-cueilleurs qui ne veulent rien savoir du monde extérieur. Le problème est qu’ils sont mal protégés et vivent une grande perte de leur territoire en plus des escrocs et du progrès qui leur font de grands torts
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En Amazonie, les peuples autochtones isolés toujours plus menacés

 

Les autorités péruviennes n'ont pour l'heure pris aucune... (Photo CARL DE SOUZA, archives Agence France-Presse)

 

Les autorités péruviennes n’ont pour l’heure pris aucune mesure de protection en faveur des peuples isolés, alors que l’Amazonie péruvienne perd chaque année plus de 12 000 hectares de forêt.

PHOTO CARL DE SOUZA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

 

ROBERTO CORTIJO
Agence France-Presse
Lima

Comme les chasseurs-cueilleurs qui ont tué un Américain mi-novembre sur une île indienne, des Amérindiens d’Amazonie refusent tout contact avec le monde extérieur. Mais les trafiquants de drogue, l’exploitation minière et la déforestation illégales représentent des menaces toujours plus grandes.

Le Pérou, dont la moitié du territoire est couvert par la forêt amazonienne, est un des rares pays dans le monde où vivent des peuples autochtones, qui pour certains refusent d’entrer en contact avec le reste de la société. 

Selon le ministère de la Culture, l’Amazonie péruvienne compte 16 communautés amérindiennes, soit environ 4500 personnes, vivant en situation d’isolement volontaire. Parmi elles, les Mashco-piro, Cacataibos,  Isconahuas, Matsigenkas, Mastanahuas…

Trois autres communautés, soit 2500 personnes, sont en situation de « contact initial » avec le monde extérieur.

Toutes vivent dans des réserves situées dans les régions de Ucayali, Madre de Dios et Cusc, dans l’est du pays. 

Les contacts de ces peuples isolés avec des personnes de l’extérieur sont difficiles et parfois violents, à l’image des Sentinelles, des chasseurs-cueilleurs qui vivent depuis des siècles en autarcie sur une île indienne et ont tué le 16 novembre un Américain de 27 ans souhaitant les évangéliser. 

En Amazonie, ce refus de contacts avec l’extérieur vient parfois du fait que ces peuples ont été attaqués par le passé ou touchés par des maladies exogènes, qui ont décimé leur communauté. 

Pendant la « fièvre du caoutchouc » (1879-1912), de nombreux Mashco-piro ont ainsi été capturés et réduits en esclavage, poussant le reste de la communauté à s’enfoncer davantage dans la forêt pour se protéger. 

Mais l’Amazonie n’est pas une île et les menaces de l’extérieur pesant sur ces peuples autochtones sont toujours plus nombreuses. 

Dans cette région peu peuplée, les activités illégales représentent évidemment le plus grand risque, et en premier lieu le trafic de drogue, les trafiquants tirant avantage de zones forestières difficiles d’accès. 

« Les narco-trafiquants ne se préoccupent pas des aires protégées, sinon pour l’extension [de plantations illégales de coca]. Pour eux, c’est la jungle et ils s’en fichent », explique Arquimedes Leon, un responsable de la police.

Appel du pape

La richesse de l’Amazonie en ressources naturelles attise aussi les convoitises. Les chercheurs d’or y sont légions, tout comme les forestiers illégaux qui coupent cèdres et des acajous, désormais en danger d’extinction. 

« Les irruptions [d’étrangers] sont le plus souvent violentes, pour déplacer les communautés de leur lieu de vie », dénonce la Fédération autochtone du Fleuve Madre de Dios, une région considérée comme la capitale de l’exploitation minière illégale dans le pays. 

Autre périls, cette fois légaux, la construction de routes à travers l’Amazonie et le développement du tourisme.

En janvier, le Parlement péruvien a voté une loi autorisant la construction de routes en Amazonie, au moment même où le pape François, en visite dans la région amazonienne, avait appelé à protéger les peuples autochtones.

Le souverain pontife avait notamment dénoncé « la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l’or, les monocultures agro-industrielles ». 

Mais son appel semble avoir été vain. Les autorités péruviennes n’ont pour l’heure pris aucune mesure de protection en faveur des peuples isolés, alors que l’Amazonie péruvienne perd chaque année plus de 12 000 hectares de forêt.

La moindre intervention dans la région « doit être planifiée » pour ne pas affecter « sérieusement les Indiens ni les espèces » naturelles, explique Nancy Portugal, cheffe de la section des Peuples isolés et de contact initial, au ministère de la Culture. 

Mais face aux faibles capacités de surveillance et au manque de moyens des autorités dans ces régions immenses, cela sonne comme un voeu pieux.

Les Mashco-piro, des chasseurs-cueilleurs nomades (900 personnes), habitent dans deux réserves, proches de la ville de Cuzco et du Machu Picchu, attractions touristiques majeures du pays.

Pour éviter qu’ils ne soient dérangés par des intrus, le ministère de la Culture a mis en place des contrôles, afin d’éviter notamment que des agences de tourisme peu scrupuleuses vendent des excursions pour aller à leur rencontre.

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Une nouvelle espèce de guêpe transforme les araignées en zombies


 

Des araignées on trouver un prédateur inquiétant. En Équateur, une guêpe pour se reproduire choisi de déposer ses oeufs sur une des araignées qui vivent en colonie. Elle fera un cocon pour les larves et sera manger vivante.
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Une nouvelle espèce de guêpe transforme les araignées en zombies

 

Voici à quoi ressemble la guêpe nouvellement découverte. © Université de Colombie Britannique

Jeanne Poma.

Des scientifiques de l’Université de Colombie-Britannique au Canada ont fait une découverte inquiétante en Equateur. En Amazonie, une guêpe jusque-là encore inconnue vient d’être découverte et elle est capable de transformer des araignées en zombies.

La guêpe, qui appartient à la famille des Zatypota, utilise cette curieuse technique pour se reproduire. Elle choisit pour cela un certain type d’araignées: celles qui vivent en colonies pour attraper des proies ensemble et éduquer les plus jeunes.

Œufs

La technique consiste pour la guêpe femelle à déposer un œuf sur le ventre de l’araignée. L’œuf se développe ensuite sous forme de larve, qui va se nourrir de l’hémolymphe, le fluide corporel de l’araignée. Puis la larve grossit et gagne lentement mais sûrement le corps de son hôte.

L’araignée quitte alors sa colonie pour tisser un cocon pour la larve de guêpe. Quand c’est fini, l’araignée est dévorée vivante. La larve de guêpe s’insinue alors dans le cocon de sécurité et réapparaît neuf à onze jours plus tard, à maturité.

