Le Saviez-Vous ► 17 aliments «santé», mais caloriques ou peu nutritifs


Bien des aliments cité ci-bas, sont bon pour la santé, sauf que ceux préparer par les industries alimentaires, ajoutent des additifs, beaucoup de sucre et de sel et peu d’aliments sains.

Nuage


17 aliments «santé», mais caloriques ou peu nutritifs

Aliment santé : les barres énergétiques faibles en sucre.ALEXEILOGVINOVICH / SHUTTERSTOCK


Sélection du Reader’s Digest

Vous croyez que ces aliments «santé» vous aident à perdre du poids ou à bien vous nourrir? Soit parce qu’ils sont très caloriques ou peu nutritifs, ces aliments ne sont pas aussi bons que vous ne le croyez.


Vous croyez que ces aliments «santé» vous aident à perdre du poids ou à bien vous nourrir? Soit parce qu’ils sont très caloriques ou peu nutritifs, ces aliments ne sont pas aussi bons que vous ne le croyez.


Des galettes végé contenant beaucoup d'additifs sont peu nutritivesMARGOUILLAT PHOTO / SHUTTERSTOCK

Des galettes végé contenant beaucoup d’additifs sont peu nutritives

Les galettes végés, qui sont un choix régime pour ceux et celles qui essaient de couper les viandes, peuvent être bonnes pour la santé. Mais beaucoup des versions transformées et congelées contiennent plus d’additifs – utilisés pour créer cette texture de burger – que les légumes réels, a expliqué la nutritionniste Lona Sandon à WomansDay.com. Pour vous assurer que votre galette végé regorge de vrais bons légumes, Lona Sandon vous conseille de vérifier la liste des ingrédients pour vous assurer que les légumes sont bien répertoriés tout en haut.

Aliment santé : les tranches de dinde faibles en sodium.OLGA NAYASHKOVA / SHUTTERSTOCK

La dinde emballée n’est pas vraiment un aliment santé

Oui, la dinde est une bonne protéine maigre, et dans un sandwich de grains entiers avec de la laitue, des tomates et d’autres légumes, ce n’est pas un mauvais choix de lunch. Ici, le coupable, c’est le sodium; une portion de 55 g (2 oz) de certaines marques contient presque un tiers de la limite recommandée de sodium, selon CookingLight.com. Option santé : achetez des tranches de dinde faibles en sodium (recherchez moins de 350 mg de sodium par portion de 55 g/2 oz) ou du rôti de dinde que vous trancherez vous-même.

Aliment santé : les barres énergétiques faibles en sucre.ALEXEILOGVINOVICH / SHUTTERSTOCK

Des barres énergétiques dites santé sont très caloriques

Félicitez les génies du marketing qui ont trouvé le moyen de vendre des aliments « santé » qui contiennent plus de sucre et de calories que certaines barres de friandises!

« Les barres protéinées sont essentiellement des substances chimiques transformées », a dit sur iVillage.com le Dr Garth Davis, chirurgien spécialiste de l’obésité à la Clinique Davis de Houston (Texas) et auteur d’un livre sur la chirurgie bariatrique.

Si vous allez en manger, choisissez celles qui ont moins de 200 calories et moins de 20 g de sucre par portion, recommande WomansDay.com. Très important aussi : lisez les étiquettes pour choisir les barres qui ont aussi peu d’ingrédients que possible. Certaines marques comme KIND et Larabar contiennent seulement des noix, des fruits secs et des graines.

Aliment santé : un muffin fait maison faible en sucre et en matière grasse.BRENT HOFACKER / SHUTTERSTOCK

Les muffins au son sont riches en gras et caloriques

Simples et humbles, les muffins au son semblent être les héros du petit déjeuner. Mais alors que le son lui-même est une bonne source de fibres de grains entiers, il devient beaucoup moins nutritif lorsqu’il est cuit dans un muffin avec plein de sucre, de farine et de gras.

« Selon sa taille, un muffin au son peut avoir plus de calories et de sucre qu’un beigne », a dit la nutritionniste Joan Salge Blake, auteure du livre Nutrition & You, à WomansDay.com.

Si vous avez vraiment envie d’un muffin, faites-le vous-même en suivant une recette à base de farine de blé entier et en remplaçant le beurre par de la compote de pommes.

Aliment santé : le pain à la farine de blé non blanchie.CHAMILLE WHITE / SHUTTERSTOCK

Le pain multigrains contient parfois très peu de fibres et s’avère peu nutritif

Les mots « multigrains », « blé » ou « 7 grains » sont parfois trompeurs, explique CookingLight.com. Beaucoup de pains marqués de cette façon contiennent en fait des grains raffinés, sans les fibres des grains entiers qui peuvent faire monter votre glycémie plus rapidement après en avoir mangé, et vous donner des fringales. Achetez votre pain de façon plus intelligente! Si la première farine qui figure sur l’étiquette est raffinée (cherchez les mots « blanchis » ou « farine de blé enrichie non blanchie »), il ne s’agit pas d’un produit de grains entiers.

Aliment santé : le gruau fait maison.VLADISLAV NOSEEK / SHUTTERSTOCK

Le gruau instantané aromatisé n’est pas une option santé

C’est du grain entier, un choix de petit déjeuner sain et facile à faire, auquel vous pouvez ajouter des petits fruits, des graines de lin et des noix qui sont très santé. Alors qu’est-ce qui ne va pas avec le gruau d’avoine? Eh bien, les sachets aromatisés contiennent plus de sucre, et de sodium que les flocons d’avoine ou l’avoine épointée naturels, note Prevention.com. Une meilleure solution : coiffez du gruau ordinaire de fruits frais ou d’un peu de miel.

Le beurre d'arachide allégé est riche en sucreFORTYFORKS / SHUTTERSTOCK

Le beurre d’arachide allégé est riche en sucre

Oui, le gras des noix est bon pour vous! Une étude récente de Harvard a trouvé que les personnes qui mangeaient 30 g (1 oz) de cacahuètes par jour, soit l’équivalent d’une petite poignée, diminuaient leur risque de décéder de 20 % par rapport à celles qui n’en mangeaient pas. Par ailleurs, si vous comparez l’étiquette de beurre d’arachide régulier et avec moins de gras, vous verrez que le nombre de calories est à peu près égal. La différence, note CookingLight.com, c’est que la version allégée ajoute du sucre pour compenser le manque de gras. Donc, choisissez le type régulier qui contient des gras et permet de mieux calmer les fringales, et tenez-vous-en à 1 à 2 c. à soupe par portion.

Le couscous n'est pas bon pour la santéANASTASIA_PANAIT / SHUTTERSTOCK

Le couscous n’est pas bon pour la santé

Ce grain d’allure exotique, qui semble être un accompagnement vertueux, n’en est pas un. Le couscous est plutôt une pâte minuscule – un grain raffiné semblable aux pâtes blanches, selon BestHealthMag.com. Recherchez le couscous de blé entier, ou choisissez un grain entier comme le quinoa, qui sont riches en fibres.

Les sushis ne contiennent que très peu de fibres et de légumesGRAFVISION / SHUTTERSTOCK

Les sushis ne contiennent que très peu de fibres et de légumes

Du poisson frais, sans sauce – un aliment santé, n’est-ce pas? Nous avons tendance à manger beaucoup de sushis pour nous sentir rassasiés, et ces roulés contiennent surtout du riz et très peu de légumes. Selon la nutritionniste Rachel Beller de The Biggest Loser, un rouleau californien est l’équivalent de deux sandwichs au simili crabe. Un rouleau de thon épicé correspond à un sandwich et demi de thon à la mayonnaise. Une meilleure solution : demandez des rouleaux enveloppés dans du concombre ou avec moins de riz et apaisez votre faim avec une salade très protéinée à l’edamame.

Aliment santé : les craquelins de riz sont peu nutritifs.MMKARABELLA / SHUTTERSTOCK

Les craquelins de riz sont peu nutritifs

Légers et aériens, les craquelins et les gâteaux de riz sont le cliché par excellence d’une collation. Mais ils manquent de fibres et peuvent contenir beaucoup de sodium, fait remarquer BestHealthMag.com. Par ailleurs, les craquelins de riz sont en fait denses sur le plan des glucides : ils ont un ratio élevé de grammes de glucides par rapport à leur poids. (Les aliments « denses » en glucides peuvent modifier l’équilibre de votre flore intestinale et déclencher l’inflammation.) Un craquelin de riz ordinaire ne pèse que 9 g, mais 80 % de ceux-ci sont des glucides. En comparaison, une petite pomme de terre – beaucoup de gens pensent que c’est un « mauvais » glucide – pèse 170 g, mais les glucides ne représentent que 23 % de ce poids.

