Fraude: les arnaques romantiques sont toujours aussi nombreuses


Il y a beau avoir des mises en garde, des exemples de fraudes via internet, par émail, réseaux sociaux et pourtant, encore et encore des gens vont se faire détrousser croyant rencontrer l’âme soeur
Nuage

 

Fraude: les arnaques romantiques sont toujours aussi nombreuses

 

PHOTO STÉPHAN DUSSAULT

Richard Périard a envoyé 3500 $ à cette Nigériane en 2012. Elle a encaissé chèques et cadeaux sans le rejoindre à Montréal.

Les citoyens sont de moins en moins prudents avec le partage de leurs informations, dénonce l’Union des consommateurs.

Tout le monde sait que derrière la jolie femme rencontrée sur le web se cache peut-être un boudin dont le seul but est de vider son portefeuille. Mais des milliers de Canadiens continuent de se faire avoir chaque année.

Le dernier exemple ahurissant provient de la Californie. Une dame de 66 ans vient de se faire détrousser de 300 000 $ par un bel Irlandais qui était en fait un Nigérian carnassier.

L’homme a d’abord appâté sa victime sur un site d’agence de rencontres. Il a ensuite utilisé toute une série de manœuvres dont seuls les meilleurs fraudeurs ont le secret pour qu’elle baisse sa garde. Fleurs livrées à la maison, textos, appels téléphoniques, tout y est passé, sauf bien entendu la rencontre en personne, relatait récemment le quotidien américain San Jose Mercury News.

Il a malgré tout réussi à la convaincre de piger dans son fonds de retraite et de réhypothéquer sa maison pour investir 500 000 $ dans un projet bidon de plateforme pétrolière. Les autorités californiennes ont finalement réussi à retrouver 200 000 $ dans une banque turque, mais on doute de pouvoir récupérer le reste de l’argent.

Ici aussi

Des cas spectaculaires surviennent aussi au Québec. En mars 2013, un Trifluvien a tenté sans succès de récupérer les 6303,38 $ envoyés à une Nigériane qu’il croyait être une Américaine à cause de sa fausse carte d’identité.

Le tourtereau déçu accusait l’entreprise Western Union de négligence lorsqu’il a transféré l’argent à la fraudeuse. La cause s’est retrouvée devant les tribunaux. La juge Nicole Mallette avait davantage de mots durs envers le citoyen floué.

Western Union «n’a aucunement participé à cette fraude, elle n’est qu’un intermédiaire, et le demandeur est victime de sa propre naïveté, écrit-elle. Il a entretenu une relation à distance avec une personne inconnue qui l’a floué et a fait fi de nombreux indices qui auraient dû l’amener à douter des véritables intentions de la destinataire.»

Un an plus tôt, le Journal relatait l’histoire tout aussi triste de Richard Périard, ce Montréalais qui a envoyé un total de 3500 $ à une Nigériane pour qu’elle le rejoigne à Montréal. Et que penser de cette Lavalloise qui avait transféré 11 000 $ en cinq jours à sa nouvelle flamme qui avait supposément de sérieux problèmes en Malaisie?

Techniques améliorées

Ces fraudes se seraient multipliées avec la montée des médias sociaux.

«Nous partageons de plus en plus d’informations sur le web, souvent avec des gens que nous connaissons peu. Les consommateurs perdent ainsi leur réflexe de méfiance», dit Philippe Viel, porte-parole de l’Union des consommateurs.

Sans compter que les techniques des fraudeurs ne cessent de s’améliorer.

«On peut facilement reproduire un faux visa pour donner de la crédibilité», ajoute-t-il.

Dans la vaste majorité des cas, les citoyens ne sont pas près de revoir leur argent.

«Le Canada va mettre en vigueur une loi antipourriel en juillet 2014, mais c’est trop peu, trop tard. Les consommateurs vont demeurer mal protégés», dit M. Viel.

Aujourd’hui, la moitié de ces fraudes se déroulent sur le web, par courriel ou par texto, selon le Centre antifraude du Canada, une branche de la GRC.

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