C’est au scientifique Philippe Fernandiez-Fournier que l’on doit cette découverte. Ses recherches ont commencé lorsqu’il a remarqué que certzaines araignées, infectées par des larves, partaient loin des colonies pour tisser des toiles très denses. Il a dès lors mené une expérience dans un laboratoire et c’est là qu’il a compris qu’une guêpe était capable d’influencer de manière brutale le comportement des araignées.

Cerveau

Samantha Straus, une collègue de Fernandez-Fournier étudie la manière dont la guêpe s’empare du cerveau de l’araignée pour choisir un comportement suicidaire. Les colonies les plus peuplées semblent attirer d’autant plus ce type de guêpe.

Recherches

La scientifique s’apprête à retourner en Équateur pour poursuivre ses recherches. Elle souhaite, par exemple, savoir si les guêpes visitent les mêmes colonies d’araignées de génération en génération et les conséquences que cela peut engendrer

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Un serpent d’Amazonie dispose de toxines spécialisées selon ses proies


Est-ce une évolution d’adaptation qu’un serpent puisse avoir trois toxines dans son venin qui agit différemment selon la proie ? Certains croient que oui.
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Un serpent d’Amazonie dispose de toxines spécialisées selon ses proies

 

Spilotes sulphureus serpent

Crédits : Bernard DUPONT / Flickr

par Maximilien Llorca

Le serpent amazonien Spilotes sulphureus possède dans son venin des toxines propres aux proies auxquelles il s’attaque. L’une foudroie spécifiquement les reptiles, l’autre tue les mammifères. La particularité de son venin semble être issue de l’adaptation.

Brève description du serpent Spilotes sulphureus

Le serpent Spilotes sulphureus – de la famille des Colubridae – vit en Amazonie. À taille adulte, il avoisine les 2 mètres de longueur, et lorsqu’il doit s’attaquer à de grosses proies, il peut utiliser la constriction. En revanche lorsque ses victimes sont plus petites, il s’appuie sans hésitation sur son surprenant venin, car celui-ci possède une toxine spéciale pour les mammifères, et une autre pour lézards et oiseaux. C’est ce que démontrent les chercheurs de cette étude parue dans la revue Proceedings of the Royal Society.

Un venin, trois toxines

Afin d’en arriver à ces résultats, ils ont dans un premier temps extrait manuellement le venin du serpent. Après analyses, 3 toxines présentes en abondance ont pu être identifiées  : la sumoltoxine 1, la sumoltoxine 2, ainsi que la sulditoxine.

Ensuite, les scientifiques ont inoculé les différentes toxines à des geckos et des souris. Et ils ont pu ainsi mettre en évidence que chaque toxine du venin correspondait à un animal en particulier. En effet, la sulditoxine tue les geckos, mais les souris ne subissent pas d’effets indésirables – même lorsque la dose est fortement augmentée. A contrario, les souris pâtissent de la toxicité de la sulmotoxine 1, contrairement aux geckos qui cette fois-ci n’ont rien. Mais la sulmotoxine 2 n’a eu aucun effet sur les deux espèces de l’expérience. Selon la chercheuse Cassandra M. Modhal de l’Université du Nothern Colorado (États-Unis) c’est une première :

«C’est, à notre connaissance, la première fois que l’on montre que les protéines du venin d’un serpent ont une toxicité bimodale et contrastée, en lien avec le régime alimentaire ».

«… il est peu probable que Spilotes sulphureus puisse sécréter des toxines spécifiques… »

En revanche, les chercheurs pensent que le serpent injecte tout de même à ses proies les 3 toxines d’un coup.

C’est ce qu’explique Stephen P. Mackessy, co-auteur de l’étude « en se basant sur les autres venins de serpent et sur les différents modèles de sécrétion des glandes venimeuses, il est peu probable que Spilotes sulphureus puisse sécréter des toxines spécifiques aux mammifères lorsqu’il se nourrit de mammifères, et des toxines spécifiques aux lézards lorsqu’il se nourrit de lézards». Mais, il rajoute tout de même que «nous ne l’avons pas démontré, alors la possibilité d’une sécrétion sélective, bien qu’improbable, demeure ».

Spilotes sulphureus serpent

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Crédits : Bernard DUPONT/ Wikimedia

Comment s’explique cette particularité ?

Il est tout à fait légitime de se demander pourquoi Spilotes sulphureus n’a pas un venin du même style que ses congénères, avec une seule toxine pour tous types de proies. Les scientifiques y répondent de la manière suivante :

«Il semble que la toxine spécifique aux lézards soit une caractéristique commune à beaucoup d’espèces de serpents à crochets arrière, et représente l’état ancestral tandis que les protéines qui ciblent les mammifères constitueraient un état plus récent. Ceci souligne l’importance du régime alimentaire et des stratégies de prédation dans l’évolution des toxines de serpent : Spilotes sulphureus se nourrit préférentiellement d’oiseaux et de lézards mais peut également manger des mammifères pour compléter son régime grâce à son venin ». 

Ainsi, les auteurs s’accordent à dire que ce type de venin est « un exemple classique d’adaptation via la duplication de gènes et la néofonctionnalisation d’une protéine de venin. Ce phénomène permet d’élargir la palette de proies ».

Sources : Science et AvenirBio scène

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Un drone a découvert un peuple inconnu en Amazonie !


Au Brésil, il existe encore des peuples inconnus. Les autorités on annoncé que l’an dernier, un drone de la Funnai a filmé des indices d’un peuple vivant dans une zone heureusement difficile d’accès.
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Un drone a découvert un peuple inconnu en Amazonie !

 

amazonie

Capture vidéo

par Yohan Demeure

Les autorités brésiliennes ont rapporté l’existence d’un peuple inconnu, dont des images inédites ont été capturées par un drone à la frontière entre le Pérou et le Brésil

Une vidéo inédite tournée en 2017 (visible en fin d’article) a été récemment publiée par la Fondation nationale de l’Indien (Funai) créée en 1967, dont la mission est de protéger la vie, la terre et les droits fondamentaux des peuples autochtones du Brésil. Il faut savoir que ces peuples disparaissent progressivement sous la pression des industriels et à cause de la déforestation. Les images montrent quelques personnes semblant vivre au beau milieu de la végétation luxuriante.

La vidéo a été tournée dans la vallée du Javari, une zone très difficile d’accès située le sud-est de l’Amazonas, le plus grand État du Brésil qui se trouve dans le nord-ouest du pays. Dans cette zone, plusieurs expéditions ont été organisées par la Funai, qui a recueilli de nombreuses preuves de l’existence de peuples isolés, comme l’explique un communiqué publié le 21 août 2018.

