Le Saviez-Vous ► Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?


Une histoire intéressante sur ce que l’on peut avaler comme additifs alimentaires aux États-Unis. Bien, avant les challenges d’avaler, n’importe quoi sur les réseaux sociaux au risque d’être intoxiqué parfois mortellement, la nourriture industrielle a fait son entrée avec succès,ce qui a inquiété en 1883 un chimiste sur les dangers de tout ce que l’on peut ajouter dans les aliments pour les conserver, surtout qu’à cette époque, il n’y avait aucune loi pour protéger le consommateur. Grâce à une expérience avec des volontaires qui étaient nourris 3 fois par jour, il a pu démontrer la nocivité des additifs. Grâce a lui, les choses ont un peu changer. Car avouons-le .. Même si certains produits toxiques ne sont plus dans les aliments, la bouffe industrielle est toujours nocive.
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Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?

 

Illustration Jeanne Detallante

Illustration Jeanne Detallante

Simon Clair et Stylist

Au début du XXe siècle, pour sauver l’estomac de la population américaine, une douzaine de kamikazes ont décidé de sacrifier le leur en goûtant tous les poisons que leur servait l’industrie alimentaire.

Cet article est publié en partenariat avec l’hebdomadaire Stylist, distribué gratuitement à Paris et dans une dizaine de grandes villes de France. Pour accéder à l’intégralité du numéro en ligne, c’est par ici.

Depuis quelques années, l’Amérique a très faim. Sur les réseaux sociaux, les ados des États-Unis ont mystérieusement décidé de manger tout ce qui leur passe sous la main. Devant l’œil de leurs caméras, elles et ils se lancent par exemple dans le «cinnamon challenge», le «nutmeg challenge» ou le «chubby bunny game» qui consistent à se gaver le plus possible de cannelle en poudre, de noix de muscade ou de marshmallow. Quitte parfois à finir à l’hôpital.

Toxicologue d’urgence pour le National Capital Poison Center, Kelly Johnson-Arbor reçoit tous les jours des appels téléphoniques alarmés de la part de ces intrépides de l’estomac. Elle avoue être parfois un peu dépassée par ces étranges pratiques:

«L’année dernière, la mode était au “tide pod challenge”, c’est-à-dire le fait d’avaler des dosettes de lessive ressemblant à des bonbons. Chez les jeunes, cela peut donner lieu à de la toux, des suffocations, des vomissements et des comas. Aux États-Unis, au moins deux adolescents sont morts après en avoir ingérées».

Selon les médias américains, tout a commencé lorsque le site parodique The Onion a publié en 2015 un article intitulé «Que Dieu me vienne en aide car je vais manger l’une de ces capsules de lessive multicolores». L’aspect appétissant des dosettes a ensuite fait l’objet de nombreuses blagues sur le web, au point de donner envie à certain·es de les gober comme des sucreries.

«Ils ne réalisent pas les risques qu’ils encourent. Mais c’est surtout l’envie d’être viral sur les réseaux sociaux qui les pousse vers ce type de comportement», soupire Kelly Johnson-Arbor.

Pourtant, bien avant la naissance d’internet, certains gloutons jouaient déjà les kamikazes gastronomiques en ingérant des produits pas franchement recommandables. Mais eux faisaient ça pour le bien public, sacrifiant leurs estomacs au service des nôtres, en goûtant un à un tous les composés chimiques utilisés dans l’industrie alimentaire américaine. Devenus de véritables célébrités, ces cobayes un peu claqués se faisaient appeler la «Poison Squad» [la Brigade antipoison en français] et ne rechignaient pas à finir leur bol de soupe. Même quand celui-ci était rempli d’acide.

Cuisine moléculaire

À la fin du XIXe siècle, la nourriture industrielle est un vrai danger public. Le lait et la viande sont conservés grâce au formaldéhyde, un composé organique servant à embaumer les cadavres. Les légumes en conserve sont régulièrement bourrés de sulfate de cuivre, un produit ayant longtemps joué le rôle de désherbant. Enfin, pour en stopper la fermentation, le vin et la bière reçoivent des doses d’acide salicylique, utilisé aussi en pharmacie pour soigner les verrues.

