Viol : dans le coma depuis 10 ans, elle donne naissance à un enfant


Une femme dans un état végétatif demandant des soins et surveillance 24/24 h depuis environs 10 ans, a accoucher d’un bébé. Comment elle a pu être violée ? Comment il se fait que personne n’a remarqué sa grossesse ? Comment un homme peut profiter ainsi de personnes aussi vulnérables ?
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Viol : dans le coma depuis 10 ans, elle donne naissance à un enfant

 

bébé naissance

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Crédits : iStock

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Aux États-Unis, une femme plongée dans un état végétatif depuis une dizaine d’années aurait il y a quelques jours donné naissance à un petit garçon. La police de Phoenix, en Arizona, vient d’ouvrir une enquête pour agression sexuelle.

Une quasi-noyade avait laissé il y a une dizaine d’années cette femme dans un état végétatif. Elle réside depuis au Phoenix Hacienda HealthCare, qui lui prodigue des soins 24 heures sur 24. Une surveillance accrue, et pourtant, quelques jours après Noël, l’impensable s’est produit : la jeune femme a accouché d’un petit garçon en bonne santé. Personne ne la savait enceinte. Une enquête vient d’être ouverte pour agression sexuelle

« Cette affaire fait actuellement l’objet d’une investigation par la police de Phoenix », a confirmé à l’agence Reuters le sergent Tommy Thompson.

Un « incident extrêmement troublant »

« En tant qu’organisation, Hacienda HealthCare est fermement résolue à faire la lumière sur ce qui représente pour nous une affaire sans précédent, a de son côté déclaré David Leibowitz, porte-parole d’Hacienda HealthCare, dans un communiqué, qui prend bien évidemment conscience d’un incident extrêmement troublant » impliquant l’un de ses résidents. « Alors que les lois fédérales et nationales sur la vie privée nous interdisent de discuter publiquement de la santé ou du cas d’un patient, Hacienda a et continuera de coopérer pleinement avec les forces de l’ordre et tous les organismes de réglementation compétents concernant cette affaire », peut-on lire.

Cette affaire a par ailleurs fait émerger certaines voix particulièrement porteuses, dont celle de la militante Tasha Menaker, à la tête d’une association luttant contre les violences sexuelles et domestiques dans l’Arizona. La jeune femme exhorte la police à procéder à des prélèvements d’ADN auprès du personnel de la cliniqueafin d’identifier le coupable de cette agression

«Il n’est pas rare que les agresseurs fassent plusieurs victimes, ce qui nous inquiète, a-t-elle déclaré. De nombreux auteurs d’agression sexuelle recherchent en réalité des situations dans lesquelles des personnes se trouvent dans des positions isolées ou vulnérables».

Il ne s’agit pas d’une première

On note par ailleurs que ce n’est pas la première fois que l’établissement – spécialisé dans les soins de santé en Arizona pour les nourrissons, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes souffrant de maladies chroniques et de troubles de développement – se retrouve au centre de ce genre d’affaire. Des cas similaires de maltraitance ont également été signalés en 2013, explique le Washington Post. Une enquête avait en effet révélé qu’un membre du personnel, depuis licencié, avait fait «des déclarations sexuelles inappropriées » à quatre patients.

Source

https://sciencepost.fr/

Les mots de cette fille troublent des millions de gens : « Cher papa, ils me traitent de trainée »


Cette vidéo mérite d’être visionnée , pour ceux qui ne parlent pas anglais comme moi, elle est écrit en français plus bas. En fin 2017, il y a eu un ouragan sur de dénonciations sur les agressions, le harcèlement, les attouchements sexuels. Si on commençait à éduquer les garçons à respecter les filles dès leur jeune âge. On commence par des blagues en disant putain, fille facile, et encore bien des mots pires .. Est-ce des blagues, impressionnés les autres ? Le respect commence tôt.
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Les mots de cette fille troublent des millions de gens : « Cher papa, ils me traitent de trainée »

 

Je suis tellement contente de voir que tous les cas d’agression sexuelle font désormais surface à travers les médias, grâce à des mouvements tels que #metoo qui prennent de l’ampleur sur internet.

L’organisme de charité CARE en Norvège milite pour les droits des femmes. Ils ont publié un petit film exposant l’impact de la violence masculine à l’égard des femmes et des dangers auxquels à la fois des filles et femmes doivent faire face dans notre société actuelle…

Le petit film a déjà été visionné par des millions de personnes, et je ne pense pas qu’il y ait une personne qui n’a pas été troublée par son message si important, véhiculé de façon très percutante. Prenez donc cinq minutes de votre temps pour regarder cela. Si ce n’est pas pour vous-même, faites-le pour vos enfants, vos petits-enfants, vos arrière-petits-enfants, et pour tout le monde autour de vous. C’est très important tout simplement.

« Cher papa, merci d’avoir aussi bien pris soin de moi. Même si je ne suis pas encore venue au monde.

Je sais que tu te démènes comme Superman, tu ne laisses même pas maman manger des sushis.

Mais je dois te demander une faveur, attention, ça concerne les garçons, car tu vois, je serai une fille ce qui veut dire que d’ici à ce que j’aie 14 ans, les garçons de ma classe m’auront traité de trainée, une pute et bien d’autres surnoms encore.

Bien sûr, ce sera pour rigoler. Quelque chose que font les garçons. Donc tu ne t’inquièteras pas, et je peux le comprendre. Tu l’as peut-être fait également quand tu étais plus jeune. Essayant d’impressionner les autres garçons. Je suis sûre que tu ne le pensais pas en faisant ça.

