21 janvier, dernière éclipse totale de la Lune avant 2022


Je ne suis pas certaine que je vais veiller pour voir cette éclipse totale de la lune. Pourtant, c’est un spectacle qui mérite d’être admiré.
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21 janvier, dernière éclipse totale de la Lune avant 2022

 

Agence France-Presse
Washington

Les habitants des Amériques, d’une grande partie de l’Europe et d’Afrique de l’Ouest pourront observer une éclipse totale de Lune dans la nuit du 20 au 21 janvier, la dernière avant 2022.

Pour les Européens et les Africains, l’éclipse totale se produira à la fin de la nuit, peu avant le lever du Soleil. L’est de ces continents en verra moins en raison du lever du jour.

Pour les Américains du Nord et du Sud, ce sera au début ou au milieu de la nuit.

La pleine Lune sera dans l’ombre de la Terre de 3h34 à 6h51 GMT (22h34 à 1h51, heure de Montréal). Pendant la première heure, elle sera doucement « mangée » par la gauche. L’éclipse sera totale pendant une heure à partir de 4h41 GMT (23h41, heure de Montréal), selon les tableaux horaires fournis par la NASA.

La phase totale de l’éclipse sera environ trois quarts d’heure plus courte que celle de la grande éclipse de juillet 2018, qui restera la plus longue du XXIe siècle.

Pendant l’éclipse totale, la Lune ne sera pas invisible : elle sera rouge, comme lors de toutes les éclipses totales.

Cette teinte sera due au fait que les rayons du Soleil ne l’atteindront plus directement. A la place, une petite partie des rayons rouges seront filtrés par l’atmosphère terrestre et réfractés vers la Lune (les rayons bleus, eux, divergeront vers l’extérieur).

C’est le même phénomène qui colore en rouge les levers et couchers du Soleil vus depuis la Terre.

« C’est la dernière chance avant un long moment de voir une éclipse totale de Lune », dit à l’AFP Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society, une organisation astronomique américaine.

La prochaine éclipse totale visible depuis l’Europe aura lieu le 16 mai 2022, mais des éclipses partielles auront lieu dans l’intervalle.

Des éclipses totales de Lune peuvent arriver deux voire trois fois par an.

Elles correspondent à un concours de circonstances rare : il faut que la Terre se situe exactement entre le Soleil et la Lune.

Encore faut-il que le ciel soit dégagé pour en profiter. Les nuages gâchent souvent le spectacle. 

Les passionnés d’astronomie pourront comparer les infimes variations de la teinte rouge de la Lune cette fois-ci.

« Tout dépend de ce qu’il y a dans l’atmosphère », explique Bruce Betts. « Tout comme les couchers de Soleil changent de couleur d’un jour à l’autre, les éclipses varient en fonction des particules dans l’atmosphère, ou s’il y a une éruption volcanique, par exemple ».

Aucun télescope n’est nécessaire pour observer l’éclipse. Pour voir les cratères de la Lune, le planétologue rappelle que de simples jumelles peuvent faire l’affaire.

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Imminente surreprésentation des femelles chez les tortues vertes


Les changements climatiques ont des impacts à plusieurs niveaux. Par exemple, les tortues marines en Afrique de l’Ouest semblent donner de plus en plus de femelles. C’est la température qui a un effet sur les oeufs pour déterminer le sexe des bébés. En plus de la montée des eaux qui engloutirent les lieux de nidification, n’aide en pas du tout à cette espèce déjà menacée.
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Imminente surreprésentation des femelles chez les tortues vertes

 

Une tortue verte vue sous l'eau.

La tortue verte est déjà une espèce menacée. Photo : iStock

Le réchauffement climatique mettrait en danger l’équilibre des sexes chez certaines tortues marines.

Une récente étude portant sur la population de tortues vertes de Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, dont les résultats ont été publiés dans le journal Global Change Biology, indique que d’ici 2100, de 73 % à 93 % des nouveau-nés de cette espèce menacée d’extinction pourraient être des femelles, ce qui rendrait fort difficile la fécondation des œufs des générations suivantes.

Comme chez d’autres espèces de reptiles et de poissons, la température d’incubation des œufs de tortues vertes a un effet sur le sexe de l’animal à naître. À moins de 29 °C, elles sont plus susceptibles d’être des mâles. Au-delà de cette température, c’est le contraire. Et au-delà de 33 °C, la très vaste majorité des nouveau-nés seraient des femelles.

Présentement, environ 52 % des nouveaux spécimens sont des femelles, mais la hausse des températures observée depuis quelques années commence à faire son œuvre, selon les auteurs de l’étude.

Qui plus est, l’élévation du niveau de la mer entraîné par les changements climatiques pourrait submerger jusqu’à 43 % des zones de nidification actuelles des tortues vertes.

L’étude a été réalisée par des biologistes de l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni, et du Centre des sciences marines et environnementales du Portugal, qui se sont basés sur les plus récentes prévisions de réchauffement du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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Le Saviez-Vous ► Les tata somba : châteaux forts de l’Afrique de l’Ouest


Les châteaux n’ont pas leur origine en Europe, mais en Afrique ! Ils étaient destinés a se protéger contre les bêtes sauvages. Ils étaient structurés pour les besoins, comme l’entreposage de la nourriture, un endroit pour les animaux domestiques et des habitations pour l’humain.
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Les tata somba : châteaux forts de l’Afrique de l’Ouest

Construits à l’origine pour se protéger des attaques ennemies et des bêtes sauvages, les tata somba ont une architecture très singulière.

