Le mieux pour nous


Il arrive trop souvent qu’on ne sache pas dire non, de peur de décevoir. Pourtant, il est clair que nous devons penser un peu souvent de ce que nous voulons vraiment.
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Le mieux pour nous



Parfois, vous avez juste à faire ce qui est le mieux pour vous.


Alicia Keys

D’étonnantes pieuvres chatoyantes filmées aux Philippines


De toute beauté ! On peut voir les teintes multicolores grâce aux variations rapides de la lumière de la caméra haute définition pour les plongées de nuit qui transforme les reflets bleus violets de la pieuvre en des tons rouges et orangers.
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D’étonnantes pieuvres chatoyantes filmées aux Philippines


Céline Deluzarche
Journaliste

Ce duo de pieuvres couvertures (du genre Tremoctopus) a été filmé de nuit près de l’île de Romblon aux Philippines entre 9 et 22 mètres de profondeur. © Joseph Elayani, YouTube

Les océans recèlent décidément des créatures étonnantes. Ce couple de pieuvres aux reflets colorés a été capturé en vidéo au large de l’île de Romblon aux Philippines, le 5 avril dernier, par le plongeur Joseph Elayani (la deuxième pieuvre arrive à la fin de la vidéo). Les magnifiques teintes multicolores sont dues aux variations rapides de niveaux de lumière de la caméra haute définition utilisée pour la plongée de nuit, qui transforme les reflets pastel bleus et violets du corps de la pieuvre en tons chatoyants de rouges et oranges vifs.

Cet octopode pélagique appelé Tremoctopus violaceus est aussi surnommé « pieuvre couverture » car il possède une fine membrane entre ses tentacules qu’il déploie en cas de danger pour effrayer les prédateurs. Une des particularités de cette espèce est l’énorme différence de taille entre le mâle et la femelle : le premier n’est pas plus gros qu’une noix (2,5 cm) quand la femelle dépasse les 180 cm et peut peser 40.000 fois plus lourd ! Autre spécificité de cet étrange animal : il est immunisé contre le venin de la physalie (fausse méduse) dont il arrache les filaments pour s’en servir comme moyen de défense. Si Tremoctopus violaceus n’est pas spécialement rare (on en trouve dans tous les océans du monde), il est très difficile de l’observer en conditions naturelles.

« C’est la première fois que deux pieuvres aussi proches sont filmées en même temps », atteste Joseph Elayani auprès de l’agence de presse Caters News.

https://www.futura-sciences.com



Le Saviez-Vous ► Parthénogenèse : des lézards qui se reproduisent tout seuls


Pourquoi endurer un homme si on peut s’en passer pour faire des bébés ? 😉 La parthénogenèse permet justement à une femelle de faire des bébés. Cela existe chez de nombreuses espèces comme les plantes, bactéries, champignons, ou encore des animaux primitifs. Chez certains vertébrés quoique plus rare, et par manque de mâles, il est possible aussi d’utiliser cette méthode. Cependant, chez le lézard à queue de fouet, il n’y a plus de mâles, alors les femelles font des clones. Le problème cela peut les rendre vulnérables aux changements climatiques et par le manque de diversité génétique
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Parthénogenèse : des lézards qui se reproduisent tout seuls

© Paul Asman et Jill Lenoble, Wikipédia, CC by 2.0

Le sexe n’est pas le seul moyen de se reproduire. D’ailleurs, il n’est apparu qu’il y a entre 1,5 et 1 milliard d’années, sachant que les premiers êtres vivants remontent à près de 4 milliards d’années.

Ceux-ci se multipliaient dans un premier temps par division cellulaire. Cela existe toujours chez de nombreuses espèces bactériennes, de champignons ou de plantes. Des animaux primitifs n’hésitent pas à y recourir.

En revanche, chez les vertébrés, c’est bien plus rare, voire exceptionnel. Il existe des requins capables de parthénogenèse, c’est-à-dire qui sont en mesure de se reproduire seuls. Cela n’affecte alors que les femelles. Cependant, ces dernières savent aussi se reproduire avec des mâles.