Mais quand même, certaines personnes ne comprendront pas que c’est une plaisanterie… et étonnamment, ce ne seront pas les filles. Ce sera certains garçons.

Donc d’ici à ce que j’aie 16 ans, quelques garçons auront tenté de glisser leurs mains dans mon pantalon quand je serai trop bourrée pour même me tenir debout. Et même si j’avais dit NON, ils ne feront que rigoler. C’est marrant n’est-ce pas ? Si tu m’avais vue papa, tu aurais eu honte. Car je suis saoule.

Pas étonnant que je sois violée à l’âge 21 ans. 21 ans et en route pour la maison dans un taxi conduit par le fils du mec avec qui tu allais nager tous les mercredis. Le mec qui faisait toujours des blagues de mauvais gout… mais bien sûr ce n’étaient que des blagues… donc tu rigolais. Comment aurais-tu pu savoir que son fils aurait fini par me violer… tu leur aurais dit de la fermer. Mais comment aurais-tu pu le savoir ? Il n’était qu’un garçon, faisant des blagues déplacées. Et de toute façon, ça ne te concernait pas. Tu étais juste sympa. Mais son fils, qui a grandi en entendant ces blagues, moi ça me concerne.

Puis, finalement, j’ai rencontré M. Parfait et tu es tellement content pour moi papa, car il m’adore vraiment. Et il est intelligent avec un super job et tout l’hiver, il s’en va traverser le pays pour skier trois fois par semaine tout comme toi.

Mais un beau jour, il n’était plus M. Parfait. Et je ne sais pas pourquoi.

Attends, est-ce que je surréagis ? Une chose que je sais pour sûr, c’est que je ne suis pas celle qui aime jouer la victime. J’ai été élevée pour être une femme indépendante et forte. Mais un soir, ce sera juste trop pour lui, le travail, la belle-famille, et le mariage qui approche. Donc il me traite de trainée. Tout comme tu le faisais avec les filles au collègue, puis un autre jour, il m’a frappé. Je veux dire, je sais que j’ai dépassé les bornes, je sais que je peux être pénible parfois, mais nous sommes toujours le plus beau couple au monde et je suis tellement confuse, car je l’aime et je le déteste en même temps et je ne suis pas sûre si j’ai vraiment fait quelque chose de mal et puis un jour il m’a presque tuée.

Tout a viré au noir. Même si j’ai un doctorat, un boulot formidable, je suis aimée par ma famille et mes amis, j’ai été bien éduquée, mais personne n’a vu cela venir.

Cher papa, voilà la faveur que je souhaiterai te demander, une chose menant toujours à une autre, donc je t’en prie, essaie d’arrêter ça avant que ça n’ait l’occasion d’arriver.

Ne laisse pas mes frères traiter les autres filles de trainées, car elles ne le sont pas. Et un beau jour, un petit garçon se dira peut-être, « C’est vrai ! » Ne tolère jamais des blagues insultantes des mecs à la piscine ou même des amis, car derrière toute blague se cache un fond de vérité.

Cher papa, je sais que tu vas me protéger des lions, des tigres, des armes, des voitures et même des sushis sans même considérer les risques pour ta propre vie, mais cher papa, je vais naitre en tant que fille donc fais tout ce qui sera en ton pouvoir pour faire que ça ne soit pas la chose la plus dangereuse qui puisse arriver. »

https://fr.newsner.com

Existe-t-il des thérapies efficaces pour les agresseurs sexuels?


Il existe quelques thérapies pour soigner ceux accusés de violence, d’agression sexuelle et il semble que cela soit insuffisant. Alors, si ces personnes ne peuvent pas être soignées, le danger serait donc toujours présent ?
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Existe-t-il des thérapies efficaces pour les agresseurs sexuels?

 

Harvey Weinstein à Cannes, en mai 2017. | Yann Coatsaliou / AFP

Harvey Weinstein à Cannes, en mai 2017. | Yann Coatsaliou / AFP

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur New York Times

Pas vraiment: aucun traitement ou méthode n’est spécifiquement dédié aux auteurs d’agressions sexuelles.

«Mon but est maintenant d’apprendre à mieux me connaître et à affronter mes démons».

Dans un communiqué du 5 octobre 2017, le producteur Harvey Weinstein s’excusait de ses actes, et s’engageait en quelque sorte à se soigner, à la suite de l’avalanche de témoignages l’accusant d’agressions sexuelles.

 «De telles déclarations laissent suggérer que des traitements spécifiques existent pour les agresseurs sexuels, remarque le New York Times dans un récent article, mais en réalité, selon les experts, ce n’est pas le cas».

Le journal américain affirme en effet qu’aucune méthode thérapeutique n’a jamais été pensée spécifiquement pour soigner les auteurs de violences sexuelles.

D’autant plus que l’on distingue «deux catégories de personnes», rappelle Rory Reid, professeur en psychiatrie à l’Université de Californie:

«Il y a ce que j’appellerais les personnes sujettes à des comportements sexuels compulsifs. L’autre catégorie regroupe les auteurs d’actes sexuels non consentis, autrement dit les agresseurs sexuels.»