Situées principalement dans la région de l’Atakora, ces maisons fortifiées, habitées par les peuples Bètammaribè, Bèsoribè et Natemba, sont constituées de trois tours avec un étage destiné à se protéger des fauves : les habitations et les réserves de nourriture se concentrent donc à ce niveau. Les animaux domestiques occupent quant à eux le rez-de-chaussée, au milieu, la terrasse dallée est utile pour faire sécher les récoltes. Les plans de cet habitat Otommari répondent à des règles bien spécifiques, chaque élément de construction correspond à une fonction ou à un symbole. Par exemple, la porte de la façade principale est toujours orientée à l’ouest, à l’abri des pluies et de l’harmattan (vent très sec d’Afrique de l’Ouest) et aussi parce que, selon la symbolique, ce point cardinal représente le côté de la vie. L’intérieur est un véritable labyrinthe à la structure complexe. Une chose est sûre la construction d’un tata somba est assurément un cours magistral d’architecture à lui-seul !

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Le Saviez-Vous ► Ce mystérieux cryptogramme conduirait au trésor d’un légendaire pirate français


Les pirates furent un temps le cauchemar de tout navigateur. Parmi eu, un pirate d’origine française, après avoir servi le roi a décidé d’orienter sa carrière vers la piraterie. Il a fini par être capturé et pendu, mais juste avant, il aurait lancé un cryptogramme pour trouver son trésor que personne ne pues le déchiffrer
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 Ce mystérieux cryptogramme conduirait au trésor d’un légendaire pirate français

Crédits : David Deheim/DR/Ulyces.co

La Buse, la Bouche… Olivier Levasseur n’était pas en reste de surnoms. Cette légende aussi célèbre que crainte de la piraterie française a vécu durant la première moitié du XVIIIe siècle.

Avant d’être exécuté, il aurait laissé un mystérieux cryptogramme, révélant soi-disant l’emplacement d’un trésor qu’il aurait caché, raconte la BBC. Malgré de multiples tentatives, personne n’a jamais réussi, au cours des trois derniers siècles, à déchiffrer l’énigmatique message.

Né à Calais à la toute fin du XVIIe siècle dans une riche famille bourgeoise, Levasseur fut éduqué dans les meilleures écoles, avant de devenir officier de marine. Pendant la guerre de Succession d’Espagne, Louis XIV lui demanda de devenir corsaire au service de la Couronne française. Une période durant laquelle la future Buse aurait perdu un œil, devenant une icône de l’imaginaire pirate. À la fin de la guerre, ne souhaitant pas abandonner ses activités, Levasseur se tourna vers la piraterie et intégra le Flying Gang, groupe basé à Nassau, dans les Bahamas. Plus tard, il devint capitaine d’un sloop de pirates répondant au doux nom de Postillon, dans le cadre duquel il aurait collaboré avec de grands pirates, tels que Samuel Bellamy et Benjamin Hornigold.

Après avoir évité la capture en 1718, il perdit son navire et s’échappa sur un petit voilier en compagnie de quelques-uns de ses hommes. Ils finirent par atterrir au large de la côte ouest-africaine, où La Buse retrouva un navire dont s’emparer pour poursuivre ses activités de banditisme. Capturé en 1730 dans l’océan Indien et envoyé à La Réunion, il y fut pendu pour piraterie : à l’heure de sa décapitation, il aurait envoyé dans la foule un cryptogramme, en déclarant que son trésor appartiendrait à la personne qui déchiffrerait le message. Mais si certains y ont dédié leur vie, personne n’a réussi, trois siècles plus tard, à percer le mystère de la Buse.

Crédits : Tonton Bernardo/ CC BY SA 3.0

Source : BBC

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Homo sapiens prend un coup de vieux


Alors qu’on croyait avoir écrit la lignée humaine, il semble qu’il faut réécrire les livres d’histoire pour reculer la présence d’Homo Sapiens en Afrique. En effet, au Maroc, une découverte de tailles de restes humains et d’outils qui dateraient de 315 000 ans.
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Homo sapiens prend un coup de vieux

 

Photo : Musée d’histoire naturelle de Londres

Des outils et des restes fossilisés de cinq Homo sapiens datant de 315 000 ans, mis au jour au Maroc, font reculer de 100 000 ans le moment de l’apparition de notre espèce.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Un texte d’Alain Labelle

C’est un véritable tremblement de terre qui secoue aujourd’hui le monde de l’anthropologie. Non seulement cette découverte fait reculer notre entrée en scène sur la surface de la Terre, mais elle montre aussi que des changements dans notre biologie et nos comportements sont apparus dans tout le continent africain, et pas seulement en Afrique de l’Est.

Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs. Jean-Jacques Hublin, Institut Max Planck de Leipzig

Les fossiles, notamment une face humaine et une mandibule, ont été découverts lors de fouilles réalisées en 2004 sur le site de Jbel Irhoud dans le nord-ouest du Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.

Une mandibule découverte au Maroc.   Photo : (Jean-Jacques Hublin/MPI-EVA

L’équipe d’anthropologues menée par le Français Jean-Jacques Hublin a été très surprise de constater que le visage d’un de ces premiers Homo sapiens ressemblait à celui « de quelqu’un que l’on pourrait rencontrer dans le métro ».

Toutefois, sa boîte crânienne était encore assez différente de celle de l’homme actuel.

Les fossiles des premiers Homo sapiens trouvés au Maroc (à gauche) affichent une forme de crâne plus allongée que celle des humains modernes (à droite).   Photo : NHM Londres

Il reste encore une longue évolution avant d’arriver à une morphologie moderne. Jean-Jacques Hublin

Ce site est bien connu des paléontologues. Déjà, en 1968, il a livré le fossile d’un jeune Homo sapiens, appelé d’Irhoud 3, dont l’âge est initialement estimé à 40 000 ans, puis à 160 000 ans.

