Il y a 600 millions d’années, les premiers organismes géants ont colonisé la Terre


Une sorte d’organisme qui vivaient il y a plus de 600 millions d’années étaient peut-être une plante, mais elle fut cataloguée dans le règne animal. Ce qui est de particulier, les organismes de cette lointaine époque n’étaient pas plus grandes que quelques cm ou microscopiques alors, que les rangéomorphes pouvaient mesurer plus de deux mètres
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Il y a 600 millions d’années, les premiers organismes géants ont colonisé la Terre

 

Rangeomorphes

Vue d’artiste de rangéomorphes, sorte de fougères classées dans le règne animal (!) qui vivaient il y a 600 millions d’années.

JENNIFER HOYAL CUTHILL

Joël Ignasse

Sciences et Avenir

On connaît enfin l’origine du gigantisme des rangéomorphes, d’étranges organismes marins qui furent les premiers géants à peupler la Terre, il y a 600 millions d’années.

TAILLE. Mystérieuse faune de l’Ediacarien ! Les paléontologues qui étudient aujourd’hui leurs fossiles ne savent même pas, pour plusieurs d’entre eux, s’il s’agit d’animaux ou de plantes. Tout ce qu’on sait, c’est que de nombreux organismes marins peuplèrent la Terre lors de la période qui s’étend de -635 à -541 millions d’années. Son nom fait référence aux collines d’Ediacara, en Australie, où ont été retrouvés des fossiles datant cette époque. Or, la morphologie de ceux organisme est totalement différente de celle des précédentes formes de vie et comme ils ont disparu sans laisser place à des successeurs le long de la lignée évolutive, ils restent encore largement méconnus. Jennifer Hoyal Cuthill de l’université de Cambridge a passé de nombreuses années à les étudier afin de pourquoi certains d’entre eux ont opté pour le gigantisme. Elle a publié le résultat de ses recherches dans la revue Nature Ecology and Evolution.

Du changement dans les océans suite à la fin d’un âge de glace

Durant l’Ediacarien, la majorité des espèces vivantes ne dépassait pas quelques centimètres en taille et étaient même bien souvent microscopiques. Pourtant au moins un groupe, appelé rangéomorphes, a totalement dérogé à cette règle puisque certains de ses représentants pouvaient atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur. Ils vivaient dans l’océan et leur aspect extérieur évoque l’aspect des fougères avec de nombreuses branches latérales. Bien qu’ils ressemblent à ces plantes, les scientifiques les classent dans le règne animal (!).

CHIMIE. L’explication : un changement soudain dans la chimie des océans qui aurait pu provoquer une modification rapide de la forme des rangéomorphes. Celui-ci serait survenu à la fin d’une période de glaciation appelée glaciation Gaskiers : lorsque la Terre s’est réchauffée, les océans ont connu un apport massif de nutriments et d’oxygène. Les rangéomorphes y ont réagi en gagnant en taille, sans doute parce que leurs gènes les y prédisposaient. D’autres organismes, dotés d’une moindre plasticité phénotypique, ont quant à eux maintenu leurs dimensions et même pour certains périclité face à cet apport de nutriments supplémentaires.

EXTINCTION. Cependant, bien que les rangéomorphes se soient très bien adaptés à leur environnement durant l’Ediacarien, ils n’ont pas survécu aux changements océaniques survenus il y a -541 millions d’années , qui ont finalement provoqué « l’explosion cambrienne », un fantastique essor de milliers de nouvelles formes de vie. Ce sont ces dernières qui sont à l’origine des principaux groupes phylogénétiques actuels.

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Le mammouth a subi des mutations génétiques néfastes


L’extinction des mammouths a été causée par la chasse, mais aussi par des mutations génétiques qui auraient été néfastes sur l’odorat et des protéines urinaires qui est utile sur la reproduction
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Le mammouth a subi des mutations génétiques néfastes

 

Un mammouth numérique illustré dans le film 10,000... (WARNER BROS.)

Un mammouth numérique illustré dans le film 10,000 BC (2008).

WARNER BROS.

Agence France-Presse
Washington

 

L’effondrement des populations de mammouths laineux a provoqué des mutations génétiques dévastatrices qui ont conduit à la disparition des derniers de ces animaux encore présents dans une île de l’Arctique il y a 3700 ans.

Les mammouths étaient les grands herbivores les plus répandus en Amérique du Nord et en Sibérie jusqu’à leur extinction sur les terres continentales il y a environ 10 000 ans.

Ils ont été victimes du réchauffement du climat après le dernier âge glaciaire (-75 000 à – 12 000 ans) et de la chasse des populations humaines, expliquent les auteurs d’une étude publiée jeudi dans la revue scientifique américaine PLOS Genetics.

Ces chercheurs, dont Rebekah Rogers et Montgomery Slatkin de l’université de Californie à Berkeley, ont comparé le génome d’un mammouth continental datant de 45 000 ans, quand leurs populations étaient abondantes, à celui d’un de ces animaux qui vivait il y a environ 4300 ans dans un troupeau de 300 têtes dans la petite île Wrangel, juste avant leur extinction.

Leur analyse révèle que le génome de l’un de ces derniers mammouths avait accumulé de multiples mutations néfastes.

Ces animaux avaient ainsi perdu de nombreux récepteurs olfactifs permettant de détecter les odeurs ainsi que des protéines urinaires, ce qui a pu avoir un impact sur leur statut dans le groupe ainsi que sur leur reproduction.

La comparaison entre ces deux génomes a donné aux chercheurs une occasion rare de voir ce qui arrive au patrimoine génétique quand la taille de la population d’une espèce se réduit fortement.

Utilisant des modèles mathématiques, les deux généticiens ont pu déterminer que les différences entre les deux génomes de mammouths étaient trop extrêmes pour être expliquées par d’autres facteurs.

Ces résultats confortent une théorie en discussion depuis des décennies selon laquelle une forte diminution de la population d’une espèce entraîne une multiplication de mutations génétiques néfastes, soulignent les auteurs.

Ces conclusions pourraient aussi être utiles pour aider dans les efforts de préservation des espèces en danger d’extinction.

Par ailleurs, des scientifiques américains ont indiqué en février qu’ils travaillaient sur un projet pour ressusciter le mammouth grâce à l’ingénierie génétique.

«Notre but est de produire un embryon hybride mi-éléphant mi-mammouth», a dit le professeur George Church, un généticien célèbre de l’université Harvard.

«En fait, ce sera probablement davantage un éléphant avec un nombre de traits caractéristiques de mammouth», a-t-il dit, ajoutant: «nous n’y sommes pas encore mais cela pourrait arriver d’ici deux ans».

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