Pourquoi et comment rester à +1,5 °C, selon le rapport du GIEC


À chaque réunion des gouvernements pour l’environnement, peu ou pas du tout n’ont réussit à atteindre leur but pour ralentir la progression des changements climatiques. Maintenant, pour y changer quelque chose, il faudrait beaucoup plus d’argent et plus du double d’effort. Alors, il y aura plus d’immigrés, plus de guerre pour de la nourriture et de l’eau. Et qu’est-ce que les gouvernements font ? Ils s’acharnent sur des problèmes beaucoup moins important ..
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Pourquoi et comment rester à +1,5 °C, selon le rapport du GIEC

 

Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d'investissements... (PHOTO Robyn BECK, archives afp)

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Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques – un coût qu’il faut mettre en regard avec celui, bien plus élevé, de l’inaction, soulignent les scientifiques.

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Agence France-Presse
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À +1,5 °C ou à +2 °C, le monde ne sera pas le même, prévient le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), décrivant des risques accrus pour les espèces comme pour les économies. Voici les grandes conclusions de son « rapport spécial », approuvé samedi par les gouvernements et publié lundi.

Déjà +1 °C et des conséquences

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l’homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1 °C depuis la Révolution industrielle. « Il est probable » que le réchauffement atteigne 1,5 °C entre 2030 et 2052, s’il garde son rythme actuel.

« Beaucoup de régions » connaissent un réchauffement plus accéléré encore, comme l’Arctique (deux à trois fois plus fort qu’ailleurs).

Le dernier demi-degré engrangé est déjà associé à une recrudescence de phénomènes météorologiques extrêmes.

Les émissions passées et présentes continueront à faire monter les océans, quoi qu’il arrive.

Une augmentation de 1,5° ou de 2°, des effets bien différents

Les différences sont « nettes » entre aujourd’hui, 1,5 et 2. Une augmentation de 2 °C signifierait des vagues de chaleur dans la plupart des régions. Les jours chauds croîtront à peu près partout, en particulier dans les Tropiques – zone sensible, car encore épargnée par les variations. Les précipitations liées aux cyclones gagneront en intensité.

Le niveau des mers, si l’on s’en tient à +1,5 °C, aura gagné 26 à 77 cm d’ici 2100, selon les projections. À +2 °C, ce serait 10 cm de plus, ce qui toucherait jusqu’à 10 millions de personnes supplémentaires.

À long terme, l’instabilité de la calotte antarctique et la perte de celle du Groenland pourraient être déclenchées vers +1,5/2 °C, faisant grimper les mers de plusieurs mètres sur les siècles ou millénaires à venir.

Les répercussions sur les espèces sera moindre à +1,5 °C : moins de feux de forêts, de perte de territoires, d’espèces invasives… À +1 °C, 4 % de la surface terrestre changera d’écosystème ; à +2 °C, ce sera 13 %.

Une augmentation de 1,5 limiterait l’acidification de l’océan (liée aux concentrations accrues de CO2), qui menace la survie d’espèces (poissons, algues, etc.) et, avec elle, les services que la nature rend à l’homme (pêche, pharmacopée…).

À +1,5, l’Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle ; ce sera un par décennie à +2.

La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu’à 2, de l’Asie du Sud-est à l’Amérique latine, dit encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour la ressource d’eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Faire plonger les émissions de CO2 de toute urgence

Pour rester à +1,5 °C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une « neutralité carbone » : c’est-à-dire cesser d’envoyer dans l’atmosphère plus de CO2 que l’on peut en absorber.

« Neutralité » implique de ne plus garder que les émissions « résiduelles », pour les secteurs ne pouvant s’en passer, comme l’aviation. Ce surplus de CO2 devra être pompé (ce sont des « émissions négatives »).

Les autres GES (méthane, HFC, carbone, suie…) seront à réduire aussi, bien que moins prioritaires que le CO2, car moins persistants.

