Le Saviez-Vous ► Choux, roses, cigognes : d’où viennent ces légendes sur l’arrivée des bébés ?


J’espère qu’on n’enseigne plus ces légendes aux enfants sauf pour les contes. Je me souviens que ces légendes étaient véhiculées quand j’étais enfant, mais nous savions très tôt, qu’en réalité, les bébés venaient des mamans. Comment ? Si les parents ne l’expliquaient pas, on pouvait l’apprendre avec les amis qui en savaient un peu plus.
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Choux, roses, cigognes : d’où viennent ces légendes sur l’arrivée des bébés ?


Cigognes & compagnie

Par Dorothée Louessard

Si les garçons naissent dans des choux et les fillettes dans des fleurs, que diable fichent les cigognes censées être les livreuses officielles de bébés ? Mais au fait d’où viennent donc ces mythes sur la naissance de nos chérubins ?


Depuis l’Antiquité, le chou est associé à la fertilité. On servait traditionnellement de la soupe aux choux aux jeunes mariés afin accroître leurs chances d’avoir un enfant. Et encore aujourd’hui, la consommation de choux est préconisée à toutes les femmes désireuses de booster leur fécondité. Pourquoi ? Parce qu’ils sont riches en acides foliques (Vitamine B9) assurant le bon développement du foetus. Les autres vitamines présentes dans les choux de Bruxelles auraient également le pouvoir d’augmenter la quantité de sperme de l’homme et leur durée de vie.

L’autre origine possible de ce mythe sur la naissance proviendrait de la Grèce Antique. Le roi Agamemnon parti en guerre, sa femme Clytemnestre accoucha de quadruplés dont trois filles et un garçon. N’ayant pas de langes sous la main, elle emmaillota ses filles dans des pétales de rose et enveloppa son garçon dans des feuilles de chou. Si ce dernier n’a pas eu droit aux pétales de rose, c’est parce que la rose constituait le symbole de la féminité durant l’Antiquité. La feuille de chou fut choisie tout simplement parce que du choux était prévu au dîner.

Deux explications possibles donc, et qui s’avéraient bien pratiques à ressortir à nos enfants lorsqu’ils nous balançaient la fameuse question tant redoutée : « Dis, comment on fait les bébés ?« 

Mais alors les cigognes dans tout ça, elles faisaient quoi au juste ? Déposaient-elles les bébés selon leur sexe tantôt dans des roses, tantôt dans des choux ?

La légende de la cigogne ou « Légende du Kindelesbrunnen » est connue dans le monde entier et puise son origine en Alsace. Il y aurait eu jadis un lac sous la cathédrale de Strasbourg, où voguaient les âmes des enfants en attendant de venir au monde. Un sympathique gnome naviguait sur le lac à bord d’une barque argentée et, muni d’un filet d’or, il attrapait les âmes des bébés pour les donner à la fameuse cigogne qui se chargeait alors de distribuer les bébés aux parents. D’ailleurs, encore aujourd’hui, en Alsace, les parents désirant avoir un enfant doivent « commander » leur bébé aux cigognes en déposant un morceau de sucre sur le bord de leur fenêtre. Quant au choix de l’oiseau, il est sans doute lié au fait que les cigognes font leur grand retour en Alsace, au printemps, saison associée aux naissances.

Le mythe des cigognes est d’ailleurs le thème du film d’animation des studios Warner, « Cigognes & compagnie » ,  On y découvre que les cigognes ont cessé la livraison de bébés pour se reconvertir dans l’expédition de colis Internet. Et, alors que Junior, coursier star de l’entreprise, s’apprête à reprendre la tête de l’entreprise, il rallume involontairement la Machine à Fabriquer les Bébés…

https://www.terrafemina.com

Une tuerie en Alsace, il y a 6000 ans


Des ossements suite à un carnage ont été retrouvé en Alsace, à l’époque Néolithique. Ce qui est étrange, c’est que près des corps, il y a des membres supérieurs gauches qui appartenaient a d’autres personnes. Pourquoi ? Des trophées ?
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Une tuerie en Alsace, il y a 6000 ans

 

Fouille du site d'Acheinheim, en Alsace, où les vestiges d'un massacre vieux de 6000 ans, ont été découverts. Crédit: Philippe Lefranc / Inrap

Fouille du site d’Acheinheim, en Alsace, où les vestiges d’un massacre vieux de 6000 ans, ont été découverts. Crédit: Philippe Lefranc / Inrap

Par Bernadette Arnaud

Des archéologues de l’Inrap viennent de mettre au jour les vestiges d’un massacre vieux de plus de 6000 ans, dans le Bas-Rhin en Alsace.