Le Pr Hublin doutait de la véracité de cette datation. Il a donc entrepris de nouvelles fouilles en 2004.

Des restes appartenant à au moins cinq individus – trois adultes, un adolescent et un enfant – ont été mis au jour.

La datation des fossiles a été obtenue au moyen de la thermoluminescence, une technique très connue et utilisée depuis les années 80.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Des Homo sapiens en Afrique de l’Ouest

Les hommes de Jebel Irhoud détrônent Omo I et Omo II, découverts à Omo Kibish en Éthiopie et datant d’environ 195 000 ans. Également en Éthiopie, trois crânes fossilisés datant d’environ 160 000 ans avaient été découverts près du village de Herto, en pays Afar.

Toutes ces découvertes réalisées dans la même région laissaient à penser que tous les hommes actuels descendaient d’une population qui vivait en Afrique de l’Est.

Or, cette théorie est mise à mal par les découvertes de Jebel Irhoud.

En outre, des outils trouvés sur le site avec nos ancêtres – des éclats et surtout des pointes retouchées – sont typiques de la grande étape de la Préhistoire africaine.

On a déjà retrouvé ce type d’outils, également datés de 300 000 ans, un peu partout en Afrique sans savoir qui avait pu les fabriquer. Daniel Richter, Institut Max Planck deLeipzig

Les présents travaux permettent d’associer la présence des outils à celle de l’Homo sapiens.

Très certainement avant 300 000 ans, avant Jebel Irhoud, une dispersion des ancêtres de notre espèce sur l’ensemble du continent africain avait déjà eu lieu. Toute l’Afrique a participé au processus. Daniel Richter

Un buisson, pas un arbre généalogique

De nombreux groupes très différents ont donc coexisté, non seulement dans des régions éloignées les unes des autres, mais peut-être également dans des régions proches.

Ainsi, de nombreux groupes d’Homo sapiens archaïques, mais également d’autres espèces humaines comme l’Homo erectus, les néandertaliens, les denisoviens et peut être les Homo naledi auraient coexisté.

Il y a donc eu pendant longtemps plusieurs espèces d’hommes à travers le monde, qui se sont croisées, ont cohabité, échangé des gènes… Antoine Balzeau paléoanthropologue

Ces récentes découvertes remettent en question la vision linéaire de l’évolution humaine « avec une succession d’espèces qui viennent les unes au bout des autres », conclut Jean-Jacques Hublin.

Elles sont l’objet de deux études publiées dans la revue Nature.

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Boko Haram utilise de plus en plus d’enfants dans des attaques kamikazes


Cela fait un bout de temps que je n’avais pas entendu parler de Boko Haram et depuis quelques jours, il semble refaire surface, mais toujours pour des raisons horribles. Comment peut-on enlever des enfants pour en faire de bombes humaines ? Quel monstre peut amener une femme et son bébé à faire un attentat suicide. Alors que c’est contre toute morale les raisons qui le poussent à créer ces conflits
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Boko Haram utilise de plus en plus d’enfants dans des attaques kamikazes

 

Attentat suicide à Maiduguri le 12 octobre dernier. © ap.

Le nombre d’enfants utilisés par le groupe djihadiste Boko Haram dans des attaques kamikazes a fortement augmenté et les armées de la région du lac Tchad continuent à les maintenir en détention pour obtenir des informations sur le conflit, s’est alarmée l’Unicef mercredi.

« Le nombre d’enfants utilisés dans des attaques-suicides dans le conflit du lac Tchad s’élève à 27 au premier trimestre 2017, contre neuf à la même période l’an dernier », selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance.

« C’est la pire utilisation possible des enfants dans les conflits », explique Marie-Pierre Poirier, directrice de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, alors que le Nigeria se prépare à commémorer l’enlèvement des lycéennes de Chibok, il y a trois ans.

En avril 2014, environ deux cents jeunes filles avaient été enlevées par le groupe djihadiste, soulevant une indignation mondiale. Les kidnappings en masse d’enfants, de femmes et d’hommes, dans les villages attaqués par le groupe sont particulièrement fréquents. Ils sont ensuite forcés à combattre aux côtés des insurgés.

Jusqu’à présent, 117 enfants ont été utilisés pour commettre des attentats à la bombe au Nigeria, au Tchad, au Niger et au Cameroun depuis 2014: quatre en 2014, 56 en 2015, 30 en 2016 et 27 au cours des trois premiers mois de 2017. Enfants, jeunes adolescentes, mais aussi des femmes portant des nouveau-nés, se sont fait exploser sur ordre du groupe.

L’Unicef s’inquiète du nombre d’enfants détenus par les armées des quatre pays de la région (Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun).

 « En 2016, près de 1.500 enfants étaient sous détention administrative ».

« Ils sont détenus dans des casernes, séparés de leurs parents, sans suivi médical, sans soutien psychologique, sans éducation, dans des conditions et pour des durées que l’on ignore », explique Patrick Rose, coordonnateur régional. « Ils les interrogent sur ce qu’ils ont vu pour avoir des renseignements sur le conflit. »

Des conditions de détention inhumaines

L’année dernière, Amnesty International avait déjà alerté les autorités sur ces conditions de détention « horribles »:les personnes interrogées souffrent de « maladies, de faim, de déshydratation et de blessures par balles ». 149 personnes, dont 11 enfants de moins de 6 ans sont morts dans les casernes de Giwa à Maiduguri (Etat du Borno, nord-est du Nigeria) entre janvier et mai 2016.