Quant à la possibilité de dépasser le seuil de +1,5, pour faire redescendre le mercure plus tard au cours du siècle, le GIEC en souligne les risques – certains irréversibles, comme l’extinction d’espèces – et les incertitudes sur l’efficacité de l’extraction du CO2 à grande échelle.

Transformations sans précédent

Ce recul massif d’émissions nécessaire exigera « une transition rapide et d’une grande portée en matière d’énergies, d’usage des sols, de transports, de bâtiments et de systèmes industriels », un mouvement « sans précédent », car impliquant tous ces secteurs à la fois.

Les énergies renouvelables devraient passer de 20 à 70 % de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait réduite à poussière, la demande d’énergie devra baisser, l’efficacité énergétique, croître…

L’industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75 à 90 % d’ici 2050 par rapport à 2010 (en comparaison à de 50 à 80 % pour 2°), les transports devront passer aux énergies bas carbone (de 35 à 65 % en 2050, contre moins de 5 % en 2020).

Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5 % du PIB mondial. Un coût qu’il faut mettre en regard avec celui, bien plus élevé, de l’inaction, soulignent les scientifiques.

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Nous nous approchons des limites biologiques de l’espèce humaine


Depuis le début de l’homme, l’humain n’a pas cessé de progresser physiquement, biologiquement, mais somme-nous rendue au bout de notre limite ? La longévité grâce à la médecine a fait plusieurs centenaires, mais ensuite ? Avec les changements climatiques, l’air et l’eau pollués, les sécheresses, la famine pour garder ce que nous avons acquis, il faudrait vivre dans des sociétés beaucoup plus respectueuses de l’environnement
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Nous nous approchons des limites biologiques de l’espèce humaine

 

Quel horizon pour l'humanité? | RDexter via Flickr CC License by

Quel horizon pour l’humanité? | RDexter via Flickr CC License by

Adrien Marck et Jean-François Toussaint

Le débat sur nos capacités est passionné et ses enjeux sont considérables: l’être humain continue-t-il de progresser, repoussant sans cesse ses limites, ou les a-t-il déjà en grande partie atteintes?

Demain, serons-nous plus grands? Plus puissants? Plus vieux?

Deux conceptions s’affrontent: la première s’ancre dans le XIXe siècle et ses promesses d’éternel progrès, dont la quête de l’«homme augmenté»prolonge la tradition. Elle imagine l’humain s’affranchissant de toutes ses limites, dépassant sa propre définition, voire se recréant ex nihilo. La seconde s’appuie sur les données établies, biologiques, physiques et environnementales, et suggère un progrès désormais restreint. Elle démontre qu’une croissance ne peut être infinie.

En analysant les tendances historiques de trois indicateurs majeurs –les records mondiaux (performances physiologiques maximales), la taille adulte et et la durée de vie maximale– nous montrons un plafonnement depuis plus de vingt ans, suggérant l’atteinte des limites biologiques de notre espèce.

L’humain est conditionné par deux forces: son évolution passée et son environnement présent. Elles se combinent pour créer des structures corporelles et un cadre de vie dotés de limites. Au premier niveau, moléculaire, l’information génétique humaine se déploie sur 2,85 milliards de nucléotides; à une échelle plus macroscopique, celle du corps, on compte 640 muscles et 206 os; on repère également des limites dans l’organisation des milieux au sein desquels l’humain se développe.

Haut potentiel

Les progrès énergétiques, technologiques, médicaux, politiques et sociaux du XXe siècle lui ont permis d’atteindre un haut potentiel: il est plus grand, plus athlétique et vit plus longtemps. Entre 1896 et 1997, année de décès de Jeanne Calment, la durée de vie maximale est ainsi passée de 110 à 122 ans. Sur la même période, la taille moyenne à l’âge adulte a progressé de 8 cm sur l’ensemble des pays du monde, tandis que les performances sportives n’ont cessé de battre des records (de 11 secondes à 9,58 secondes sur le 100 mètres).