 

NÉOLITHIQUE. Des bras coupés et les membres martyrisés de six individus gisant au fond d’une fosse… Voilà la macabre découverte effectuée par une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur le site d’Echeinheim, près de Strasbourg (Bas-Rhin). Là, selon Philippe Lefranc, le responsable des fouilles, une scène de massacre se serait déroulée au Néolithique, il y a 4200 ans avant notre ère. C’est dans un vaste silo, situé en plein cœur d’une enceinte fortifiée, qu’ont été dégagés les restes complets de cinq adultes et d’un adolescent.

« Leurs corps présentaient de nombreuses fractures aux membres inférieurs, ainsi qu’aux mains, côtes, bassins ou crânes. Leurs agresseurs se sont acharnés sur eux pour les réduire en miettes ! », explique Philippe Lefranc.

Ce n’est pas tout. Ces vestiges humains côtoyaient d’autres fragments de corps : quatre bras surnuméraires gauches !

« Ce qui porte en réalité ces découvertes à dix personnes, dont quatre n’étaient représentées que par un bras ! », précise l’archéologue.

En 2012, on avait mis au jour un précédent « carnage néolithique »

 

Homme adulte présentant de multiples fractures, retrouvé dans une fosse sur le site néolithique d’Achenheim, en Alsace.
© Michel Christen/Inrap.

Ce n’est pas la première fois que de telles traces de violence sont mises au jour en France. En 2012, un de ces « carnages néolithiques » avait déjà été décrit dans la même région, à Bergheim, sur un site contemporain.

Huit individus avaient alors été découverts « là aussi avec des membres supérieurs gauches amputés pour sept d’entre eux !». 

Ces membres isolés intriguent les chercheurs. Pourrait-il s’agir de « trophées » de guerre ?

Une hypothèse que tend à privilégier Philippe Lefranc pour qui « rencontrer à deux reprises ces bras coupés dans des contextes de violence ne peut pas être une coïncidence ».

Ces victimes auraient pu ainsi être des captifs exécutés.

En 2006 déjà, des squelettes humains découverts à Schöneck-Kilianstädten en Allemagne témoignaient d’une immolation encore plus ancienne, remontant à 7000 ans. Les ossements exhumés s’étaient révélés être exclusivement masculins, avec des jambes brisées et des crânes fracassés. Si l’on en croit les spécialistes, ces tueries auraient été relativement communes parmi les populations d’agriculteurs et d’éleveurs du centre de l’Europe. Le Néolithique européen est loin d’avoir été une période tranquille… De prochaines analyses génétiques pourront sans doute apporter des informations nouvelles.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Paris Climat 2015 :Produire de l’électricité avec du jus de choucroute


Un déchet qui en changeant sa nature deviens une ressource très utile tout en étant écolo. Bien sûr, cela demande des investissements, mais, en bout de ligne, cela profitera aux gens et à l’environnement
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Paris Climat 2015 : Produire de l’électricité avec du jus de choucroute

 

L'entrée du village de Krautergersheim.

L’entrée du village de Krautergersheim. Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

Un photoreportage de Sylvain Desjardins

Des Alsaciens contribuent à leur façon à protéger l’environnement : ils transforment les déchets de choucroute en énergie. Nous sommes allés voir comment ils s’y prennent.

Nous voici à l’entrée du village de Krautergersheim, près de Strasbourg, au royaume de la choucroute. Dans cette campagne qui borde la frontière allemande, on ne voit que ça : des champs de choux, à perte de vue!


La ferme de Constant Speisser.

