La limace, futur atout des chirurgiens


Il y a des adhésifs qui sont utilisés en médecine, ils sont utiles, mais ne peuvent aller dans un corps qui est humide ou liquide qui en plus est toxique pour les cellules. Un nouvel adhésif pourrait maintenant prendre place grâce à une sorte de limace que son mucus a pu être recréé synthétiquement avec des atouts surprenants
Nuage

 

La limace, futur atout des chirurgiens

 

Une limace pend du bout du doigt d'un jardinier.

Certaines limaces sécrètent un mucus qui est extrêmement collant. Photo : Reuters/Peter Nicholls

Même si la limace est parfois considérée comme l’un des êtres les moins intéressants du règne animal, elle a inspiré la fabrication d’un nouveau genre d’adhésif médical.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Réparer des lésions corporelles, qu’elles soient internes ou externes, nécessite souvent des points de suture. Cette technique est parfois difficile à mettre en pratique, principalement si la lésion est de petite taille ou difficile d’accès.

Dans ces moments, utiliser de la colle pour refermer ces plaies serait simple, mais plusieurs problèmes empêchent l’emploi de ce genre d’adhésif. Bien peu de colles sont efficaces en milieu liquide ou humide et celles qui le sont s’avèrent souvent toxiques pour les cellules. Il existe des colles médicales non toxiques, mais elles sont beaucoup moins fortes que leur équivalent chimique et exercent souvent une fonction de soutien.

D’outil défensif à outil médical

Une équipe de chercheurs des universités McGill et Harvard a remarqué que la loche roussâtre (Arion subfuscus), que l’on trouve en Amérique du Nord et en Europe, a la capacité de sécréter une colle spéciale quand elle se sent menacée. Ce mucus lui permet de rester fixée sur la surface où elle se trouve et d’empêcher un prédateur de l’emporter.

En analysant la composition de cette colle lors d’une étude précédente, Jianyu Li, auteur principal et professeur adjoint au Département de génie mécanique de l’Université McGill, a remarqué qu’elle était formée de deux grandes composantes : une matrice flexible, c’est-à-dire un filet biologique capable de supporter de grandes tensions, et des protéines contenant une charge électrique positive.

Ces protéines vont attirer ce qui se trouve autour d’elles de la même façon qu’un ballon se colle au mur par électricité statique après avoir été frotté sur nos cheveux.

La limace peut donc se coller à une surface en exploitant des forces qui relient les atomes les uns aux autres. Ce phénomène a déjà été observé ailleurs dans la nature et permet, entre autres, aux lézards geckos de marcher sur les murs.

Les chercheurs ont recréé lors de cette nouvelle étude cette colle de limace de façon synthétique et ont obtenu un hydrogel en polymère plastique exceptionnellement efficace. Lors d’une démonstration, ils ont collé une extrémité de cet adhésif sur un cœur de porc et l’ont étiré jusqu’à 14 fois sa longueur initiale.

En plus de lui faire maintenir ensemble des tissus comme la peau, le cartilage, des artères ou des organes, les chercheurs s’en sont servis à d’autres fins, comme sceller un trou dans un cœur de porc, qui a ainsi continué à battre, ou arrêter une hémorragie du foie chez des souris. Des tests de longévité ont aussi montré la durabilité de cet adhésif, qui n’avait toujours rien perdu de sa force après deux semaines dans le corps de ces animaux.

Bien qu’il reste beaucoup de travail à faire avant l’arrivée de ce nouveau type d’adhésif dans les blocs opératoires, ce qui a été présenté est, pour l’instant, une substance supérieure à ce qui est déjà utilisé. On peut imaginer qu’un nouveau produit, capable de fixer rapidement des surfaces de tissus les unes aux autres, serait prisé dans le monde médical.

http://ici.radio-canada.ca

Un petit ver parasite pour révolutionner les greffes de peau


La médecine ne cesse d’évoluer et souvent a s’inspirant de la nature. Les greffes de la peau seront peut-être bientôt plus faciles grâce à une sorte d’adhésif qui agirait un peu comme les vers parasites des poissons. Les chercheurs voient plus loin toutes les possibilités que cela pourrait engendrer
Nuage

 

Un petit ver parasite pour révolutionner les greffes de peau

Des chercheurs se sont inspirés d'un ver microscopique parasite des poissons... (Photo Jaafar Ashtiyeh, archives Agence France-Presse)

PHOTO JAAFAR ASHTIYEH, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Agence France-Presse
Paris

Des chercheurs se sont inspirés d’un ver microscopique parasite des poissons pour concevoir un adhésif médical, plus résistant et plus sûr que les agrafes chirurgicales, qui pourrait révolutionner les greffes de peau.

Présentée mardi dans la revue britannique Nature Communications, l’invention repose sur des microaiguilles imitant la façon dont le ver parasite Pomphorynchus laevis se fixe sur son hôte grâce à sa tête en forme de cactus, qui pénètre son intestin puis gonfle pour s’y maintenir fermement.

«La force d’adhésion de la pointe des microaiguilles est plus de trois fois supérieure à celle des agrafes chirurgicales classiques utilisées dans les greffes de peau», résume dans un communiqué Seung Yun Yang, biologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston (USA) et auteur principal de l’étude.

Chaque aiguille en forme de cône est constituée d’une âme en plastique rigide recouverte d’une pointe qui gonfle dès qu’elle est placée dans un milieu humide ou entre en contact avec de l’eau.

Pour tester leur efficacité, les chercheurs en ont tapissé un patch adhésif de 4cm2 et ils ont constaté que les aiguilles pénétraient dans les tissus vivants en douceur, tout en maintenant un contact étroit et solide avec la surface ainsi collée.

«Cette conception unique permet aux aiguilles d’adhérer à des tissus mous en leur causant le moins de dégâts possible. En outre, lorsque le temps est venu de retirer l’adhésif, les tissus, vaisseaux sanguins et nerfs sont moins traumatisés qu’avec des agrafes, et le risque d’infection est également réduit», assure Jeffrey Karp, qui a dirigé ces recherches.

La technique pourrait devenir une alternative aux agrafes et sutures utilisées actuellement pour fixer les greffes de peau sur des patients qui ont souffert de brûlures graves, d’infection, de cancer ou d’autres traumatismes importants.

Pour ses concepteurs, les microaiguilles pourraient aussi servir à administrer des médicaments, y compris des protéines, en particulier pour les interventions de chirurgie interne.

«Je pense que cette invention sera très efficace pour traiter les patients, non seulement pour fixer les greffes de peau, mais aussi pour administrer des substances actives à la surface d’une lésion. Il pourrait par exemple s’agir d’antibiotiques, de médicaments favorisant la croissance des cellules ou de molécules anti-inflammatoires», souligne Bohdan Pomahac, responsable du service des greffes et des grands brûlés du Brigham and Women’s Hospital.

http://www.lapresse.ca