En revanche, les lézards à queue en fouet sont un cas très particulier. Les mâles ont été évincés et ont disparu. Il ne reste que des femelles… qui font des bébés toutes seules, par parthénogenèse. Pratique mais risqué, car en cas de changement environnemental, aussi bien climatique que viral, le manque de diversité génétique peut exterminer tous ces clones.

Seulement, ces femelles ont malgré tout besoin d’être stimulées pour ovuler (un vestige de l’évolution). Alors, elles s’apparient et mènent un simulacre de rapport sexuel entre filles. Cela nous renvoie une question à nous, êtres humains, peut-être douloureuse pour certains : les hommes sont-ils indispensables ?

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Bretagne : des gouttes de pluie datant de 300 millions d’années raconte son passé


Des scientifiques ont pu analyser des gouttes de pluie en Bretagne qui ont tombé il y a 300 millions d’années. Ils ont pu donner de multiples informations, par exemple,  ou était situé la Bretagne à cet époque, ainsi que son rôle dans la radioactivité naturelle qui se trouve sur terre
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Bretagne : des gouttes de pluie datant de 300 millions d’années raconte son passé



Nathalie Mayer
Journaliste

Il aura fallu aux chercheurs de longs mois de travail minutieux pour toucher au but. Mais leur patience a été récompensée. Ils sont parvenus à analyser des traces d’eaux de pluie plus anciennes que les dinosaures. Et à partir de là, ils ont réussi à retracer la topographie de surface de la Bretagne pour nous emmener dans un vertigineux voyage dans le temps… et l’espace.

En analysant les eaux de pluie, les chercheurs peuvent aisément remonter à des données relatives à la pollution atmosphérique. Mais ils peuvent également réussir à reconstruire tout un pan de l’histoire — et même de la géographie — d’une région. C’est ce que montrent des travaux menés par une équipe internationale (France, Royaume-Uni et Allemagne) sur des échantillons d’eaux de pluie prélevés en Bretagne, eaux de pluie dissimulées dans des roches granitiques échouées sur la côte, entre Brest et Nantes.

Pour estimer l’âge de ces traces d’eaux de pluie, les chercheurs ont d’abord eu recours à une méthode très classique de datation radiométrique. Résultat : ces pluies se sont abattues sur la région il y a environ 300 millions d’années.

Et ce sont ensuite des analyses, par spectrométrie de masse notamment, qui ont permis aux scientifiques d’en apprendre plus sur « l’altitude et la latitude » sous lesquelles ces pluies sont tombées. De quoi confirmer qu’à la fin du Carbonifère, le Massif armoricain se situait… au niveau de l’équateur, au cœur de la chaîne varisque formée par le rapprochement de deux continents qui allait donner la Pangée, positionné à une altitude proche de celle des Alpes mais dont il ne reste aujourd’hui que peu de reliefs.

Des scientifiques examinant des roches originaires de la ceinture varisque sur la presqu’île de Quiberon (Bretagne). © Camille Dusséaux, Université de Plymouth

Des scientifiques examinant des roches originaires de la ceinture varisque sur la presqu’île de Quiberon (Bretagne). © Camille Dusséaux, Université de Plymouth

Des eaux de pluie à l’origine de la radioactivité naturelle locale

Les chercheurs ont également tiré une autre information intéressante de cette étude. Il y a entre 320 et 300 millions d’années, l’eau de pluie qui tombait sur la chaîne varisque a lixivié (filtré) le minerai d’uranium du granite qui composait les montagnes. Puis, elle l’a transporté jusqu’au continent où il a été fixé par les sédiments que sont par exemple les schistes noirs.

Ce processus a permis de créer les gisements d’uranium, encore exploités récemment en France, mais aussi ceux d’oxydes d’uranium, eux-mêmes à l’origine de la formation de radon, un élément naturellement radioactif qui constitue la principale source de radioactivité à laquelle un Homme moyen est exposé.

L’eau de pluie pourrait être à l’origine de processus importants

« Cette étude montre comment la géochimie des isotopes et une pétrographie minutieuse des minéraux formés profondément dans la Terre peuvent éclairer les conditions de surface, même avant que les dinosaures ne parcourent la Terre, conclut Catriona Menzies, chercheur en géosciences à l’université d’Aberdeen (Écosse). De telles infiltrations profondes d’eau de pluie ont été trouvées dans d’autres montagnes, anciennes comme plus récentes. Cela suggère que l’eau de pluie pourrait être à l’origine de processus importants tels la distribution des ressources minérales ».