Pour prendre en charge les premiers (parfois des pédophiles, ou des exhibitionnistes), les médecins utilisent le même genre de méthodes que pour aider les toxicomanes, les alcooliques ou encore les addicts au jeu, tels que des cercles de discussion ou des programmes en plusieurs étapes. Autant de méthodes qui peuvent potentiellement porter leurs fruits sur la deuxième catégorie évoquée par Rory Reid. Une catégorie qui apparaît au grand jour depuis quelques mois.

La «confrontation» offerte aujourd’hui par la vague de témoignages publics apparaît d’ailleurs elle aussi comme l’une des techniques qui pourraient permettre de soigner les agresseurs sexuels. Être mis face à son propre fait peut permettre d’en appréhender l’horreur. Mais cela ne suffit pas toujours, et c’est pourquoi les thérapistes utilisent d’autres méthodes: forcer l’agresseur à mettre des mots exacts sur ce qu’il a fait (« »j’ai mis mes mains dans son pantalon contre sa volonté » et non « je suis allé un peu trop loin »»), l’obliger à écouter le récit de ses victimes pour développer de l’empathie envers elles, lui faire prendre conscience des conséquences de ses actes sur sa propre vie («sur son travail, sa famille, sa réputation», détaille le New York Times). Enfin, des techniques telles que la relaxation ou la méditation peuvent être un moyen de découvrir l’origine de ce comportement.

Mais rien ne prouve aujourd’hui l’efficacité de toutes ces méthodes, regrette le New York Times. Et ce même sur les personnes qu’elles visent initialement. Alors que penser de leur efficacité sur les auteurs d’agressions sexuelles? En outre, comme beaucoup de thérapies, elles nécessitent une réelle volonté de se repentir de la part des auteurs… ce qui n’est pas toujours le cas.

http://www.slate.fr

Le Pentagone partage par erreur un message demandant la démission de Trump


Malheureusement, c’est une « erreur » d’un administrateur autorisé du compte Twitter du Département de la défense qui a mit la démission de Donald Trump et d’autres persopnnes. À moins que cela soit un souhait ! Ce message a bien été écrit alors pourquoi !!!
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Le Pentagone partage par erreur un message demandant la démission de Trump

 

ALEX WONG VIA GETTY IMAGES

Oups! Le Pentagone affirme avoir accidentellement partagé un message sur Twitter réclamant la démission du président Donald Trump.

Sans citer le contenu du message d’origine, un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning, a déclaré que ces propos «ne sont pas approuvés par le Département de la défense».

Le message original a été publié sur Twitter jeudi par le détenteur du compte @ProudResister. Il disait:

«La solution est simple. Roy Moore: Démissionne de la course. Al Franken: Démissionne du congrès. Donald Trump: Démissionne de la présidence. Parti républicain: Arrêtez de traiter les agressions sexuelles comme des enjeux partisans. C’est un crime tout autant que votre hypocrisie.»

Rob Manning a précisé que l’individu qui a partagé le message sur le compte du Pentagone est un administrateur autorisé du compte Twitter du Département de la défense, suivi par 5,2 millions d’utilisateurs.

L’administrateur en question aurait «réalisé son erreur et immédiatement supprimé la publication».

http://quebec.huffingtonpost.ca

Les «drogues du viol» sont plus nombreuses qu’on pourrait le croire


Je déteste les drogues, surtout quand elle est imposée a une tierce personne dans le but de profiter d’elle, d’agresser sexuellement et d’en prendre tout le contrôle
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Les «drogues du viol» sont plus nombreuses qu’on pourrait le croire

 

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

Et elles passent facilement sous le radar de leurs victimes.

L’histoire des deux étudiantes de l’Université Concordia présumément piégées et agressées rappelle que les «drogues du viol» sont toujours aussi présentes au Québec.

Voici une liste des drogues les plus fréquemment utilisées par les agresseurs mise sur pied par la Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal.

L’alcool (bière, vin, fort, liqueur)

Il s’agit de la drogue la plus utilisée par les violeurs pour arriver à leurs fins. D’ailleurs, la Table de concertation juge l’expression «drogue du viol» réductrice, puisqu’elle donne un faux sentiment de sécurité vis-à-vis l’alcool. Une technique fréquemment employée est d’encourager les victimes à boire toujours davantage, spécifiquement si elle n’a pas mangé. Un ventre vide diminue la résistance à l’alcool. Plusieurs victimes ont mentionné à des intervenantes de CALACS ne pas avoir bu beaucoup, mais avoir eu le ventre vide, perdant rapidement le contrôle sur la situation.

GHB (GH, jus, ecstasy liquide, X liquide, gamma-OH)

Ou acide gamma-hydroxybutyrate. C’est un dépresseur du système nerveux qui engourdit le cerveau et ralentit le fonctionnement du corps. Le GHB a parfois un goût légèrement salé et savonneux, mais celui-ci disparaît lorsque mélangé à une boisson, ce qui le rend très difficile à détecter. Les effets de la drogue varient selon la dose consommée, mais on note une disparition de la gêne, une sensation de détente et de calme, une relaxation musculaire, une euphorie, un ralentissement des gestes, la bouche pâteuse, la somnolence et la désorientation, entre autres. En grande quantité, le GHB peut provoquer la perte de mémoire, des nausées et des vomissements. Connu principalement sous forme liquide, il peut être ingéré en comprimés ou en poudre.

