L’écoanxiété : quand le sort de la planète vous angoisse


On parle beaucoup des changements climatiques et l’impact dans le futur. Il est important d’en parler pour essayer de diminuer les conséquences. Le hic, est que des personnes souffrent d’anxiété envers le réchauffement planétaire. En 2000, un nom a été donné pour cette détresse, l’écoanxiété ou solastalgie.
Nuage

 

L’écoanxiété : quand le sort de la planète vous angoisse

 

Les changements climatiques font l’objet de multiples études, conférences et discussions sur la place publique. Pour certaines personnes, ils sont source d’un profond malaise appelé écoanxiété : un phénomène bien réel qui est de plus en plus observé par les scientifiques.

Un texte de Jacaudrey Charbonneau

Ils sont angoissés, ne dorment plus, ressentent un mal de vivre, une tristesse ou encore une colère face à leur propre impuissance et face à l’inaction des autres sur le plan du réchauffement planétaire; ils souffrent d’écoanxiété.

Krystel Papineau se décrit comme une écoanxieuse. Elle travaille dans le milieu de l’environnement depuis 20 ans et commence à ressentir les effets des changements climatiques sur sa santé mentale.

L’élément déclencheur a été l’arrivée de mes enfants. Je me suis demandé si c’était une bonne idée de les avoir mis au monde dans ce contexte-là Krystel Papineau

Angoisse, impuissance, colère, chagrin profond, les symptômes de cette anxiété écologique sont multiples.

Pour Amélie Côté, activiste écologique, cette anxiété se manifeste de façon cyclique. « Ce n’est pas constant, mais ça revient toujours », dit-elle.

« Il y a une bonne palette de sentiments qui peuvent être vécus. Parfois, ça prend la forme d’une grande fatigue. Face à l’ampleur de la tâche, on devient fatigué ou découragé. Il peut y avoir de la colère face à l’inaction ou encore face à des gestes qu’on voit », explique-t-elle.

Un concept étudié

Inventé à l’aube des années 2000 par le philosophe australien Glenn Albrecht, le terme solastalgie ou écoanxiété se décrit comme une forme de détresse existentielle causée par les changements environnementaux.

Ce phénomène observé par des chercheurs est de plus en plus répandu dans le monde.

À Montréal, le psychologue Joe Fanders note une augmentation du nombre de patients inquiets par le sort de l’humanité.

Les gens sont très préoccupés par ce qu’on lit, ce qu’on entend dans les nouvelles et c’est dérangeant émotionnellement. Cela peut vraiment affecter notre sentiment de bien-être à un niveau assez profond. Joe Fanders, psychologue

Faire son épicerie peut devenir une source de culpabilité et de stress, illustre le spécialiste.

« C’est très difficile de vivre dans un milieu urbain et de prendre conscience de l’omniprésence du plastique autour de nous. Ce sont des éléments déclencheurs à cette anxiété », indique-t-il.

Un stress pour les jeunes

Plusieurs études démontrent que les jeunes sont plus touchés par les enjeux environnementaux que les générations qui les précèdent, comme c’est le cas d’Adam Debbih, un élève de 16 ans.

« En fait, je suis vraiment stressé par ces changements parce que je sais qu’on ne les voit pas, mais c’est ça qui me fait peur. Ça va venir d’un coup et nous frapper en plein visage. »

De son côté, Béatrice Grace Castonguay admet faire des cauchemars dans lesquels la Terre est complètement détruite à cause des changements climatiques. « C’est un stress et ça affecte mes choix de vie », lance-t-elle.

Je me suis toujours imaginé avoir des enfants et devenir mère de famille, mais je me questionne vraiment si je devrais. Béatrice Grace Castonguay

D’autres de ses camarades de classe affirment que l’enjeu climatique les pousse à remettre en question leurs ambitions.

Audrey Bibeau, une jeune fille de 16 ans, s’interroge sur son avenir.

« Ça me brime dans mes choix de carrière. Je veux un emploi écoresponsable. Je n’ai pas envie de choisir un domaine comme le marketing, par exemple, pour encourager encore plus la consommation », confie-t-elle.

Des pistes de solution

 

Pour Joe Fauders, le traitement de l’éco-anxiété est le même que pour n’importe quel type d’anxiété.

« L’aspect très important du traitement repose dans la gestion de l’incertitude. Avec les changements climatiques, le niveau d’incertitude est très élevé, puisque personne ne sait précisément quand ni à quel point nous allons être affectés par ces bouleversements. C’est pour cette raison qu’il faut demeurer optimiste et apprendre à vivre avec cette incertitude », affirme-t-il.

Une autre piste de solution est le militantisme. Selon l’écosociologue Laure Waridel, le meilleur antidote à l’écoanxiété réside dans l’engagement social.

« Il existe une panoplie de gestes qu’on peut poser et qui font qu’on fait plus partie des solutions que du problème », déclare Laure Waridel.

Comme toute problématique de santé mentale, briser l’isolement est aussi une source puissante de résilience et d’espoir.

https://ici.radio-canada.ca/

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