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des eaux de pluie vieilles de 300 millions d’années ont été découvertes en Bretagne.

  • Leur analyse montre qu’à l’époque où elles sont tombées, la région était montagneuse.

  • Et se trouvait du côté… de l’équateur.

  • Ces travaux mettent aussi en lumière le rôle de l’eau de pluie dans la distribution de la radioactivité naturelle.

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Aucun garçon n’est né dans ce village polo­nais depuis 10 ans


Dans un village en Pologne, il manque des garçons. En effet, parmi les naissances, aucun garçon est né. De quoi à faire creuser les manèges des scientifiques.
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Aucun garçon n’est né dans ce village polo­nais depuis 10 ans

Crédits : commune de Miejsce Odrzańs­kie

par  Nicolas Pujos

Depuis pratique­ment une décen­nie, aucun garçon n’est né dans le village de Miejsce Odrzans­kie, dans le sud de la Pologne. Si bien que les filles ont pris la relève, formant notam­ment une brigade de pompiers exclu­si­ve­ment fémi­nine, rela­tait le New York Times le 6 août dernier.

Alors que des cher­cheurs tentent de comprendre le phéno­mène, pour l’heure inex­pliqué, le maire de la ville de Cisek, qui comprend le village de Miejsce Odrzans­kie, promet d’of­frir un cadeau au prochain couple qui aura un garçon.

« Les médias ont telle­ment parlé de nous que pendant une minute, j’ai envi­sagé de nommer une rue après le prochain garçon né ici », a déclaré Rajmund Frischko. « Il va certai­ne­ment avoir un très beau cadeau. Et nous plan­te­rons un chêne que nous bapti­se­rons d’après son nom. »

En atten­dant qu’il se décide à naître, les jeunes filles doivent prendre en charge toutes les acti­vi­tés du village de 272 habi­tants. Elles sont notam­ment pompiers volon­taires et travaillent dans les champs.

Pour mettre fin à cette étrange absence, reste les méthodes de grand-mère.

« Les monta­gnards polo­nais ont toujours fait preuve de ruse : si vous voulez un garçon, gardez une hache sous votre lit matri­mo­nial », suggère le maire en riant.

Jusqu’ici, ça n’a pas marché.

Source : The New York Times

https://www.ulyces.co/

Ouragan Dorian : les résidents des Maritimes prennent la mesure des dégâts


L’ouragan Dorian fait encore des ravages même si elle est classée tempête post-tropicale. Elle s’est abattue dans l’est du Québec aux îles de la Madelaine et dans les Maritimes et elle continue sa route. J’étais inquiète pour mon petit frère qui reste à Halifax depuis 2 ans.  Hier, il a poster sur Facebook que la tempête avait commencé et qu’il n’y avait plus d’électricité. Toute la journée, j’ai pensé à lui guettant son statut. et ce n’est que vers 16h 30 qu’il s’est manifesté aujourd’hui. Il dit que cela n’a pas été si terrible enfin pas si on regarde les photos… mais je suis quand même soulagée.
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Ouragan Dorian : les résidents des Maritimes prennent la mesure des dégâts


Plusieurs résidents ramassent des branches d'arbres tombées dans une rue d'Halifax.

Des résidents d’Halifax s’attaquent au nettoyage de leur rue, dimanche matin.

PHOTO : RADIO-CANADA / STÉPHANIE BLANCHET

Radio-Canada

Les citoyens des Maritimes, dont des centaines de milliers sont sans électricité, s’éveillent dimanche et constatent l’ampleur des dégâts. L’ouragan Dorian, rétrogradé en puissante tempête post-tropicale tout juste avant de toucher terre dans la région d’Halifax, samedi, a causé d’importants dommages dans la journée de samedi et la nuit dernière.

Les intempéries ont plongé de nombreuses régions dans le noir. À travers les trois provinces maritimes, ils étaient un demi-million à être privés de courant samedi soir.

Un arbre tombé au travers d'une rue à Halifax.

Les scènes comme celle-ci sont nombreuses, à Halifax.

