Travail


Qu’importe le travail que l’on fait, s’il est bien fait et rend service aux gens, alors c’est un travail important qui mérite le respect. Que l’on pense aux éboueurs, balayeur de rues, ceux qui déneigent les rues et les cours, plongeurs dans les restaurants, etc …
Nuage



Travail




Il n’existe aucun travail minable ou honteux. Ce qui est minable, c’est le jugement de ceux qui se croient supérieurs.


Inconnu

Le Saviez-Vous ► Catacombes : Que font ces six millions de squelettes dans des tunnels sous la ville de Paris ?


Paris, surnommé  »Ville lumière ». Paris a quand même connu des sombres moments au cours de son histoire. Dans cette ville, il y a un tout un réseau de tunnels qui abrite 6 millions de squelettes. Il faut dire qu’à une époque Paris était en pleine expansion, les maladies aussi, ainsi que des morts. Le cimetière des Innocents était surpeuplé, des inondations remontaient des morts en décomposition. C’était une catastrophe en santé publique. Les tunnels sous terre étaient la solution idéale à l’époque.
Nuage


Catacombes : Que font ces six millions de squelettes dans des tunnels sous la ville de Paris ?


manque place cimetieres parisiens conduire a nouveaux depots

| Pierre Antoine

Jonathan Paiano

Presque tout le monde connaît Paris comme étant la “Ville lumière”, un centre mondial de l’art, de la mode, de la culture, et de l’amour, bien que certains événement récents soient venus ternir un peu cette image. Quoi qu’il en soit, il en est autrement sous la surface de la ville : un réseau de tunnels sombres et remplis d’ossements humains, ceux de 6 millions de Parisiens.

Paris est une ville qui a su profiter de l’essor industriel pour croître davantage, attirant de plus en plus de monde venu de l’extérieur de ses murs, mais elle souffrait alors de nombreux problèmes. Parmi ceux auxquels elle faisait face, comme de nombreuses autres villes dans la même situation de développement, il y avait les maladies. Et le nombre de morts augmentait presque exponentiellement en raison de la population toujours plus grandissante. Vers la fin du XVIIIe siècle, cette situation a finalement abouti à des cimetières surchargés.

L’un des plus grands cimetières parisiens des années 1700, les Innocents, était devenu un lieu où les odeurs fétides des corps en décomposition n’étaient plus supportables, le sol étant incapable de faire face à la demande provoquée par le surpeuplement de la ville.

L’odeur était si mauvaise que selon les écrits, les parfumeurs locaux avaient du mal à vendre leurs produits. En mai 1780, le cimetière était littéralement plein à craquer. Petite anecdote : un mur d’une cave d’une propriété bordant le cimetière s’est ouvert sous la pression des enterrements excessifs et des pluies de printemps, entraînant une inondation de corps à moitié décomposés et des maladies.

cimetiere innocents 1550 hoffbauer

Vue d’artiste du cimetière des Innocents en 1550, par Theodor Josef Hubert Hoffbauer. Crédits : Wikimedia Commons/Domaine public

En quelques mois, les autorités ont ordonné la fermeture des Innocents et des autres cimetières de la ville. Plus aucun corps ne pouvait alors être enterré dans la capitale. Avec la menace de la santé publique toujours imminente, la ville a également décidé de supprimer le contenu des cimetières actuels.

C’est là qu’un plan “efficace” a fait surface. Il faut savoir que jadis, la ville abritait un certain nombre de vieilles mines et carrières, ce qui était parfait pour un ossuaire souterrain servant à entreposer les morts. Entre 1787 et 1814 (en grande partie), des os ont été placés dans les profondeurs des mines. 