Kétamine (Spécial K, Vitamine K, Ket, Ketty, Ké, Kétalar)

Il s’agit d’une drogue de synthèse utilisée en médecine comme anesthésiant. La kétamine peut provoquer des hallucinations visuelles, une impression de flottement, la désorientation et une insensibilité à la douleur. Elle peut également entraîner des troubles digestifs, des nausées, des étourdissements et des symptômes de surdose. Certains peuvent vivre le «k-hole», soit une paralysie plus ou moins importante, sans perte de conscience. C’est sans compter des effets psychologiques indésirables comme une perte de mémoire temporaire, de l’agressivité et de la paranoïa ainsi que de l’anxiété.

Rohypnol (la rocha, roche, ropes, roofies, roples, ruffles)

Un tranquilisant, dont le véritable nom est flunitrazépam, qui est environ 10 fois plus puissant que le Valium. En médecine, le Rohypnol permet de traiter l’insomnie de courte durée et de relaxer des patients avant une opération. Comme le GHB, il s’agit d’un dépresseur du système nerveux qui ralentit l’activité cérébrale. Les effets de la drogue peuvent durer jusqu’à huit heures, laissant l’individu vulnérable et sans défense sur une très longue période.

Témazépam (jellies)

Un autre dépresseur, classé comme un somnifère. À des fins récréatives, il est rendu disponible par des personnes qui se le procurent en falsifiant des ordonnances. Il est bien souvent associé à d’autres drogues, comme l’alcool et l’héroïne. Il est plus souvent présenté en comprimé.

La Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal que peu importe si l’intoxication est volontaire ou non, le consentement au contact sexuel ne peut en aucun temps être accordé si la personne est intoxiquée. L’organisme ajoute qu’une personne peut accepté un type d’activité sexuelle et en refuser une autre à tout moment.

Si vous avez besoin d’aide ou souhaitez discuter en toute confidentialité, vous pouvez rejoindre la ligne-ressource provinciale dédiée à cet effet au 1-888-933-9007 ou 514-933-9007.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

#moiaussi : une dénonciation encore plus compliquée pour les Autochtones


#moiaussi et #metoo continue à faire des vagues, on espère que cela va réveiller que personne ne soit un objet sexuel. Les autochtones en auraient pourtant long à dire sur les agressions tout comme dans bien des pays, alors que les lois, l’aide aux victimes est pour tout le monde, les autochtones n’ont pourtant pas le même appui surtout dans les petites communautés. Si elles portent plainte, elles risquent les contre-coups et rien ne sera fait envers l’agresseur
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#moiaussi : une dénonciation encore plus compliquée pour les Autochtones

 

La militante Maïtée Saganash

La militante Maïtée Labrecque-Saganash Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Dans la foulée du scandale Harvey Weinstein, le mouvement #moiaussi (#metoo en anglais) a donné lieu à un déferlement de témoignages et de dénonciations.

Des femmes autochtones, trois fois plus victimes d’agressions sexuelles que le reste de la population canadienne, ont également pris la parole. Mais le mouvement a-t-il réellement rejoint les communautés autochtones? Discussion avec la militante crie Maïtée Labrecque-Saganash, au moment où se déroule, dans une relative indifférence, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Propos recueillis par Laurence Niosi


Les femmes autochtones se sentent-elles incluses dans le mouvement #moiaussi?

Personnellement, je me sens incluse mais je reste critique. Par ailleurs, les femmes autochtones qui vivent dans de petites communautés ont beaucoup moins le pouvoir de dénoncer que les femmes blanches. Si on pense à des villages comme Aupaluk [au Nunavik], de 210 personnes, une dénonciation, ça fait du bruit. Même chose dans ma communauté de 1000 personnes de Waswanipi [dans le Nord-du-Québec]. Ces femmes-là sont plus à risque de recevoir les contrecoups de la famille de l’agresseur, qui sont souvent des voisins ou des collègues. Tu n’as pas non plus envie que ça se sache partout, et te replonger dans le traumatisme, de subir les violences de ceux qui ne te croient pas.

Même si les femmes autochtones sont plus à risque de se faire violer ou tuer au pays, elles ont moins les moyens, et ne peuvent pas se permettre de dire #moiaussi, et je trouve ça dommage.

Avec les femmes autochtones, il y a aussi la question de discrimination qui entre en jeu…

Oui et la sexualisation, la déshumanisation des femmes autochtones. Les femmes blanches se font violer parce qu’elles sont des femmes. Nous on se fait violer ou tuer parce qu’on n’est pas considérées comme des humains. Donc là est la nuance à faire.

Également, la majorité des agressions commises contre les femmes autochtones viennent des Blancs, pas des communautés. Et quand on parle de la déshumanisation qui vient du colonialisme, on se fait dire :

« C’est de la faute des hommes dans vos communautés, vous n’avez qu’à régler ça entre vous ».

Donc on ne verrait pas de #moiaussiautochtone dans les communautés, par exemple?

Les femmes autochtones qui ont dit #metoo, ce sont des femmes souvent dans des conseils de bande. Aussi dans les villes, les Autochtones participent à #metoo, à Winnipeg, à Toronto… Mais beaucoup de femmes autochtones se disent aussi « pourquoi est-ce que je dénoncerais », alors que rien n’est fait pour les aider? Il y a eu une pointe de frustration que j’ai sentie qui vient de ça.

Dans le passé, j’ai parlé des violences sexuelles que j’ai subies. Mais moi, je reste en ville, et je ne suis pas dans la rue, je vis bien pour une femme autochtone. Ma famille est encore très dysfonctionnelle, même moi je dois me battre. Mais il y a bien des choses que je peux me permettre que les autres femmes autochtones ne peuvent pas. Et ça j’essaie de me le rappeler souvent.