PHOTO : RADIO-CANADA / ALAIN ARSENEAU

Les pires pannes de l’histoire de la Nouvelle-Écosse

À 10 h 45, dimanche matin, il y avait toujours 368 000 clients de NS Power sans électricité. La société d’énergie affirme qu’il s’agit des pires pannes de l’histoire de la province.

Au Nouveau-Brunswick, 54 000 clients d’Énergie NB étaient sans courant. À l’Île-du-Prince-Édouard, il y avait toujours 50 000 clients de Maritime Electric privés d’électricité.

Dimanche, ce sont quelque 1000 employés, dont 600 techniciens, qui se sont attaqués à la tâche monumentale de rebrancher tous les Néo-Écossais. Des monteurs de ligne du Maine ont été appelés en renfort.

Un monteur de ligne dans une nacelle s'apprête à réparer une ligne électrique.

Un monteur de lignes effectue un rebranchement dans un quartier d’Halifax.

PHOTO : RADIO-CANADA / ALAIN ARSENEAU

Au Nouveau-Brunswick, 69 équipes seront sur le terrain dimanche, indique un porte-parole d’Énergie NB, Marc Belliveau. Il n’est pas en mesure de prédire à quel moment le courant sera rétabli pour tous. Une estimation pourra être faite plus tard dimanche, indique-t-il.


Ce ne sont pas que les techniciens des distributeurs d’électricité qui seront sur le terrain dimanche; les forces armées canadiennes s’apprêtent à déployer 700 militaires.

Des arbres tombés sur des maisons à Halifax.

La tâche d’enlever les nombreux arbres et débris qui sont tombés, à Halifax, sera monumentale.

PHOTO : RADIO-CANADA / ALAIN ARSENEAU

En Nouvelle-Écosse, des vents soufflant parfois jusqu’à 150 km/h, accompagnés de pluie souvent forte, ont déraciné des arbres, cassé des branches et abîmé des toitures et des véhicules. 

Au centre-ville d’Halifax, une grue s’est effondrée et affaissée sur le toit d’un immeuble en construction.

Une grue tombée sur un immeuble d'Halifax.

En début de journée dimanche, à Halifax, l’ampleur des dégâts causés par Dorian apparaissait au grand jour.

PHOTO : RADIO-CANADA / NICOLAS STEINBACH

De lourds dégâts

Dans le port d’Halifax, les vagues ont déferlé et endommagé certaines sections de la promenade du front de mer. Des images et des vidéos partagés sur les médias sociaux dans l’après-midi montraient l’eau atteignant les restaurants situés près de l’eau.

Des vagues montent sur un quai

Les eaux étaient très agitées sur le front de mer d’Halifax à l’approche de l’ouragan Dorian.

PHOTO : RADIO-CANADA / ALAIN ARSENEAU

Trois refuges avaient été ouverts pour accueillir des sinistrés. Ils ont hébergé environ 150 résidents selon une porte-parole de la Croix-Rouge canadienne, Sarah Palisio. Il s’agit de gens touchés par des évacuations volontaires, ou des résidents touchés par des dommages à leurs habitations ou par des inondations. Leurs besoins seront évalués en cours de journée dimanche pour déterminer combien de temps les refuges demeureront ouverts.

Au Nouveau-Brunswick, les précipitations ont été abondantes. À la marina de Shediac, plusieurs bateaux ont été poussés les uns sur les autres par la force des vents et des marées. Le quai de Pointe-du-Chêne, à proximité, a subi de lourds dommages.

Des voiliers éparpillés dans une marina au Nouveau-Brunswick. Image prise des airs.

Des voiliers projetés dans tous les sens au Shediac Bay Yacht Club, au Nouveau-Brunswick.

PHOTO : GRACIEUSETÉ DE GILLES MAILLET

À Saint-Jean, on rapportait samedi des inondations par endroits.

Quantité de pluie tombée samedi :

  • Moncton : 121 mm;

  • Miramichi : 101 mm;

  • Saint-Jean, N.-B. : 83 mm;

  • Summerside : 89 mm;

  • Halifax : 73 mm.

La tempête n’a pas épargné la Péninsule acadienne. Des inondations ont été signalées à Pointe Canot, sur l’île de Lamèque, notamment.