Le lait de riz n'est pas l'aliment santé que vous croyezRIMMA BONDARENKO / SHUTTERSTOCK

Le lait de riz n’est pas l’aliment santé que vous croyez

À moins qu’il ne soit enrichi, le lait de riz est « simplement de l’eau de riz, naturellement riche en glucides et pauvre en protéines et en calcium », a dit à Prevention.com la nutritionniste Bethany Thayer, directrice du Centre pour la promotion de la santé et la prévention des maladies au Henry Ford Health System, à Detroit.

Si vous pouvez manger des produits laitiers, vous feriez mieux de boire du lait de vache biologique écrémé, qui contient du calcium, du potassium, des vitamines A, D et B12, de la riboflavine et du magnésium. Les laits de soja et d’amande sont les meilleurs substituts des produits laitiers.

Aliment santé : le mélange montagnard fait maison.IGORS RUSAKOVS / SHUTTERSTOCK

Le mélange montagnard n’est pas très nutritif

La plupart des nutritionnistes vont conseiller de prendre des collations comprenant à la fois des glucides, des protéines et des fibres pour une énergie soutenue; un mélange montagnard semble être le parfait exemple. Mais les versions commerciales regorgent souvent d’ajouts qui ne sont pas aussi nutritifs qu’on voudrait, comme des raisins secs enrobés de « yogourt », des chips de banane frite, des bâtonnets de sésame ou des noix salées, selon DrOz.com. Préparez vous-même un mélange santé contenant principalement des noix et des graines, du chocolat noir et des fruits secs.

Aliment santé : les bretzels ne sont pas un choix sain.SHARAF MAKSUMOV / SHUTTERSTOCK

Les bretzels ne sont pas un choix sain

Avec moins de calories et de grammes de lipides que la plupart des croustilles, les bretzels semblent bons pour la santé. Mais « presque toutes les marques de bretzels sont fabriquées à partir des mêmes ingrédients de base : farine blanche (farine de blé dépouillée de ses nutriments et de ses fibres), levure, sel et peut-être un peu d’huile végétale ou de sirop de maïs, selon la nutritionniste Joy Bauer sur Today.com. Il est évident, d’après la liste des ingrédients, que cette collation populaire est à peu près dépourvue d’éléments nutritifs. »

Bauer recommande de chercher une marque faite avec de la farine de blé entier ou de manger à la place des craquelins de grains entiers, des croustilles de soja ou du maïs soufflé.

Aliment santé : évitez les roulés et pâtes à l’épinard.NITR / SHUTTERSTOCK

Les roulés et pâtes à l’épinard ne sont pas de bons choix pour la santé

Ne laissez pas la teinte verte vous tromper.

« La quantité réelle d’épinards dans ces tortillas est ces pâtes est infime par rapport à ce que vous obtiendriez si vous aviez ajouté vous-même des épinards aux roulés ou aux pâtes », selon la diététiste Sarah Haan sur SparkPeople.com.

Mangez des pâtes et des tortillas de grains entiers, en ajoutant des feuilles d’épinard frais pour avoir les vitamines du complexe B, les fibres, le fer et le calcium que ce légume vert feuillu contient.

Aliment santé : les chips de banane sont caloriques.FRANTISEK KECLIK / SHUTTERSTOCK

Les chips de banane sont caloriques et peu rassasiantes

Peu importe comment vous les coupez, elles sont inférieures à leur source originale, selon iVillage.com. Une banane nature vous offre des fibres, du potassium, de la vitamine C et moins de calories et de gras. Une portion de 30 g (1 oz) de ces chips peu rassasiantes, qui sont frites, a environ 150 calories, alors qu’une banane moyenne n’en a que 105.

Aliment santé : évitez les fèves au four.ZIASHUSHA / SHUTTERSTOCK

Les fèves au four ne sont pas un choix santé

Les fèves sont bonnes pour la santé.

Les fèves au four en revanche « sont un mélange désordonné d’haricots pinto, de sucre, de sirop et de mélasse avec un nombre de calories inutilement élevé », a dit la nutritionniste Rania Batayneh iVillage.com.

Ajoutez simplement des haricots pinto ou rognons ou des pois chiches, cuits nature, pour relever salades et plats de pâtes.

TERI VIRBICKIS/SHUTTERSTOCK

Le thé vert en bouteille n’est pas bon pour la santé

Vous buvez une boisson santé bourrée d’antioxydants ou l’équivalent de l’eau sucrée? Un rapport de ConsumerLab.com l’été dernier a révélé que certaines marques de thé en bouteille ne contenaient presque aucun EGCG, l’antioxydant puissant lié à la prévention du cancer et à la perte de poids ou des quantités beaucoup plus faibles que ce qui est revendiqué sur l’étiquette.

« Si vous êtes à la recherche d’une boisson sucrée, rafraîchissante, allez-y pour du thé en bouteille, a déclaré la nutritionniste Conner Middelmann-Whitney sur PsychologyToday.com. Mais si vous buvez du thé pour diminuer votre risque de cancer, de maladies cardiaques, d’ostéoporose et de plein d’autres affections dégénératives, faites infuser votre propre thé ».

https://www.selection.ca/

Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé


Ce n’est pas très surprenante qu’une alimentation ultra-transformée soit si nuisible à la santé. Quand nous achetons un aliment qui contient une liste d’ingrédients qui n’en fini plus, c’est mieux ne pas en consommer. Il faudrait revenir à une alimentation plus saine, on se portera bien mieux.
Nuage


Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé

Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé

Le 3 juin 2019.

La santé passe dans nos assiettes. C’est ce que confirme une étude sur les aliments ultra transformés. Selon les chercheurs, ils augmenteraient le risque de maladies cardio-vasculaires.

Les aliments ultra transformés augmentent le risque de maladies cardio-vasculaires

Quel est le point commun entre un soda, de la soupe en sachet, du jambon vendu en barquette et des « steaks » végétaux ? Ce sont tous des aliments « ultra transformés ». Mais il ne s’agit pas de leur seul point en commun. Ils sont aussi tous mauvais pour la santé. En cause, la très longues liste d’aliments qu’ils contiennent (additifs en tous genres, sirop de glucose-fructose, graisses végétales hydrogénées, nitrites, édulcorants intenses, etc.)

Selon deux études publiées le jeudi 30 mai dans la revue médicale British Medical Journal (BMJ), les aliments « ultra transformés » augmenteraient tout particulièrement le risque cardio-vasculaire mais aussi d’obésité, de cancer et de décès. Ces études ont été menées par 20.000 chercheurs qui ont fait appel à la participation de plus de 120.000 personnes. Les scientifiques ont observé l’alimentation des participants, soit près de 3.300 aliments et boissons.

Le risque augmente en fonction de la quantité d’aliments ultra transformés que nous mangeons

Les chercheurs ont alors constaté que la consommation d’aliments transformés avait un lien étroit avec divers problèmes de santé. Elle est associée à un risque plus élevé de maladies coronariennes et cérébro-vasculaires. Ainsi, avoir une alimentation comprenant 10% et plus d’aliments ultra transformés augmente de 12% le risque de maladies cardio-vasculaires.

Cette étude permet donc de confirmer que notre santé est liée à ce que nous mangeons. L’heure est donc venue de retrouver une alimentation plus saine, riche en fruits et en légumes notamment. Faisons place dans nos assiettes aux produits « bruts » et remettons-nous à cuisiner ! Pour cela, il faudra peut-être aussi changer notre manière de faire les courses en privilégiant les marchés et les producteurs locaux.

Perrine Deurot-Bien

https://www.passeportsante.net/

Le Saviez-Vous ► Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?


Une histoire intéressante sur ce que l’on peut avaler comme additifs alimentaires aux États-Unis. Bien, avant les challenges d’avaler, n’importe quoi sur les réseaux sociaux au risque d’être intoxiqué parfois mortellement, la nourriture industrielle a fait son entrée avec succès,ce qui a inquiété en 1883 un chimiste sur les dangers de tout ce que l’on peut ajouter dans les aliments pour les conserver, surtout qu’à cette époque, il n’y avait aucune loi pour protéger le consommateur. Grâce à une expérience avec des volontaires qui étaient nourris 3 fois par jour, il a pu démontrer la nocivité des additifs. Grâce a lui, les choses ont un peu changer. Car avouons-le .. Même si certains produits toxiques ne sont plus dans les aliments, la bouffe industrielle est toujours nocive.
Nuage

 

Eux étaient plutôt poison que viande, et vous?

