Les jardins flottants des Aztèques au secours de nos fermes


Les Aztèques ont utilisé des chinampas pour l’agriculture. C’est des iles artificielles construites avec des roseaux alimenté par l’eau douce. Il semble que ce système soit accessible partout où il y a l’accès à un lac ou une rivière dans les grandes villes. A la condition que l’eau ne soit pas polluer
Nuage


Les jardins flottants des Aztèques au secours de nos fermes


Nathalie Mayer
Journaliste

Une population en croissance rapide et de moins en moins de terres arables disponibles pour la production alimentaire.

C’est une situation à laquelle Mexico doit faire face depuis plus de 700 ans. Et aujourd’hui, surgissent de plus en plus de centres urbains dans le monde. Pour y remédier, un chercheur propose d’adopter la méthode du jardin flottant imaginé par les Aztèques.

D’ici 2050, notre bonne vieille planète Terre pourrait bien avoir à nourrir quelque 10 milliards d’êtres humains, dont près de 70 % vivront probablement dans de méga-zones urbaines. Roland Ebel, un chercheur de l’université de l’État du Montana (États-Unis), suggère qu’une ancienne technique agriculturale aztèque pourrait alors nous aider à subvenir à nos besoins de manière durable.

Cette technique, c’est celle du chinampa, un terme aztèque que l’on traduit parfois par « jardin flottant ». Car un chinampa, c’est une île artificielle construite à partir de roseaux étalés autour de piquets de bois plantés sous la surface de l’eau douce d’un lac afin de former une clôture sous-marine. Elle favorise le développement d’un enchevêtrement de boues et de végétaux aquatiques qui forment un terreau fertile qui pourra être cultivé toute l’année durant.

Le système est toujours utilisé dans le sud de la ville de Mexico (Mexique). Des chinampas y sont construits en creusant des canaux et en utilisant la terre ainsi déplacée comme base des îles artificielles. Ainsi l’eau du canal remonte par capillarité jusqu’aux plantes. Par nature, les besoins en irrigation des chinampas sont donc très faibles. Leur productivité, en revanche, apparaît extraordinaire. Et les chinampas rendent de grands services en matière de séquestration des gaz à effet de serre et de biodiversité, de filtration de l’eau ou de régulation des microclimats aussi.

Les chinampas – inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987 – génèrent aujourd’hui plus de revenus liés au tourisme qu’à la production agricole. Ici, un ancien chinampa à Xachimilco, un quartier aujourd’hui ouvrier du sud de Mexico. © Jflo23, Wikipedia, CC by-SA 3.0

Les chinampas – inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987 – génèrent aujourd’hui plus de revenus liés au tourisme qu’à la production agricole. Ici, un ancien chinampa à Xachimilco, un quartier aujourd’hui ouvrier du sud de Mexico. © Jflo23, Wikipedia, CC by-SA 3.0

Une technique applicable à beaucoup de villes

Selon Roland Ebel, de telles organisations pourraient être mises en place dans bon nombre de zones urbaines en pleine expansion. D’ailleurs, le développement des chinampas dans la communauté aztèque correspond à une période de forte croissance de la population urbaine. La méthode aurait participé à un meilleur drainage, à une meilleure aération des sols, à une meilleure rétention de l’humidité pendant la période sèche et à une meilleure fertilité des sols sur le long terme.


Nous reposer sur le savoir de nos ancêtres

Ainsi, le chercheur n’hésite pas à qualifier la méthode de système de production le plus efficace jamais inventé.

« La plupart des ingénieurs optent pour des solutions innovantes : des fermes verticales très complexes, par exemple. Moi, je pense que nous devrions tirer les leçons du passé et nous reposer sur le savoir de nos ancêtres, raconte Roland Ebel. Une utilisation rétablie des chinampas permettrait une production intensive de légumes frais près de Mexico, évitant ainsi les besoins de transport et les conséquences négatives sur la qualité de la production et les émissions de gaz à effet de serre. »

« Où que vous ayez des lacs d’eau douce près d’une grande ville, des systèmes similaires à ceux du chinampa sont envisageables. Cela vaut pour de nombreuses régions du monde », note le chercheur.

Avant d’assurer que les chinampas pourraient même être adoptés dans les petites communautés rurales, en particulier dans les zones humides tropicales.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les chinampas sont des îles artificielles sur lesquelles les Aztèques pratiquaient l’agriculture.

  • Un chercheur y voit une méthode de production durable et redoutablement efficace.

  • Une solution au problème posé par l’accroissement de la population mondiale et par son urbanisation.

https://www.futura-sciences.com

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