Lundi, le gouvernement nigérian a annoncé avoir libéré 600 personnes, dont 200 enfants, un geste « d’espoir » salué par les humanitaires qui encouragent une meilleure réintégration des villageois qui ont vécu sous le joug des combattants de Boko Haram.

Le groupe djihadiste est largement affaibli depuis l’arrivée au pouvoir du président nigérian Muhammadu Buhari, mais la région du lac Tchad reste très instable.

Le conflit avec Boko Haram a fait plus de 20.000 morts depuis 2009 et 2,6 millions de déplacés

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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle


Je sais qu’en temps de guerre, de conflits, dans un pays désorganisé que les femmes payent cher d’être femme. Elles sont victimes de violences, d’agressions sexuelles et souvent, elles vendent leur corps pour survivre. Mais pour une épidémie comme celle qui a sévi en Afrique de l’Ouest par le virus Ebola, c’est bien entendu le chaos, la désorganisation du pays, mais aussi le confinement. Ces « pauvres » hommes n’ayant plus de vie sociale causé par la quarantaine ont préféré la voie de la violence et du viol. Une fille qui ne peut pas aller a l’école est une fille accessible pour ces hommes.
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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle

 

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Seema Yasmin

Traduit par Peggy Sastre

En Afrique de l’Ouest, l’épidémie de fièvre hémorragique aura été accompagnée par une explosion du nombre de grossesses adolescentes.

En septembre 2014, quand l’épidémie d’Ebola atteignait son pic au Liberia, Tina Williams avait 14 ans, de la fièvre et était enceinte. Elle avait été violée et son petit-ami l’avait abandonnée. Tremblante, elle était allongée dans un lit et priait pour souffrir de paludisme, pas d’Ebola.

Plus tard, les tests reviendront négatifs pour Williams et la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Ce qui ne l’empêchait pas d’être une survivante d’Ebola, une survivante d’un autre genre. En Afrique de l’Ouest, la propagation du virus et ses quasi 30.000 personnes infectées se sera accompagnée d’une autre épidémie: des poussées de viols, d’agressions sexuelles et de violences envers des femmes et des jeunes filles.

Si les professionnels de la santé publique ont comptabilisé le nombre de malades d’Ebola, les adolescentes comme Williams, victimes de violences sexuelles, ont été ignorées des registres. Il aura fallu attendre que l’année 2016 soit bien entamée pour apprendre qu’en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont vu leur nombre décupler pendant l’épidémie d’Ebola, à cause d’une multiplication des viols générée par la propagation du virus.

Dans certaines régions de Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont augmenté de 65% durant l’épidémie d’Ebola, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Reste que les données sont très difficiles à obtenir, notamment parce que les victimes sont rares à déclarer leur agression. Une autre étude, menée conjointement par l’Unicef et les ONG Plan International, Save the Children et World Vision, estime que le nombre de grossesses adolescentes a quasiment doublé dans les régions touchées par Ebola.

Danger du confinement

Une recrudescence qui n’a rien d’une coïncidence. Les épidémies infectieuses augmentent souvent la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles face aux violences, qu’elles soient ou non sexuelles –la faute à l’agitation et à l’instabilité civile que les épidémies laissent dans leur sillage.

«Cela ne devrait surprendre personne si on envisageait les épidémies comme n’importe quelle autre catastrophe, explique Monica Onyango, chercheuse en santé mondiale à l’Université de Boston. Les épidémies sont identiques à des situations de conflit. Vous avez une lacune de gouvernance, vous avez du chaos et de l’instabilité. Autant de facteurs qui fragilisent les femmes face à la violence sexo-spécifique.»

Pour autant, la corrélation entre épidémies et violences envers les femmes n’est pas bien documentée.

«Nous savons qu’en temps de guerre les jeunes filles et les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. Le phénomène a été documenté durant la guerre civile au Sierra Leone, au Liberia, après le génocide au Rwanda, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, précise Onyango. Il nous faut mieux documenter les viols et les agressions sexuelles qui surviennent pendant ou après une épidémie, car ils existent. Les femmes sont extrêmement vulnérables.»

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est un cas d’étude. Les quarantaines, les couvre-feux, les fermetures d’écoles –autant de mesures sanitaires destinées à endiguer la propagation de la maladie– ont aussi augmenté le risque, pour les femmes et les jeunes filles, d’être victimes de violences et de viols, affirme Marie Harding, qui travaille au centre médical Star of the Sea installé dans West Point, l’un des plus grands bidonvilles du Liberia et lieu d’une désastreuse quarantaine de vingt-et-un jours durant l’épidémie.

Au plus fort de l’épidémie, les matchs de football ont été annulés et les bars fermés. Les hommes qui, d’habitude, menaient leur vie sociale en extérieur allaient être assignés à résidence, avec femmes et enfants. D’où des poussées de violence et de viols dans les foyers mis en quarantaine. Selon une étude menée au Sierra Leone par l’ONG Save the Children auprès de 617 jeunes filles rapportant des agressions violentes et des viols, la plupart des victimes l’ont été en quarantaine.

À West Point, Marie Harding a été témoin d’une tendance similaire.

«Il y avait tant de stress, tant de tension. Les gens ne savaient pas quoi faire, où trouver à manger, dit-elle.Quand une fille n’est pas à l’école, quand elle est à la maison toute la journée et, quand tout le monde est à la maison toute la journée, elle est en danger.»