 

Illustration Jeanne Detallante

Illustration Jeanne Detallante

Simon Clair et Stylist

Au début du XXe siècle, pour sauver l’estomac de la population américaine, une douzaine de kamikazes ont décidé de sacrifier le leur en goûtant tous les poisons que leur servait l’industrie alimentaire.

Cet article est publié en partenariat avec l’hebdomadaire Stylist, distribué gratuitement à Paris et dans une dizaine de grandes villes de France. Pour accéder à l’intégralité du numéro en ligne, c’est par ici.

Depuis quelques années, l’Amérique a très faim. Sur les réseaux sociaux, les ados des États-Unis ont mystérieusement décidé de manger tout ce qui leur passe sous la main. Devant l’œil de leurs caméras, elles et ils se lancent par exemple dans le «cinnamon challenge», le «nutmeg challenge» ou le «chubby bunny game» qui consistent à se gaver le plus possible de cannelle en poudre, de noix de muscade ou de marshmallow. Quitte parfois à finir à l’hôpital.

Toxicologue d’urgence pour le National Capital Poison Center, Kelly Johnson-Arbor reçoit tous les jours des appels téléphoniques alarmés de la part de ces intrépides de l’estomac. Elle avoue être parfois un peu dépassée par ces étranges pratiques:

«L’année dernière, la mode était au “tide pod challenge”, c’est-à-dire le fait d’avaler des dosettes de lessive ressemblant à des bonbons. Chez les jeunes, cela peut donner lieu à de la toux, des suffocations, des vomissements et des comas. Aux États-Unis, au moins deux adolescents sont morts après en avoir ingérées».

Selon les médias américains, tout a commencé lorsque le site parodique The Onion a publié en 2015 un article intitulé «Que Dieu me vienne en aide car je vais manger l’une de ces capsules de lessive multicolores». L’aspect appétissant des dosettes a ensuite fait l’objet de nombreuses blagues sur le web, au point de donner envie à certain·es de les gober comme des sucreries.

«Ils ne réalisent pas les risques qu’ils encourent. Mais c’est surtout l’envie d’être viral sur les réseaux sociaux qui les pousse vers ce type de comportement», soupire Kelly Johnson-Arbor.

Pourtant, bien avant la naissance d’internet, certains gloutons jouaient déjà les kamikazes gastronomiques en ingérant des produits pas franchement recommandables. Mais eux faisaient ça pour le bien public, sacrifiant leurs estomacs au service des nôtres, en goûtant un à un tous les composés chimiques utilisés dans l’industrie alimentaire américaine. Devenus de véritables célébrités, ces cobayes un peu claqués se faisaient appeler la «Poison Squad» [la Brigade antipoison en français] et ne rechignaient pas à finir leur bol de soupe. Même quand celui-ci était rempli d’acide.

Cuisine moléculaire

À la fin du XIXe siècle, la nourriture industrielle est un vrai danger public. Le lait et la viande sont conservés grâce au formaldéhyde, un composé organique servant à embaumer les cadavres. Les légumes en conserve sont régulièrement bourrés de sulfate de cuivre, un produit ayant longtemps joué le rôle de désherbant. Enfin, pour en stopper la fermentation, le vin et la bière reçoivent des doses d’acide salicylique, utilisé aussi en pharmacie pour soigner les verrues.

«Selon certaines estimations, rien qu’à New York, des milliers d’enfants sont morts à cause de lait ayant été chimiquement modifié. À l’époque, presque 100% des denrées alimentaires contenaient des conservateurs», relate Deborah Blum, journaliste scientifique et autrice de The Poison Squad.

Nous sommes alors en pleine période de l’industrialisation des États-Unis et contrairement à certains pays d’Europe, aucune loi n’encadre les entreprises commercialisant de la nourriture. Il est donc tout à fait légal de modifier chimiquement un produit pour changer son goût, sa couleur ou sa date de péremption, quitte à abuser de substances chimiques dont les effets sur le corps humain sont encore inconnus.

«Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner»

Un volontaire à l’expérience

Une situation qui ne plaît pas du tout à Harvey W. Wiley, chimiste en chef depuis 1883 au département de l’Agriculture du gouvernement américain. Il tente d’abord de prévenir les autorités qui ne semblent pas vraiment préoccupées par la situation.

«Wiley voyait bien que les Américains étaient en danger, mais il ne pouvait pas changer les choses en étant juste un gentil chimiste qui publie des rapports que personne ne lit, explique Deborah Blum. Il a donc décidé d’utiliser une méthode plus radicale.»

En 1901, il réussit à convaincre le Congrès américain de financer une expérience qu’il nomme «Les procès de la table hygiénique». Le principe est de réunir autour d’une table une équipe de cobayes. La moitié d’entre eux dégustera matin, midi et soir des plats parfaitement sains, sans le moindre additif chimique, cuisinés pour eux par un chef. Sans le savoir, l’autre moitié mangera la même chose, augmentée d’une dose plus ou moins forte d’un produit chimique à tester. Par mesure de sécurité, les rôles s’inverseront tous les quinze jours, sous l’œil attentif du savant fou Wiley.

Durs à cuire

Pour trouver des volontaires à cette étude hors norme, Wiley poste une annonce expliquant son expérience et promettant trois copieux repas par jour. Dans la perspective d’économiser un peu d’argent sur leurs dépenses alimentaires, une douzaine de candidats ne tarde pas à se manifester, parfois même avec un peu de fanfaronnade

. «Monsieur, j’ai un estomac qui peut tout supporter. Il va vous étonner», écrit l’un des volontaires dans sa lettre de réponse à l’annonce.

Harvey Wiley fait aussi construire un restaurant dans les sous-sols du département de l’Agriculture. Au-dessus de la salle à manger, les cobayes y font poser une plaque sur laquelle on peut lire:

«Seuls les braves osent manger la nourriture». Selon Deborah Blum, «la vérité est que même s’ils avaient été prévenus, les volontaires ne se rendaient pas bien compte de ce qui les attendait. Ils se voyaient comme des explorateurs en croisade».

De quoi séduire les journalistes du Washington Post qui décident rapidement de rebaptiser la folle équipe du nom de Poison Squad. Même s’il ne touche pas aux préparations toxiques de son cuisinier, Harvey Wiley a droit, quant à lui, au charmant surnom de Old Borax. Aux quatre coins des États-Unis, on commence alors à s’enflammer pour ces héros prêts à s’empoisonner pour sauver le reste du pays.

La Poison Squad | The U.S. Food and Drug Administration via Flickr

D’autant plus que, pour attirer l’attention, Harvey Wiley s’amuse à envoyer de faux menus à la presse: huîtres sauce formol, hors-d’œuvre à l’acide benzoïque, liqueur de tête de mort et coupe-faim à la Roland B. Molineux, du nom d’un meurtrier de l’époque ayant empoisonné deux victimes. La stratégie d’Old Borax fonctionne à merveille et l’opinion publique se passionne pour l’expérience en cours. L’écrivain S.W. Gillilan leur écrit par exemple un poème resté célèbre:

Nous brisons notre jeûne à l’acide prussique
Nous déjeunons au ragoût de morphine
Nous dînons avec des consommés de têtes d’allumettes
Nous buvons de l’acide phénique
Nous sommes immunisés contre la mort et nous en sommes fiers
Hourra pour la Poison Squad!

En parallèle, le comédien Lew Dockstater, dont les spectacles de ménestrel connaissent un succès national, popularise un hymne à la gloire des cobayes de Wiley. Le refrain est repris dans tout le pays:

«Ils s’en remettront peut-être, mais ils ne seront plus jamais les mêmes». Blurp.

Accord écœuré

Malgré cette gloire soudaine, les membres de la Poison Squad déchantent vite en découvrant les effets des produits qu’ils ingèrent. Après avoir testé le borax (acide borique) suivi de l’acide salicylique à des doses de plus en plus élevées, la moitié des volontaires empoisonnés doivent mettre un terme à l’expérience avant la fin. Ils n’ont plus d’appétit, dépriment et sont en proie à de violentes nausées suivies de vomissements. Parfois, ils n’arrivent même plus à se lever le matin. Même constat après les séances de dégustation à hautes doses d’autres produits fréquemment utilisés par l’industrie alimentaire comme le dioxyde de soufre ou le benzoate de sodium.

«Le résultat de cette expérience montre qu’une grande partie de ces additifs sont mortels et qu’ils causent de graves inflammations du tube digestif», conclut le Times après avoir eu accès au rapport de plus 500 pages publié par Harvey Wiley.