«Selon certaines estimations, rien qu’à New York, des milliers d’enfants sont morts à cause de lait ayant été chimiquement modifié. À l’époque, presque 100% des denrées alimentaires contenaient des conservateurs», relate Deborah Blum, journaliste scientifique et autrice de The Poison Squad.

Nous sommes alors en pleine période de l’industrialisation des États-Unis et contrairement à certains pays d’Europe, aucune loi n’encadre les entreprises commercialisant de la nourriture. Il est donc tout à fait légal de modifier chimiquement un produit pour changer son goût, sa couleur ou sa date de péremption, quitte à abuser de substances chimiques dont les effets sur le corps humain sont encore inconnus.

«Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner»

Un volontaire à l’expérience

Une situation qui ne plaît pas du tout à Harvey W. Wiley, chimiste en chef depuis 1883 au département de l’Agriculture du gouvernement américain. Il tente d’abord de prévenir les autorités qui ne semblent pas vraiment préoccupées par la situation.

«Wiley voyait bien que les Américains étaient en danger, mais il ne pouvait pas changer les choses en étant juste un gentil chimiste qui publie des rapports que personne ne lit, explique Deborah Blum. Il a donc décidé d’utiliser une méthode plus radicale.»

En 1901, il réussit à convaincre le Congrès américain de financer une expérience qu’il nomme «Les procès de la table hygiénique». Le principe est de réunir autour d’une table une équipe de cobayes. La moitié d’entre eux dégustera matin, midi et soir des plats parfaitement sains, sans le moindre additif chimique, cuisinés pour eux par un chef. Sans le savoir, l’autre moitié mangera la même chose, augmentée d’une dose plus ou moins forte d’un produit chimique à tester. Par mesure de sécurité, les rôles s’inverseront tous les quinze jours, sous l’œil attentif du savant fou Wiley.

Durs à cuire

Pour trouver des volontaires à cette étude hors norme, Wiley poste une annonce expliquant son expérience et promettant trois copieux repas par jour. Dans la perspective d’économiser un peu d’argent sur leurs dépenses alimentaires, une douzaine de candidats ne tarde pas à se manifester, parfois même avec un peu de fanfaronnade

. «Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner», écrit l’un des volontaires dans sa lettre de réponse à l’annonce.

Harvey Wiley fait aussi construire un restaurant dans les sous-sols du département de l’Agriculture. Au-dessus de la salle à manger, les cobayes y font poser une plaque sur laquelle on peut lire:

«Seuls les braves osent manger la nourriture». Selon Deborah Blum, «la vérité est que même s’ils avaient été prévenus, les volontaires ne se rendaient pas bien compte de ce qui les attendait. Ils se voyaient comme des explorateurs en croisade».

De quoi séduire les journalistes du Washington Post qui décident rapidement de rebaptiser la folle équipe du nom de Poison Squad. Même s’il ne touche pas aux préparations toxiques de son cuisinier, Harvey Wiley a droit, quant à lui, au charmant surnom de Old Borax. Aux quatre coins des États-Unis, on commence alors à s’enflammer pour ces héros prêts à s’empoisonner pour sauver le reste du pays.

La Poison Squad | The U.S. Food and Drug Administration via Flickr

D’autant plus que, pour attirer l’attention, Harvey Wiley s’amuse à envoyer de faux menus à la presse: huîtres sauce formol, hors-d’œuvre à l’acide benzoïque, liqueur de tête de mort et coupe-faim à la Roland B. Molineux, du nom d’un meurtrier de l’époque ayant empoisonné deux victimes. La stratégie d’Old Borax fonctionne à merveille et l’opinion publique se passionne pour l’expérience en cours. L’écrivain S.W. Gillilan leur écrit par exemple un poème resté célèbre:

Nous brisons notre jeûne à l’acide prussique
Nous déjeunons au ragoût de morphine
Nous dînons avec des consommés de têtes d’allumettes
Nous buvons de l’acide phénique
Nous sommes immunisés contre la mort et nous en sommes fiers
Hourra pour la Poison Squad!

En parallèle, le comédien Lew Dockstater, dont les spectacles de ménestrel connaissent un succès national, popularise un hymne à la gloire des cobayes de Wiley. Le refrain est repris dans tout le pays:

«Ils s’en remettront peut-être, mais ils ne seront plus jamais les mêmes». Blurp.