Plusieurs femmes ont soulevé le fait qu’il a fallu qu’une femme blanche prenne la parole pour que soit lancé le mouvement #metoo.

Quand [l’actrice américaine et l’instigatrice du mouvement #metoo en 2017] Alyssa Milano dénonce, ça devient viral. C’est frustrant, pourquoi ne nous écoute-t-on pas? On écoute des Rose McGowan, des Julie Snyder, mais écoute-t-on un(e) Autochtone sur une base régulière? Les femmes autochtones doivent se cacher dans des commissions d’enquête publique pour qu’on les écoute. Moi-même je dois témoigner à l’ENFFADA parce que les policiers m’ont profilé racialement. Les avocats, les politiciens, les policiers, personne ne nous écoute. C’est sûr qu’il y a de la frustration de voir que des gens avec des tribunes peuvent dénoncer.

Justement, comment pourrait-on attirer l’attention sur l’ENFFADA et les agressions commises sur des femmes autochtones?

Je ne sais pas ce que ça prend. On veut simplement faire comprendre aux gens que c’est systémique et que c’est là. Les statistiques sont là pour le prouver. Et c’est sûr que ça prend un poids démographique plus grand, pour que ça devienne viral. Dans des villes comme Winnipeg [avec une plus grande communauté autochtone], ça pourrait être des bons points de départ.

Outre le #moiaussi, que faire pour venir en aide aux victimes de viol dans les communautés?

C’est beau dire #moiaussi, mais c’est plus difficile quand tu n’as pas de service en santé mentale. Par ailleurs, c’est bien de dénoncer, mais il faut préparer la suite. Il faut des services culturellement adaptés. La victime pourrait par exemple avoir besoin de l’église, ou bien elle aurait besoin d’une cérémonie traditionnelle. Elle pourrait aussi avoir besoin d’un soutien plus occidental, comme un psychologue. Je pense qu’il faut tous ces services dans les communautés.

http://ici.radio-canada.ca

L’importance de parler des hommes victimes d’agression sexuelle


Après avoir parler de l’harcèlement et agressions sexuelles auprès des femmes, il faut aussi parler des victimes chez les hommes, On entends moins les hommes se plaindre de harcèlement ou d’agressions sexuelles, cela ne veut pas dire que cela n’existe pas. Si les hommes qui ont été agressés dénonceraient, cela réveillerait la population d’un réel problème de société face à la sexualité et le pouvoir qu’exercent les harceleurs, les agresseurs sans pourtant être puni adéquatement pour leurs actes
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L’importance de parler des hommes victimes d’agression sexuelle

 

Image infographique représentant un homme dont le visage est dans l'obscurité

Sortir du placard Photo : Radio-Canada

Les allégations d’inconduite sexuelle contre l’animateur et producteur Éric Salvail mettent en lumière l’importance de parler des agressions chez les hommes, indique un chercheur de l’Université Laval.

Un texte de Carl Marchand

« On oublie qu’une agression ou du harcèlement sexuel c’est une affaire de pouvoir, vous avez beau mesurer 6 pieds 6 pouces, et que l’autre soit la moitié de votre poids et votre grandeur, a réagi Michel Dorais, sociologue de la sexualité et professeur au Département de service social à l’Université Laval, au micro de Claude Bernatchez, à l’émission Première heure.

Tout ce qui est de type violence sexuelle, c’est un rapport de pouvoir. Ce n’est pas parce que vous êtes un homme baraqué que vous êtes à l’abri.

Michel Dorais, professeur au Département de service social à l’Université Laval

Un homme sur dix est victime d’agression sexuelle, ajoute le professeur, surtout les jeunes hommes.

« On en parle très peu et, souvent, ça prend des occasions comme celle-là. »

Les hommes victimes de harcèlement sont également moins enclins à porter plainte, insiste M. Dorais, qui mène actuellement une étude sur les agressions sexuelles chez les personnes LGBT.

« Tous les hommes le disent : « Pourquoi ça m’arrive à moi? Ce n’est pas supposé d’arriver aux gars. Je dois avoir quelque chose de pas correct, pas normal. » Les gars se questionnent beaucoup, quelle que soit leur orientation sexuelle. »

Plus que c’est minoritaire et plus c’est rare, plus que les personnes se disent : est-ce qu’on va me croire?

Michel Dorais, professeur au Département de service social à l’Université Laval

Michel Dorais invite les victimes d’agression et de harcèlement à se manifester.

« Écoutez la voix qui vous dit : trop c’est trop. Sommez la personne d’arrêter. Si ça continue, c’est vraiment un harcèlement caractérisé », conclut-il.

http://ici.radio-canada.ca/

Pédopornographie : une enquête internationale mène à 900 arrestations


C’est un gros coup, contre la pornographie infantile, mais il reste sans doute beaucoup à faire dans le milieu internet qui facile l’échange de photos d’enfants et des enfants qui sont les joujoux des pédophiles … Ce sont des actes vraiment intolérables
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Pédopornographie : une enquête internationale mène à 900 arrestations

 

HACKERS

Une vaste enquête internationale sur un site de pornographie infantile a débouché sur près de 900 arrestations dans le monde et l’identification de quelque 300 enfants victimes, ont annoncé vendredi la police américaine et Europol.