Mais si ce test grandeur nature est un succès, un point assombrit tout de même le tableau. Deborah Blum revient sur les limites de ce travail:

«Après l’expérience, les membres de la Poison Squad ont tous mis un peu de temps à s’en remettre. Le problème est qu’il n’y a pas eu de suivi de leur état de santé sur le long terme. L’un d’entre eux est mort quelques années plus tard des suites d’une tuberculose. Dans les médias, sa famille a soupçonné Wiley d’avoir affaibli ses défenses immunitaires avec son expérience».

Difficile de savoir si ces accusations sont avérées ou si elles ont été lancées par les nombreux lobbies de l’industrie alimentaires très remontés contre Wiley. Une chose est sûre: les casse-cou de la Poison Squad ne se sont pas intoxiqués pour rien. En 1906, grâce à ces nouvelles trouvailles, la signature du Pure Food and Drug Act marque la mise en place d’un cadre pour la sécurité sanitaire des aliments produits aux États-Unis.

Aussi appelée Wiley Act, cette loi fédérale a quelque chose de novateur. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le gouvernement s’engage à protéger les consommateurs. En matière de régulation, tout le reste suivra. Malgré son licenciement quelques années plus tard par le département de l’Agriculture qui n’apprécie guère son refus du moindre compromis avec l’industrie alimentaire, Harvey Wiley a donc gagné la bataille. Au moins jusqu’à l’invention des dosettes de lessive.

http://www.slate.fr/

Un mois sans aliments ultratransformés


C’est fou comment nous sommes envahis par les aliments ultratransformés. Des aliments qu’on ne soupçonne peut-être pas. Essayer de les éviter, il faut mettre la main dans le portefeuille et avoir du temps à investir dans la cuisine
Nuage

 

Un mois sans aliments ultratransformés

 

Pour être en santé, il faut éviter les aliments ultratransformés, clament les... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

 

MARIE ALLARD

La Presse

Pour être en santé, il faut éviter les aliments ultratransformés, clament les nutritionnistes. C’est facile de ne pas manger de croquettes de poulet, de croustilles ou de biscuits industriels. Mais comment bannir tout produit qui contient un ingrédient douteux ou un additif superflu?

La Presse a tenté le coup, pendant un mois. Bilan d’une expérience sans arôme ni colorant rose.

LE NOUVEL ENNEMI À TRAQUER

Près de la moitié – exactement 48,3 % – des calories consommées par les Canadiens provenaient d’aliments ultratransformés, en 2015. Dans le monde, seuls les Américains mangent et boivent plus de ces produits liés à la montée de l’obésité et des maladies chroniques.

Après le gras, le sel et le sucre, les produits ultratransformés sont le nouvel ennemi à combattre. Concrètement, comment les éliminer? Pour en avoir le coeur net (c’est le cas de le dire), l’auteure de ces lignes a tenté l’expérience. Pendant un mois, sa famille – composée de deux adultes et de quatre enfants de 8 à 11 ans, en garde partagée – a dit adieu à la pizza au fromage (qui attendait de dépanner, bien au froid dans le congélateur) et à beaucoup, beaucoup d’autres aliments.

Consommation d’aliments ultratransformés au Canada

– Enfants de 2 à 8 ans  52 % des calories consommées

– Enfants de 9 à 13 ans 57 % des calories consommées

– Ados de 14 à 18 ans 55 % des calories consommées

– Ensemble de la population âgée de 2 ans et plus 48 % des calories consommées

Source: Étude commandée par Coeur + AVC, à partir de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de Statistique Canada, 2015

Informé du projet avant son déclenchement, Carlos Monteiro, le Brésilien derrière le classement des aliments par degré de transformation NOVA, l’a jugé intéressant.

«Les aliments ultratransformés sont conçus scientifiquement pour maximiser le plaisir», a souligné M. Monteiro, professeur au département de nutrition de l’École de santé publique de l’Université de São Paulo.

«Les gens, particulièrement les enfants, s’habituent à avoir plusieurs stimuli quand ils mangent ces aliments, si bien qu’il est difficile pour eux d’apprécier la vraie nourriture. Ils deviennent otages de l’industrie alimentaire.»

Un fait confirmé quand on a tenté – sans succès – de cuisiner un bouillon maison aussi goûteux que les bouillons en boîte, aux saveurs «boostées» par les additifs.

Comment s’y retrouver

Évidemment, il n’est pas question de se nourrir uniquement d’aliments bruts comme les pommes ou les noix, la première catégorie de NOVA. Ni d’ingrédients culinaires tels l’huile ou le sucre, la deuxième catégorie. La troisième catégorie, les aliments transformés – par exemple, le pain composé de farine et de levain – , ne pose pas problème non plus. Bref, ce qu’il faut éviter, c’est la quatrième catégorie: l’ultratransformé. Mais c’est quoi?

«En gros, il faut regarder la liste d’ingrédients, conseille Jean-Claude Moubarac, professeur adjoint au département de nutrition de l’Université de Montréal. S’il y a une substance non utilisée en cuisine (gluten, caséine, protéines hydrolysées, etc.) ou un additif cosmétique (colorant, saveur, émulsifiant, etc.), c’est un ultratransformé.»

Exception: les additifs utilisés pour la conservation, qui sont tolérés.

Près de 65 aliments à éviter

Le 4 octobre, nous avons scruté le contenu de nos frigos, congélateurs et garde-manger. Le résultat? Renversant. Nous avons trouvé 105 aliments à la liste d’ingrédients équivoque, dans une maison où on cuisine beaucoup, en se souciant de la santé. Stéphanie Côté, nutritionniste chez Extenso, la stagiaire en nutrition Anne Charest et Jean-Claude Moubarac ont évalué ces 105 produits.

«On se rend compte à quel point les aliments ultratransformés sont omniprésents, en les regardant un par un», a commenté Anne Charest.

Du lot, ils en ont retenu 73 comme ultra-transformés, avant de convenir que certains additifs pouvaient servir à la conservation et de réviser ce nombre à 64. Qui sont ces coupables? La pizza surgelée, bien sûr, mais aussi des barres tendres, du yogourt aux fruits, du maïs en crème, de la boisson de soya, des tortillas, du fromage râpé, des céréales à déjeuner, des barres sportives, du pain 11 grains, des craquelins, de la sauce sriracha, etc. Tout a été rangé dans des bacs au sous-sol (sauf le yogourt et le fromage, qu’on n’a pas voulu gaspiller).

Chasse aux solutions de rechange

Le 6 octobre, première lonnnnngue visite au supermarché, où il faut consacrer beaucoup de temps à lire les étiquettes. Verdict: on ne peut pas acheter grand-chose, sauf des aliments de base.

Élise Jalbert-Arsenault, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique, a évalué l’offre alimentaire dans 17 supermarchés montréalais, dans le cadre de son mémoire de maîtrise en 2016.

«Le constat qu’on peut faire, c’est que les aliments ultratransformés sont disproportionnellement mis en valeur.»

On trouve ultimement des options plus saines, comme des fromages sans substances laitières modifiées ni additifs ou des noix à grignoter.

Barres tendres maison

Un après-midi, les garçons souhaitent cuisiner des barres tendres maison. La bonne idée! Sauf qu’il faut trouver des ingrédients – abricots secs, pépites de chocolat et céréales – sans additifs ni substances douteuses. L’épicerie bio vient à notre rescousse.

Le week-end, on prépare des crêpes aux bleuets, à défaut de pouvoir manger plusieurs sortes de céréales et de pains industriels. Au cours du mois, on cuisine aussi du granola maison, des muffins et des petits pots de gruau, pour le bonheur de tous. Mais cela s’ajoute à la préparation des dîners et soupers, qu’on cuisinait déjà…

Comme il n’y a plus que du yogourt nature, les enfants l’agrémentent d’une tonne de confiture maison (offerte par des amis, merci!), de sirop d’érable ou de mélasse, un sucre qu’on redécouvre. En sevrage de fromage cottage au petit-déjeuner, un des adultes tente d’en concocter à deux reprises, avec un succès mitigé. On multiplie les visites à la boulangerie, où le pain a une liste d’ingrédients simple.

Les expéditions du conjoint à l’épicerie sont accompagnées de photos de listes d’ingrédients envoyées par texto. «Ça, c’est O.K.?», demande-t-il, incertain devant un additif ou un ingrédient. Trancher entre aliment transformé et ultratransformé n’est pas toujours facile, et il faut parfois faire appel à Jean-Claude Moubarac pour nous éclairer.