L’entrée a été construite juste à l’extérieur de la vieille porte de la ville, la bien nommée Barrière d’Enfer. Tandis que les squelettes étaient initialement entassés au hasard dans les carrières, ils ont finalement été placés de façon ordonnée et plus esthétique, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

catacombes galeries paris

Crédits : Kelli Hayden/ Shutterstock

Parmi les 6 millions de restes squelettiques de l’ossuaire, l’on y trouve des dizaines de personnages de l’histoire française, y compris de nombreuses figures décapitées de la Révolution française, tels que Georges Danton et Maximilien de Robespierre, ainsi que de célèbres artistes tels que Charles Perrault, connu pour avoir écrit des contes de fées comme Le petit chaperon rouge, Cendrillon, et La belle au bois dormant.

restes cimetieres innocents catacombes paris

Le manque de place dans les cimetières parisiens pourrait à l’avenir conduire à de nouveaux dépôts d’ossements. Crédits : Pierre Antoine

Les catacombes de Paris se situent à 20 mètres sous les rues, et environ 1.5 kilomètre de l’ossuaire peut toujours être visité. Depuis 1955, il est illégal de s’aventurer dans des galeries interdites, mais il est connu que les amateurs de sensations fortes se plongent plus profondément dans le labyrinthe par des entrées cachées.

https://trustmyscience.com/

Les détecteurs de mensonges n’ont jamais fonctionné


Le polygraphe mesure le degré d’excitation d’une personne, son niveau de vigilance, mais en aucun cas le degré de véracité de ses propos. Les films policiers utilisent souvent le polygraphe pour confronter un suspect, beaucoup parmi eux sont capable de déjouer l’appareil. Dans la vraie vie, le détecteur de mensonge n’est pas très fiable, car il mesure non pas s’il dit vrai, mais son degré d’excitation et sa vigilance. Il est possible de l’utiliser autrement, mais cela reste une machine qui ne peut pas vraiment savoir la vérité 100 %
Nuage


Les détecteurs de mensonges n’ont jamais fonctionné

Une démonstration par le docteur Fred Inbau, professeur de criminologie, en 1954 | Tullio Saba via Flickr CC License by

Une démonstration par le docteur Fred Inbau, professeur de criminologie, en 1954 | Tullio Saba via Flickr CC License by

Repéré par Thomas Messias

Repéré sur New Scientist

Alors que leur inefficacité est de moins en moins confidentielle, ils continuent pourtant à être utilisés.

Dans les films où il est utilisé, le détecteur de mensonges est généralement mis en défaut par celui où celle qui s’y soumet, ce qui sous-entend qu’avec suffisamment de volonté et de maîtrise de soi, on peut parvenir à berner cette machine. De Basic Instinct au Suspect idéal en passant par Le Polygraphe, le septième art fait du polygraphe (autre nom du détecteur) un vecteur de suspense ainsi qu’un marqueur psychologique fort. Tout cela fonctionne sur une dualité qu’on pourrait trouver grossière : l’appareil impressionne car il semble impossible à berner… et pourtant, chaque accusé·e finit par y parvenir.

Selon le New Scientist, la réalité n’est pas si éloignée de la fiction. Rappelant que certaines émissions n’hésitent pas à se servir du détecteur de mensonges pour faire le show (le Jeremy Kyle Show ou le programme britannique Love Island, auxquels on peut ajouter notre Méthode Cauet nationale), la revue scientifique signale que certains pays continuent à l’utiliser de façon tout à fait sérieuse ou officielle.

En Ukraine, les résultats d’un test de polygraphe sont considérés comme des preuves utilisables par la justice. Aux États-Unis, l’utilisation du détecteur de mensonges fait partie du processus de recrutement des personnes souhaitant travailler pour le gouvernement. Mais au fait, ces machines sont-elles vraiment fiables? Absolument pas, affirment certains militants anti-polygraphe.