Les débris d'un toit au sol, à l'Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne.

Une toiture qui s’est envolée à l’Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne.

PHOTO : RADIO-CANADA / FRANÇOIS VIGNEAULT

L’armée en renfort

Environ 700 militaires du Canada Atlantique se préparent à être déployés dès dimanche matin en Nouvelle-Écosse, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, par communiqué samedi soir.

Dans l’après-midi, M. Goodale avait annoncé que le gouvernement fédéral déploierait sans hésitation l’armée, à la demande du gouvernement de la Nouvelle-Écosse.

Des voitures sont écrasées par une toiture sous la pluie.

Une toiture a été arrachée d’un immeuble et elle a atterri sur des véhicules garés non loin, à Halifax, en raison de la tempête post-tropicale Dorian, samedi.

PHOTO : RADIO-CANADA / CRAIG PAISLEY

Un arbre déraciné en face d'une maison à Halifax.

Après avoir été classé comme ouragan de catégorie 2 en début d’après-midi, Dorian a été rétrogradé en tempête post-tropicale en fin d’après-midi.

PHOTO : REUTERS / JOHN MORRIS

La tempête se dirige vers le Cap-Breton et Terre-Neuve, où des avertissements d’ouragan demeurent en vigueur pour certaines régions. À Terre-Neuve, la tempête devrait toucher particulièrement le sud-ouest, la côte ouest et la péninsule Nord de l’île de Terre-Neuve. Des rafales de vent de 150 km/h pourraient toucher des secteurs côtiers dans les environs de Channel-Port aux Basques, entre autres, dimanche après-midi.

https://ici.radio-canada.ca/

La confusion sexuelle des papillons


Un autre moyen que des agriculteurs combattent les insectes ravageurs par des moyens écologiques. Dans un verger des bâtonnets enduit de phéromone permet la confusion sexuelle des papillons appelé la carpocapse de la pomme. Le mâle ainsi trompé ne féconde pas les femelles dont pas d’oeuf et pas de larves qui mangent les pommes. Ils emploient donc moins d’insecticides. La méthode écologique prend que 3 jours alors que les insecticides c’est toute la période estivale et dépendant de la météo. Le hic, c’est que c’est plus cher que les insecticides, mais c’est quand même plus efficaces pour ce type d’insectes ravageurs.
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La confusion sexuelle des papillons

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Des bâtonnets de plastique suspendus dans les arbres à intervalles réguliers diffusent la phéromone que dégage la femelle papillon, semant ainsi la confusion chez les mâles qui ne trouvent pas de partenaire.

(HEMMINGFORD) Pourquoi tuer les insectes ravageurs quand on peut simplement les empêcher de se reproduire ? C’est ce que fait la technique de la confusion sexuelle, qui permet ainsi de réduire grandement l’utilisation de pesticides, dont les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles ».

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ
LA PRESSE

Hubert Philion taille ses pommiers avec une scie mécanique électrique, récupère l’eau de pluie dans un gigantesque réservoir de 38 000 L pour irriguer ses vergers et s’apprête à convertir à l’électricité un vieux tracteur au diesel.

Mais sa principale contribution à la protection de l’environnement est beaucoup moins visible : il a réduit de presque la moitié son utilisation d’insecticides grâce à la confusion sexuelle des papillons.

La technique, qui consiste à désorienter l’insecte durant sa période d’accouplement, est notamment utilisée contre le carpocapse de la pomme.

« La vraie grosse larve dans la pomme, c’est lui ! », explique le pomiculteur et producteur de cidre propriétaire des Vergers écologiques Philion.

De discrets bâtonnets de plastique suspendus dans les arbres à intervalles réguliers diffusent la phéromone que dégage la femelle, semant ainsi la confusion chez les mâles qui ne trouvent pas de partenaire.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Des bâtonnets de plastique suspendus dans les arbres à intervalles réguliers diffusent la phéromone que dégage la femelle papillon, semant ainsi la confusion chez les mâles qui ne trouvent pas de partenaire.

L’équation est simple : « Pas d’accouplement, pas d’œuf, pas de larve, pas de dommages », résume Hubert Philion.