Accord écœuré

Malgré cette gloire soudaine, les membres de la Poison Squad déchantent vite en découvrant les effets des produits qu’ils ingèrent. Après avoir testé le borax (acide borique) suivi de l’acide salicylique à des doses de plus en plus élevées, la moitié des volontaires empoisonnés doivent mettre un terme à l’expérience avant la fin. Ils n’ont plus d’appétit, dépriment et sont en proie à de violentes nausées suivies de vomissements. Parfois, ils n’arrivent même plus à se lever le matin. Même constat après les séances de dégustation à hautes doses d’autres produits fréquemment utilisés par l’industrie alimentaire comme le dioxyde de soufre ou le benzoate de sodium.

«Le résultat de cette expérience montre qu’une grande partie de ces additifs sont mortels et qu’ils causent de graves inflammations du tube digestif», conclut le Times après avoir eu accès au rapport de plus 500 pages publié par Harvey Wiley.

Mais si ce test grandeur nature est un succès, un point assombrit tout de même le tableau. Deborah Blum revient sur les limites de ce travail:

«Après l’expérience, les membres de la Poison Squad ont tous mis un peu de temps à s’en remettre. Le problème est qu’il n’y a pas eu de suivi de leur état de santé sur le long terme. L’un d’entre eux est mort quelques années plus tard des suites d’une tuberculose. Dans les médias, sa famille a soupçonné Wiley d’avoir affaibli ses défenses immunitaires avec son expérience».

Difficile de savoir si ces accusations sont avérées ou si elles ont été lancées par les nombreux lobbies de l’industrie alimentaires très remontés contre Wiley. Une chose est sûre: les casse-cou de la Poison Squad ne se sont pas intoxiqués pour rien. En 1906, grâce à ces nouvelles trouvailles, la signature du Pure Food and Drug Act marque la mise en place d’un cadre pour la sécurité sanitaire des aliments produits aux États-Unis.

Aussi appelée Wiley Act, cette loi fédérale a quelque chose de novateur. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le gouvernement s’engage à protéger les consommateurs. En matière de régulation, tout le reste suivra. Malgré son licenciement quelques années plus tard par le département de l’Agriculture qui n’apprécie guère son refus du moindre compromis avec l’industrie alimentaire, Harvey Wiley a donc gagné la bataille. Au moins jusqu’à l’invention des dosettes de lessive.

http://www.slate.fr/

La malbouffe causerait la dépression


Je ne suis pas vraiment surprise, et comment cela peut aller autrement étant donné que tout le corps a besoin de bons aliments pour fonctionner. Donc lui donner des aliments dont on ne sait pas trop ce qu’il y a vraiment n’aide pas en qu’en plus qui dit malbouffe est souvent relier a de mauvaises habitudes de vie
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La malbouffe causerait la dépression

 

La malbouffe causerait la dépression

Crédit photo : Agence QMI

Agence QMI

Malbouffe et aliments transformés seraient reliés à la dépression, selon une récente recherche menée par des scientifiques espagnols.

Les chercheurs de l’Université de Grenade ont constaté que les personnes qui mangent ce type d’aliments ont 51 % plus de risques de développer une dépression.

«Plus on consomme de malbouffe et d’aliments industriels transformés, et plus on est susceptible de souffrir de dépression», précise l’auteur principal de cette étude, Almudena Sanchez-Villegas.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de scientifiques a réalisé une étude auprès de 8964 personnes, qui n’avaient jamais reçu de diagnostic de dépression ni pris d’antidépresseurs. Sur ce nombre, 493 ont développé une dépression et ont commencé à suivre un traitement.

Les chercheurs ont constaté que les participants qui mangeaient le plus d’aliments industriels transformés ou consommaient le plus de malbouffe étaient aussi plus susceptibles d’être célibataires, moins actifs physiquement et d’avoir de mauvaises habitudes alimentaires. Le tabagisme et travailler plus de 45 heures par semaine faisaient également partie des caractéristiques de ce groupe.

Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue scientifique « Public Health Nutrition ».

http://tvanouvelles.ca