Les détecteurs de mensonges mesurent le pouls, la pression sanguine et la fréquence repsiratoire, d’abord pendant une série de questions-tests, puis lors des véritables interrogatoires (comme «avez-vous trompé votre femme?» dans le Jeremy Kyle Show). Si les facteurs mesurés se mettent à faire des bonds, on en déduira que vous mentez. Conclusion totalement erronée, explique le journaliste Joshua Howgego. Le polygraphe mesure le degré d’excitation d’une personne, son niveau de vigilance, mais en aucun cas le degré de véracité de ses propos. De façon très simple, la plupart des personnes interrogées sur leur fidélité ou sur leur culpabilité dans une affaire criminelle vont éprouver une certaine nervosité, due en partie à la crainte de ne pas réussir le test.

Dans les années 80, le psychologue David Lykken avait entrepris de démonter les résultats des études affirmant que le degré d’efficacité du polygraphe avoisinait les 70% (ce qui est déjà relativement peu). Pour Lykken, ces études mal conçues et mal interprétées ne démontraient en rien que les détecteurs de mensonges soient efficaces. En 2003, une investigation menée aux USA par l’Académie Nationale des Sciences était arrivée aux mêmes conclusions.

David Lykken avait eu une autre idée pour tenter de déterminer la vérité dans certaines affaires: il ne s’agissait plus de détecter les mensonges des personnes interrogées, mais de tester leur mémoire. Le principe consistait à poser une question («où avez-vous caché le corps?») puis à énumérer les possibilités de réponses («dans le jardin / dans la forêt / dans la cave») en mesurant les réactions physiologiques de l’individu interrogé à chacune d’entre elles. Cette méthode est actuellement utilisée par la police japonaise de façon régulière.

Le problème ne réside pas dans le fait d’avoir recours à des méthodes de mesure, mais bien dans la façon de les utiliser. Les questions binaires («êtes-vous coupable?») devraient être proscrites, et la culpabilité d’une personne suspecte ne devrait pas pouvoir être établie à l’aide de ce genre de questions. En revanche, l’outil se révèle relativement efficace lorsque, dans le cadre de l’enquête, il est nécessaire d’obtenir des précisions sur l’identité d’un complice ou les conditions d’un crime.

Avec des pincettes

Reste que même dans ces conditions, l’utilisation de cet attirail reste à effectuer avec prudence. La mémoire n’est pas un élément simple à analyser, une personne interrogée risquant par exemple de réagir de la même façon devant le visage d’une personne qu’elle connaît que devant celui d’une personne qu’elle a juste aperçue à la télévision. La chercheuse Nathalie Klein Selle a mis en lumière une autre forme d’ambiguïté: si la conductance de la peau fait effectivement des bonds dès que la mémoire est stimulée, la respiration et la fréquence cardiaque ne changent que lorsque les personnes suspectes tentent de dissimuler qu’elles savent des choses.

La psychologue britannique Ailsa E. Millen travaille quant à elle sur un dispositif qui utiliserait les résultats de ses recherches. Elle a en effet démontré que les mouvements de nos yeux ne sont pas les mêmes lorsque nous regardons un visage connu que lorsqu’il s’agit d’un visage que nous voyons pour la première fois. Le projet ConFaceentend développer cette idée afin d’obtenir des résultats plus concluants que les bons vieux polygraphes.

L’irruption de nouvelles technologies semble être le moyen le plus efficace de bouter définitivement les polygraphes hors des commissariats et des bureaux d’enquête, puisque les preuves successives de leur non fiabilité n’ont guère eu de résultats sur leur fréquence d’utilisation. À ce propos, le Jeremy Kyle Show va s’arrêter, après quatorze ans d’existence. Sa fin prochaine n’est sans doute pas étrangère au fait qu’un participant, désigné comme adultérin par le détecteur de mensonges de l’émission, s’est suicidé peu de temps après. Tout cela sans qu’il soit possible de dire s’il avait menti ou non.

http://www.slate.fr/




Donald Trump a dépensé presque un million de dollars pour qu’on lui souhaite un bon anniversaire sur Facebook


Qu’est-ce que Donald Trump ne ferait pas pour attirer l’attention. Cela parait anodin, pourtant ceux qui signe la carte du président Trump, donne des informations susceptible de l’intéressé en vue des prochaines élections
Nuage