Un danger que le confinement sanitaire n’est pas seul à augmenter. Dans une étude menée par l’ONG Plan International au Liberia, des mères déclarent avoir eu peur pour les filles qui ne pouvaient pas aller à l’école et qui devaient subvenir aux besoins de leur famille. Avec la faim, certaines ont échangé du sexe contre de la nourriture. Un phénomène d’autant plus saillant chez les orphelines d’Ebola, qui allaient devoir survivre par leurs propres moyens. Dans l’étude de Save the Children, 10% des enfants interrogés –dont beaucoup ont perdu au moins un parent à cause du virus– déclarent que les filles qui avaient perdu leurs proches à cause d’Ebola ont été obligées de se prostituer pour se nourrir et se loger.

Ce que confirme Marie Harding, zigzagant entre les bancs de la salle d’attente du centre médical. C’est ce qu’elle a vu à West Point.

«Ce sont des enfants, mais elles doivent assurer leur subsistance, dit-elle en désignant des jeunes femmes qui attendent leur tour.Ebola a tué leur maman et leur papa, et elles doivent faire ce qu’il faut pour joindre les deux bouts.»

Quelques jours auparavant, Harding s’était occupée d’une jeune fille de 18 ans, que la malaria allait emporter. Elle avait perdu ses deux parents à cause d’Ebola et vivait avec un homme de 65 ans.

«C’était son petit-ami, soupire Harding. Les jeunes filles ne vont avec des vieux que parce qu’elles n’arrivent pas à se trouver à manger. Elles sont avec eux pour la sécurité et pour l’argent.»

Et celles qui n’ont pas perdu leurs proches ont quand même à souffrir des répercussions économiques d’Ebola. Le commerce s’est arrêté, les marchés ont été fermés et beaucoup ont plongé encore plus bas dans les entrailles de la misère. Même avant l’épidémie d’Ebola, qui allait pousser le gouvernement libérien à fermer les écoles, beaucoup de familles préféraient voir leurs filles travailler qu’étudier. Et à l’extérieur de la salle de classe et de sa sécurité relative, les risques de violence sexuelles sont d’autant plus élevés.

Épidémie de grossesses adolescentes

Aujourd’hui, tandis que la menace d’Ebola s’atténue et que les humanitaires plient bagages, les victimes de cette seconde épidémie sont laissées à elles-mêmes.

«Avant, c’était affreux, mais depuis Ebola, c’est encore pire, commente Marie Harding. Parfois, ce sont des filles de 13 ans qui arrivent et qui sont enceintes. Ebola a rendu les choses vraiment très très difficiles pour les filles.»

L’Afrique de l’Ouest devra gérer pendant des années les effets à long terme de cette épidémie de grossesses adolescentes, si ce n’est pendant des générations. Par exemple, le Liberia interdit aux adolescentes enceintes d’aller à l’école la journée, une mesure qui creuse encore plus les inégalités scolaires et oblige les femmes à travailler pour de très maigres salaires. Au Sierra Leone, les adolescentes enceintes n’ont tout simplement pas le droit d’aller à l’école, de jour comme de nuit.

Au Liberia, l’un des rares établissements à accepter les élèves enceintes s’appelle More Than Me. Niché dans une rue commerçante, entre les marchandes de tongs et de lunettes de soleil, le bâtiment vert et blanc est aujourd’hui vide de ses 150 étudiantes. Ce sont les vacances de Noël et on ne croise que des professeurs et des membres de l’administration dans les couloirs.

«Nous sommes la seule école qui s’occupe des filles de West Point», déclare Iris Martor, responsable des programmes scolaires. Mais même ici, où le personnel s’efforce de former des filles autrement exclues du système éducatif, certaines adolescentes ont été renvoyées chez elles quand leur grossesse est devenue trop visible. «On ne veut pas être fermés pour infraction à la législation nationale», précise Martor.

Des effets à long terme qui ne se limitent pas aux carences éducatives. Les mères adolescentes ont plus de risque de souffrir de complications sanitaires –un accouchement trop long, des fistules obstétricales ou la mort en couches. De même, la mortalité infantile des enfants nés de mères adolescentes est plus élevée. Autant de problèmes ignorés par les acteurs internationaux intervenus lors de la crise Ebola, quasiment aveugles aux potentiels effets secondaires de l’épidémie. 

Au Sierra Leone, le personnel des Rainbo Centres –des établissements médicaux dédiés aux victimes de viols– aura alerté la PNUD sur la recrudescence des viols et des violences sexuelles pendant l’épidémie. Il souligne aussi que les victimes n’ont pas été correctement prises en charge et que les services qui pouvaient exister ont été entravés par l’épidémie et les mesures déployées pour y faire face. 

Un phénomène qui s’explique notamment par la formation des équipes chargées de la lutte contre les épidémies: elles arrivent, œuvrent à stopper la propagation de la maladie et repartent le plus vite possible.

«Nous n’avions tout simplement pas les moyens de voir au-delà de l’épidémie, confirme Kaci Hickox, infirmière de Médecins Sans Frontières (MSF), présente en 2014 au Sierra Leone. Nous n’étions absolument pas formés pour nous occuper des viols et de la violence sexuelle, l’ampleur de l’épidémie était trop importante. Tous les humanitaires ont été plus que débordés.»

Selon Onyango, qui est aussi spécialiste des urgences humanitaires, la faute ne repose pas uniquement sur MSF et consorts.

«C’est très compliqué ce qu’ils ont à faire, dit-elle. Ils doivent se focaliser sur un seul problème en même temps. Il y a aussi le souci des donateurs, qui envoient leur chèque quand il y a urgence et passent à une autre crise quand l’urgence se termine.»