Retrouver les plaisirs simples

«En préservant les enfants des aliments ultratransformés pendant un mois, ils pourront probablement récupérer leur habilité à ressentir du plaisir à manger une simple pomme», a souhaité Carlos Monteiro avant notre expérience.

Au bout du compte, les quatre enfants n’ont été mis au régime sec que la moitié du temps, en raison de la garde partagée et de multiples occasions de manger de la malbouffe (Halloween, anniversaires, danse de l’école, etc.).

Leurs impressions?

«Les crêpes étaient bonnes!» s’est réjouie une des filles. «J’ai aimé les barres tendres, a commenté un des garçons, fier de sa recette. Elles étaient croustillantes.» Ce qui leur a manqué? «Le yogourt avec un goût», a répondu l’autre garçon.

Comme quoi il est plus facile de sortir les arômes d’un frigo que de ses envies…

L’avis de l’industrie

La condamnation des aliments ultratransformés «est exagérée», estime Jean-Patrick Laflamme, vice-président aux affaires publiques et aux communications du Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ). «Elle représente un raccourci intellectuel qui induit une équation où on associe la malbouffe aux aliments ultratransformés, alors que certains aliments ultratransformés sont bons pour la santé.»

«Nous pensons que l’escalade de la diabolisation de l’industrie est injustifiée et ne servira personne, ajoute-t-il. Pas plus le consommateur, qui finira par être démotivé à faire des choix qui correspondent à son mode de vie, que l’industrie qui devra vivre avec des impacts économiques importants pour des résultats qui, dans certains cas, restent encore à démontrer.»

Quelques statistiques

230 kg: Les Canadiens achètent au moins 230 kg d’aliments et de boissons ultratransformés par personne, par an.

X 2: La part de calories provenant d’aliments ultratransformés a doublé en 70 ans: autrefois, ils représentaient 24 % des achats d’aliments des familles et aujourd’hui, 54 %.

Source: Étude commandée par Coeur + AVC, à partir de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de Statistique Canada, 2015

Solutions de rechange possibles

> Fromage mozzarella râpé, Compliments équilibre, ultratransformé

Contient notamment: substances laitières modifiées, chlorure de calcium, cellulose en poudre, etc.

«Attention aux fromages déjà râpés, ils contiennent de la cellulose qui agit, la plupart du temps, comme un émulsifiant», dit Jean-Claude Moubarac, professeur adjoint au département de nutrition de l’Université de Montréal.

Solution de rechange: cheddar médium, Riviera

> Pain 11 grains entiers, Boulangerie Stonemill, ultratransformé

Contient notamment: du gluten, «une substance qui n’est pas d’usage culinaire», souligne Jean-Claude Moubarac.

Solution de rechange: pain intégral bio au levain, Première Moisson

> Sauce soya à teneur réduite en sel, VH, ultratransformée

Contient notamment: glucose-fructose, caramel, protéine de soya hydrolysée.

Solution de rechange: assaisonnement au soja liquide, Bragg

> Tortillas au blé entier, Mejicano, ultratransformées

Contiennent notamment: pyrophosphate acide de sodium, sorbate de potassium, propionate de sodium, mono-diglycérides, acide fumarique, stéaroyl-2-lactylate de sodium, maltodextrine, gomme de cellulose, carraghénine, hydrochlorure de l-cystéine.

Solution de rechange: galettes de sarrasin, Soba

 

DE L’ARGENT ET DU TEMPS

Deux constats s’imposent, après 30 jours à éviter les aliments ultratransformés: bien manger coûte de l’argent et du temps.

Hausse du budget

Vous pensez que votre épicerie vous coûte cher? En 1969, les ménages canadiens consacraient 26,7 % de leur budget à l’alimentation, leur principale dépense. Trente ans plus tard, en 1999, ce n’est que 17,9 % du budget qui servait à payer l’épicerie, la boucherie, etc.

Au Québec, en 2016, les ménages ont consacré en moyenne 16 % de leur budget à l’alimentation, selon l’Institut de la statistique du Québec. C’est moins que le logement (27 %) et le transport (18 %). Pourquoi? Notamment parce que les aliments ultratransformés ne coûtent pas cher. La pizza surgelée Ristorante Dr. Oetker était en solde à 2,98 $ pour 390 g, début novembre chez Maxi. Essayez de faire une pizza maison à ce prix.

L’industrie fabrique des aliments attrayants grâce à «l’ajout massif de substances à des matières premières à faible coût», note le rapport présenté en septembre par la Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, en France.

Épicerie à 300 $

Au cours de notre mois sans aliments ultratransformés, nos visites hebdomadaires au supermarché ont coûté près de 300 $, sans compter d’autres factures réglées à la boulangerie, etc. Tout est une question de choix: cuisiner avec des lentilles sèches et des flocons d’avoine, ça ne demande pas de casser sa tirelire. Mais les fruits et légumes, les noix, le poisson et plusieurs autres ingrédients de qualité coûtent cher. À long terme, une fois le garde-manger regarni d’ingrédients sains, il est possible que la facture baisse un peu.

Le classement NOVA des aliments selon leur degré de transformation s’attire d’ailleurs des critiques.

NOVA ne parvient pas à démontrer qu’il remplit les critères requis pour des recommandations diététiques : facile à comprendre, accessible financièrement, réaliste et pratique», dénonce un article publié dans la revue Proceedings of the Nutrition Society, en 2018.

Tâches supplémentaires

Faire son bouillon, ses biscuits, passer à la boulangerie acheter son pain, ne pas oublier d’aller chercher son panier de légumes livré directement de la ferme, tout cela prend du temps.

Demander aux foyers d’éviter les aliments ultratransformés, d’adopter un mode de vie zéro déchet ou de manger bio, c’est ajouter des tâches aux adultes – encore davantage aux femmes, statistiques à l’appui.

En 2015, 65 % du nombre total d’heures consacrées à la préparation des repas par les parents canadiens étaient assurées par des femmes, contre 35 % par des hommes, selon Statistique Canada. Pareil pour le magasinage (notamment l’épicerie), fait à 59 % par les femmes et à 41 % par les hommes.

Solutions collectives demandées

«On sait déjà que les attentes envers la maternité sont irréalistes, indique Catherine Des Rivières-Pigeon, professeure de sociologie à l’UQAM. Beaucoup de femmes ne se sentent pas à la hauteur.»

Il faut passer du temps de qualité avec ses enfants, les stimuler (juste assez, pas trop), leur servir un potage maison, et par-dessus le marché, ne pas glisser de barre tendre (certifiée sans arachides) dans leur boîte à lunch, comme elle contient des additifs et des ingrédients douteux.

Si la responsabilité de faire ces tâches ne revient qu’aux parents, «ce ne sera pas possible», estime Catherine Des Rivières-Pigeon.

«La solution ne peut pas être individuelle. Comme société, il faut faire en sorte que le choix sain soit le choix facile.»

ÉVITER LES TENTATIONS

Anthropologue et chercheur en nutrition publique, le professeur à l’Université de Montréal Jean-Claude Moubarac s’intéresse à l’impact de la transformation alimentaire sur la santé et la société. La Presse l’a joint pour dresser le bilan du mois sans aliments ultratransformés.

Pourquoi est-ce important de limiter la consommation d’aliments ultratransformés?

Dans les études que nous avons réalisées au Canada, on voit très clairement que plus ces aliments sont consommés, plus l’alimentation se détériore. Leur composition pose problème : ils ont un excès de sucre, de sodium, de gras saturés, ils ont moins de vitamines et de minéraux. On voit aussi que plus les gens consomment des produits ultratransformés, moins ils consomment des fruits, des légumes et d’autres aliments nutritifs.

Les aliments ultratransformés nuisent-ils vraiment à la santé?

Oui. On a des données qui démontrent que la consommation de ces produits est associée à une détérioration de la santé globale. Il y a des études qui montrent un lien avec l’hypertension, d’autres avec l’obésité, le syndrome métabolique, certains types de cancer. Même si on est encore tôt dans la science, on voit que les impacts sont multiples.

On peut cuisiner avec beaucoup de beurre, de viande, de sucre et ne pas être en forme, sans manger d’aliments ultratransformés.

Oui. La consommation d’aliments ultratransformés n’est pas le seul problème en alimentation, au Canada. Selon moi, il faut s’attarder à trois facteurs:

1) Le niveau de transformation: on doit choisir des aliments frais et peu transformés.

2) La diversité: il faut choisir une grande diversité d’aliments frais et peu transformés, surtout à base de plantes.

