Les Mayas ont-ils succombé à une sécheresse prolongée ?


Les scientifiques discutent encore des causes de l’effondrement des cités mayas. La sécheresse est évoquée plusieurs fois, mais il semble que de nouvelles études viennent renforcer cette hypothèse en ajoutant les conflits et la perte de confiance à l’élite qui était supposée communiquer avec les dieux.
Nuage

 

Les Mayas ont-ils succombé à une sécheresse prolongée ?

 

Laurent Sacco

Journaliste

 

La civilisation maya s’est effondrée rapidement, il y a environ 1.000 ans. Pourquoi ? Les archives géochimiques d’un lac au Yucatán, en plein pays Maya, gardent les traces d’une sécheresse prolongée à cette époque. C’est peut-être l’une des principales causes de cet effondrement.

La civilisation maya nous fait rêver depuis longtemps… On oublie souvent, que malgré ses aspects raffinés – les prêtres mayas étaient de bons astronomes et des mathématiciens suffisamment brillants pour avoir découvert le concept du zéro -, c’était aussi un monde très barbare avec des sacrifices humains horribles et une société finalement peu démocratique. Les Mayas n’étaient pas unis et la population était divisée en cités-États, souvent en guerre les unes avec les autres.

Reste que l’on connaît tous des noms de cités mayas comme Palenque, Chichén Itzá et que toutes sortes de légendes leur sont associées, allant de la fameuse prophétie de la fin du Monde pour 2012 à l’arrivée des fameux astronautes extraterrestres, quand ce n’est pas en relation avec le mythe de l’Atlantide ou celui du continent perdu de Mu que les fans de la série Les mystérieuses cités d’or connaissent bien.

L’architecture maya est tout aussi mystérieuse et inspirante et on aimerait bien comprendre pourquoi brutalement, vers l’an mille de notre calendrier, les cités-États ont été désertées et les constructions qu’elles abritaient ont cessé d’être entretenues ou multipliées. Plusieurs hypothèses ont été proposées sans que les débats ne permettent de trancher.

 

Il semble cependant que l’occurrence de sécheresses vers cette période, causant l’effondrement physique et culturel du monde maya, soit une hypothèse qui prend de plus en plus de poids les années passant. Nous en avons un nouvel exemple avec une publication dans le journal Scienced’un article provenant d’une équipe de chercheurs des universités de Cambridge (Royaume-Uni) et Floride (États-Unis).

Une pluviosité réduite en moyenne de 41 à 54 % en pays Maya

On peut penser en effet que des famines provenant de sécheresse et frappant à répétition sur une assez longue durée ont non seulement exacerbé les conflits entre cités-États mais aussi sapé la confiance dans les pouvoirs des prêtres et des nobles censés être capables d’intercéder avec les dieux.

Pour consolider cette hypothèse, il faut être en mesure de prouver que ces sécheresses se sont bien produites mais surtout qu’elles étaient bien suffisamment fortes pour provoquer la chute de la civilisation maya de l’époque classique terminale (800-1000 après J.-C.). Pour cela, des géochimistes se sont attaqués à la détermination des abondances de plusieurs isotopes de l’oxygène et de l’hydrogène présents dans le gypse de couches sédimentaires déposées pendant cette époque au fond du lac de Chichancanab, au Yucatán, en plein pays Maya.

Le saviez-vous ?

La civilisation maya est divisée en quatre périodes principales : la préclassique (2000 avant notre ère – 250 après Jésus-Christ), la classique (250 après J.-C. – 800 après J.-C.), la classique terminale (800 – 1000 après J.-C.) et la postclassique (1000 après J.-C. – 1539). La période classique a été marquée par la construction d’une architecture monumentale, le développement intellectuel et artistique et la croissance des grandes cités.

L’idée derrière la méthode est la suivante. En cas de sécheresse, le taux d’évaporation du lac augmente et les eaux se concentrent du fait de la diminution des apports d’eau. Les isotopes légers de l’oxygène et de l’hydrogène quittent les eaux du lac plus facilement que les isotopes plus lourds, comme l’oxygène 18 et le deutérium, de sorte que la formation du gypse (une roche évaporitique formée de sulfate dihydraté de calcium de formule CaSO·2HO) se déroule avec un enrichissement en ces isotopes.

L’étude du gypse a permis d’établir solidement que les précipitations annuelles ont diminué de 41 % à 54 %, avec des pics de réduction de 70 % pendant la période où la civilisation maya s’effondre. Voilà une base sur laquelle on va pouvoir discuter pour évaluer l’impact réel de ces sécheresses sur la population maya.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Il y a environ mille ans la civilisation des cités mayas s’effondre.
  • Une explication possible est celle d’une sécheresse persistante accentuant les tensions et les guerres entre les cités concurrentes et sapant la confiance dans l’élite censée communiquer avec les dieux.
  • Les isotopes lourds de l’oxygène et de l’hydrogène retrouvés plus nombreux dans les cristaux de gypse au fond d’un lac démontrent en effet la survenue à cette époque d’une grande sécheresse.
  • Reste à montrer qu’elle était suffisante pour provoquer un effondrement total, économique et culturel.

https://informacionde.info/

2 réponses à “Les Mayas ont-ils succombé à une sécheresse prolongée ?

  1. On périt par où on a fait croire en ses pouvoirs. Tant que la nature ne nous contredit pas, on est cru. Attention quand la nature inclémente démontre qu’il n’existait en réalité aucun pouvoir.

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