La ferme de Constant Speisser. Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

Et au milieu de ces champs, une petite usine, celle de la ferme Speisser, qui fabrique de la choucroute depuis trois générations.


Constant Speisser et deux employés.

Constant Speisser et deux employés. Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

Le patron, Constant Speisser, est l’un des 10 producteurs de choux d’Alsace. Ces producteurs fournissent ensemble 70 % de toute la choucroute consommée en France.


De la choucroute.

De la choucroute. Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

« On a six employés en usine, et deux qui font la récolte dans les champs, c’est tout », explique Constant Speisser.

L’opération est mécanisée et efficace. On traite 70 tonnes de choux par jour.


Les cuves de fermentation.

Les cuves de fermentation. Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

La fabrication de la choucroute de base est très simple : une fois le chou découpé en lamelles, on y ajoute du sel et on l’entasse dans d’immenses cuves fermées où se fait la fermentation pendant environ 15 jours.

Le mélange est vendu à des entreprises d’alimentation qui se chargeront de la cuisson.


Les déchets de la choucroute

Les déchets de la choucroute Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

La fermentation produit, par ailleurs, des quantités impressionnantes d’eau salée, le jus de choucroute, qui a toujours été considéré comme un déchet.

« Chaque tonne de choucroute nous laisse 300 litres de jus. C’est beaucoup! On pourrait l’utiliser comme engrais, mais il faudrait le traiter avant, et je n’ai pas les moyens de faire ça. » — Constant Speisser, fermier

La transformation du jus de choucroute en engrais n’est pas rentable pour le moment. Mais ce qui l’est par contre, c’est d’en faire de l’électricité.


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Photo :  ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

C’est exactement ce qui se passe à la station de traitement des eaux usées de la région, propriété publique, gérée par la compagnie d’énergie française Suez.

L’ensemble de la station ressemble à n’importe quelle autre usine de traitement des eaux. De fait, il y a bien une section de l’usine qui traite les eaux usées. Mais les boues recueillies après filtration sont transformées en gaz par des bactéries, en milieu fermé.


Un silo-méthaniseur. Photo : ICI Radio-Canada/Sylvain Desjardins

Même procédé avec le jus de choucroute qui arrive des fermes environnantes par camions-citernes. Le jus est transféré dans une sorte d’immense silo-méthaniseur, bourré de bactéries spécialisées qui digèrent le liquide pour en faire du gaz.

Ce gaz alimente un immense moteur à combustion industriel, qui fait tourner des bobines qui produisent à leur tour de l’électricité, acheminée sur le réseau de transport local.

« Nous sommes la seule usine du genre dans le monde », dit Clément Ritter, directeur des communications de Suez, pour la région Alsace.

« En faisant ce traitement, on se débarrasse d’un déchet problématique qu’il fallait autrefois emmener jusqu’à Strasbourg, à 40 km d’ici. Notre usine est située à moins de 5 km de toutes les fermes de choux. Pour moins de frais on s’en débarrasse, et en plus, on fait de l’énergie avec. » — Clément Ritter, porte-parole de Suez

Résultat : de l’électricité verte pour plus de 2000 résidents et l’élimination d’un déchet qui pouvait être dommageable pour l’environnement.

« Certains agriculteurs avaient parfois tendance à se débarrasser de ce jus dans leurs champs », précise Séverine Sromane, directrice des installations de Suez pour la région du Bas-Rhin.

« Ce jus est chargé de nitrates. Il est très polluant pour la nappe phréatique. Donc, là, on arrive à capter tous ces jus susceptibles de polluer, et on voit l’amélioration des taux de nitrates dans les nappes d’eau. » — Séverine Sromane, porte-parole de Suez

Seule ombre au tableau : les agriculteurs doivent encore payer pour apporter leur jus de choucroute ici. L’usine de 27 millions d’euros (environ 40 millions de dollars canadiens) est en marche depuis trois ans. Les coûts d’amortissement ne permettent pas aux agriculteurs de tirer profit de la vente d’électricité.

La station de méthanisation pourrait être encore plus rentable si on arrivait à obtenir d’autres sous-produits agricoles.