3) Les modes de cuisson et de préparation: on doit limiter le sucre, le sel et l’huile en cuisine.

Il est vrai que si on cuisine ses propres biscuits, on risque d’en manger moins souvent que si on les achète en boîte au supermarché.

Oui. Il faut réfléchir à la fréquence et à la raison de consommer un aliment. Dans notre approche, ce n’est pas grave si le riz utilisé est brun ou blanc. Ce qui fait surtout la différence, c’est avec quoi on le combine. Le riz peut être blanc, donc faible en fibres, mais s’il est consommé avec des légumineuses, la combinaison devient nutritive. Je dis aux gens: choisissez la farine qui vous permet de faire des gâteaux et des biscuits qui vous plaisent. Mais faites attention à combien de gâteaux et de biscuits vous consommez. Ce n’est pas parce que tu choisis une farine entière que tu peux manger des biscuits quotidiennement.

Personnellement, vous arrivez à ne pas manger ultratransformé?

La technique qu’on s’est donnée, c’est de ne pas rapporter ces produits à la maison. S’ils sont là, on va forcément en consommer beaucoup. Moi le premier, j’ai une tentation assez forte envers ces produits. J’ai une vie stressante et je ne dis pas que je suis parfait, ce n’est pas vrai. Il faut tout le temps essayer de se protéger, pour se donner toutes les chances de bien manger.

Ne faut-il pas aussi que la société offre des solutions?

Oui, il faut réfléchir à une façon de cuisiner collectivement. On peut parler de ramener les cuisines dans les hôpitaux, les écoles, les lieux de travail. La solution ne sera pas de cuisiner trois repas par jour à la maison, de faire son pain et son fromage. Il y a des gens qui pourront le faire, c’est tant mieux, mais pas tous. Je pense qu’il y a plein d’occasions intéressantes.

Que retenez-vous de notre expérience d’un mois sans aliments ultratransformés?

Je me demande si c’est réaliste de demander au consommateur de détecter lui-même les aliments ultratransformés. On peut très facilement repérer les meilleurs aliments: c’est facile, ce sont ceux qui n’ont pas de liste d’ingrédients. Mais dès qu’on examine les aliments emballés, c’est plus compliqué.

Pour différencier les aliments transformés des ultratransformés, il faudra une application ou un étiquetage, vu la complexité des ingrédients et des additifs utilisés et, surtout, la rapidité des changements sur le plan de l’offre. Il y a cinq ans, on ne voyait pas sur le marché autant de produits atypiques, plus difficiles à classer, car l’industrie enlève de plus en plus d’additifs dans les produits. Ce qui est bon signe, mais rend la classification plus complexe.

Y a-t-il une appli qui peut nous aider?

En France, il y a Open Food Facts, qui permet de classer les aliments selon le Nutriscore [NDLR: un score nutritionnel] et NOVA. Au Canada, on a comme projet de développer une application, pour permettre aux Canadiens de trouver les produits ultratransformés à l’épicerie.

Les propos de Jean-Claude Moubarac ont été édités en raison d’un espace limité

https://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► Quels sont les 10 aliments industriels à éviter ?


Il y a tellement d’aliments qui sont vendu qui cachent des additif, sucre, gras etc … Et ce n’est pas ce que nous devons privilégier. Il est important de faire de bons choix pour une meilleure alimentation et pour notre santé
Nuage

 

Quels sont les 10 aliments industriels à éviter ?

 

Crédits : Pixabay

par Yohan Demeure

Il y a quelques semaines, le magazine 60 millions de consommateurs publiait un hors-série consacré aux « aliments qui nous empoisonnent » omniprésents dans les produits industriels. Entre sucres, gras, additifs ou encore pesticides, il est possible de répertorier une dizaine de produits à éviter.

Le ketchup contiendrait plus d’une vingtaine de grammes de sucre pour 100 grammes de sauce. Il s’agit tout de même de l’équivalent de trois morceaux de sucre ! Les nouilles déshydratées en sachet sont quant à elles truffées d’additifs tels que des arômes, du glutamate et autres exhausteurs de goût. Les mélanges contiendraient seulement 1 % de végétaux !

La charcuterie serait également à bannir, car contenant des nitrates, souvent de synthèse. Également, il s’agit d’aliments très gras (45 g de graisse pour 100 g au total). Aussi, les yaourts aux fruits sont élaborés avec de nombreux additifs tels que des colorants, des épaississants, des correcteurs d’acidité, etc.

Les bouillons cubes sont des concentrés de sel et additifs dont des exhausteurs de goût tels que le glutamate monosodique ou encore le guanylate disodique. À peine la moitié d’un cube couvrirait déjà 20 % de l’apport maximal en sel recommandé par l’OMS. Ceux-ci contiennent également énormément de sucre, tout comme le cacao en poudre (parfois jusqu’à 90 %), lui aussi déconseillé.

Les aliments végétariens transformés seraient également à éviter, car ceux-ci seraient bourrés d’additifs, de matières grasses et de sucre – entre autres. Les sodas ainsi que les aliments sans sucre (ou sans gluten) sont déconseillés pour les mêmes raisons, un constat similaire pour les céréales du petit- déjeuner

http://sciencepost.fr/

Le Saviez-vous ► Quinze allergies bizarres


On connaît à peu près tous une personne qui a une ou des allergies comme aux arachides, sésames, pollen, etc. Il y a des allergies qui ne sont pas très connues et franchement étonnantes. Comme des allergies à l’eau, vous imaginez que simplement se laver peut être ardu et douloureux, ou selon moi une des pires voir la pire, est l’allergie à tous les aliments et boissons. Comment peut-on survivre à ne boire que de l’eau ou manger des glaçons ?
Nuage

 

Quinze allergies bizarres

 

L’eau

La réaction typique est l’urticaire, et cette allergie touche une personne sur 230 millions. Si vous avez la malchance de tomber dans ces statistiques, prendre un bain ou se laver les mains relève du défi

Le sexe

L’allergie n’est pas à l’acte lui-même mais au sperme de l’homme. Cette condition peut affecter les hommes et les femmes et les symptômes sont de la fièvre, de la fatigue et les yeux qui brûlent. Le traitement ? Utiliser un préservatif ou, pour ceux allergiques également au latex ne plus avoir de relations sexuelles.

Le toucher

Le dermographisme est une réaction au toucher de quelqu’un d’autre. La peau peut devenir rouge, ou même gratter. Cela serait causé par la trop grande faiblesse des membranes des cellules de la peau. Heureusement, un traitement à base d’antihistaminiques suffit en général.

Les sous-vêtements

Culotte ou caleçon ? Rien, pour certains ! Certains tissus (nylon et sphandex sont montrés du doigt) ou teintures peuvent causer de érythèmes. Attention donc à bien regarder les étiquettes si vous êtes sujet à cela

Les aliments crus

Les melons, les ananas peuvent causer des irritations, voire la mort pour certaines personnes allergiques. Il s’agirait pas d’une allergie alimentaire, mais une réaction aux traces de pollen trouvé sur le fruit lui-même.

Le chocolat

C’est cruel, mais véridique. La cause : le cacao, les additifs ou même certaines parties des insectes qui se retrouvent parfois dans le chocolat. Les symptômes varient, mais se limitent généralement à de l’eczéma ou à une crise d’urticaire.

L’alcool

Hé oui, les allergie à l’alcool, ça existe. On ne parle pas de la « gueule de bois »mais d’une réaction du type congestion nasale ou peau rouge

La chaleur/ la sueur causée par l’exercice

L’urticaire est la réaction typique, elle n’est pas causée par l’exercice en soit mais la soudaine hausse de température du corps. Qui peut être aussi causée par la nourriture épicée, un plongeon dans un bain trop chaud ou une piqûre de moustique

Les déodorants

Dur, dur d’être allergique à quelque chose qui peut vous empêcher de sentir mauvais. Heureusement pour ceux à qui cela arrive, ils peuvent éviter de se gratter en utilisant en alternative du talc, comme de la poudre pour bébé

Les adhésifs

Il s’agir d’une dermatite de contact. Certains produits chimiques, comme la colle ou la résine, produisent des réactions. Ainsi certaines personnes sont allergiques aux extensions, aux chaussures …

Le soleil

Les lucite estivale, ou urticaire due à la lumière du soleil, peuvent en guetter plus d’un. C’est une allergie aux ultra-violet. La peau exposée quelques minutes au soleil, réagit en grattant et en formant de petits boutons rouges. Heureusement l’arrête de l’exposition aide au retour à la normale.