Donald Trump a dépensé presque un million de dollars pour qu’on lui souhaite un bon anniversaire sur Facebook


Le président Donald Trump durant un discours dans un jardin de la Maison Blanche à Washington, le 14 juin 2019. Jim Watson / AFP

Le président Donald Trump durant un discours dans un jardin de la Maison Blanche à Washington, le 14 juin 2019. Jim Watson / AFP

Repéré par Christophe-Cécil Garnier

Repéré sur Vice News

Une stratégie loin d’être anodine avec les futures élections en 2020.


Donald Trump a eu 73 ans hier.(14 juin) C’est peut-être un détail pour vous, mais pour la politique américaine, ça veut dire beaucoup. Entre le 1er mars et le 1er juin, les données data de Facebook montrent qu’il a dépensé 752.000 dollars dans des annonces liées à des anniversaires, plus que tout autre candidat aux élections de 2020 sur un seul autre sujet spécifique, raconte Vice News. Il y a eu environ 10.000 «ads», ces publicités qui arrivent sur le fil des utilisateurs du réseau social, pour que les Américains souhaitent l’anniversaire du 45e président des États-Unis.

Sur les cartes était parfois écrit : «VITE! L’anniversaire du président Trump est DEMAIN! Il va lire les noms de toutes les personnes qui ont signé sa carte quand on les lui présentera pour son anniversaire. Verra-t-il votre

L’opération a commencé en avril, à l’approche de l’anniversaire de Mélania Trump. La Première dame est née fin avril et sa page Facebook a publié environ 3.300 annonces pour qu’on lui fête son anniversaire. Les publications ont en grande majorité ciblé les femmes des États du Sud et du Midwest, selon l’Ad Library de Facebook.

En cliquant sur de telles cartes, les utilisateurs de Facebook ont offert de nombreuses informations de contact pour aider à la réélection de Donald Trump. En effet, cela permet d’établir des listes d’électeurs qui sont cruciales pour des collectes de fonds. Cela aurait permis, selon les spécialistes politiques, de prendre une avance considérable sur la collecte de données sur les électeurs face aux Démocrates.

«Signer une carte d’anniversaire n’est pas quelque chose qui ressemble à une position politique. C’est une autre façon d’attirer des gens qui ne se seraient autrement pas engagés», estime Marne Pike, le CEO de Veracity Media, une société de stratégie numérique.

http://www.slate.fr/

L’univers fascinant de l’astronomie chinoise


Quand nous entendons parler de nébuleuses, comètes, étoiles, c’est souvent par des scientifiques de la NASA ou par l’agence spatiale européenne. Il y a aussi dans l’histoire spatiale des manuscrits dans certaines civilisations. La Chine est un bel exemple à savoir en astronomie. Grâce à leurs observations qu’ils ont notées sur des manuscrits au cours des millénaires. Aujourd’hui, il est remarquable de voir autant de précisions sur les supernovae, la nébuleuse du Crabe. Ils ont même noté les 29 passages depuis l’an -240 à nos jours la comète de Halley, ainsi qu’-200 av J.C, ils savaient que le Soleil avait des taches.
Nuage


L’univers fascinant de l’astronomie chinoise avec Jean-Marc Bonnet-Bidaud


Floriane Boyer

Rédactrice

L’astrophysicien Jean-Marc Bonnet-Bidaud nous emmène à la découverte des trésors longtemps ignorés de l’astronomie chinoise, riche de plusieurs millénaires, marquée par une rigueur scientifique avant-gardiste et des observations minutieuses des évènements astronomiques les plus remarquables. Encore aujourd’hui, ces données profitent à notre compréhension de l’univers..