Pour se rendre sur le lieu de la découverte, les membres de la Funai – accompagnés d’une équipe de policiers – ont dû parcourir pas moins de 180 km de chemins en empruntant parfois le réseau fluvial, ainsi que 120 km de plus dans la jungle dense. Les membres de l’expédition ont par ailleurs reçu l’aide du peuple Kanamari, très familiers de la région et ont même rencontré des braconniers sur leur chemin dont ils ont pu libérer les animaux capturés.

De manière générale, la Funai a connaissance de 19 tribus isolées, dont 8 ont déjà été contactées. Pour les autres, les preuves attestant de leur existence sont incarnées par des découvertes d’objets (haches artisanales, canoës, huttes, etc.). La Funai a également indiqué l’existence de 107 signalements de présence de peuples isolés au Brésil. Toujours selon la fondation, il existe au Brésil 305 ethnies regroupant 800 000 indigènes parlant 274 langues différentes !

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Les Mayas à l’origine d’une catastrophe écologique durable?


L’histoire humaine devrait nous apprendre sur nos erreurs pour éviter de refaire les mêmes et pourtant …. Au Mexique, la déforestation a commencé par les Mayas et même 1000 après, même si les forêts ont repris de terrains, les conséquences continuent à se faire sentir. Imaginez dans 1 000 ans avec toutes ces forêts qui sont décimées.
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Les Mayas à l’origine d’une catastrophe écologique durable?

 

La civilisation maya apparaît à la base de... (Photo fournie par Peter Douglas)

La civilisation maya apparaît à la base de la péninsule du Yucatán 2000 ans avant Jésus-Christ. Moins de 1000 ans plus tard, les forêts sont décimées.

PHOTO FOURNIE PAR PETER DOUGLAS

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Les Mayas ont appauvri les sols du Mexique en procédant à une vaste déforestation bien avant l’arrivée des Européens, selon une étude montréalaise. Cet impact négatif sur les sols se ferait d’ailleurs toujours sentir près de 1000 ans après la disparition de cette culture précolombienne. C’est une mauvaise nouvelle pour les changements climatiques.

DÉFORESTATION

La civilisation maya apparaît à la base de la péninsule du Yucatán 2000 ans avant Jésus-Christ. Moins de 1000 ans plus tard, les forêts sont décimées.

« Dans les sédiments des lacs, on passe d’une concentration de 90 % de pollen de forêt à 40 % », explique Peter Douglas, biogéochimiste à l’Université McGill et auteur principal de l’étude publiée hier dans la revue Nature Geoscience. « C’est comme passer du nord des Laurentides à la Montérégie, en termes de couverture végétale. La forêt tropicale commençait à l’époque à seulement 100 km au sud de Cancún, et s’étendait sur tout le Guatemala, le territoire des Mayas. »

Les chercheurs ont analysé les sédiments de trois lacs, un au Mexique et deux au Guatemala.

CARBONE

Outre l’absence d’ombre et d’absorption du CO2 de l’atmosphère par les arbres par l’entremise de la photosynthèse, la déforestation a comme conséquence de diminuer la capacité des sols à emmagasiner du carbone.

« Avec la déforestation, il y a une perte de minéraux comme le fer et l’aluminium, qui se lient au carbone et empêchent les microbes de le manger, dit M. Douglas. De plus, le sol devient plus meuble, il n’y a plus de mottes de terre qui protègent aussi le carbone des microbes. Ces microbes, éventuellement, évacuent le carbone dans l’atmosphère sous forme de CO2. Nous avons découvert que 1000 ans après la disparition des Mayas, les terres qu’ils habitaient n’ont toujours pas regagné la capacité d’emmagasiner beaucoup de carbone, même si les forêts sont revenues. C’est une mauvaise nouvelle pour la déforestation qui sévit actuellement en Amazonie et en Asie du Sud-Est, qui aura des impacts à très long terme sur les changements climatiques. »

La quantité de carbone dans les sols est très importante dans l’équilibre du climat, parce que le CO2 est un gaz à effet de serre.

« Les sols contiennent deux fois plus de carbone que l’atmosphère, dit le biogéochimiste montréalais. La déforestation est la deuxième contribution humaine au réchauffement de la planète. C’est beaucoup moins que la combustion de carburants fossiles, qui produit des gaz à effet de serre, mais c’est très important. »

SÉCHERESSE

Peter Douglas a commencé à travailler sur le sujet durant son doctorat à l’Université Yale.

« J’ai travaillé sur l’impact des sécheresses sur les Mayas. Nous nous sommes rendu compte que les molécules qui sont emmagasinées pendant longtemps dans les sols déformaient nos résultats. Je me suis intéressé à ces molécules et j’ai réalisé qu’elles étaient importantes pour le stockage du carbone. »

POPULATION

La prochaine étape des recherches de M. Douglas est l’évolution de la population maya.

« On estimait généralement qu’au maximum, on parlait d’une population de 1 ou 2 millions, de 10 à 20 villes de 100 000 habitants, mais les nouveaux relevés radars permettent de voir les traces d’un nombre beaucoup plus grand de villes, et certains arrivent à 20 millions. Je veux utiliser des techniques géochimiques pour mesurer une molécule produite par les intestins humains, qui se retrouve dans les sédiments des lacs. On voit là aussi une population plus grande qu’avec les techniques classiques de l’archéologie. »

L’étude du stockage de carbone est donc périphérique au principal domaine de recherche de M. Douglas.

« Pour ces recherches, j’ai besoin de technologies assez avancées auxquelles je n’ai pas accès ici », dit-il.

PERGÉLISOL, ANGKOR ET AMAZONIE

L’impact à long terme de la déforestation sur la capacité des sols à stocker du carbone pourrait être étudié au Cambodge avec la civilisation khmère d’Angkor, qui a existé du IXe au XVIe siècle, et en Amazonie, où des relevés radars montrent que des réseaux de villes importantes ont existé à l’époque précolombienne, selon M. Douglas.