Par exemple, Constant Speisser aimerait bien trouver un débouché pour les déchets solides de sa fabrique de choucroute, comme par exemple, les feuilles de chou en trop dont il ne sait plus quoi faire :  

« On pourrait méthaniser tout ça, aussi! »

« C’est vrai. Mais ça prendrait de nouveaux investissements. Tout ce qui vient de l’agroalimentaire est utilisable. Pour nous, ce ne sont pas des déchets, ce sont des opportunités. Le reste est politique… et technique. La porte est ouverte », conclut le porte-parole de Suez, Clément Ritter.

http://ici.radio-canada.ca/

Un malvoyant court 26 km en sentier grâce à un GPS


Le bon côté de la technologie et des téléphones intelligents permettent à des personnes comme les non-voyants a être beaucoup plus autonomes tout en pratiquant des activités qu’il n’aurait pas été possible de faire seul
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Un malvoyant court 26 km en sentier grâce à un GPS

 

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Le GPS de Clément Gass a été victime de l’humidité pendant la course.Photo AFP

Un jeune athlète quasi-aveugle a été le premier au monde à courir ce week-end en France un trail (course sur sentier) de 26 km, en toute autonomie, grâce à sa canne blanche et à un système GPS innovant.

Clément Gass, 27 ans, a couru samedi soir le «trail du Kochersberg» en Alsace parmi 219 participants voyants, sans l’assistance d’un autre athlète comme cela se pratique d’habitude.

«La marche fait partie de mon mode de vie. Je perçois des paysages sonores, j’entends les bruits des oiseaux ou le vent dans les arbres, je sens les odeurs, c’est très agréable», a raconté le sportif, habitué des randonnées.

Il a été guidé par son téléphone intelligent utilisé comme GPS, glissé dans une petite sacoche sur sa poitrine, qui lui indiquait les virages et bifurcations.

Pour être plus précis, ce guidage ne se contente pas d’indiquer «droite» ou «gauche», mais utilise la «direction horaire», un système issu de l’aéronautique: «Point 2, tourner à 11h. Dans 87 mètres, chemin à 3h», égrène la voix.

L’application dédiée, développée par des chercheurs du CNRS et de l’Université de Strasbourg, s’installe sur n’importe quel téléphone haut de gamme équipé d’un GPS, d’une boussole et d’un gyroscope. L’itinéraire doit avoir été numérisé au préalable, et l’utilisateur formé.

Une poignée de précurseurs utilisent déjà ce système sur des chemins de randonnée, voire au quotidien, en milieu urbain. Mais c’est la première fois qu’il était utilisé lors d’une course en pleine nature.

Lâché par la boussole de son téléphone, déréglé sans doute à cause de l’humidité due à la transpiration, l’athlète mal-voyant a finalement bouclé le parcours en 3 h 43, loin du temps qu’il s’était fixé.

Clément Gass ne compte pas en rester là: le 22 juin, il prendra le départ d’une randonnée de 80 km en six étapes à travers les Vosges du Nord, en compagnie d’une poignée d’autres marcheurs aveugles ou mal-voyants.

http://fr.canoe.ca/

Découverte de 7 bras gauches dans une tombe


C’est probablement le genre d’énigme qu’un tout archéologue doit accepter de ne jamais avoir de réponse. Trop de questions sans réponses, et émettre une hypothèse, dans ce cas-ci, il n’y a pas, du moins pour le moment d’avoir un semblant de piste et de preuves
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Découverte de 7 bras gauches dans une tombe

 

La fosse avec les squelettes (à gauche) et une fois ces derniers retirés, les 7 bras (à droite). Photo : Bertrand Perrin/Antea

 

Des archéologues français ont découvert
sept bras gauches dans une fosse. Ils sont datés d’environ six mille ans. Une pratique inconnue jusqu’ici.