Pour Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), tout a commencé avec la fin cataclysmique des étoiles : les supernovae. De ces spectaculaires explosions d’astres mourants ne subsiste qu’une nébuleuse de gaz, appelée rémanent, formant un cocon en expansion autour d’un noyau très dense. Mais au départ, les supernovae figurent parmi les phénomènes les plus violents et lumineux de l’univers, tant et si bien que depuis la Terre, elles peuvent paraître telles de nouvelles étoiles brillant durant des mois, voire des années. Ce sont les mystérieuses « étoiles invitées », décrites depuis déjà plus de 3.000 ans par les astronomes chinois. 

Grâce à un partenariat entre le CEA et la Chine, Jean-Marc Bonnet-Bidaud s’est rendu dans un laboratoire de Pékin pendant un an, à la fin des années 1980. Cette première immersion dans la culture de l’Empire du milieu aura le goût d’une révélation, avec la découverte de la richesse vertigineuse de l’héritage chinois en matière d’astronomie, encore trop largement dédaignée de nos jours.

Jean-Marc Bonnet-Bidaud est astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), également historien des sciences et vulgarisateur scientifique à ses heures. © Jean-Marc Bonnet-Bidaud

Jean-Marc Bonnet-Bidaud est astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), également historien des sciences et vulgarisateur scientifique à ses heures. © Jean-Marc Bonnet-Bidaud

De cette expérience naîtra l’ouvrage 4.000 ans d’astronomie chinoise : les officiers célestes (2017), retraçant l’histoire de cette discipline commencée vingt siècles avant notre ère, jalonnée par des découvertes capitales, faites souvent avec beaucoup d’avance par rapport à la civilisation européenne. Jean-Marc Bonnet-Bidaud revient pour nous sur sa passionnante exploration de l’astronomie chinoise.

La nébuleuse du Crabe : première plongée dans l’astronomie chinoise

Mon travail a été d’essayer de retrouver les restes d’explosions d’étoiles. Quand j’ai commencé, il y a une trentaine d’années, on en connaissait à peu près cent. Maintenant, on en compte des milliers. Quelques-unes ont explosé durant les 2.000 dernières années. Donc à certaines époques, elles ont été observées par les civilisations humaines.

Une civilisation sans pareil dans le monde

Une des plus importantes nébuleuses qui a été décelée était la nébuleuse du Crabe. Or, le texte le plus précis décrivant cette explosion était un manuscrit chinois de 1054. La première surprise pour moi était que des gens l’avaient vue dans le ciel et l’avaient noté, cela suffisamment précisément pour que je puisse m’en servir presque mille ans après. Ils donnaient la date, la durée(deux ans) et la luminosité (aussi brillant que Vénus). Cela nous permet de reconstituer aujourd’hui ce qui s’est passé, la température du gaz, le temps pris pour refroidir, la quantité de matière éjectée, la puissance de l’explosion.

L'explosion d'une étoile massive (supernova), apparaissant telle une nouvelle étoile (étoile invitée ou guest star, en anglais) dans le ciel le 4 juillet 1054, a été consignée dans les archives d'astronomie chinoises (passages indiqués par les traits rouges). © DP

L’explosion d’une étoile massive (supernova), apparaissant telle une nouvelle étoile (étoile invitée ou guest star, en anglais) dans le ciel le 4 juillet 1054, a été consignée dans les archives d’astronomie chinoises (passages indiqués par les traits rouges). © DP

Une de mes découvertes fut qu’il ne s’agissait pas d’une observation isolée, d’une coïncidence. Non seulement les astronomes chinois ont observé le ciel, mais cela en continuité pendant 2.000 ans (début de la dynastie des Han à maintenant) et ils ont tout noté, de manière très scientifique. C’est une civilisation sans pareil dans le monde. Aucun autre pays n’a des écrits pendant aussi longtemps. Les civilisations astronomiques n’ont duré que quelques centaines d’années (sauf peut-être la civilisation égyptienne mais il reste malheureusement peu de traces). 