Taille moyenne des femmes sur la période. Un plateau semble s’installer à partir des années 1980. Front. Physiol., 24 October 2017, CC BY

Les tendances les plus récentes ne laissent entrevoir que des marges étroites pour notre progression future. Depuis deux décennies, personne ne s’est approché du maximum établi de longévité et les dernières données montrent des valeurs comprises entre 115 et 120 ans. Les Néerlandais, actuellement les plus grands, n’enregistrent plus de progression de leur taille (1m82 pour les hommes, 1m68 pour les femmes, depuis 20 ans). Et les deux tiers des épreuves d’athlétisme ne progressent plus depuis les années 1980 –ces performances ne devraient pas être améliorées de plus de 0,5% dans les décennies à venir.

Instabilités

Les activités humaines, toujours plus intenses sur une planète aux ressources finies, commencent à générer des effets délétères sur notre santé et notre cadre de vie: le réchauffement climatique, les reculs de la biodiversité, la raréfaction des ressources et l’acidification et la montée des océans pourraient n’être que des préludes. L’instabilité engendrée par ces bouleversements est clairement perceptible: baisse de la taille dans les pays concernés par les émeutes de la faim (Égypte), diminution de l’espérance de vie pour certains groupes (femmes euro-américaines aux États-Unis, hommes en Russie), progression de la sédentarité et recul des capacités d’endurance des enfants dans la plupart des pays développés. Leurs conséquences sociales et politiques se font déjà ressentir.

L’avenir sera à celles et ceux qui, conscients des risques, seront capables de propositions de nature à réduire nos impacts environnementaux tout en maintenant une santé, une longévité et des capacités humaines optimisées. Pour éviter l’incompréhension de nos concitoyens, ou le rejet trop rapide des options proposées, les politiques publiques doivent intégrer dès à présent ces enjeux. Elles devraient contribuer plus fermement à l’esquisse d’un projet tourné vers une société plus respectueuse de son environnement, proposant un cadre pour le développement (mobilité active, renoncement aux énergies carbonées, sécurité alimentaire, agrodiversité, dépollution, exploitation durable des ressources, minérales et vivantes) pour préserver un avenir commun. Saurons-nous agir à temps et préserver l’essentiel?

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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Maladies des récifs coralliens: des milliards de morceaux de plastique en cause


On sait le plastique est un problème énorme en mer, pour la flore et la faune marine. D’ailleurs, les récifs coralliens ne sont pas épargnés. En plus de supporter les changements climatiques, l’acidification, il faut en plus que le plastique leur cause des problèmes assez sérieux
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Maladies des récifs coralliens: des milliards de morceaux de plastique en cause

 

Les débris de plastique coincés dans les récifs coralliens augmentent...

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Les débris de plastique coincés dans les récifs coralliens augmentent considérablement le risque de maladies, selon une nouvelle étude américaine. Seulement dans l’ouest du Pacifique, près de l’Asie et de l’Australie, 11,1 milliards de morceaux de plastique contamineraient les coraux.

« Le plastique forme un milieu propice à la multiplication de pathogènes dangereux pour les coraux », explique Courtney Couch, de l’Université d’Hawaii, coauteure de l’étude publiée hier dans la revue Science.

« La montée en flèche de la contamination par le plastique, avec l’enrichissement des pays pauvres et émergents, va amplifier le stress que vivent déjà les récifs coralliens avec le réchauffement et l’acidification des mers, ainsi que les changements climatiques », écrit Courtney Couch, coauteure de l’étude.

Depuis 2012, l’équipe américaine a examiné visuellement, en plongée sous-marine, 125 000 coraux répartis sur 159 récifs dans le sud-ouest du Pacifique, entre la Thaïlande et l’Australie. Ils ont ensuite extrapolé leurs résultats à l’ensemble de l’ouest du Pacifique.