Le nickel

Une allergie connue aussi sous le nom d’allergie au iPod ou cellulaire ! Le nickel est le métal allergène responsable, Attention également à la monnaie et à certains bijoux

Les champs électromagnétiques

Ceux qui souffrent de cette allergie ne peuvent pas utiliser de micro-ondes, d’ordinateurs ou de cellulaires sous peine d’avoir de douloureux érythèmes et de gonflements de la peau

La grossesse

L’herpès gestationnel touche une grossesse sur 50 000 et peut laisser la mère avec des cloques et des marques sur le ventre. Cela arrive au cours du deuxième ou troisième trimestre, ou même pendant l’accouchement. Le traitement : des stéroïdes appliqués localement

Tout nourriture et boisson sauf de l’eau

 

Il s’agit d’une réaction allergique tellement rare qu’aucun terme médical n’a encore été trouvé. Mais elle existe bel et bien. Voyez la vidéo de ce garçon australien de 5 ans qui à le malheur d’en être atteint. (en anglais) Kaleb Bussenschutt ne manque des glaçons et ne peut avaler qu’un certain type de limonade, Tout le reste lui cause des douloureux ulcères d’estomac

http://quebec.huffingtonpost.ca

J’ai un pain qui ne veut pas moisir


Je suis déçu de voir que les pains ont autant d’additifs et d’agents de conservation. Pourtant, le plus simple serait d’un pain comme nos grands-mères et le congelé pour ne prendre que les tranches quand nous en avons besoin. Enfin, c’est ce que je fais ! Parce que ce n’est pas normal que des pains prennent des semaines voir des mois avant de moisir
Nuage

 

J’ai un pain qui ne veut pas moisir

En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont,... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont, en grande majorité, fait leurs frais trop longtemps. Pourquoi ?

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

MARIE ALLARD

La Presse

Symbole de la nourriture, le pain – à la base, un mélange de farine, d’eau, de sel et de levure – est censé sécher ou moisir. En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont, en grande majorité, fait leurs frais trop longtemps. Pourquoi ?

Le premier à verdir a été le Carré... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

Le premier à verdir a été le Carré aux grains germés biologiques de Première Moisson, couvert de moisissures et malodorant quelques jours plus tard.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Vous prendrez bien du pain frais d’il y a deux mois?

Toujours pas moisi, plus de deux mois après sa date de péremption. Acheté le 13 janvier, un pain Campagnolo à l’avoine et au sésame, de la Boulangerie St-Méthode, avait encore bonne mine le 24 mars. L’attache du sac précisait pourtant qu’il était « meilleur avant » le… 21 janvier.

Après le miracle de la multiplication des pains, La Presse a été témoin de celui des miches de longue durée. Aux fins de ce reportage, huit pains (de marques Auger, Bon Matin, Gadoua, POM, Première Moisson, St-Méthode et Villagio) ont été achetés dans un supermarché montréalais le 13 janvier, puis entreposés dans un cagibi de la salle de rédaction du journal.

Le premier à verdir a été le Carré aux grains germés biologiques de Première Moisson, couvert de moisissures et malodorant quelques jours plus tard.

« Sachez que la règle chez Première Moisson est toute simple : pas d’agent de conservation ni d’additifs chimiques dans nos produits, indique Manon Kirouac, directrice des communications de l’entreprise. Donc, il est tout à fait normal que ce pain ait moisi après cinq jours de durée de vie. »

Les autres pains ont gardé leur aspect initial plus longtemps. Si bien qu’à la mi-février, un mois après leur achat, la moitié des miches n’avaient pas encore moisi. Le dernier à être conquis par les champignons a été le pain Campagnolo, le 31 mars.

Additifs qui empêchent de moisir

« Le pain tranché commercial contient généralement des additifs qui l’empêchent de moisir », confirme Pierre Gélinas, chercheur spécialisé dans la qualité des aliments à base de céréales au Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Saint-Hyacinthe.

«Ces agents de conservation ne sont pas des poisons. Il est toutefois possible que les pains contiennent des doses excessives de ces additifs, par mesure de protection ou d’assurance.» Pierre Gélinas Chercheur

Faut-il se demander, comme le fait la boulangerie biologique Inéwa :

 « Si bactéries et champignons n’en veulent pas, pourquoi en mangeriez-vous ? »

La réponse n’est pas si simple. Moisissure n’égale pas qualité.

« Lorsqu’un pain sort du four, on pourrait dire qu’il est aseptisé, fait valoir Jérôme Laplante, directeur de la recherche et du développement chez St-Méthode. Il ne contient pas de moisissures, en raison de la cuisson. Le refroidissement, le tranchage et l’emballage sont les étapes critiques où un pain peut être contaminé – ou pas – par une moisissure présente dans l’air ou sur une surface. »

Chaleur et humidité favorisent les moisissures

Or, « si un pain n’est pas exposé à une source de moisissure, il ne moisira tout simplement pas », explique Alain Tanguay, directeur assurance qualité et salubrité des aliments à la Boulangerie Canada Bread, qui produit les pains Bon Matin, POM et Villagio.

La recette du pain et ses conditions de conservation influent ensuite sur la vitesse de développement des moisissures. Il est normal que les miches de La Presse se soient conservées plus longtemps dans un cagibi tempéré que sur un comptoir de cuisine, lors de chaudes et humides journées d’été.

« À la maison, normalement, on ouvre le sac de pain tous les jours pour prendre quelques tranches, observe M. Gélinas. La contamination vient aussi de là. »

Il reste que pour garantir un produit impeccable longtemps, les boulangeries industrielles reconnaissent qu’elles utilisent « des agents inhibiteurs de moisissures », comme le dit M. Tanguay.

Les plus populaires sont le propionate de calcium (qu’on trouve dans les pains Auger, Bon Matin, Gadoua, POM, St-Méthode et Villagio) et l’acide sorbique (présent dans les pains St-Méthode, POM et Villagio).

« Le propionate de calcium, à peu près tous les pains commerciaux en ont depuis longtemps, indique M. Gélinas. Cet additif retarde la multiplication des moisissures, mais il change aussi le goût du pain.»

«La saveur du propionate s’apparente à celle de certains produits laitiers, comme le fromage emmenthal.» Pierre Gélinas Chercheur

Le dernier pain du test -le Campagnolo à... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 6.0

Le dernier pain du test -le Campagnolo à l’avoine et au sésame de St-Méthode- est moisi.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Quant à l’acide sorbique (ou sorbate de potassium), « on n’avait pas ça il y a cinq ans », relève le chercheur. « Il n’y a pas un boulanger qui voulait mettre ça dans son pain, parce que ça sent un peu le chimique. Ça a une odeur qui se rapproche de celle des muffins anglais. Juste à sentir un emballage de pain, je peux vous dire s’il y a de l’acide sorbique dedans. »

Aujourd’hui, « au moins 50 % des pains sur le marché contiennent de l’acide sorbique, estime M. Gélinas. C’est énorme. » Si cet additif est soudainement si populaire, « c’est parce que c’est le champion toutes catégories pour empêcher de moisir », explique-t-il.

La Boulangerie St-Méthode, qui utilise ces deux additifs (sauf dans ses pains biologiques), cherche à les éliminer (voir plus bas). Quant à la Boulangerie Auger, elle refuse d’employer l’acide sorbique.

« Nous travaillons même à retirer le propionate de calcium, de façon à offrir à notre clientèle des pains naturels, précise Guillaume Talbot, directeur général de l’entreprise de Saint-Jérôme. Nous voulons atteindre cet objectif avant 2017. »

Chronologie

13 janvier 2016

La Presse achète huit pains dans un supermarché montréalais. Une tranche est retirée de chaque miche. Les pains sont ensuite entreposés dans un cagibi tempéré de la salle de rédaction.

18 janvier 2016

Le Grains germés biologiques de Première Moisson, dont la date de péremption était le 14 janvier, est le premier à moisir.

22 janvier 2016

Le POM ultra-moelleux est le deuxième à verdir. Le jour même de sa date de péremption, une surface de 8 cm sur 12 cm est couverte de moisissures.

15 février 2016

Un troisième et un quatrième pains moisissent : le Multigrains classique de Bon Matin et le Gadoua moelleux. La moitié des pains sont toujours d’aspect normal, plus d’un mois après leur achat.

22 février 2016

Des moisissures vertes sont visibles sur la moitié du pain 100 % grains entiers de St-Méthode, dont la date de péremption était le 18 janvier.

8 mars 2016

Un sixième pain, le Villagio Toscana, est tombé au combat.