Reconstitution de la supernova observée en 1054 par des astronomes chinois qui donna naissance à la somptueuse nébuleuse du Crabe telle que nous la voyons aujourd’hui, avec en son centre, le pulsar restant de l’explosion de l’étoile. © bonnetbidaud.tv

Supernovae, comètes, taches solaires : trois grandes découvertes

J’ai voulu sélectionner pour l’ouvrage les objets qui ont encore une importance aujourd’hui dans la science moderne, où les données chinoises peuvent encore être utilisées. Parmi ces objets, il y a bien sûr les supernovae. Après avoir catalogué tout ce qu’ont dit les chinois [sur les étoiles invitées], nous pouvons pointer nos satellites [dans la direction indiquée] et dans de multiples cas nous avons pu retrouver les restes de l’explosion. À l’aide de ces nébuleuses, on a compris toute la vie des étoiles et leur importance pour la composition de l’univers. Encore tout dernièrement, on a redécouvert des nébuleuses correspondant à des textes chinois.

Ensuite, les astronomes chinois notaient tout sur les comètes (trajectoire, forme, etc.). On a retrouvé dans les chroniques les 29 passages [sans exception] de la comète de Halley depuis l’an -240 à nos jours. On s’est alors rendu compte que son orbite n’est pas régulière et qu’il n’est pas toujours simple de reconstituer la trajectoire des comètes.

Catalogue des comètes daté du IIème siècle av. J.-C. (dynastie des Han), décrivant la diversité des formes du noyau et des queues. © DP

Catalogue des comètes daté du IIème siècle av. J.-C. (dynastie des Han), décrivant la diversité des formes du noyau et des queues. © DP

Les astronomes chinois ont aussi été les premiers à remarquer que le Soleil avait des taches (dès -200 av. J.-C.). Grâce à leurs archives, nous avons vu pu confirmer que les cycles de l’activité solaire sur onze ans existaient déjà depuis 2.000 ans. En Europe, on ne pouvait remonter que 400 ans en arrière [observations de Galilée et d’autres astronomes].

Une contribution passée sous silence en Occident

Le problème, c’est que nous sommes restés imperméables à tout cela en Europe. C’est une erreur idéologique, historique et scientifique. Il faut qu’on fasse l’effort de s’informer et de restituer le fait qu’ailleurs dans le monde des choses scientifiques importantes ont été réalisées.

On gagnerait à élargir notre point de vue

Je m’aperçois qu’il y a un mode de pensée oriental très différent du mode occidental. Nous sommes satisfaits de notre méthode, qu’on peut qualifier d’analytique et de théorique, consistant à démonter toute la machine pour regarder comment chaque pièce fonctionne. Mais à la fin, les choses sont tellement séparées les unes des autres qu’on ne comprend plus leur relation et le fonctionnement global. En Orient, ils ont une méthode analogique et empirique : en observant un objet et en le comparant à d’autres, ils cherchent à comprendre le fonctionnement interne de la machine sans avoir à faire l’inventaire de ce qui est à l’intérieur.

Le saviez-vous ?

En tant que « fils du ciel », l’empereur chinois devait connaître tout ce qui se passait dans le ciel. Un intérêt particulier était porté aux phénomènes inhabituels ou transitoires, d’où l’observation minutieuse des « étoiles invitées », alors qu’en Europe, la « sphère céleste » a longtemps était considérée comme un ouvrage divin immuable. 


Quelle place pour la Chine sur la scène spatiale internationale ?

À l’heure actuelle, la science moderne se heurte à des murs. On a l’impression qu’on gagnerait à élargir notre point de vue. Il y a forcément beaucoup de choses à apprendre d’une autre culture, surtout la culture chinoise qui est globale et multimillénaire. 