 

« Franchement, on n’a jamais rien vu de semblable. »

Des pratiques étranges, Bruno Boulestin en a rencontré, pourtant, dans sa carrière d’anthropologue (au laboratoire Pacea). Mais quand une équipe d’archéologues français est venue lui montrer ce qu’elle avait découvert, il en est resté pantois. Sept bras amputés, tous gauches, jetés au fond d’une fosse, c’est assez exceptionnel…

L’affaire se situe autour de 4000 ans av. J.-C. On est dans les quelques millénaires cruciaux dans l’histoire de l’Europe qui ont mis fin à la préhistoire. Ce que les archéologues appellent le Néolithique, qui signe l’arrivée de l’agriculture et l’élevage sur le continent européen.

Au départ, c’est une archéologie tranquille, quotidienne. Quelque part en Alsace, un projet d’extension d’un surface commerciale met en branle un mécanisme désormais classique : si la zone risque d’avoir abrité des activités humaines par le passé, il faut le vérifier par un test rapide. Ce qui est fait. Et effectivement, il y a bien quelques traces, d’époques reculées. Pas franchement éblouissantes, disons-le, mais suffisantes pour engager des fouilles.

Le marché échoit à une petite société privée, Antea Archéologie. À l’été 2012, ils fouillent les deux hectares, en pleine campagne, près du village de Bergheim dans le centre de l’Alsace. Et ils tombent sur ces grands silos enterrés dans lesquelles ces populations du Néolithique stockaient leurs grains. Il y en a beaucoup, soixante en tout. De temps en temps, ils y découvrent des corps. Rien d’étonnant à cela. À l’époque, dans l’est de la France, c’est comme cela que ces populations inhument leurs défunts. Au point que les archéologues ne soient plus trop sûrs aujourd’hui, que ces fosses aient d’abord servi de silos.

Mais dans l’une des fosses, il y a quelque chose d’anormal. Les archéologues y découvrent un enchevêtrement de squelettes. Ils le fouillent méticuleusement, os après os.

« La fouille nous a pris trois semaines, un record pour ce genre de fosse, explique Bertrand Perrin, l’archéologue responsable du chantier.

Peu à peu, ils comprennent qu’ils ont affaire à un épisode tragique.

Au fond de la fosse, il y a d’abord un homme, battu à mort. Des coups sur la tête surtout, sur le thorax et sur l’épaule. Des coups de pics, ou de quelque chose d’approchant, en os ou en bois de cerf par exemple. Et l’homme n’a plus de bras gauche, coupé entre coude et épaule. Était-il vivant, venait-il de mourir quand cela s’est produit, impossible de le savoir. Mais il ne s’était pas décomposé quand l’amputation a eu lieu. Il ne s’agissait donc pas de rituels exercés sur les squelettes comme les archéologues en connaissent ailleurs dans le monde.

Des bras, il y en a justement. Juste en-dessous de lui. Les fameux sept bras gauche. Tous coupés, là aussi, entre coude et épaule. Les exécutants semblent avoir utilisé quelque chose de lourd, sans doute un genre de hache, pour trancher les os. Puis avec des outils aiguisés, ils ont sectionné les chairs et les tendons. Ils ont aussi brisé chacun des bras, et démantibulé les mains.

Puis ils les ont jetés tout au fond de la fosse. Celui de l’homme se trouve peut-être parmi eux. Mais malgré quelques ressemblances deci-delà, les anthropologues ne peuvent le certifier. En tout cas, ce sont des bras d’adulte. Sauf un, qui était celui d’un adolescent. Ou d’un enfant.

La violence des coups portés à l'un des bras − Photo : Fanny Chenal

La violence des coups portés à l’un des bras − Photo : Fanny Chenal

Le mort et ceux qui l’accompagnent

L’homme amputé n’est pas seul dans la fosse. Au-dessus de lui, les exécutants ont placé d’autres corps. Ceux-là ont leurs bras. Il y a un autre homme, deux femmes et quatre enfants. Visiblement jetés là, sans grand ménagement, et en même temps. Les squelettes sont en effet entremêlés, empilés, sur le ventre ou sur le dos.

« Les os sont à leur place dans le squelette, là où ils s’articulent », explique Fanny Chenal, anthropologue à Antea, qui a conduit la longue et minutieuse étude des ossements.

Ce qui indique que ce n’est pas un ossuaire qu’on a vidé dans la fosse. Ce sont bien des cadavres entiers qu’on y a jetés.