Cette enquête de plus de deux ans a été menée dans le prolongement du démantèlement en 2015 du site « hautement sophistiqué » Playpen, dont le fondateur et gérant, un homme de Floride nommé Steven Chase, a été condamné cette semaine à 30 ans de prison, a précisé dans un communiqué le FBI.

Playpen, estimé être le plus grand réseau de partage en ligne de documents pédophiles, avec plus de 150 000 utilisateurs, avait été créé en août 2014.

Ce réseau « darknet » utilisait des protocoles spécifiques intégrant des fonctions d’anonymisation.

L’enquête du FBI sur Playpen n’a pas été exempte de controverses, l’agence ayant piraté, pour parvenir à ses fins, des milliers d’ordinateurs dans plus de cent pays, ce qui avait hérissé des organisations de défense des libertés.

Le FBI avait ensuite géré lui-même le site pédophile durant une douzaine de jours, afin d’identifier ses membres, ce que beaucoup ont dénoncé comme un abus.

Steven Chase avait été interpellé le 19 février 2015, un mois après que les policiers américains eurent lancé leur enquête baptisée Operation Pacifier (« opération tétine ») pour traquer les utilisateurs et fournisseurs de photos et vidéos du site Playpen.

L’office de police criminelle européen Europol s’est elle chargée de vérifier et croiser les données pour identifier des coupables présumés en Europe.

Un total de 368 suspects ont été arrêtés ou condamnés en Europe, a annoncé Europol.

Aux États-Unis, l’enquête a permis 350 arrestations, dont 25 producteurs de pornographie enfantine et 51 personnes accusées d’avoir agressé sexuellement des enfants. Deux collaborateurs directs de Steven Chase ont reçu chacun une sentence de 20 ans de réclusion.

Le nombre d’arrestations à l’extérieur des États-Unis se monte à 548, a précisé le FBI.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Les «éboueurs» de Facebook finissent souvent traumatisés


On n’y pense probablement pas, mais les modérateurs qui scrutent les signalements d’indésirables le contenu fait par les utilisateurs de Facebook en voient de toutes les couleurs et peuvent être vraiment déstabilisant pour eux. C’est des employés en Allemagne qui font ce sale boulot et pour ce qui aide de l’aide psychologique, cela laisse vraiment à désiré.
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Les «éboueurs» de Facebook finissent souvent traumatisés

 

Facebook | bykst via Pixabay CC License by

Facebook | bykst via Pixabay CC License by

Repéré par Annabelle Georgen

En Allemagne, les employés en charge de la modération des contenus ont confié anonymement leur désarroi face à leur tâche.

Dans le jargon, on les appelle ça de la modération de contenus. Mais ceux qui s’y sont frottés préfèrent parler de «ramassage des ordures numériques», précise l’hebdomadaire SZ Magazin, qui a publié en décembre 2016 une longue enquête sur le quotidien des employés chargés de modérer les contenus indésirables qui pullulent sur Facebook. L’article, qui se base sur de nombreux témoignages anonymes recueillis auprès de salariés et d’ex-salariés d’une entreprise allemande qui fait de la sous-traitance pour le géant américain, est disponible en ligne ici.

Les employés de l’entreprise Arvato, filiale du groupe Bertelsmann, n’apprennent le nom de leur client prestigieux et en quoi consistera exactement leur travail que le jour de leur embauche, et sont tenus par contrat de ne divulguer aucune information relative à leur mission. Car Facebook, malgré les pressions, continue de garder secrètes ses règles de modération, sous le prétexte que les rendre publiques aiderait les internautes à mieux les contourner.

«Au début, on faisait encore des blagues»

Au terme d’une formation express de deux semaines au cours de laquelle leur est enseignée la politique de modération du géant américain, les employés sont lâchés dans les ténèbres du web 2.0, tenus qu’ils sont de regarder à la chaîne les contenus signalés comme indésirables par les utilisateurs du réseau social et à trier ces déchets numériques: photos de cadavres, de pénis érigés en gros plan, d’animaux torturés, vidéos d’agressions sexuelles, de mise à mort…

«Au début, on faisait encore des blagues pendant la pause de midi au sujet des nombreux pornos qu’on devait regarder. Mais au bout d’un moment on est devenus de plus en plus abattus», raconte un témoin.

Un autre ajoute: «Il arrive encore et toujours que les gens bondissent de leur siège. Partent en courant. S’effondrent en larmes.»

«Je ne peux plus partager une intimité avec mon partenaire»

Plusieurs témoins rapportent être poursuivis par les images qui les ont traumatisés, comme cet homme:

«Il y a une vidéo que je n’arrive pas à me sortir de la tête: une femme en chaussures à talon piétine un chaton dans une vidéo fétichiste. Je ne pensais pas que les gens sont capables de ce genre de choses.»

Ou le témoignage de cette femme:

«Depuis que j’ai vu du porno avec des enfants, je pourrais devenir bonne sœur. Le sexe, c’est fini. Je ne peux plus partager une intimité avec mon partenaire depuis plus d’un an. Dès qu’il me touche, je commence à trembler.»

À défaut d’un psychologue, l’entreprise emploie une assistante sociale à laquelle les employés peuvent s’adresser et qui anime des séances collectives auxquelles aucune des personnes interviewées par le SZ Magazin n’a participé, par peur d’évoquer leurs problèmes en présence des autres. Une ancienne employée raconte qu’elle n’a d’ailleurs jamais réussi à obtenir un rendez-vous individuel auprès d’elle, malgré plusieurs demandes.

