Le visage de Hilda, une femme druide de l’âge du fer, reconstitué plus de 1600 ans après sa mort


Un autre visage reconstitué à partir d’un crâne. Cette fois-ci, cela se passe en Écosse, une étudiante a fait la reconstitution d’une femme druide d’environ 1600 ans. Elle avait une soixantaine d’années, un âge honorable à l’époque de l’Âge de fer.
Nuage


Le visage de Hilda, une femme druide de l’âge du fer, reconstitué plus de 1600 ans après sa mort

Le visage de Hilda, une femme druide de l'âge du fer, reconstitué plus de 1600 ans après sa mortCette étudiante a réussi à reconstituer le visage d’une femme druide à partir d’un crâne découvert sur l’île de Lewis.© University of Dundee

Par Emeline Férard

En Écosse, une étudiante a réussi à recréer le visage d’une femme druide dont les ossements ont été découverts il y a quelques siècles sur l’île de Lewis. Baptisée Hilda, la défunte aurait vécu durant l’âge du fer et aurait péri alors qu’elle avait une soixantaine d’années.

Après Ava, jeune femme de l’âge de bronze, la Dame de Cao, puissante dirigeante précolombienne ou encore Eve de Naharon, chasseuse-cueilleuse mexicaine, c’est au tour de Hilda de sortir de l’oubli plusieurs siècles après sa mort. En Écosse, une étudiante en art médico-légal vient de reconstruire en trois dimensions le visage de cette femme druide remontant à l’âge du fer.

L’histoire de Hilda demeure mystérieuse. Son crâne a été présenté pour la première fois en 1833 par la Société phrénologique d’Édimbourg parmi cinq autre crânes attribués à des « druides des Hébrides », archipel écossais. Selon les écrits remontant à cette époque, ses ossements auraient été découverts à Stornoway sur l’île de Lewis mais leur origine exacte reste inconnue.

De même, les spécialistes ignorent la date du décès de Hilda.

« Il est impossible de savoir avec certitude quand elle est morte puisque nous n’avons pas pu dater le crâne, mais si l’information du journal de 1833 est correcte, Hilda a péri entre 55 avant J.-C et 400 après J.-C et était d’origine celtique », a expliqué Karen Fleming, étudiante diplômée de l’Université de Dundee.

Les analyses ont montré que Hilda était morte à un âge relativement avancé, une soixantaine d’années environ, alors que l’espérance de vie des femmes de l’époque se situait plutôt autour de la trentaine. Cette longévité suggère que la druide faisait sans doute partie d’un milieu privilégié. Mais à quoi la femme pouvait-elle bien ressembler ?

C’est la question à laquelle Karen Fleming a tenté de répondre. Pour reconstituer le visage de Hilda, elle a scanné son crâne et enregistré toutes ses caractéristiques. Après avoir reproduit l’ossement en cire, elle y a ajouté des muscles puis de la peau. Enfin, elle a utilisé les mesures prises sur le crâne pour modeler le tout et « redonner vie » à la druide.

Reconstruction numérique de Hilda, la druide de l’âge du fer. – Karen Fleming/MSc Forensic Art/Universoty of Dundee

Le résultat donne à voir une femme ridée aux joues creuses, aux lèvres fines et à la bouche dépourvue de dents. Si certaines caractéristiques – l’absence de dents par exemple – sont appuyées par des observations réelles, d’autres telles que les yeux sont davantage le fruit de l’interprétation de l’artiste.

« Hilda était un personnage fascinant à recréer », a confié dans un communiqué Karen Fleming.

« Il est évident au vu de son crâne qu’elle n’avait plus de dent avant de mourir, ce qui n’est pas très surprenant en considérant l’alimentation de l’époque mais il est impressionnant qu’elle ait vécu si longtemps », s’est enthousiasmée l’étudiante, très satisfaite de sa création. « Je pense qu’elle ressemble à de nombreuses femmes âgées que j’ai rencontrées dans ma vie et j’en suis assez fière ».

Qui étaient réellement les druides ?

Outre son origine et son histoire, des questions demeurent également sur la fonction de Hilda. Qui étaient réellement les druides ? On sait que ce terme était couramment utilisé dans l’ancien langage celtique, notamment dans ce qui est aujourd’hui le Royaume-Uni et la France. En revanche, sa signification demeure sujette à débat.

D’après Ronald Hutton, professeur d’histoire à l’Université de Bristol et auteur du livre « The Druids : a History », le terme de druide était attribué à des individus considérés comme experts en magie ou en religion.

« Le problème est de savoir ce que le mot signifiait réellement en pratique », a expliqué le spécialiste interrogé par la BBC.

« Parce qu’il existait de nombreux langages celtes parlés par de nombreux Celtes de l’âge du fer, cela peut signifier toutes sortes de choses d’un forgeron qui s’essayait à la magie à… un chef ou un membre d’une famille noble », a précisé Ronald Hutton.

Cependant, l’existence de femme désignée comme druide est bel et bien attestée par des textes romains.

S’il est difficile de déterminer le rôle que Hilda jouait exactement au sein de sa société, elle n’était donc sans doute pas n’importe qui. Et plus qu’un simple visage, c’est toute une histoire que Karen Fleming vient de remettre sur le devant de la scène avec sa création. Cette dernière doit être exposée du 16 au 25 août dans le cadre du Master Show de l’Université de Dundee en Écosse


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