« J’en suis enchanté, ça fonctionne très bien », s’enthousiasme-t-il entre deux rangées de pommiers où croissent des Honeycrisp encore vertes, en ce matin de juillet.

« Ça fonctionne tout le temps, beau temps, mauvais temps », contrairement aux pesticides qu’il faut épandre à nouveau après la pluie, ajoute-t-il.

Il apprécie surtout le fait d’être beaucoup moins exposé aux insecticides qu’auparavant.

Quand je me promène dans le verger, j’ai bien plus peur du cancer de la peau [à cause de l’exposition au soleil] que du reste. Hubert Philion, pomiculteur et producteur de cidre

Ce penchant écologique lui vient de son défunt père, agronome, qui était critique des gens épandant des pesticides « avec un calendrier », au lieu de chercher à savoir si les ravageurs qu’ils voulaient combattre étaient bel et bien présents.

Moins de travail

La confusion sexuelle des papillons, qu’Hubert Philion utilise depuis six ans pour lutter contre le carpocapse de la pomme, a fonctionné instantanément, sans transition.

Le producteur de cidre, qui reçoit le public à son verger d’Hemmingford et qui vend également une partie de ses pommes à des grossistes, s’est ensuite doté d’un autre type de diffuseur de phéromones, cette fois pour lutter contre la sésie du cornouiller.

« C’est la deuxième bibitte qui me causait le plus de problèmes », lance-t-il, expliquant que cet insecte s’attaque au bois de l’arbre, en pondant ses œufs à la jointure du pied et de la greffe.

« J’en vois de moins en moins », dit-il.

Hubert Philion estime que la confusion sexuelle des papillons a réduit sa charge de travail.

L’installation des diffuseurs dans ses cinq hectares de pommiers et de poiriers, avant l’éclosion des bourgeons, représente environ trois jours de travail, alors que l’utilisation d’insecticides nécessitait une « gestion constante », durant toute la saison, des inventaires et de la météo.

Et il n’avait jamais la certitude de l’efficacité de l’épandage, ce qui lui donnait l’impression d’avoir une « épée de Damoclès » au-dessus de la tête.

Par contre, même avec une subvention couvrant 70 % de son coût – elle peut atteindre 90 % à certaines conditions –, la technique demeure plus chère que l’utilisation d’insecticides, estime Hubert Philion.

Il déplore par ailleurs que les productions biologiques soient davantage subventionnées pour son utilisation.

La confusion sexuelle des papillons ne règle pas tous les problèmes ; il reste le charançon de la pomme, un « ravageur redoutable », la mouche de la pomme, le scarabée japonais et l’hoplocampe, ainsi que la tavelure de la pomme, un champignon.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le scarabée japonais s’attaque à plus de 300 espèces de plantes et d’arbres, dont les pommiers.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Pour contrer la mouche de la pomme, Hubert Philion utilise un piège.

N’empêche, Hubert Philion utilise le minimum de pesticides possible et se dit « bien plus tranquille » de croquer une de ses pommes que celles de l’épicerie.

De plus en plus utilisée

La confusion sexuelle des papillons est maintenant utilisée dans environ 30 % des vergers en production du Québec, soit quelque 1300 hectares, selon le Pôle d’excellence en lutte intégrée du Centre local de développement des Jardins de Napierville.

Son utilisation réduit de 70 à 75 % les risques pour la santé et l’environnement en remplaçant les spinosynes, pyréthroïdes, diamides, organophosphorés et néonicotinoïdes, qui sont liés à la mort des abeilles un peu partout dans le monde.

Son efficacité augmente lorsqu’elle est utilisée par plusieurs vergers dans un secteur donné.

Hubert Philion aimerait d’ailleurs voir davantage de producteurs, notamment les plus importants, recourir à la technique, se désolant que certains ne lui fassent pas confiance et continuent de recourir aux insecticides « pour ne pas prendre de chance ».

Il souligne qu’« anciennement, des agronomes du MAPAQ [le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec] venaient conseiller les producteurs » sur les moyens de lutter contre les ravageurs, une pratique aujourd’hui abandonnée.

Il existe bien des clubs-conseils en agroenvironnement – il est inscrit à l’un d’eux –, mais les gens doivent y adhérer sur une base volontaire et payer pour en être membres.

https://www.lapresse.ca/