« Les récifs complexes, ceux qui ressemblent à des arbres avec de nombreux embranchements, sont les plus susceptibles d’avoir du plastique coincé entre deux coraux », dit Mme Couch, qui a travaillé deux étés en Indonésie à ce projet, dans le cadre de son doctorat en biologie. « Les récifs plats ont moins d’aspérités où peuvent se coincer les morceaux de plastique. Mais peut-être à cause de leur exposition accrue aux plastiques et aux bactéries qui les colonisent, les récifs complexes ont un moindre risque d’augmentation des maladies du corail en présence de plastique. Quand un débris reste coincé sur un récif de corail plat, le risque de maladie double. »

Un autre type de récif de corail, qui ressemble à une table posée sur un gros pilier central, est aussi très vulnérable aux maladies propagées ou créées par les morceaux de plastique. L’une de ces maladies est un type de blanchiment causé par une bactérie du genre Vibrio.

Le problème du plastique sur les récifs de corail est-il aussi important dans l’est du Pacifique, le long des côtes sud- et nord-américaines et dans les Caraïbes ?

« C’est la prochaine étape, voir si on peut extrapoler ces chiffres à d’autres régions, dit Mme Couch, qui se spécialise dans les maladies du corail. De manière générale, le problème du plastique dans les océans est moins grand près des pays riches, parce que le plastique a tendance à s’accrocher aux fonds marins ou aux récifs coralliens près de l’endroit où il est entré dans la mer et que les systèmes de recyclage et de gestion des déchets des pays riches sont plus efficaces. On s’attend à ce que la quantité de plastique libérée dans l’océan par l’Australie augmente de 1 % par année, mais qu’elle double dans le cas de la Birmanie. »

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EN CHIFFRES

40 % Augmentation du nombre de morceaux de plastique coincés dans des récifs coralliens de l’ouest du Pacifique d’ici 2025

24 %  Augmentation du risque de maladie du squelette dans les récifs coralliens où sont coincés des morceaux de plastique

17 % Augmentation du risque de maladie du blanchiment dans les récifs coralliens où sont coincés des morceaux de plastique

5 % Augmentation du risque de maladie du noircissement dans les récifs coralliens où sont coincés des morceaux de plastique

Source : Science

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L’IMPACT DU PLASTIQUE

BLESSURES: Les morceaux de plastique causent des blessures sur le corail, où s’infiltre un microbe responsable d’une maladie du squelette du corail.

OMBRE: Une grande quantité de morceaux de plastique en surface peut diminuer la lumière à laquelle est exposé le corail, ce qui peut entraîner la formation de milieux pauvres en oxygène propices à l’apparition d’une bactérie responsable du noircissement des coraux.

MIGRATION: Le plastique peut propager des bactéries toxiques pour les coraux, comme un groupe de pathogènes appelé Rhodobacterales, souvent présents sur les morceaux de PVC.

SYMBIOSE: Le plastique peut endommager les bactéries symbiotiques qui se nourrissent des résidus et effluents du corail, qu’elles protègent contre les bactéries nocives.

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Des "super coraux" capables de résister à des eaux acides et chaudes


Il y aurait-il un espoir pour les coraux ? En Nouvelle-Calédonie, il y a un endroit ou l’environnement marin serait en 2100, voir pire. Acidification, eau chaude et manque d’oxygène et pourtant des espèces de coraux survivent
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Des « super coraux » capables de résister à des eaux acides et chaudes

 

Photo prétexte. © thinkstock.

Une équipe scientifique franco-australienne a découvert dans une zone de Nouvelle-Calédonie où l’eau est acide, chaude et pauvre en oxygène des coraux capables de résister à cet environnement, ont-ils indiqué. Mais il reste nécessaire de combattre le réchauffement.