Une perspective qui oublie d’investir dans deux besoins vitaux pour les pays en proie à des épidémies: les services sanitaires locaux et les infrastructures. Sans cela, ces pays ont d’autant plus de risques d’être touchés par une nouvelle épidémie –accompagnée des poussées de violences sexuelles touchant la population féminine.

À l’heure actuelle, ce sont des gens comme Marie Harding qui doivent gérer seuls l’impact invisible d’Ebola. Debout au milieu de la salle d’attente du centre médical Star of the Sea, elle appelle Williams. Son bébé dans les bras, la jeune fille se lève et passe devant une demie douzaine d’adolescentes, pour beaucoup victimes d’agressions sexuelles durant l’épidémie.

«Beaucoup sont venus ici pour aider pendant Ebola, dit Harding. Aujourd’hui, ils disent qu’Ebola est parti, alors ils partent. Mais ces filles qui ont souffert, qui ont eu des bébés? Qui va les aider?»

Seema Yasmin

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L’arnaque aux chiots… du Québec au Cameroun


Personnellement, je ne comprends pas qu’on puisse vouloir acheter un animal via le web. Si on est prêt a payer pour un animal de race, il y a des chenils qui existent (pas des usines à chien) mais des éleveurs qui sont contrôler et reconnu officiellement par le MAPAQ, sinon dans les refuges, il y a toujours un animal qui n’attends qu’à être adopté et coûterait moins cher que se faire arnaquer via Internet
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L’arnaque aux chiots… du Québec au Cameroun

 

Une Québécoise qui avait acheté un chien sur Internet n’a jamais revu la couleur de son argent. Nous avons remonté la filière jusqu’en Afrique de l’Ouest.

chiot

Un texte de François Dallaire

L’annonce était trop belle : un mini-poméranien tout blanc, comme celui de Paris Hilton, à vendre pour seulement 300 $! Josette Soucy-Côté aurait dû se méfier. Mais elle voulait mettre un terme au deuil de son chien précédent, décédé quelques mois plus tôt. La résidente de Saint-Jérôme a donc répondu à l’annonce d’une certaine Maria Marietta, de la région de Montréal. Elle est tombée sur un arnaqueur.

« Ces gens-là, ils ne savent pas le tort que ça peut faire. Pour nous, c’est un petit être. Pour eux, c’est comme s’ils m’avaient vendu une paire de souliers. C’est pareil. Ils n’ont pas d’émotions. »
— Josette Soucy-Côté

Finalement, Maria Marietta n’habitait pas Montréal, mais Saskatoon. Impossible pour Josette Soucy-Côté d’aller voir le chiot. Elle a donc dû se contenter de photos et de courtes vidéos.

Pour avoir le chiot, elle a payé 420 $, incluant le transport. Elle a envoyé cette somme par Moneygram au « responsable du transport par avion ». Mais elle n’a jamais reçu le chien. La compagnie de transport n’existe pas, tout comme Maria Marietta.

Son fraudeur a toutefois laissé une trace… que nous avons suivie.

« Quand quelqu’un envoie un courriel, ou va sur un site web, il laisse automatiquement une trace avec son adresse Internet. Et avec cette adresse Internet, on peut récupérer la provenance, le pays et même la ville, en règle générale. »
— Cyril Paciullo, créateur de logiciels

Les Canadiens ont perdu l’an dernier 75 millions de dollars en escroqueries de toutes sortes.

D’un ordinateur au Cameroun

La fraude dont Josette Soucy-Côté a été victime émane de la métropole du Cameroun, Douala. Mais où se cache son fraudeur? L’adresse IP de l’arnaqueur nous conduit chez son fournisseur Internet. Le fournisseur accepte d’effectuer une recherche pour trouver l’adresse civique du fraudeur. Mais les résultats ne sont pas garantis, car la majorité des adresses ne mènent pas à un individu en particulier.

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« L’anonymat est un élément sacré, un élément fondamental dans la commission des actes de cybercriminels », explique Emile Gyslin N’Tangh Bay, commissaire responsable de la lutte à la cybercriminalité au Cameroun.

« À partir du moment où tous les abonnés ne peuvent pas être systématiquement identifiés, il y a problème. Puisqu’à partir de son terminal, on peut poser des actes de n’importe quel endroit sans qu’on puisse l’identifier. »

Le témoignage d’un ex-fraudeur

Nous avons rencontré Cyrille Momo, un ex-fraudeur spécialisé dans l’arnaque aux chiots. Il n’a jamais été importuné par la police durant les cinq ans où il a fait des victimes sur trois continents.

Il explique qu’il ne travaillait pas dans un cybercafé. Ses comparses et lui avaient plutôt loué un appartement.

« On est cinq, chacun avec sa petite machine. On se lève le matin, on est là rien que pour ça, jusque dans la soirée. Après on part se divertir, et on revient pour vérifier nos boîtes courriels pour voir si les clients sont là. C’était comme ça que ça se passait. »
— Cyrille Momo

Cyrille Momo a gardé dans son ordinateur des photos de chiots qui lui ont servi à appâter ses victimes. On y retrouve des mini-poméraniens, comme celui dont rêvait Josette Soucy-Coté. Il a repiqué ces photos sur différents sites Internet.

« Je me faisais passer pour un Blanc, jamais pour un Noir. Je disais que j’avais un chien à donner en adoption. Il fallait juste payer pour le transport. »

Pour faire croire qu’une vraie compagnie de transport s’occupait d’acheminer le chiot, Cyrille Momo avait aussi un contrat de transport d’une fausse compagnie.

À la recherche d’une bonne victime

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Josette Soucy-Côté n’a payé que le montant exigé, soit 420 $.