Je pense que les Chinois ont déjà fait des choses intéressantes. Ils ont envoyé le premier Chinois dans l’espace [Yang Liwei en 2003], ils ont fait une station spatiale orbitale [Tiangong 1 en 2011], ils ont déposé un rover sur la Lune [Chang’e 3 en 2013], puis sur la face cachée [Chang’e 4 en 2019]. Et ils vont ramener des échantillons lunaires [Chang’e 5, lancement prévu fin 2019], ils vont marcher sur la Lune [ambition dès 2030]… Pour l’instant, ils font de la science importée de l’extérieur et ils le font très bien. À terme, je souhaite, qu’ils apportent leur pierre à l’édifice en nous disant :

« Mais nous, on ne se pose pas les mêmes questions que vous ».

Si on est intelligent, on a tout intérêt à collaborer avec la Chine, car elle nous servira de locomotive.

Jean-Marc Bonnet-Bidaud a étudié la plus ancienne carte céleste qui nous soit parvenue, produite en Chine entre 649 et 684 ap. J.-C. Appelée carte céleste de Dunhuang, elle a été tracée « de façon scientifique, avec une projection simple », mais cela fait des astronomes chinois de vrais précurseurs en matière de cartes d'étoiles. Elle contient quelque 1.300 étoiles. Cette carte apparaît sur la couverture de l'ouvrage 4.000 ans d'astronomie chinoise. © DP

Jean-Marc Bonnet-Bidaud a étudié la plus ancienne carte céleste qui nous soit parvenue, produite en Chine entre 649 et 684 ap. J.-C. Appelée carte céleste de Dunhuang, elle a été tracée « de façon scientifique, avec une projection simple », mais cela fait des astronomes chinois de vrais précurseurs en matière de cartes d’étoiles. Elle contient quelque 1.300 étoiles. Cette carte apparaît sur la couverture de l’ouvrage 4.000 ans d’astronomie chinoise. © DP

Les Chinois sont-ils conscients de leur richesse ?

Non, pas tout à fait. Ils ont un peu oublié leur culture, comme nous oublions la nôtre. Moi, petit Européen qui n’y connaissait pas grand-chose, je me suis demandé comment allaient réagir les Chinois [par rapport à l’ouvrage]. Mais – et j’en suis très honoré – ils ont apprécié ma présentation synthétique. À leur demande, le livre va être traduit et je serai en Chine au mois de septembre pour former des étudiants à une approche moderne de l’histoire des sciences. Ils se rendent déjà compte qu’il est important de raccorder toutes leurs découvertes actuelles à leur culture ancienne profonde et si particulière en astronomie.

Un satellite franco-chinois, une nouvelle astrophysique de laboratoire et autres projets

La médiation scientifique m’a amené à réfléchir à d’autres domaines, comme la cosmologie. Je prépare un livre avec Thomas Lepelletier, où je tente d’expliquer pourquoi on est incapable de produire un modèle [de l’univers] qui marche.

Être au démarrage de quelque chose qui va révolutionner l’astrophysique est assez excitant

Je prépare aussi un autre ouvrage sur les grandes découvertes chinoises, hors de l’astronomie, ayant irrigué la civilisation européenne (par exemple, l’étrier, la poudre à canon ou encore la boussole). Je travaille également sur un satellite gamma franco-chinois nommé SVOM (Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor) pour regarder les explosions d’étoiles.

Le satellite Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor (SVOM) va étudier les sursauts gamma émis notamment lors des explosions d'étoiles massives. Il sera lancé fin 2021 ou début 2022. © Cnes, CNSA

Le satellite Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor (SVOM) va étudier les sursauts gamma émis notamment lors des explosions d’étoiles massives. Il sera lancé fin 2021 ou début 2022. © Cnes, CNSA

Nous sommes aussi en train de monter un projet très prometteur sur une astrophysique en laboratoire. On s’est aperçu qu’on pouvait produire avec les lasers les plus puissants des conditions équivalentes à celles autour des étoiles. Comme on a vu émerger l’astrophysique des simulations numériques, dans le futur on verra apparaître de véritables expériences astrophysiques, comme faire des étoiles en laboratoire ! Être au démarrage de quelque chose qui va révolutionner l’astrophysique est assez excitant.

https://www.futura-sciences.com/