Les résultats de cette étude, conduite par des chercheurs de l’IRD de Nouméa (Institut de recherche pour le développement) et de l’Université de technologie de Sydney (UTS), viennent d’être publiés dans la revue « Scientific Reports » du groupe Nature.

Véritable « laboratoire naturel », un chenal marin d’environ 800 mètres, qui s’enfonce dans la mangrove à Bouraké (85 km au nord de Nouméa), a été le terrain des travaux. Il possède en effets tous les paramètres d’évolution prévus: acidification, eau plus chaude (+2°) et faible oxygène.

Les investigations des chercheurs ont mis en évidence qu’une quarantaine d’espèces de coraux constructeurs de récifs, des « super coraux », ont réussi à s’adapter à ces conditions environnementales « comparables et même pires que celles prévues d’ici 2100 ».

« Des espèces coralliennes qui ont été parmi les premières à succomber lors de l’épisode de blanchissement massif de 2016 qui a largement décimé les récifs mondiaux » ont été observées vivantes dans ce chenal, a également indiqué le Pr David Suggett, coauteur de cette étude. Pour lui, ce phénomène est « incroyable ».

Les analyses vont désormais se poursuivre afin « de déterminer le matériel génétique que ces espèces ont acquis ».

 

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Quelle différence entre 1 degré et demi et 2 degrés ?


Les pronostics avec les changements climatiques sont difficiles à prévoir avec précisions quand les choses iront de plus en plus pire, mais on sait par contre, que c’est un fait, nous sommes dans un changement qui donnera des sueurs froides en catastrophes et tout le monde sera touché
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Quelle différence entre 1 degré et demi et 2 degrés ?

 

(Agence Science-Presse) Pour notre planète, quelle serait la différence entre une hausse de 1 degré et demi et une hausse de 2 degrés ? On l’ignore, parce que les scientifiques ont à peine commencé à mener des recherches spécifiques de la cible de 1 degré et demi.

Il y a une « pauvreté d’analyses scientifiques » sur le degré et demi, lit-on dans une analyse publiée le 6 juin dansNature Climate Change. L’équipe de l’Université Oxford souligne l’importance de l’enjeu, alors que cette cible a été soulignée à maintes reprises lors de la Conférence de Paris, en décembre.

Les conséquences d’une hausse de 2 degrés Celsius par rapport aux températures moyennes de l’ère préindustriellesont elles-mêmes approximatives : entre les glaces de l’Arctique, les ouragans de l’Atlantique ou l’acidification des océans, personne n’est en mesure de tracer une frontière précise à partir de laquelle les choses commencent à se dégrader pour notre environnement. Mais un consensus s’est dégagé au cours des années 1990 et 2000 : la barre des deux degrés marque l’entrée dans une zone dangereuse. Déjà, avec « seulement » un degré Celsius d’augmentation — un seuil que nous venons d’atteindre — des experts de disciplines aussi diverses que la glaciologie, l’océanographie et la biologie, peuvent déterminer des conséquences tangibles. Qu’en sera-t-il quand la planète aura atteint le degré et demi ?

  • Les événements météorologiques extrêmes se produiront plus souvent. Mais que veut dire « plus souvent », si cela varie avec chaque type d’événement extrême et chaque région géographique ? Scénario pessimiste : selon Erich Fischer, de l’Institut des sciences du climat et de l’atmosphère en Suisse,
      • un événement catastrophique qualifié jadis de « un par 1000 ans » doublerait à « un par 500 ans » avec un degré et demi, et doublerait encore à deux degrés.
  • Sécheresses accrues en Afrique, en Amérique centrale et dans le bassin méditerranéen, selon Carl-Friedrich Schleussner, de l’Institut Postdam de recherche sur les impacts climatiques, en Allemagne.
  • Il prévoyait l’an dernier une baisse du débit des fleuves dans ces régions oscillant entre le tiers et la moitié.