« Ces clients, ce sont des sages. Pour nous, c’est un échec. On dit de ces gens-là que le bon Dieu a parlé pour eux », explique l’ex-fraudeur.

Ce que Cyrille Momo recherche, c’est une bonne victime.

« Si la personne paie pour le transport, on lui dit ensuite qu’il a fallu donner des vaccins. Il faut qu’elle paie le vétérinaire. Si elle paie, on lui dit ensuite qu’il faut payer pour la cage. Si elle paie la cage, on lui dit ensuite que le chien a été arrêté à la douane. Il faut qu’elle paie pour la douane. »

Une bonne victime peut rapporter jusqu’à 5500 $. Une somme énorme au Cameroun, où le salaire moyen est de 98 $ par mois.

Cyrille Momo regrette aujourd’hui le tort qu’il a fait à ses centaines de victimes. Quant à Josette Soucy-Côté, elle a eu sa leçon. Elle a acheté son chien en personne. Et non sur le web.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Voici la dernière génération de scarifications en Afrique


Autre temps, autres moeurs. Aujourd’hui faire ce genre tatouage en scarifiant la peau a un enfant serait mal vue, mais autrefois, dans certains pays, c’était un signe d’appartenance, d’identification. Les derniers vestiges de cette tradition semblent s’éteindre. Les derniers à être marquées ont des avis partagés, certains aimeraient les voir disparaitre alors que d’autres en sont fier
Nuage

 

Voici la dernière génération de scarifications en Afrique

 

La série de photos de Joana Choumali, «Hââbré, The Last Generation», raconte les derniers souffles d’une tradition mourante. En Kô, ce mot signifie « «écrire», mais désigne aussi la pratique de la scarification encore bien présente en Afrique de l’ouest. Elle consiste à pratiquer des incisions superficielles sur la peau à l’aide de pierres, de verre ou de couteaux.

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Mme K. Djeneba, gérante de boutique, du Burkina Faso.

«Les gens trouvent ça beau, moi je trouve ça laid. Nous ne sommes pas comme les autres. Auparavant j’aimais mes cicatrices et je m’en vantais. Mais aujourd’hui, en ville, c’est passé de mode.»

De la Papouasie Nouvelle-Guinée à l’Éthiopie, les cicatrices sont autant de manières d’exprimer une identité, que ce soit l’appartenance à une communauté, le passage à l’âge adulte ou une connexion avec un groupe spirituel.

Joana Choumali, qui vit à Abidjan, en Côte d’Ivoire, a découvert la scarification dans les années 80.

«Je me souviens de M. Ekra, le chauffeur qui me conduisait à l’école. Il a avait de grandes cicatrices qui lui couvraient le visage des tempes au menton», se souvient-elle.

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M. Mien Guemi, peintre, de Ouro Bono, Burkina Faso.

 «J’étais un enfant, mais je me souviens encore des blessures. Si vous n’en aviez pas, vos amis se moquaient de vous et vous ignoraient. En période de guerre, les tribus Mossis et Ko se reconnaissaient, et ainsi évitaient de s’entre-tuer. Pas besoin de carte d’identité, je porte déjà mon identité sur mon visage. Mais aujourd’hui c’est terminé. On ne peut plus être reconnus.»

La pratique de la scarification a peu à peu disparu. Les porteurs de cicatrices étaient de plus en plus moqués dans les zones urbaines en expansion. Les pressions exercées par les autorités religieuses et gouvernementales dans le sens d’une «modernisation», couplées avec l’arrivée des étoffes dans les tribus, ont amené une disparition progressive de la scarification.

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Boudo B., 45 ans, chauffeur de taxi, tribu Ko du Burkina Faso.

«Aujourd’hui, si je pouvais les effacer, je le ferais… Ce n’est pas facile d’aller voir les filles avec ça. »

«Hââbré, c’est la dernière génération qui vit avec des cicatrices sur le visage», explique Joana Choumali. «J’ai fait cette série pour ne pas oublier.»

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Mme Sinou, commerçante, de la tribu Ko au Burkina Faso.

«Je suis née au Ghana. Ma tante m’a emmenée au village, ils m’ont fait les cicatrices sans le consentement de mon père. Je refuse de le faire à mes enfants.»

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M. Konabé, tailleur, tribu Ko du Burkina Faso.

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M. Sinou, tailleur, tribu Ko du Burkina Faso.

«Si l’on pouvait les enlever, on le ferait. On a honte d’être si différents des autres.»

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M. Lawal E., coiffeur, tribu Yoruba du Nigéria.

«Je suis fier de mes marques. Le Roi a les mêmes. Je fais partie de la famille royale dans mon village. Ici, en ville, je ne suis personne.»

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Salbre S., jardinier, tribu Bissa du Burkina Faso.

«Je suis à la retraite maintenant. Nous sommes la dernière génération. Aucune personne âgée de moins de 40 ans n’a de scarifications.»

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Pousnouaga S., 45 ans, jardinier, tribu Bissa du Burkina Faso.

«L’une de mes tantes me l’a fait. Nous avons payé avec du beurre de karité et des pintades. Çe na me plaît pas, et ça appartient au passé.»

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Mme Martina Kaboré, 39 ans, femme au foyer, de Ouemkanga, Burkina Faso.

«À 10 ans, j’ai demandé qu’on m’en fasse. je voulais être comme mes frères et sœurs, et montrer mon courage. Les temps ont changé, mais c’est normal. quand les gens me pointent du doigt, je reste droite et fière.»

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Mme Kouya Benin, femme au foyer, tribu Ko du Burkina Faso.

