Un expert en sécurité nationale à la Maison-Blanche témoigne contre Trump


Un lieutenant-colonel, un officier militaire au Conseil de sécurité nationale des États-Unis a témoigné devant les comités qui enquêtent sur Donald Trump. Son témoignage vient affirmer ce que les deux lanceurs d’alertes avaient laisser entendre. C’est jeudi qu’on sera si les démocrates vont officialiser l’enquête pour la procédure de destitution de Donald Trump. Ce dernier, n’est vraiment pas content.
Nuage


Un expert en sécurité nationale à la Maison-Blanche témoigne contre Trump

Un militaire coiffé d'un képi et décoré de médailles, entouré de deux autres militaires, photographiés en gros plan.

Alexander Vindman, officier militaire au Conseil de sécurité nationale des États-Unis arrive au Capitole, le 29 octobre 2019, afin de comparaître devant trois comités qui enquêtent sur une procédure de destitution contre Donald Trump.

PHOTO : THE ASSOCIATED PRESS / MANUEL BALCE CENETA

Radio-Canada

Le principal expert de l’Ukraine au sein du Conseil de sécurité national Alexander Vindman témoigne mardi devant la Chambre des représentants. Il affirme avoir par deux fois sonné l’alarme quant à la pression exercée par Donald Trump sur l’Ukraine.

En uniforme et décoré de médailles, le lieutenant-colonel Alexander Vindman est arrivé mardi au Capitole afin de témoigner de ses préoccupations à l’égard de l’appel qu’avait fait le président Donald Trump à son homologue nouvellement élu de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky.

Ce témoin-clé est le premier officiel en poste à la Maison-Blanche à témoigner devant les membres des comités de la Chambre des représentants qui enquêtent sur une éventuelle destitution du président Trump. Le 25 juillet dernier, Alexander Vindman avait écouté l’appel du président Trump à partir de la Salle de crise aux côtés de collègues du Conseil de sécurité nationale américain et du bureau du vice-président, Mike Pence.

J’étais préoccupé par cet appel, affirme Alexander Vindman durant son témoignage qu’il livre à huis clos, et dont les médias ont obtenu copie. Je ne pensais pas qu’il était approprié de demander qu’un gouvernement étranger enquête sur un citoyen américain et je m’inquiétais des implications que cela pourrait avoir sur le soutien du gouvernement américain envers l’Ukraine.

Lors de cet appel téléphonique dont la Maison-Blanche a publié un compte rendu, Donald Trump avait réclamé une faveur au président Zelensky. Le président américain réclamait que Kiev enquête sur les origines de l’enquête au sujet de l’ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016, ainsi que sur le fils de l’adversaire que Donald Trump pourrait affronter en 2020 : le candidat à l’investiture démocrate Joe Biden.

L’appel du président Trump a été fait quelques jours après qu’il eut gelé une aide militaire qu’avait approuvée le Congrès et qui était destinée à l’Ukraine. L’aide a par la suite été débloquée.

Le président Trump a qualifié d’imposture, mardi, sur Twitter, l’enquête lancée par les démocrates dans la foulée de la plainte d’un lanceur d’alerte.

Pourquoi des gens dont je n’ai jamais entendu parler témoignent-ils à propos de cet appel, a-t-il ajouté, ajoutant avec force majuscules : LISEZ LA TRANSCRIPTION DE L’APPEL ET CE CANULAR DE DESTITUTION N’EXISTERA PLUS.

Deux alertes lancées par Vindman

Né en Union soviétique, Alexander Vindman était arrivé en sol américain à l’âge de trois ans. Ce militaire qui a servi en Irak a ensuite été diplomate et il était présent à la cérémonie d’investiture de Volodymyr Zelensky en compagnie du secrétaire à l’Énergie, Dick Perry.

Au sein du Comité de la sécurité nationale, il a dirigé le bureau des affaires européennes et a agi à titre d’expert de l’Ukraine.

Durant son témoignage, mardi, Alexander Vindman a affirmé aux comités de la Chambre des représentants qu’il n’était pas le lanceur d’alerte et qu’il ignorait qui était ce dernier.

Dès le 10 juillet, le vétéran Vindman avait exprimé des inquiétudes auprès de l’ambassadeur américain à l’Union européenne, Gordon Sondland, qui insistait pour que l’Ukraine enquête sur l’élection américaine de 2016 et sur Burisma. Cette entreprise a déjà compté parmi les membres de son conseil d’administration Hunter Biden, le fils de l’ex-vice-président démocrate Joe Biden.

Alexander Vindman avait alors affirmé à l’ambassadeur Sondland que ses propos étaient inappropriés, que sa requête pour enquêter sur les Biden, père et fils, n’avait rien à voir avec la sécurité nationale et que le Conseil de sécurité nationale n’allait pas recommander de telles enquêtes ni s’y impliquer.

Alexander Vindman contredit ainsi l’ambassadeur Sondland, riche homme d’affaires qui avait donné un million de dollars lors de l’investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche. Lors de sa comparution devant les trois comités de la Chambre des représentants, Gordon Sondland avait déclaré qu’aucun membre du Conseil de sécurité nationale n’avait exprimé de préoccupation et qu’il n’avait lui-même jamais établi de liens entre Biden et Burisma.

Au sujet de l’appel de Donald Trump à son homologue ukrainien, Alexander Vindman affirme avoir fait part de son inquiétude à l’avocat principal du Conseil de sécurité nationale.

J’ai compris que si l’Ukraine menait une enquête sur les Biden et Burisma, cela serait sans doute interprété comme un jeu partisan, ce qui, indubitablement, ferait perdre à l’Ukraine le soutien bipartisan qu’elle avait maintenu jusqu’alors. Tout cela aurait sapé la sécurité nationale américaine, a-t-il déclaré.

Un vote décisif jeudi

La Chambre des représentants américaine tiendra, jeudi, un vote pour l’adoption d’une résolution qui officialiserait l’enquête en vue de destituer le président et qui autoriserait des auditions publiques. Ce premier vote constituera un pas décisif dans la mise en accusation de Donald Trump.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait auparavant affirmé que pareil vote n’était pas nécessaire pour lancer des investigations. Elle s’est ravisée; dans une lettre aux démocrates, qui sont majoritaires à la Chambre, Mme Pelosi a affirmé lundi que cette résolution est destinée à renforcer l’enquête menée par les trois comités et, notamment, les demandes de documents et d’assignations à comparaître pour les témoins.

Le texte de la résolution précisera aussi les étapes à suivre en vue de la tenue d’un vote formel pour la mise en accusation du président.

La Constitution prévoit que le Congrès peut destituer le président (ou le vice-président, ou des juges fédéraux, etc.) en cas de trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.

Avec les informations de Le Monde, Reuters, Associated Press et New York Times

https://ici.radio-canada.ca/

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