Les experts disent depuis peu qu’avec le seuil des deux degrés, des régions entières du Golfe Persique et de l’Asie du Sud-Est seraient carrément inhabitables, à moins de rester perpétuellement dans une pièce climatisée. Mais à un degré et demi ? Même interrogation pour une bonne partie des terres agricoles qui sont aujourd’hui indispensables à la survie d’une partie de l’humanité. Avec un degré, elles souffrent déjà, avec deux degrés, une bonne partie de leur productivité déclinera.

À un degré et demi, résume le journaliste Fred Pearce dans Yale E360, on empêche une partie du sol gelé de l’Arctique de dégeler, et on limite ainsi la libération de milliards de tonnes de méthane dans l’atmosphère. À deux degrés, c’est moins sûr.

Une seule chose est à présent claire au milieu de toutes ces incertitudes : notre planète atteindra au cours du présent siècle le seuil du degré et demi d’augmentation, peu importe la vitesse à laquelle nous cessons d’émettre des gaz à effet de serre. Toute la question est de savoir jusqu’à quel niveau nous laisserons l’augmentation se poursuivre ensuite.

http://www.sciencepresse.qc.ca/

Les baleines face au fléau du réchauffement climatique


Les baleines sont en danger par la hausse des océans, les changements climatiques et El Nino qui s’ajoutent aux calamités, sans compter l’activité humaine en tous genre et la chasse aux baleines sous le couvert de recherches scientifiques
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Les baleines face au fléau du réchauffement climatique

 

 

Les baleines franches australes menacées par le réchauffement climatique. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les baleines franches australes menacées par le réchauffement climatique. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

De nombreuses espèces de baleines sont menacées par les effets du réchauffement climatique et les activités humaines.

RÉCHAUFFEMENT. Soudain, une masse surgit des vagues de l’océan Pacifique, puis une autre… Sous le soleil tropical de Puerto Lopez, au large de l’Equateur, d’énormes baleines caracolent avec leurs petits, sans avoir conscience de la menace du changement climatique qui les affecte. Ce spectacle à couper le souffle se répète tout au long des côtes latino-américaines, de Puerto Piramides (Argentine) à la Laguna Ojo de Liebre (Mexique), en passant par Cabo Blanco (Pérou) ou Bahia Malaga (Colombie). Mais partout, ces géantes du monde animal pâtissent de la hausse des températures, qui modifie leurs sources d’alimentation et leurs cycles migratoires, de plus en plus longs et épuisants. 

« Le changement climatique affecte les baleines », déplore Cristina Castro, biologiste équatorienne interrogée par l’AFP à Puerto Lopez, où elle observe les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) depuis 18 ans. 

Comme d’autres espèces, ces cétacés descendent jusqu’à l’Antarctique pour s’alimenter, puis remontent vers l’Equateur pour se reproduire. Mais ce tracé est perturbé par le réchauffement des eaux, qui désoriente les baleines et chamboule leur parcours.

« Les baleines à bosse ne s’arrêtent plus à l’Equateur. Elles remontent jusqu’au Costa Rica, vont et viennent durant toute la saison. Nous avons repéré des trajets de plus de 10.000 km depuis l’Antarctique jusqu’à des zones d’alimentation au Brésil et même en Afrique », s’inquiète la biologiste.

Une acidification inquiétante des océans

Selon la Commission baleinière internationale (CBI), entre 8.000 et 10.000 baleines à bosse ont été repérées en 2015 dans la zone de reproduction du Pacifique, qui va du Pérou au Costa Rica.

Le réchauffement de la planète « affecte tous les écosystèmes, en particulier l’Antarctique », confirme Mariano Sironi, spécialiste argentin des baleines franches australes (Eubalaena australis). 

Il réduit la quantité de kril, base de l’alimentation des baleines, dans les zones polaires où ces mammifères en ingèrent plusieurs tonnes par jour afin d’engraisser avant d’entreprendre leur migration. Roger Payne, scientifique américain qui a fait connaître le chant des baleines de la Patagonie dans les années 70, tire le signal d’alarme aussi sur l’acidification des océans, également due au changement climatique et qui met en danger la reproduction des cétacés.