«Tu peux démissionner»

Pire, un témoin rapporte que quand il a voulu s’ouvrir du malaise que provoquait chez lui le visionnage intensif de ces images à sa chef d’équipe, celle-ci lui aurait répondu:

«Si ce boulot ne te convient pas, tu peux démissionner.»

Interviewée par l’hebdomadaire Der Spiegel, la direction d’Arvato a démenti les dires des témoins, arguant que l’entreprise mettait des médecins d’entreprise et des psychologues à disposition de ses employés. Une porte-parole de Facebook a également déclaré que la firme américaine «rejett[e] formellement le reproche selon lequel nous ne occuperions pas assez des employés de notre partenaire en Allemagne»

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Fuir et résister, l’histoire méconnue des pensionnats


La plupart des gens, enfin, je crois, conçois que l’arrivé des Européens en Amérique a été le début de la disparition des droits des Premières Nations. L’Église et le gouvernement ainsi bien installés ont voulu assimiler les amérindiens à la foi et culture des blancs en obligeant les enfants d’aller dans des pensionnats tenu par des religieux. Mais peu sait vraiment ce qui s’est vraiment passé dans ces pensionnats. C’est une réalité qui n’est pas si loin, ces enfants sont maintenant des adultes qui ont levé le voile sur une enfance cauchemardesque
Nuage

 

Fuir et résister, l’histoire méconnue des pensionnats

 

Derrière la triste histoire des pensionnats autochtones se cachent des actes de résistance. Des parents ont défié l’Église et le gouvernement en cachant leurs enfants pour les soustraire à l’éducation des Blancs.

Un texte de Josée Dupuis

ENQUÊTE

Marie-Jeanne Papatie a vu ses frères et soeurs aînés quitter la réserve du Lac-Simon pour le pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery près d’Amos, en Abitibi.

L’été suivant, son père les entend parler d’abus survenus dans cette institution. Il est secoué. Il n’est pas question de laisser partir sa plus jeune. Il a un plan : cacher Marie-Jeanne.

Il lui aménage une petite pièce au sous-sol, où elle dort sur un matelas de fortune. Par la fenêtre, elle peut voir la rue et l’autobus qui vient chercher les enfants.

Durant les jours qui suivent le départ des écoliers, le père Edmond Brouillard – un oblat qui maîtrise l’algonquin – fait le tour de la réserve avec en main une liste de noms pour s’assurer que tous les enfants sont bien partis. Chaque fois, le père de Marie-Jeanne répond que sa fille s’est enfuie au lac.

Marie-Jeanne se rappelle les mots de son père. «  Il ne faut pas que tu répondes quand on va t’appeler », lui disait-il lorsqu’il la cachait dans le sous-sol.

Une fois le père oblat reparti, Marie-Jeanne pouvait enfin sortir de sa cachette.

La petite fille de 5 ans passe ses journées toute seule, à marcher autour du lac. Le matin venu, avant l’arrivée du père Brouillard, elle retourne se cacher au sous-sol.

Marie-Jeanne a pu échapper au pensionnat indien. Mais par un triste retour des choses, le pensionnat l’a rattrapée. Un proche, victime d’agressions sexuelles à Saint-Marc-de-Figuery, l’a agressée à son tour. Il avait 19 ans. Elle, 8 ans.

« J’ai été épargnée du pensionnat. Mais j’ai quand même des séquelles. Ce qu’ils ont subi, ils l’ont ramené à la maison. Ils m’ont fait subir ce qu’ils ont subi. » – MARIE-JEANNE PAPATIE

La petite Marie-Jeanne libre et insouciante a cessé ce jour-là d’exister.

«  J’ai commencé à consommer à 11 ans. Je sniffais du gaz. Mon père me frappait parce qu’il ne voulait pas que je sniffe. On m’avait abusé la veille, et moi, je sniffais le matin  », raconte-t-elle, ajoutant n’avoir jamais dit à son père qu’elle était agressée.

Marie-Jeanne s’est mariée à l’âge de 14 ans. Elle ne consomme plus depuis plus de 20 ans.

Quand elle pense à son père et ce qu’il a fait pour la protéger du pensionnat, sa voix s’étrangle.

«  Mon père, aujourd’hui, je le remercie beaucoup. Je n’ai pas eu le temps de dire à mon père que je l’appréciais beaucoup.  »

Marie-Jeanne a pu vivre en algonquin avec ses parents et grands-parents jusqu’à l’âge de 7 ans. Puis, elle a fréquenté l’école primaire du village voisin.

Marie-Jeanne Papatie

Marie-Jeanne Papatie PHOTO(S) : RADIO-CANADA

6000 enfants morts dans les pensionnats

Quelque 150 000 enfants amérindiens, inuits et métis ont fréquenté les pensionnats indiens, la plupart contre leur gré, arrachés à leurs parents.

On estime que 6000 d’entre eux sont morts de malnutrition, de maladies, d’abus physiques, de suicide ou morts gelés après s’être enfuis.

De nombreux enfants ont été victimes d’agressions sexuelles de la part des religieux. Peu de parents autochtones ont tenu tête au gouvernement et à l’église en refusant d’envoyer leurs enfants au pensionnat. Mais il y en a eu.

Dans le volumineux rapport de la Commission de vérité et réconciliation, un bref chapitre est consacré à ce mouvement de résistance. Les cas sont peu nombreux et proviennent surtout de l’Ouest canadien. Aucun exemple québécois n’est mentionné.