« Je fais aussi des recherches sur la capacité du pergélisol à stocker le carbone dans le Grand Nord canadien. »

QUELQUES DATES CLÉS

2600 avant Jésus-Christ

Premières traces de la civilisation maya dans la péninsule du Yucatán

2000 avant Jésus-Christ

Premières villes mayas

800

Début de la disparition des cités mayas

1200

Fin de la civilisation maya, dont les héritiers seront des micro-États et villes souvent en guerre les uns contre les autres

1300

Les Aztèques s’imposent dans le centre du Mexique

1519

Hernán Cortés conquiert l’empire aztèque

Sources : Université McGill, Smithsonian

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Découvrez cet étrange comportement de papillons avec les larmes de tortues


C’est presque poétique. Au Pérou, des papillons s’abreuvent des larmes des tortues à dos jaunes pour avoir leur apport en sodium. Le hic, c’est que les tortues ne semblent pas vraiment apprécier d’être confondu à un abreuvoir
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Découvrez cet étrange comportement de papillons avec les larmes de tortues

 

tortue

Crédits : capture d’écran YouTube Jungle Diaries

par Brice Louvet

Une vidéo récemment tournée en Amazonie péruvienne nous montre un spectacle étonnant : des papillons buvant des larmes de tortues se prélassant au bord de la rivière, directement au bord de leurs yeux.

Phil Torres, entomologiste, voyageait en mars dernier près de la rivière Tambopata, au Pérou, lorsqu’il tomba par hasard sur une scène tout à fait étonnante : trois tortues se prélassant au bord de la rivière avec, autour de leurs têtes, plusieurs espèces de papillons s’installant près des yeux des tortues pour siroter délicatement les larmes salées des reptiles. Il a posté les images sur sa chaîne YouTube, The Jungle Diaries, où il documente ses expéditions de recherche et ses découvertes :

Alors, pourquoi boire les larmes des tortues ? Ces papillons (environ huit espèces) sont ici à la recherche de sodium, explique le chercheur dans la vidéo. Les papillons ne peuvent pas obtenir le sodium des fleurs, ainsi les insectes doivent le chercher ailleurs. Certaines espèces de papillons plongent alors dans les excréments d’autres espèces, quand d’autres, ici près de la rivière, ciblent les larmes.

Les reptiles, vraisemblablement des tortues à dos jaune (Podocnemis unifilis), appartiennent à un groupe de tortues qui ne peuvent pas rétracter la tête dans leur coquille. Leur seule option pour décourager les insectes assoiffés est alors de tourner la tête de droite à gauche ce qui, comme vous pouvez le voir, n’est pas très efficace.

Certains types d’animaux participent à une pratique connue sous le nom de mutualisme, un arrangement qui implique habituellement que les deux espèces profitent l’une de l’autre. Par exemple, les buffles hirsutes qui peuplent les zones humides du nord de la Turquie sont souvent couverts de minuscules grenouilles qui se nourrissent des mouches agaçantes sur le dos des bovins. Cependant, tandis que les papillons obtiennent ici quelque chose des tortues — le sodium des larmes — celles-ci semblent quelque peu lésées.

« Elles ne semblent vraiment pas apprécier », note le chercheur.

Source

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Le Saviez-Vous ► Top 10 des dernières espèces découvertes


    Entre 18.000 candidats potentiels, l’IISE dois trouver les 10 meilleurs découvertes de la dernière années écoulées et ils le font à chaque année d’ailleurs. Ces choix ne doivent pas être très évidents
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    Top 10 des dernières espèces découvertes

    Céline Deluzarche

    Journaliste

    Chaque année, des milliers d’animaux et plantes jusqu’ici inconnus sont mis au jour par les scientifiques de l’International Institute for Species Exploration (IISE).

    Au menu du palmarès 2018 des découvertes les plus importantes : un énorme arbre d’Amazonie, un curieux invertébré aux couleurs chatoyantes, un poisson des profondeurs ou un orang-outan déjà en grand danger.

    La biodiversité demeure encore largement méconnue sur Terre. Rien qu’en Amazonie, une nouvelle espèce est découverte tous les deux jours. C’est pour mettre à l’honneur ces nouveaux arrivés que le College of Environmental Science and Forestry (ESF) et l’International Institute for Species Exploration (IISE) dévoilent chaque année leur liste des 10 spécimens les plus emblématiques, découverts dans l’année écoulée. Mais si le jury a dû choisir entre 18.000 candidats potentiels, l’IISE rappelle que dans le même temps, 20.000 espèces disparaissent chaque année, certaines avant même d’avoir eu la chance de se faire connaître.

    Un amphipode bossu

    Nommé Epimeria quasimodo en référence au personnage de Victor Hugo à cause de son dos bossu, cet invertébré est l’une des 26 espèces d’amphipodes nouvellement découvertes dans les eaux glaciales de l’océan Antarctique. Ses couleurs éclatantes et sa structure morphologique étrange ont naturellement attiré l’attention des scientifiques.

    Epimeria quasimodo, un curieux arthropode des eaux glacées de l’Antarctique. © Cédric d’Udekem d’Acoz, Royal Belgian Institute of Natural Sciences

    Epimeria quasimodo, un curieux arthropode des eaux glacées de l’Antarctique. © Cédric d’Udekem d’Acoz, Royal Belgian Institute of Natural Sciences

    Un orang-outan déjà menacé

    En 2001, on avait séparé les orangs-outans de Sumatra (Pongo abelii) et de Bornéo (Pongo pygmaeus) en deux espèces distinctes. Cette année, de nouvelles analyses morphologiques, comportementales et génétiques ont conduit les chercheurs à sous-découper encore la population de Sumatra en une nouvelle espèce baptisée Pongo tapanuliensis. À peine mis au jour, ce grand singe est déjà classé en grand danger de disparition : il reste à peine 800 individus éparpillés dans des espaces fragmentés par la déforestation.

    Pongo tapanuliensis, une sous-espèce d’orang-outan de Sumatra. © Andrew Walmsley

    Pongo tapanuliensis, une sous-espèce d’orang-outan de Sumatra. © Andrew Walmsley

    Un arbre aux fruits géants

    Avec ses 40 mètres de haut, ses 60 tonnes et ses énormes fruits de 50 centimètres de long, on se demande comment le Dinizia jueirana-facao a pu passer inaperçu. En réalité, on pensait jusqu’ici qu’il n’existait qu’une seule espèce de Dinizia, un arbre de la famille des légumineuses, avant de s’apercevoir que celle-ci était différente. Hélas, ce magnifique végétal est déjà en danger : on n’en connaît que 25 individus, dont la moitié dans la réserve du nord du Brésil où il a été découvert.

    Il ne resterait plus que 25 spécimens de Dinizia jueirana-facao dans le monde. © Gwilym P. Lewis

    Il ne resterait plus que 25 spécimens de Dinizia jueirana-facao dans le monde. © Gwilym P. Lewis

    Un coléoptère qui joue les passagers clandestins

    Découvert au Costa Rica, Nymphister kronaueri est un minuscule coléoptère d’à peine 1,5 millimètre. Il vit exclusivement au milieu des colonies de fourmis nomades, Eciton mexicanum, et reste deux à trois semaines à un endroit pour se nourrir. Lorsque la colonie se déplace, il profite de sa ressemblance avec l’abdomen des fourmis pour s’y accrocher et se faire transporter gratuitement. 