« Avec l’enquête que nous avons menée en Argentine ces 45 dernières années, nous avons la preuve de l’effet du changement climatique sur l’une des principales espèces marines : les femelles ne mettent bas que lorsque les conditions pour alimenter leurs petits sont favorables », a-t-il précisé à l’AFP.

L’effet dévastateur d’El Niño

 

La situation des baleines risque encore de s’aggraver avec les conséquences « dévastatrices » d’El Niño affectant déjà les espèces marines de l’archipel équatorien des Galapagos et dont l’épisode actuel devrait connaître un pic d’activité cet hiver.

« On s’attend malheureusement à ce que les effets globaux du changement climatique reflètent en grande partie ceux d’El Niño » comme dans les années 1982-83 et 1997-98, épisodes les plus violents depuis 1950, ont averti les responsables du Parc national des Galapagos dans un rapport.

El Niño, phénomène météorologique consécutif à l’interaction entre l’océan et l’atmosphère qui réchauffe la région du Pacifique, a provoqué la disparition de 90 % des iguanes marins, 50 % des loups de mer, 75 % des pingouins et de presque tous les phoques âgés de moins de trois ans. Pour M. Sironi, la diminution du kril dans l’Antarctique implique moins de naissances de baleineaux.

« Cela peut aussi affecter la capacité de survie des petits », souligne le directeur de l’Institut de conservation des baleines. « Une mère mal alimentée génère un lait de moindre qualité et cela implique un baleineau également mal alimenté », ajoute Florencia Vilches, coordinatrice du Programme d’adoption de la baleine franche australe, dans la péninsule argentine de Valdés, sanctuaire de l’espèce.

Des menaces liées à l’activité humaine

A Puerto Lopez, Cristina Castro a observé des baleines à bosse « amaigries » par le manque de nourriture dans l’Antarctique et les migrations plus longues.

« Elles sont osseuses, malades, pleines de parasites. Ce que nous ne voyions pas auparavant », relève la directrice d’enquête de la Fondation baleines du Pacifique (Pacific Whale Foundation, PWF), basée aux Etats-Unis, lors d’une observation de baleines à bosse au large du port de pêche de Puerto Lopez (295 km au sud-ouest de Quito), paradis de cette espèce. 

Les concentrations de baleines (protégées depuis 1986 par un moratoire international interdisant leur chasse) sont une attraction le long des côtes de plusieurs pays d’Amérique latine.

Mais ces géantes sont en danger, tout comme la baleine bleue dont la population « ne montre plus de signe d’augmentation », avertit la présidente du Centre de conservation des cétacés du Chili, Barbara Galletti, qui les observe depuis 15 ans. 

D’autant qu’à l’impact insidieux du réchauffement climatique sur les baleines s’ajoutent, selon Rodrigo Hucke, chercheur de l’Université australe du Chili, d’autres menaces plus immédiates, dues elles aussi à l’activité des humains, telles que des blessures mortelles lors de chocs avec des navires et l’accroissement du bruit dans les océans qui parasite la communication des cétacés. De plus, le moratoire mondiale de 1986 présente une faille : il autorise la recherche létale sur les mammifères. Le Japon se sert de cette faille afin d’envoyer des baleiniers en Antarctique, chassant plusieurs baleines de Minke (Balaenoptera acutorostrata) sous couvert de recherches scientifiques.

http://www.sciencesetavenir.fr/

L’océan devient corrosif


En 200 ans seulement, nous avons changé l’environnement pour avoir un bouleversement majeur qui a des répercussions autant sur terre que dans la mer. Beaucoup d’espèces risquent de ne pas survivre à l’acidification des océans, cela aura des conséquences économiques et sur notre santé
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L’océan devient corrosif

 

Cliquez sur l'image pour visualiser notre diaporama sur les espèces menacées par l'acidification des océans © David Liittschwager

Cliquez sur l’image pour visualiser notre diaporama sur les espèces menacées par l’acidification des océans © David Liittschwager

Les océans absorbent plus du quart du CO2 produit par l’homme. Résultat : notre océan s’acidifie.  Quelles sont les conséquences pour l’environnement ?