Attiré par des bonbons

William Papatie, le mari de Marie-Jeanne, n’avait jamais parlé de son séjour au pensionnat, jusqu’au jour où il a pris la parole devant la Commission de vérité et réconciliation.

Il se rappelle l’été précédant son départ au pensionnat.

«  Les soeurs étaient venues nous rendre visite. Elles donnaient des suçons pour nous attirer. J’en voulais. “On va t’en donner au pensionnat”, lui répondaient les religieuses. C’est avec ça qu’elles nous ont attirés, avec des bonbons. »

Des soeurs et des enfants autochtones

Des soeurs et des enfants autochtones PHOTO(S) : OEUVRES OBLATES DE L’ONTARIO (DESCHATELETS / ARCHIVES)

William n’a que 5 ans lorsqu’il prend le chemin du pensionnat de Saint-Marc-de Figuery, où il sera victime d’abus répétés.

Un des religieux l’attire dans sa chambre avec des bonbons pour l’agresser.

«  Quand il est venu me voir, je ne savais pas ce qu’il voulait faire. Il m’a amené dans sa chambre. Il m’a donné des bonbons. C’est là qu’il a commencé à me toucher les parties du corps.  » – WILLIAM PAPATIE

William grandit avec la peur de parler. Le prêtre lui ordonne de se taire. Il fugue à deux reprises, mais la police l’arrête. C’est le père Edmond Brouillard qui vient le cueillir au poste.

Un été, il se confie à sa grand-mère, une femme très croyante, qui ne le croit pas tout de suite.

«  Mon père y a fini par me croire. Parce qu’à un moment donné, je saignais », raconte-t-il.

Pour Salomon Papatie, le choc est brutal. Il doit sauver son fils. À la fin de l’été, le père et le fils partent en canot pour rejoindre le camp familial à une centaine de kilomètres de la réserve. Personne ne viendrait chercher son garçon ici.

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Mais l’Église catholique n’a pas dit son dernier mot. Le rabatteur en chef, le père Brouillard, est à ses trousses. Pas question de laisser un seul enfant se sauver : on craint l’effet d’entraînement.

Accompagné d’un aîné de la communauté, il réussit à le retrouver au fond des bois.

William se rappelle la scène. Son père dit au religieux :

«  Mon fils ne retournera plus à l’école, sa place est ici maintenant [à cause de] ce qu’il a subi au pensionnat. Je le crois maintenant.  »

Le père Brouillard rebrousse donc chemin, sans le petit William.

«  J’étais soulagé. Mon père m’a serré dans ses bras. J’étais surpris que mon père ait été capable de poser un tel geste, défier les autorités religieuses. Je le remercie beaucoup. » – WILLIAM PAPATIE

Un pupitre sur une table en Abitibi

Un pupitre sur une table en Abitibi PHOTO(S) : RADIO-CANADA/LUC SIMARD

Le père Edmond Brouillard a été condamné en 1996 à cinq ans de prison pour attentat à la pudeur, attouchements, sodomie, agression sexuelle et de grossière indécence. Ses victimes sont six Autochtones originaires du Lac-Simon et du grand lac Victoria, en Abitibi.

William et Marie-Jeanne auront au moins eu la chance de lui échapper. Quant au frère qui a agressé William, il n’a jamais été inquiété, même si son nom revient à plusieurs reprises dans le récit de nombreux pensionnaires.

Le pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery a fermé ses portes en 1973.

Le dernier pensionnat canadien a fermé ses portes en 1996 près de Regina, en Saskatchewan.

Des soeurs et une famille autochtone

Des soeurs et une famille autochtone PHOTO(S) : OEUVRES OBLATES DE L’ONTARIO (DESCHATELETS/ARCHIVES)

Quand il est temps de fuir

Ces histoires de résistance se sont aussi déroulées ailleurs au pays. En Alberta, une communauté entière, les Foothills Ojibways, a fui l’Église, et cela dès l’arrivée des Européens en Amérique.

On les appelait les « Runners », ceux qui courent. Cette communauté a toujours refusé que ses enfants fréquentent les pensionnats.

Ils avaient un mot d’ordre : fuir les religieux.

« Nous avons fui les robes noires pour protéger notre spiritualité, notre culture, nos cérémonies, notre façon de vivre », nous dit le chef de cette nation, Jimmy O’Chiese, lorsque nous l’avons rencontré à Edmonton.

Le chef des Foothills Ojibways, Jimmy O’Chiese

Le chef des Foothills Ojibways, Jimmy O’Chiese PHOTO(S) : RADIO-CANADA/JOSEÉ DUPUIS

« Ils voulaient que l’on se débarrasse de tout ce qui pouvait avoir une signification spirituelle. Pour nous, se départir de tous ces objets sacrés, c’était perdre qui nous étions », explique M. O’Chiese.

Ces Anichinabés se sont déplacés à de nombreuses reprises au fil des années. À pied, en canot d’écorce et à cheval. Ils sont partis du Michigan, sont montés vers le nord et ont parcouru l’Ouest canadien. Ils se sont finalement établis à Hinton, en Alberta, au pied des Rocheuses.

Cette communauté n’a jamais signé de traité avec les Blancs.

Jimmy O’Chiese enseigne maintenant l’histoire des Runners au Yellowhead Tribal College à Edmonton. Il est professeur émérite, environnementaliste, botaniste et spécialiste de médecine traditionnelle.

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