    Nymphister kronaueri vit en harmonie avec les fourmis nomades. © D. Kronauer

    Nymphister kronaueri vit en harmonie avec les fourmis nomades. © D. Kronauer

    Le poisson des profondeurs extrêmes

    Capturé dans la fosse des Mariannes (Pacifique), Pseudoliparis swirei semble être le poisson qui vit le plus profondément dans les abysses, entre 7.000 mètres et 8.000 mètres. Un autre poisson a bien été observé à 8.143 mètres, mais il n’a jamais pu être retrouvé. De la famille des poissons-limaces, qui comprend environ 400 espèces, il est capable de résister à des pressions jusqu’à 1.000 fois supérieures à celle de la surface. Il doit son nom à un officier de la mission HMS Challenger, la première grande campagne océanographique mondiale à l’origine de la découverte de la fosse des Mariannes en 1875.

    Pseudoliparis swirei vit à plus de 7.000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes. © Mackenzie Gerringer, university of Washington, Schmidt Ocean Institute

    Pseudoliparis swirei vit à plus de 7.000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes. © Mackenzie Gerringer, university of Washington, Schmidt Ocean Institute

    Des « cheveux de Venus » sur le cratère d’un volcan

    Lorsque le volcan sous-marin Tagoro, dans les îles Canaries, est entré en éruption en 2011, il a entraîné une brutale hausse des températures et rejeté de grosses quantités de sulfure d’hydrogène et de gaz carbonique, détruisant une grande partie de l’écosystème. Trois ans plus tard, des chercheurs ont découvert qu’une bactérie filamenteuse, surnommée « cheveux de Venus » (Thiolava veneris pour le nom scientifique), colonisait la nouvelle couche autour du cratère. À 130 mètres de profondeur, elle forme un épais matelas recouvrant environ 2.000 mètres carrés.

    Avec ses longs filaments blancs, Thiolava veneris forme un épais matelas de 2.000 m2. © Miquel Canals, university of Barcelona

    Avec ses longs filaments blancs, Thiolava veneris forme un épais matelas de 2.000 m2. © Miquel Canals, university of Barcelona

    Une fleur mauve sans photosynthèse

    Alors que la plupart des végétaux sont autotrophes, c’est-à-dire qu’ils fabriquent eux-mêmes leur matière organique par la photosynthèse, Sciaphila sugimotoi est hétérotrophe : elle puise ses nutriments dans des champignons avec lesquels elle vit en symbiose. Sa découverte sur l’île d’Ishigaki, au Japon, constitue une réelle surprise car la flore japonaise est déjà très précisément documentée. Cinquante spécimens seulement de cette fleur de 10 centimètres de haut ont été dénombrés dans une forêt

    Sciaphila sugimotoi puise ses nutriments dans le champignon avec lequel elle vit en symbiose. © Takaomi Sugimoto

    Sciaphila sugimotoi puise ses nutriments dans le champignon avec lequel elle vit en symbiose. © Takaomi Sugimoto

    Un lion marsupial aux dents longues

    Wakaleo schouteni vivait il y a plus de 23 millions d’années dans les forêts du Queensland, en Australie. La découverte du fossile de ce féroce lion marsupial a permis d’établir son portrait. Pesant autour de 25 kg, le poids d’un chien husky sibérien, il passait une partie de son temps… dans les arbres et avait sans doute adopté un régime omnivore. Il s’agirait de la deuxième espèce de lion marsupial de l’Oligocène après Wakaleo pitikantensis, découvert en 1961.

    Une illustration du lion marsupial Wakaleo schouteni, qui vivait il y a 23 millions d’années. © Peter Schouten

    Une illustration du lion marsupial Wakaleo schouteni, qui vivait il y a 23 millions d’années. © Peter Schouten

    Un coléoptère cavernicole

    Habitant des cavernes, Xuedytes bellus s’est adapté à vivre dans l’obscurité totale : ce coléoptère a perdu ses ailes, ses yeux et sa pigmentation. Il a aussi subi une élongation de sa tête et de son thorax, et mesure neuf millimètres environ. Il a été découvert dans une grotte du sud de la Chine, dans la province du Guangxi. Cette région karstique est particulièrement riche en grottes dans lesquelles on recense une grande variété de carabidés : pas moins de 130 espèces réparties en 50 genres y ont été identifiées.

    Vivant dans l’obscurité totale, Xuedytes bellus a adapté sa morphologie à son environnement. © Sunbin Huang and Mingyi Tian

    Vivant dans l’obscurité totale, Xuedytes bellus a adapté sa morphologie à son environnement. © Sunbin Huang and Mingyi Tian

    Un eucaryote harponneur

    Découvert par hasard dans un aquarium de San Diego (Californie), cet eucaryote unicellulaire nommé Ancoracysta twista possède un génome particulièrement riche et une activité mitochondriale. Son flagelle en forme de fouet lui sert de harpon pour immobiliser ses proies et pour se propulser dans l’eau. Il doit son nom au mouvement qu’il fait en se déplaçant (twirlsignifiant tournoyer en anglais).

    Ancoracysta twista possède un énorme génome. © Denis V. Tiknonenkov

    Ancoracysta twista possède un énorme génome. © Denis V. Tiknonenkov

    https://www.futura-sciences.com/

Infanticide dans les tribus amazoniennes: jusqu’où faut-il respecter les cultures autochtones?


Je suis d’accord de respecter les usages et coutumes des indigènes qui veulent vivre à l’écart du monde moderne pour vivre selon leurs ancêtres, comme certains indigènes au Brésil. Ce qui me perturbe, c’est qu’à cause des traditions, ils peuvent tuer des bébés d’une mère célibataire, des enfants handicapés ou encore des jumeaux.. Des parents peuvent se suicider pour éviter de tuer leurs enfants, alors les enfants sont enterrés vivants. Des anthropologues s’objectent à ce que le gouvernement puisse porter une loi qui condamne les infanticides. Nulle religion, ou tradition n’a le droit morale de tuer des enfants qu’importe leur condition, leur différence
Nuage

 

Infanticide dans les tribus amazoniennes: jusqu’où faut-il respecter les cultures autochtones?