Explications de Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS.

“Les activités humaines rejettent du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère : 30 % sont absorbés par la végétation terrestre et 28 % par l’océan, précise Jean-Pierre Gattuso. Le CO2 est un polluant acide. Quand il se dissout dans l’océan, il se transforme en acide carbonique, qui diminue le pH de l’eau. C’est ce que l’on appelle l’acidification. » 

L’eau ronge les coquilles

L’acidification de l’eau de mer touche en premier lieu les mollusques à coquille (huîtres, moules, etc.) et les coraux. Leurs structures en calcaire (coquilles, squelettes) ont besoin d’ions bicarbonate et d’ions carbonate pour se former. Or, ces particules disparaissent avec l’acidité.

“Les conséquences sont déjà visibles pour les industries ostréicoles de la côte Nord-Pacifique, où la reproduction des huîtres est de plus en plus difficile, observe le scientifique. Á certaines périodes de l’année, la diminution des ions bicarbonate est telle que l’océan devient corrosif et dissout le calcaire. L’Arctique est le principal touché par ce phénomène. En 2050, il sera devenu entièrement corrosif, ce qui entraînera la dissolution des organismes à structures calcaire. Cela se produira beaucoup plus tard dans les régions tempérées et tropicales.”

© Plateforme Océan et Climat

© Plateforme Océan et Climat

Des poissons désorientés

“Nous avons également découvert que l’acidification avait un impact direct sur les capacités sensorielles des poissons. Le poisson-clown, par exemple, peine à retrouver son anémone, car l’augmentation de l’acidité perturbe la neurotransmission dans son cerveau. »

Néanmoins, l’acidification n’a pas que des conséquences négatives.

“La photosynthèse de beaucoup d’espèces de phytoplancton est stimulée de 10 à 20 %. Cela constitue un garde-manger supplémentaire pour les poissons, mais ces organismes deviennent aussi plus compétitifs et se développent au détriment des coraux”. Des coraux dont le squelette est déjà fragilisé par la diminution des ions carbonate.

Les pêcheurs devront s’adapter

Pour les êtres humains, les effets sont uniquement indirects.

“Il n’y aucun danger sur la santé humaine : nous pouvons nous baigner sans risque. En revanche, la pêche et l’aquaculture devront s’adapter. Mais il est difficile de savoir quelles seront les conséquences exactes de ce changement.”

L’acidité des eaux océaniques s’est accrue de 26 % depuis le début de la révolution industrielle.

“L’océan s’est déjà acidifié avec la même ampleur il y a  55 millions d’années durant la transition entre le Paléocène et l’Éocène. Mais le processus est dix fois plus rapide aujourd’hui », explique le scientifique.

La période de la fin du Paléocène est marquée par un climat chaud sur l’ensemble de la planète. L’activité volcanique intense de cette époque avait libéré du CO2 en masse, entrainant une augmentation significative des températures.

“Il nous a fallu à peine deux cents ans pour changer la composition chimique de l’océan. Si nous arrêtions aujourd’hui d’émettre du CO2 dans l’atmosphère, il nous faudrait des centaines d’années, voire mille ou deux milles ans, pour revenir à la normale.”

Gattuso (2) (1)

Jean-Pierre Gattuso est directeur de recherche au CNRS et travaille dans le Laboratoire d’Océanographie de Villefranche, un laboratoire de l’Université Pierre et Marie Curie.

Par Sidonie Hadoux

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