Comment une foire alimentaire a-t-elle réussi à éliminer 117 sacs d’ordures par jour?


Ce n’est pas seulement à Toronto que les foires alimentaires dans les centres d’achat sont plus écolo, du moins à comparer à avant. Franchement, les rares fois que je prends des repas dans ces aires de restauration, je trouve agréable de manger dans des vraies assiettes avec de vrais ustensiles. Il est clair que cela doit diminuer grandement la quantité de déchet dans les dépotoirs.
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Comment une foire alimentaire a-t-elle réussi à éliminer 117 sacs d’ordures par jour?

 

Au mail Yorkdale, de Toronto, on a réduit le gaspillage alimentaire grâce à l’utilisation de vaisselle et d’ustensiles réutilisables. On lave hebdomadairement 75 000 assiettes et 53 000 ustensiles.

Au mail Yorkdale, de Toronto, on a réduit le gaspillage alimentaire grâce à l’utilisation de vaisselle et d’ustensiles réutilisables. On lave hebdomadairement 75 000 assiettes et 53 000 ustensiles. Photo : Radio-Canada

Dans le passé, la foire alimentaire du centre commercial Yorkdale, de Toronto, générait 120 sacs d’ordures par jour. Aujourd’hui, malgré les 24 000 clients qu’elle sert quotidiennement, elle n’en produit que trois.

RADIO-CANADA AVEC CBC NEWS

D’après un texte d’Emily Chung, Christine Birak et Melanie Glanz – CBC News

Depuis que Yorkdale a ouvert sa nouvelle aire de restauration plus écologique en 2012, une grande partie des déchets a été éliminée grâce à l’utilisation d’assiettes et d’ustensiles réutilisables. On y lave 75 000 assiettes et 53 000 ustensiles par semaine.

Les clients peuvent toujours opter pour un contenant à emporter au lieu d’une assiette, mais même dans ce cas, le centre commercial a un plan pour éviter que les déchets ne se retrouvent inutilement au dépotoir.

« Nous veillerons à ce que ce qui est recyclable soit recyclé, et que ce qui est compostable soit composté », explique Claire Santamaria, directrice générale du centre commercial Yorkdale.

Selon la directrice générale, ce virage montre à quel point une petite proportion des détritus laissés à la suite d’un repas sont réellement des ordures.

C’est aussi une preuve qu’il existe des moyens pour que les centres commerciaux, les vendeurs et les clients puissent réduire la quantité de déchets générés par la restauration rapide et les foires alimentaires.

La chose la plus déroutante pour les clients, dit Mme Santamaria, c’est d’essayer de trouver les poubelles, car il n’y en a plus.

Les clients n’ont qu’à remettre leur cabaret contenant la vaisselle sale, les contenants à emporter et tout le reste. Le personnel du centre commercial s’occupe du reste, en séparant les déchets des restes de nourriture, qui seront déshydratés.

« Puisque l’eau en est extraite, les déchets alimentaires sont assez légers. Et plutôt que d’avoir des tas d’ordures, nous en accumulons que deux sacs », explique la directrice générale du centre commercial.

Un pays de restauration rapide

La restauration rapide pose un problème particulier.

Les Canadiens en mangent une énorme quantité, dépensant, au cours des cinq premiers mois de 2018, 248 millions de dollars par mois pour des « établissements de restauration à service restreint » tel que défini par Statistique Canada.

C’est l’équivalent d’environ 25 millions de repas pris sur le pouce, selon l’organisme fédéral.

Dans des endroits comme les aires de restauration, une signalisation confuse, des règles de recyclage incohérentes et des clients pressés sont autant de facteurs qui expliquent pourquoi les contenants recyclables et les restes d’aliments finissent la plupart du temps dans la poubelle. Cette combinaison est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises, les institutions et l’industrie envoient beaucoup plus de déchets dans les sites d’enfouissement que les ménages.

Audit des aires de restauration

Un audit des déchets de l’aire de restauration de l’Université Carleton à Ottawa, l’an dernier, a révélé que seulement 12 % des déchets étaient recyclés ou compostés, même si 22 % des ordures destinées à l’enfouissement auraient pu être recyclés et 71 % auraient pu être compostées.

Parfois, c’est le problème inverse : les bacs de recyclage sont trop de contaminés, entre autres par des ustensiles en plastique non recyclables, des serviettes sales ou simplement un peu trop de restes de nourriture ou de sauce.

De multiples articles de ce type contamineront une cargaison entière, ce qui signifie que le bac au complet devra être jeté. Anthony Cromie, de la firme torontoise Waste Reduction

L’expert recommande de prendre le temps de tout séparer et de placer le plus de nourriture possible dans le bac à matières compostables.

« Le plus difficile, c’est qu’il n’y a pas de postes de rinçage dans une aire de restauration », ajoute M. Cromie.

Cela signifie que les types de contenants qui pourraient être lavés et recyclés à la maison finissent souvent à la poubelle au centre commercial.

Autre obstacle : de nombreux sites commerciaux n’acceptent pas les mêmes types d’articles que les programmes de recyclage résidentiels. Par exemple, le polystyrène, que les ménages de Toronto peuvent mettre dans le bac bleu, n’est pas recyclable dans de nombreuses foires alimentaires.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup plus de déchets d’aires de restauration que vous ne le pensez sont recyclables. Cromie et son équipe ont fouillé une cargaison de déchets ramassés dans une aire de restauration locale par CBC News et ont découvert que 86 % des déchets auraient pu être recyclés.

Mais comment savoir si quelque chose est trop contaminé pour aller dans le bac de recyclage ? Ou dans quel bac mettre des objets en plastique, comme des couverts, s’ils ont des étiquettes, comme « compostable », qui prête à confusion? Malheureusement, dans ces cas, il est souvent plus judicieux de choisir la poubelle et ne pas risquer de contaminer les bacs de matières organiques ou recyclables.

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