 

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Txoutlaka, de la tribu des Fulni-o, pose pour une photo à l’occasion du «jour des Indiens», fête annuelle brésilienne qui chaque 19 avril célèbre la culture autochtone. | Carl De Souza/AFP

Cleuci de Oliveira — Traduit par Peggy Sastre

Tuer les enfants les plus fragiles pour garantir la survie collective: c’est contre cette tradition qui perdure dans certaines tribus amazonienne qu’une loi devrait bientôt être votée au Brésil. Des anthropologues s’élèvent contre ce qu’ils jugent être une normalisation forcée.

Voici plus de dix ans, Kanhu quittait la terre des Kamayurás, une tribu indigène comptant à peu près 600 membres et peuplant l’extrémité sud de l’Amazonie brésilienne. Elle avait 7 ans et n’y est jamais retournée depuis. «Si j’étais restée», expliquait l’an dernier Kanhu, atteinte d’une dystrophie musculaire progressive, à des députés brésiliens, «je serais certainement morte à l’heure qu’il est».

Pourquoi? Parce que sa communauté l’aurait probablement tuée, comme elle le fait depuis des générations avec les enfants handicapés.

Au Brésil, les Kamayurás font partie des peuples indigènes connus pour pratiquer l’infanticide de nouveaux nés et le meurtre sélectif d’enfants plus âgés. Parmi leurs cibles, les handicapés, la progéniture de mères célibataires et les jumeaux –que certaines tribus, dont les Kamayurás, estiment porter malheur. Le père de Kanhu, Makau, m’a ainsi raconté l’histoire d’un adolescent de 12 ans, de la génération de son père, qui fut enterré vivant parce qu’il «voulait devenir une femme». (Kanhu et Makau, à l’instar de beaucoup de Kamayurás, n’ont qu’un prénom et pas de nom de famille).

Kanhu et sa famille ont pu s’installer à Brasília, la capitale du Brésil, grâce à des missionnaires évangéliques. Depuis plusieurs années, les religieux alertent les médias et mènent une campagne de lobbying pour mettre fin aux meurtres d’enfants. Des efforts qui se sont soldés par un projet de loi controversé visant à éradiquer la pratique, ratifié en 2015 par une large majorité à la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès national brésilien. Le texte est aujourd’hui en cours d’examen par le Sénat fédéral, sa chambre haute.

Degré de sauvagerie

Mais si cette législation pourrait sembler juste et depuis longtemps nécessaire, elle aura en réalité suscité l’indignation de bon nombre d’universitaires et d’associations défendant les droits des peuples indigènes. C’est le cas de l’Association brésilienne d’anthropologie qui, dans une lettre ouverte publiée sur son site internet, assimilera le projet de loi à une volonté de placer les peuples indigènes «dans la situation permanente d’accusés d’un tribunal chargé de déterminer leur degré de sauvagerie».

Cette controverse sur les meurtres d’enfants soulève une question fondamentale pour le Brésil, un vaste pays abritant des centaines de tribus protégées qui, pour beaucoup, vivent dans un état d’isolement relatif: l’État a-t-il le droit d’interférer dans des traditions semblant inhumaines au monde extérieur, mais qui ont permis, depuis le fond des âges, la survie collective dans un environnement hostile?

En 1973, le Brésil adoptait le Statut de l’Indien, regroupant les communautés indigènes en trois catégories: celles vivant dans un état d’isolement total, celles entretenant des contacts limités avec le monde extérieur et celles intégrées complètement à la société moderne. Le texte stipule que les tribus comme celle de Kanhu ne sont soumises aux lois fédérales qu’en proportion de leur assimilation à la vie brésilienne. C’est cette législation qui évite aux peuples autochtones d’être poursuivis en justice pour infanticide.

«Droit inviolable à la vie»

Le projet législatif visant à mettre fin à cette pratique est surnommé «la loi de Muwaji», du nom d’une femme indigène qui, en 2005, avait refusé de suivre les us et coutumes de son clan en ne tuant pas sa fille handicapée. Si le texte passe au Sénat, il constituera un amendement au Statut de l’Indien et obligera les agences gouvernementales en charge des communautés autochtones à prendre une série de mesures proactives. L’une d’entre elles créera un registre de femmes enceintes à risque (mères célibataires, grossesses gémellaires) pour permettre au gouvernement de garder un œil sur les nouveaux-nés les plus susceptibles d’être tués par leurs tribus. Une autre mesure exigera que le ministère public soit immédiatement informé des cas de violations des droits de l’homme commises à l’encontre de nouveaux-nés ou de tout autre membre marginalisé des communautés autochtones, y compris les personnes âgées. L’amendement stipule également que quiconque apprendra que la vie ou la sécurité d’un autochtone est menacée sans le signaler aux autorités sera «sanctionné en vertu des lois en vigueur».

En 2007, le projet de loi fut présenté par Henrique Afonso, alors membre du Congrès, de la congrégation évangélique du Brésil et du Parti des Travailleurs, au pouvoir à l’époque. Immédiatement, le texte allait susciter des tensions entre les partisans de droits de l’homme universels, se focalisant sur l’individu, et les défenseurs du relativisme culturel, privilégiant la liberté des communautés à s’organiser selon leurs propres codes moraux.

Une dichotomie intégrée de fait dans la Constitution de 1988, qui étend «le droit inviolable à la vie» à tous les Brésiliens, tout en protégeant les structures sociales, les coutumes, les langues, les croyances et les traditions des «peuples indigènes». Après des décennies de dictature, la ratification de la Constitution fut un moment décisif pour le Brésil et attestera d’un changement d’attitude de l’État vis-à-vis des peuples autochtones. (En revanche, le Statut de l’Indien, ratifié sous le régime militaire, spécifie dès son ouverture son intention de «les intégrer, progressivement et pacifiquement, dans le giron national»). Aujourd’hui, les multiples tribus ne seraient plus obligées de se conformer à des valeurs extérieures. La protection des cultures tribales et de leurs différentes visions du monde a été garantie et valorisée comme telle. Sauf que la non-résolution de cette contradiction constitutionnelle aura placé les générations ultérieures de législateurs devant une gageure: que faire des pratiques indigènes considérées comme inhumaines par les étrangers?

Pas de données sur les infanticides

L’ampleur des meurtres d’enfants commis au sein des groupes autochtones est difficile à mesurer. La Fondation nationale indienne, plus connue sous son acronyme portugais Funai, ne collecte pas de données sur les infanticides et refuse de reconnaître publiquement le phénomène. Lorsqu’on insiste, la Fondation affirme que la pratique ne concerne qu’une proportion négligeable de la population indigène totale. Selon l’Association brésilienne d’anthropologie, les infanticides seraient sur le déclin. Dans un communiqué de presse de 2016, Funai déclarait que la simple mention du problème relevait «dans bien des cas d’une tentative de stigmatiser les peuples autochtones et d’exprimer des préjugés à leur encontre».