24 mars 2016

Le Petit ménage d’Auger est le septième pain à moisir.

31 mars 2016

Le dernier pain du test – le Campagnolo à l’avoine et au sésame de St-Méthode – est moisi.

Symbole de la nourriture, le pain - à la base, un... (INFOGRAPHIE LA PRESSE) - image 7.0

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Additifs cachés

Des pains dont la liste d’ingrédients ne fait pas mention d’agents de conservation en contiennent de façon détournée, a appris La Presse. Ces conservateurs se cachent notamment sous l’anodine appellation « amidon de blé cultivé ».

Qu’est-ce que c’est, de l’amidon de blé cultivé ?

En fait, « il s’agit d’un ingrédient appelé MicroGard », indique Pierre Gélinas, chercheur au Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Saint-Hyacinthe. « Peut être utilisé comme alternative à d’autres conservateurs visant le contrôle des moisissures et des bactéries en boulangerie », précise la fiche technique du MicroGard 910.

Produit par Danisco, propriété du géant américain de l’agrochimie DuPont, le MicroGard 910 est décrit comme du « cultured wheat starch », soit littéralement de l’amidon de blé cultivé.

« Le MicroGard est le produit de la fermentation d’une culture de Propionibacterium, explique M. Gélinas. Ce sont des bactéries typiques de la fabrication du fromage emmental ; elles produisent naturellement de l’acide propionique, mais pas seulement cet acide. En d’autres termes, un pain qui contient du MicroGard est indirectement enrichi d’acide propionique et d’autres agents inhibiteurs comme l’acide acétique (vinaigre) ou l’acide lactique. »

Ce n’est pas tout : selon son brevet, cette invention inclut des « potentiators », en français des amplificateurs, dont… l’acide sorbique.

« L’ingrédient appelé ‟amidon de blé cultivé » contient donc de l’acide propionique et, probablement, de l’acide sorbique », observe M. Gélinas.

Profiter de l’engouement pour le naturel

Or, les boulangeries se gardent bien de le dire. Elles écrivent simplement « amidon de blé cultivé » comme ingrédient, ce qui semble moins chimique qu’acide sorbique ou propionique.

« Répond au désir des consommateurs pour des produits naturels et des listes d’ingrédients simples et compréhensibles », fait carrément valoir Danisco-DuPont.

Cette manoeuvre semble permise par Santé Canada.

« Selon le Règlement sur les aliments et drogues, les fabricants n’ont pas l’obligation d’indiquer sur l’étiquette du produit fini les constituants de certains ingrédients, tels que la farine », précise Maryse Durette, conseillère principale en relation avec les médias à Santé Canada.

Bref, tant que la boulangerie écrit « farine », pas besoin de révéler ce que contient la dite farine.

Des exemples

Le pain Blanc rustique Première Fournée « ne contient aucun agent de conservation, colorant ou saveur artificielle », d’après son fabricant Weston.

Or, ses trois premiers ingrédients sont : farine de blé enrichie, eau et… le fameux amidon de blé cultivé. Ce pain d’allure artisanale renferme aussi de l’intrigante « farine de blé cultivé » en plus de la « farine de blé ».

« Nous vous confirmons qu’il n’y a aucun ajout de quelque façon que ce soit d’acide sorbique et/ou de propionate de calcium dans les pains Première Fournée, a néanmoins indiqué Vincent Marcoux, directeur de la sécurité des aliments pour le Québec et l’Atlantique chez Weston. La farine de blé cultivé est une farine qui a été préparée suivant un procédé de fermentation contrôlé, impliquant une production d’acide lactique par des bactéries. L’amidon de blé cultivé est obtenu par un procédé similaire. »

L’amidon de blé cultivé se retrouve aussi dans des pains Gadoua et Au pain doré. Un mystérieux « amidon de blé fermenté » est, quant à lui, visible dans la liste d’ingrédients de pains de la Boulangerie St-Méthode. Notamment dans le pain intégral contenant 90 % d’ingrédients biologiques. S’agit-il du MicroGard ou d’un de ses compétiteurs ?

« Nous sommes désolés, mais il s’agit d’une information confidentielle », a répondu Sophie Pomerleau, responsable de la recherche et du développement de la Boulangerie St-Méthode.

Faut-il éviter les agents de conservation?

Vaut-il mieux éviter les pains qui restent beaux et moelleux longtemps ?

 « Certaines recherches tendent à démontrer que les substances ajoutées comme agents de conservation pourraient avoir des effets délétères sur notre santé à moyen et long terme », répond Mélanie Demers, infirmière en santé environnementale, diplômée du microprogramme Alimentation fonctionnelle et santé de l’Université Laval.

« Ici, on ne parle pas seulement des agents de conservation, mais de plusieurs autres substances ajoutées dans l’alimentation industrielle, indique l’infirmière. C’est l’accumulation de tous ces agents agresseurs pour le corps qui vient à créer des problèmes de santé à long terme. »

Que conseille-t-elle ?

« Bien entendu, le meilleur choix pour un pain demeure celui dont la liste des ingrédients est la plus courte et se rapproche le plus possible de la recette originale de nos grands-mères, dit Mme Demers. Évidemment, un pain sans agents de conservation devra être consommé rapidement ou surgelé. »

Ensachage du pain à la Boulangerie St-Méthode. «Si... (PHOTO FOURNIE PAR LA BOULANGERIE ST-MÉTHODE) - image 8.0

Ensachage du pain à la Boulangerie St-Méthode. «Si le pain n’a pas été contaminé, il n’y aura pas de développement de moisissures les jours suivants», explique M. Laplante.

PHOTO FOURNIE PAR LA BOULANGERIE ST-MÉTHODE

La méthode St-Méthode

Des pains de la Boulangerie St-Méthode moisissaient avant leur date d’expiration, il y a quelques années.

« On a même eu certaines pertes de clients à cause de ça », dit Jérôme Laplante, directeur de la recherche et du développement de l’entreprise d’Adstock, en Chaudière-Appalaches.

Avec ses pains bons pour la santé, St-Méthode plaît involontairement aux champignons.

« Le fait d’avoir moins de sel, moins de sucre, moins de gras dans nos pains, en plus de farines entières, cela fait que la moisissure tombe dans un milieu plus favorable à sa croissance », explique M. Laplante.

« Le sel est un agent de conservation à effet anti-moisissure, confirme Pierre Gélinas, chercheur en qualité des aliments à base de céréales à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Si on met très peu de sel, c’est normal qu’il moisisse un peu plus vite. »

En 2011, la Boulangerie – qui produit 13 % du pain tranché vendu au Québec – a formé un groupe chargé de régler ce problème, notamment avec l’aide de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval.

« Il a fallu développer un ensemble de barrières pour retarder ou éliminer la moisissure », relate M. Laplante.

Moins d’additifs l’hiver

Les méthodes de nettoyage des équipements ont été revues, comme la fréquence du lavage des mains des employés.

« Le secteur de l’emballage a été fermé, puis on s’est assurés qu’il soit à pression positive, pour que l’air de l’extérieur ne cherche pas à y pénétrer », ajoute M. Laplante.

C’est que les moisissures voyagent naturellement dans l’air, sans douaniers pour les arrêter. La Boulangerie a également cessé de reprendre les pains invendus – source possible de contamination – pour les destiner à l’alimentation des animaux.

Enfin, la recette des pains est désormais modifiée au fil de l’année.

« L’hiver, on réduit la quantité d’agents de conservation », révèle M. Laplante.

La durée de vie du pain est aussi allongée jusqu’à 10 jours. En saison chaude, propice aux moisissures, le pain a une durée de vie de neuf jours… et il contient plus d’additifs.

Objectif : éliminer le propionate et l’acide sorbique

St-Méthode utilise du propionate de calcium et du sorbate de potassium, des agents de conservation bannis notamment des magasins d’alimentation Whole Foods. 

« On cherche constamment à s’améliorer, assure M. Laplante. On travaille à enlever le propionate et l’acide sorbique de nos formulations. Mais c’est un travail à long terme. Si on se compare, on n’utilise pas de conditionneurs de pâte chimiques comme nos compétiteurs POM ou Gadoua. »

« Le consommateur veut beaucoup de choses, souligne Sophie Pomerleau, responsable de la recherche, du développement et du service à la clientèle de St-Méthode. Il veut un bon pain, le plus santé possible, avec le moins d’ingrédients chimiques possible, qui se conserve et soit moelleux longtemps. C’est un gros défi de réaliser tout ça en même temps. »

http://www.lapresse.ca/