« Et la tombe est restée ouverte quelque temps, au moins une semaine », indique Fanny Chenal, d’après l’étude des petits déplacements des squelettes dûs à la décomposition.

Dans de nombreuses cultures, un peu partout dans le monde, les morts surnuméraires sont des proches d’un personnage souvent important, qui sont tués ou se tuent pour l’accompagner dans la mort. C’est une hypothèse vraisemblable dans bon nombre d’inhumations de cette époque. Mais dans ce cas, le défunt est clairement reconnaissable à sa position en chien de fusil. Ce qui n’est le cas d’aucun des corps ici. S’agit-il, cependant, des membres d’une même famille ? L’ADN est resté malheureusement muet. En tout cas, huit morts enterrés en même temps, dont un avec des traces de violence, cela suggère plutôt des morts provoquées que naturelles.

Alors, de quoi s’agit-il finalement ? Des combats entre tribus ? De représailles, où les assaillants de l’homme auraient payé leur meurtre de leur bras gauche ? Ou enfin s’agit-il d’un sacrifice, un rite ?

« On peut tout imaginer » sourit Brun

Nicolas Constans

  • Merci à Vincent Charpentier de m’avoir signalé cette découverte. Il lui a consacré son émission de mardi dernier sur France Culture.
  • Les anthropologues qui ont étudié la fosse étaient Fanny Chenal, Hélène Barrand Emam et Émilie Cartier Mamie.
  • Cette découverte a fait l’objet de communications à des colloques, mais pas encore de publication scientifique.
  • Plus loin, dans une autre fosse, cinq squelettes d’enfants semblent avoir été aussi jetés. Ce qui n’est peut-être pas anodin, car les squelettes d’enfants sont surreprésentés dans les tombes de cette époque, bien plus que ne le prévoit la mortalité infantile.
  • Cannibalisme. Toujours au Néolithique, mais près d’un millénaire auparavant, vers 5000 ans av. J.-C. , il existe un site exceptionnel. C’est celui d’Herxheim, en Allemagne, où un cannibalisme de masse a été découvert il y a quelques années.

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En Alsace, des archéologues sur les traces des barbares


Le site d’Obernai en Gaule dévoile l’Histoire des faits pendant plus de 6 000 ans. Mais dernièrement, une découverte de crâne allongée est venue mettre un peu de piquant sur l’histoire de ces ancêtres qui auraient été invités par les Romains de l’époque
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En Alsace, des archéologues sur les traces des barbares

 

Le squelette d’un préadolescent au crâne déformé, signe de son appartenance à un statut social supérieur, a été mis au jour dans une nécropole à côté d’Obernai.

Crédits photo : Denis Gliksman, Inrap

Étrangement allongé, le crâne a des airs d’Alien. Mais Obernai, connu pour ses bons vins et ses belles demeures alsaciennes, n’est pas Hollywood et l’actrice Sigourney Weaver n’y a pas encore mis les pieds. La vedette du jour est bien venue d’ailleurs, mais elle est morte il y a plus de quinze siècles. Le squelette de cet enfant de 12 ans a été retrouvé parmi dix-sept autres sépultures datées du Ve siècle de notre ère par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

C’est la première fois qu’une nécropole complète de cette époque, celle des invasions barbares et de la désagrégation de l’Empire romain, est mise au jour en Alsace. Avec un lot d’indices qui ont permis aux scientifiques de remonter la piste de ces mystérieux défunts. Première indication de taille: ces crânes incroyablement déformés retrouvés sur deux squelettes, une femme et un préadolescent. On en connaît quelques dizaines seulement en Europe. Pour les spécialistes de l’Inrap, cette déformation crânienne, que l’on retrouve aussi chez les pré-Incas d’Amérique du Sud, est la «signature» d’une population barbare.

Les Huns, et avec eux d’autres peuples orientaux comme les Sarmates ou les Alains, tout droit venus du Caucase, ont introduit cette pratique en Occident, vite copiée par les peuples germaniques (Burgondes, Francs et autres Alamans). L’objectif: se distinguer du commun des mortels et manifester ainsi un statut social supérieur.