«Une tentative de stigmatiser les peuples autochtones et d’exprimer des préjugés à leur encontre»

La Fondation nationale indienne

Une association missionnaire consignant les meurtres d’enfants estime qu’une vingtaine de groupes, sur plus de 300 peuples indigènes que compte le Brésil, se livrent à cette pratique. Selon le recensement le plus récent, réalisé en 2010, le nombre d’indigènes brésiliens s’élevait à 897.000 personnes –0,5% d’une population totale atteignant les 191 millions d’individus.

La sous-déclaration explique peut-être la rareté des données. En 2014, lorsque l’Institut latino-américain des sciences sociales avait publié une «Carte de la violence» au Brésil, la ville arrivant en tête de liste était Caracaraí, une municipalité amazonienne de 19.000 habitants appartenant pour beaucoup à la tribu des Yanomami. Ce classement inattendu reflétait la toute première prise en compte des infanticides autochtones, avait alors déclaré aux journalistes Amadeu Soares, secrétaire d’État à la Sécurité publique.

«C’est dans la culture des peuples indigènes de sacrifier les enfants nés avec un problème, une infirmité», avait-il expliqué.

Reste que Soares allait aussi exiger que les auteurs du rapport retirent Caracaraí de la première place car, selon lui, les taux d’homicides avaient été gonflés par des décès survenus en dehors de sa juridiction. (Les auteurs de l’étude ne se plieront pas à ses desiderata)

Environnement extraordinairement hostile

Les voix critiques affirment que ce débat national sur les droits des Brésiliens indigènes, lancé par des missionnaires évangéliques, possède de sinistres points communs avec l’histoire coloniale du pays et la violence subie par les indigènes de la part des étrangers –une violence perdurant à ce jour. Dans une condamnation publique de la loi de Muwaji, l’Association brésilienne d’anthropologie la comparait aux «actions les plus répressives et meurtrières jamais perpétrées contre les peuples indigènes des Amériques, invariablement justifiées par de nobles causes, des valeurs humanitaires et des principes universels».

Un anthropologue de Funai, ayant demandé à rester anonyme parce qu’il n’est pas autorisé à parler au nom de la fondation, affirme que l’infanticide au sein des peuples autochtones doit être compris dans le contexte de l’environnement extraordinairement hostile de l’Amazonie. L’anthropologue, qui travaille depuis des années à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, me dit avoir entendu des histoires de meurtres d’enfants, aussi difficiles que tragiques. Mais il explique aussi que le contexte est essentiel.

«À nos yeux, une jambe déformée ce n’est pas grand-chose», dit-il, «mais ce n’est pas si simple pour eux».

Pour ces enfants, survivre dans la jungle pourrait relever d’un obstacle insurmontable et ils seraient «condamnés d’avance», selon les mots de l’anthropologue.

«À nos yeux, une jambe déformée ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas si simple pour eux.»

Un anthropologue ayant demandé à rester anonyme

Mais aux yeux de nombreux Brésiliens, il est inacceptable que le gouvernement permette aux tribus de tuer des enfants handicapés au nom de la préservation culturelle, plutôt que de laisser l’État leur fournir un traitement médical.

«Sur le sujet, le Brésil est libre de mener un débat académique dans les universités», déclare Maíra Barreto, une avocate spécialiste des droits de l’homme et dont la thèse de doctorat porte sur les questions juridiques et bioéthiques soulevées par les meurtres d’enfants autochtones.

Si la Constitution de 1988 marque un conflit entre le droit à la vie de l’individu et le droit à l’autodétermination des peuples autochtones, souligne Barreto, le pays a depuis ratifié des traités internationaux visant à combler le fossé entre approches relatives et absolues des droits des indigènes.

Incompatibilité avec les droits de l’homme

Elle cite notamment la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux, ratifiée par le Brésil en 2002, stipulant que les peuples indigènes «doivent avoir le droit de conserver leurs coutumes et institutions dès lors qu’elles ne sont pas incompatibles avec les droits fondamentaux définis par le système juridique national et avec les droits de l’homme reconnus au niveau international».

Selon Barreto, en droit international, la voie à suivre est évidente.

«Certaines pratiques culturelles sont ici incompatibles avec les droits de l’homme», dit-elle. «Il faut les contrecarrer, il n’y a pas de compromis possible».

Barreto siège au conseil d’administration d’Atini, une association évangélique qui, sur son site Internet, se décrit comme «internationalement reconnue pour son travail précurseur dans la défense des droits des enfants autochtones». Fondée en 2006 par Márcia Suzuki et son mari Edson, des missionnaires ayant vécu des dizaines d’années au sein de groupes indigènes isolés, l’organisation gère un foyer à Brasília destinés aux parents indigènes ayant fui leurs communautés pour préserver la vie de leurs enfants, qui auraient autrement été condamnés à mort. L’organisation mène également une campagne de sensibilisation sur la question des infanticides autochtones. Ses membres ont été consultés par les rédacteurs de loi de Muwaji.

Les Suruwaha, coutumiers du suicide comme de l’infanticide

Selon Suzuki, le plaidoyer de son association en faveur des enfants autochtones a débuté par hasard. À la fin des années 1990, avec son mari, elle vivait parmi les Suruwaha –une tribu de moins de 200 membres ayant pris contact avec le monde extérieur pour la première fois dans les années 1970– afin d’étudier leur langage. (Atini, selon les Suzuki, signifie «voix» dans la langue Suruwaha). Pour certains de leurs détracteurs, le couple était aussi là pour faire du prosélytisme.

Depuis longtemps, la tribu est coutumière du suicide comme de l’infanticide. Le premier constitue une partie essentielle de sa tradition culturelle, tant il est considéré comme une mort spirituellement désirable, tandis que le second est utilisé comme une forme de contrôle de la population.

Durant le séjour des Suzuki chez les Suruwaha, la tribu aurait décidé que deux enfants qui ne semblaient pas se développer correctement devaient mourir. Plutôt que de les tuer, les parents préférèrent se suicider. Selon les dires des Suzuki, la tribu enterrera alors les enfants vivants, comme le voulait la coutume. L’une d’entre eux, une petite fille nommée Hakani, survivra à l’épreuve, mais sera condamnée à mourir de faim. Son frère aîné la gardera en vie des années durant en lui passant clandestinement de la nourriture, avant de la déposer aux pieds des Suzuki.