«Les gens se rendaient en groupes faire leurs scarifications, et j’y suis allée avec mes amis… Aujourd’hui, ces pratiques sont interdites par la loi au Burkina Faso.»

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Ebola: le nombre de cas sur le point d’exploser


Le virus Ébola prend de l’ampleur, mais avec le nouveau procédé des Chinois, il est possible de détecter le virus chez une personne en moins de 30 minutes alors que jusqu’à maintenant cela prenait des heures. Cependant pour arriver à contrôler ce virus, c’est l’éternelle question d’argent …
Nuage

 

Ebola: le nombre de cas sur le point d’exploser

 

Une fillette passe devant un mur où l'on... (PHOTO DOMINIQUE FAGET, ARCHIVES AFP)

Une fillette passe devant un mur où l’on peut lire «Stp Ebola», à Monrovia, capitale du Liberia, le 31 août.

PHOTO DOMINIQUE FAGET, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
Washington

Les cas d’Ebola s’accroissent rapidement en Afrique de l’ouest et vont probablement continuer à augmenter davantage, a indiqué mardi un haut responsable sanitaire américain, estimant qu’il fallait agir de façon urgente et massive pour endiguer cette épidémie.

«Malgré les efforts importants déployés par le gouvernement américain, les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et des pays affectés, le nombre de cas continue à augmenter et s’accroît désormais rapidement», a dit le Dr Tom Frieden, directeur des CDC (Centers for diseases control and prevention).

«Et je crains qu’au cours des toutes prochaines semaines, ces chiffres vont encore augmenter et de façon importante», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse pour faire part de sa récente tournée dans les pays d’Afrique de l’ouest touchés par cette flambée d’Ebola d’une ampleur sans précédent depuis l’émergence du virus en 1976.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé la semaine dernière que 20 000 personnes pourraient être touchées en Afrique.

Selon le dernier bilan de l’OMS, on dénombrait 3.069 cas dont 1552 décès au 26 août.

Pour le Dr Frieden, la période durant laquelle il est encore possible d’arrêter cette épidémie avant qu’elle ne s’étende à d’autres pays et devienne encore plus difficile à contrôler «est près d’arriver à sa fin».

«Il faut donc agir dès maintenant pour accroître la réponse…», a-t-il insisté, soulignant «qu’on sait comment faire pour arrêter Ebola».

Il a cité la détection rapide de l’infection, la mise en quarantaine systématique des personnes infectées et le suivi des malades guéris encore contagieux jusqu’à 21 jours.

Mais il faut plus de moyens financiers et techniques ainsi qu’une plus grande mobilisation et coordination internationale, a expliqué le responsable, si l’on veut arriver à stopper l’épidémie.

Le président Barack Obama a réitéré dans une vidéo publiée mardi à l’adresse du public des pays affectés par Ebola (Liberia, Sierra Leone, Guinea et Nigeria) que les États-Unis avec leurs partenaires dans le monde travaillaient avec leur gouvernement respectif pour les aider à arrêter la maladie.

«Stopper l’épidémie ne va pas être facile mais nous savons quoi faire», a-t-il déclaré ajoutant que «nos pays peuvent travailler ensemble pour améliorer la santé publique et empêcher que des épidémies similaires ne se répétent dans l’avenir».

Le Dr Frieden a relevé que le virus ne semblait pas connaître de mutation qui pourrait faciliter sa propagation. Il a d’ailleurs jugé ce risque «très faible».

Plus pessimiste, la présidente de Médecins sans frontières (MSF), Joanne Liu a estimé mardi dans un discours à l’ONU que le monde est en train de «perdre la bataille» contre la progression de l’épidémie d’Ebola.

Un test de détection efficace en 30 minutes

Des chercheurs japonais ont indiqué mardi à l’AFP avoir développé une nouvelle méthode pour détecter la présence de l’Ebola en 30 minutes, avec une technologie qui pourrait permettre de diagnostiquer rapidement l’infection même dans des pays où les équipements font défaut.

Le professeur Jiro Yasuda et son équipe de l’Université de Nagasaki (ouest) affirment que leur processus est non seulement efficace dans des délais très courts, mais également moins cher que le système actuellement utilisé en Afrique de l’Ouest. Les chercheurs ont mis au point ce que l’on nomme en biologie une «amorce» qui amplifie seulement les gènes spécifiques du virus Ebola lorsqu’il est présent.

De l’acide ribonucléique (ARN) est extrait des éventuels virus présents dans un échantillon de sang, après la désactivation de ceux-ci.

À partir de ces informations de codage est créée une séquence ADN qui est mélangée à l’amorce dans une éprouvette. Le tout est ensuite chauffé à 60-65 degrés Celsius.

Si l’Ebola s’y trouve, l’ADN spécifique au virus est amplifié en 30 minutes et, le cas échéant, le liquide dans l’éprouvette devient trouble, ce qui donne alors une confirmation visuelle de l’infection.

Actuellement, une méthode appelée réaction en chaîne de la polymérase, ou PCR, est largement utilisée pour détecter le virus Ebola. Elle consiste à répliquer un gène plusieurs fois de suite afin d’avoir suffisamment de matière à analyser. Elle a pour inconvénient d’exiger du matériel spécifique et de prendre une à deux heures.

«Le nouveau procédé japonais, lui, ne nécessite qu’un simple équipement de chauffe, alimenté par une batterie, et le tout ne coûte que quelques centaines de dollars, un prix que les pays en développement devraient être en mesure de payer», a précisé M. Yasuda.

«Nous n’avons pas encore reçu de demandes, mais serions heureux d’offrir ce moyen d’analyse qui est prêt», dit-il.

-Avec Associated Press

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