Des auxiliaires invités par les Romains plutôt que des envahisseurs

Dès leur plus jeune âge, des petits «nobles» barbares, a priori de sexe féminin, voyaient ainsi leur crâne enserré dans des planchettes ou des liens, et ce jusqu’à l’adolescence. Une erreur dans la manipulation pouvait entraîner la mort ou des dégâts irréparables, ce qui, si l’on se souvient de l’importance sociale des enfants en question, suppose que les manipulateurs étaient versés dans la science du développement crânien et brillaient par leur dextérité. La découverte d’un crâne adulte trépané, et parfaitement cicatrisé, indiquant que le «patient» a survécu, témoigne de cette agilité. Une fois définitive, la déformation ne semble pas avoir eu de conséquences neurologiques majeures. Le résultat était sans doute saisissant: un front immense prolongé par une sorte de coiffe naturelle recouverte par la chevelure.

Un peigne triangulaire et son étui en bois de cerf, typique de Germanie et du nord de la Gaule.

Un peinge triangulaire et son étui en bois de cerf, typique de Germanieet du nord de la Gaule
Crédits photo : Denis Gliksman, Inrap

La fouille, ayant mobilisé dix personnes pendant sept mois dans le cadre de l’aménagement d’un parc d’activités économiques, avait encore un secret à livrer: l’origine de ces mystérieux barbares.

Madeleine Châtelet, spécialiste du haut Moyen Âge à l’Inrap, explique que, outre les déformations crâniennes, les objets retrouvés dans les tombes, notamment des épingles en or et un miroir typique des peuples des steppes, «traduisent des influences culturelles nomades».

Les inconnus d’Obernai feraient donc partie de ces hordes hunniques ayant déferlé en Gaule à l’aube des années 400. Avant de s’y installer confortablement puisque la nécropole d’Obernai n’est pas un cimetière de guerriers morts au combat mais témoigne, par son organisation, d’une population stable implantée sur place.

Ironie de l’histoire, ces nomades orientaux étaient peut-être non des envahisseurs mais plutôt… des auxiliaires «invités» par les Romains pour les défendre contre d’autres barbares. Une pratique courante en ce siècle troublé qui court d’une grande invasion de la Gaule en 406 au baptême de Clovis (496-498) en passant par la défaite d’Attila (451) et la chute de l’Empire romain d’Occident (476).

Une chose est certaine: les barbares d’Obernai avaient opté pour de bonnes terres. La fouille a en effet montré que cette zone riche en lœss, sédiment fertile, avait attiré d’autres hommes avant eux. Une nécropole du néolithique et une ferme gauloise ont notamment été retrouvées. Le site d’Obernai a en fait été occupé pendant plus de 6000 ans avant d’accueillir un beau jour ces étranges inconnus aux crânes allongés.

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Un miel de toutes les couleurs


Une bien drôle de situation, qui fera aussi une grande perte pour les apiculteurs causé par des abeilles un peu trop volages et bien gourmandes
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Un miel de toutes les couleurs

 

Normalement, les abeilles s’alimentent du nectar des fleurs et retournent à leur ruche avec les pattes couvertes de grains de pollen jaune. Mais si d’autres sucreries se trouvent sur leur chemin, surtout en cas de sécheresse ou de pénurie de fleurs, elles peuvent changer de diète, avec des conséquences quelque peu désastreuses. C’est ce qui est arrivé dernièrement à Ribeauvillé, en Alsace.

Les apiculteurs locaux se sont retrouvés avec des ruches maculées de sirop bleu, vert et rouge, et un miel multi-couleur qu’ils n’ont pas pu vendre. En effet, la législation de la plupart des pays oblige le miel à n’avoir qu’un seul ingrédient: le nectar transformé par les abeilles. Dans ce cas, les abeilles avaient butiné autour d’une usine qui retraite des résidus de bonbons M&M’s.

Depuis cet moment, l’usine de traitement garde désormais ses résidus à l’intérieur et les abeilles sont retournées à leur nourriture habituelle

http://www.soscuisine.com