«Soit elle perd sa culture soit elle meurt»

«Nous avons pris contact avec Funasa par radio», explique Suzuki, mentionnant l’agence gouvernementale supervisant à l’époque les soins de santé dans les territoires indigènes.

«Nous leur avons dit: “Il y a une gamine ici qui est en train de mourir”».

 Un mois s’écoulera sans que les services ne viennent récupérer la petite fille

«Ils disaient: “C’est vraiment très compliqué. Enlever l’enfant lui ferait perdre sa culture», se souvient Suzuki. «Et je leur répondais, “Soit elle perd sa culture soit elle meurt”.»

En 2000, les Suzuki décident de prendre Hakani, alors âgée de 5 ans, et de la soigner par leurs propres moyens. Après une longue traversée en bateau, ils embarquent sur un vol pour Porto Velho, la capitale de l’État de Rondônia, au nord du Brésil. Là, des médecins lui diagnostiquent une hypothyroïdie, soit une maladie traitable. Les Suzuki la soignent et tentent de la ramener dans sa tribu.

«Nous voulions leur montrer qu’elle n’était pas maudite, explique Suzuki. Mais personne n’en voulait.» Les parents de Hakani étant décédés, «personne ne voulait prendre soin d’elle».

Les Suzuki choisissent alors de l’adopter.

Pour les Suzuki, leurs actions étaient sans doute commandées par l’altruisme, sauf qu’elles seront à l’origine, en 2003, d’une ordonnance du bureau du procureur de l’État d’Amazonas, stipulant que toute personne non indigène soit bannie des terres habitées par les Suruwaha. Le procureur faisait également remarquer que les Suzuki n’avaient jamais demandé l’autorisation requise pour vivre avec la tribu.

Dommages irréversibles au mode de vie

Un rapport rédigé par l’anthropologue Marcos Farias de Almeida et soutenant l’injonction du procureur général, accusait les Suzuki de vouloir défendre des valeurs occidentales au détriment de celles dispensées par les Suruwaha.

En enlevant Hakani, les Suzukis «ont fait obstacle à la réalisation d’une pratique culturelle pleine de sens», écrit Almeida. Et la ramener une fois en bonne santé relevait d’une «énorme erreur», car cela équivalait à «introduire dans l’univers symbolique de Suruwaha une solution possible à un problème, dans leur vie, par des moyens autres que ceux sous contrôle de leurs pratiques traditionnelles».

En d’autres termes, selon le rapport d’Almeida, les Suzuki avaient causé des dommages irréversibles au mode de vie des Suruwaha en montrant que certaines incapacités physiques n’exigeaient pas la mort. (Dans un autre passage de son rapport, Almeida regrette que les Suzuki aient encouragé un Suruwaha à consulter un médecin pour sa douleur chronique, ce qui l’empêchera de résoudre le problème comme il l’avait prévu à l’origine, c’est-à-dire en se suicidant).

Suzuki admet qu’avoir ramené Hakani un an plus tard dans la tribu a pu bouleverser la vision du monde des Suruwaha –un développement qu’elle estime cependant positif. En voyant ce qui était arrivé à Hakani, explique Suzuki, d’autres parents ont voulu chercher de l’aide. En 2005, deux familles Suruwaha demandèrent une assistance médicale pour leurs enfants. Ils sortirent d’Amazonie par avion pour rejoindre São Paulo, la plus grande ville du Brésil, où les enfants furent soignés. En décembre 2005, les missionnaires seront convoqués devant le Congrès pour expliquer leur rôle dans cette affaire. Les Suzuki témoigneront que Funasa leur avait fourni l’autorisation nécessaire pour quitter l’État. (Ce que l’agence gouvernementale n’a jamais explicitement confirmé).

Des enfants qui ont grandi et peuvent débattre

Le débat sur les infanticides dans les tribus indigènes dure aujourd’hui depuis si longtemps qu’il est possible d’en discuter avec certains des enfants concernés.

Il y a une dizaine d’années, Kanhu et sa famille quittaient leur tribu avec l’aide des Suzuki. Aujourd’hui, la famille vit dans un modeste pavillon de la périphérie de Brasília. S’adapter à leur nouvelle réalité n’a pas toujours été chose facile.

«J’étais avec des gens qui n’étaient pas de mon peuple. J’étais terrifiée. Je ne savais même pas comment parler.»

Kanhu, qui a quitté sa tribu, atteinte d’une dystrophie musculaire progressive

«J’étais avec des gens qui n’étaient pas de mon peuple. J’étais terrifiée. Je ne savais même pas comment parler», explique Kanhu, en se souvenant de ses premières semaines loin de l’Amazonie. «La nourriture était bizarre, comme les vêtements, comme tout.»

Les parents de Kanhu sont tristes d’avoir dû abandonner leur mode de vie.

«Ici, tout le monde est enfermé dans des endroits séparés», déclare Makau, son père, en désignant les différentes pièces de la maison.

En dernière année de lycée, Kanhu s’est coupé les cheveux au carré et arbore un piercing dans le nez. Elle espère poursuivre des études supérieures et se déplace à l’aide d’un fauteuil roulant.

En mai 2017, lors d’une audition devant le Congrès, Kanhu prononcera un discours enflammé sur les droits des personnes handicapées.

«Quand on aborde le sujet des infanticides, il y a des gens qui disent: “Oh, mais c’est leur culture. Nous devons la respecter”.

Mais pour l’amour de Dieu! Une culture qui implique la mort d’innocents doit cesser», a-t-elle déclaré. «C’est triste de voir comment nous sommes ignorés. Vous nous abandonnez, vous faites comme si nous étions invisibles parce que nous vivons au beau milieu de la jungle. Vous prétendez que nous ne sommes rien et vous prenez la culture comme excuse. Une fois de plus, je vous demande d’y réfléchir. Nous sommes là (…) Nous demandons de l’aide. Nous hurlons pour obtenir des droits.»

http://www.slate.fr/

Le Saviez-vous ► Cette rivière bouillante peut tuer n’importe qui


Quelque part en Amazonie, existe une rivière d’eau bouillante qui est mortelle toutes personnes ou animales qui décide de faire une trempette. Il est considéré par les chamans comme un site sacré
Nuage

 

Cette rivière bouillante peut tuer n’importe qui

 

 

 

Un géologue péruvien a découvert une étrange rivière bouillonnante, cachée dans la forêt amazonienne. Avec la permission des chamans, il l’étudie pour percer ses mystères.

Source : TED

http://www.ulyces.co