Pour les insectes, la diversité génétique peut être un fardeau


Les insectes subissent eux aussi les conséquences de l’industrialisation de l’agriculture. Il semble que ceux qui ne sont pas spécialisé, mais plus commune ont une plus diversité génétique et leur écosystème fragmenter est plus difficile à maintenir cette diversité étant plus isolés. L’exemple d’un papillon hermite en Europe qui cause de l’intensification de l’agriculture est en plein déclin
Nuage

 

Pour les insectes, la diversité génétique peut être un fardeau

 

Papillon hermite

Les papillons hermites ont une grande diversité génétique.

© WIKIMEDIA COMMONS / ZEYNEL CEBECI

Par Anne-Sophie Tassart

Des chercheurs allemands se sont penchés sur les menaces qui pèsent sur les espèces d’insectes les plus communes dites « généralistes ».

Les espèces d’insectes les plus communes seraient-elles finalement plus menacées que les autres ? C’est la question que se sont posés deux scientifiques allemands de l’Université de Munich. Dans leur étude parue en février 2018 dans la revue spécialisée Biological Conservation, le duo estime que les mesures de conservation ne tiennent pas assez compte des espèces présentant une grande diversité génétique leur permettant de survivre dans des habitats variés et donc d’être plus communes que les autres.

Les insectes « généralistes » souffrent de la fragmentation de l’habitat

Ces 25 dernières années, certaines régions du monde ont vu leur population d’insectes déclinée de 75 %. Les raisons sont multiples mais la destruction et la fragmentation de leur habitat – notamment causées par l’industrialisation de l’agriculture en Europe – est l’une des principales. Mais alors que les espèces dites spécialistes sont souvent considérées comme plus fragiles que les autres, car plus rares ou tout du moins plus localisées, les scientifiques allemands assurent que les choses ne sont pas si simples. En effet, les espèces généralistes souffriraient plus que les autres de la fragmentation de leur habitat.

A cause de la fragmentation des milieux, les espèces communes « perdent l’opportunité de maintenir leur diversité génétique », explique dans un communiquéle Dr Jan Christian, co-auteur de l’étude.

Une population ne peut plus accéder aux spécimens d’une autre : la reproduction entre ces deux groupes devient impossible, fragilisant toute l’espèce. L’un des meilleurs exemples de ce phénomène est le papillon hermite (Chazara briseis) : autrefois très répandue dans toute l’Europe, cette espèce désormais est en plein déclin. Auparavant, la grande diversité génétique de ces insectes était maintenue par des « échanges » de gènes entre populations. L’isolement de ces dernières a conduit à un effondrement du nombre de ces papillons à l’échelle de l’espèce entière. A l’inverse, les espèces spécialistes se sont en quelque sorte habituées à une faible diversité génétique. L’isolement de leurs populations ne les affecte que très peu.

« La diversité génétique peut également agir comme un ‘fardeau' »

Pour les deux chercheurs, la dimension génétique de la conservation animale n’est pas assez prise en compte par les naturalistes. De plus, les mesures de protection sont généralement basées sur les besoins des espèces spécialistes, à première vue plus fragiles.

 Avec cette étude, les biologistes espèrent donc montrer que « la diversité génétique peut également agir comme un ‘fardeau’ pour les espèces car celles-ci ont besoin d’un réseau intact de populations pour maintenir la grande diversité de leurs gènes ».

Globalement, les chercheurs démontrent ici que la grande majorité des arthropodes, qu’ils soient spécialistes ou généralistes, sont affectés par la dégradation des écosystèmes causée par l’intensification de l’agriculture, notamment en Europe.

https://www.sciencesetavenir.fr

3 réponses à “Pour les insectes, la diversité génétique peut être un fardeau

  1. Très très vrai ! Je me souviens qu’enfant et adolescent dans les années 1950-1960, notre jardin et la campagne environnante étaient source de vies multiples.
    De nombreux papillons, des vers luisants, des coccinelles, des libellules voletaient de fleurs en fleurs.
    Actuellement, il est difficile d’en voir dans les champs. Pourtant, avec mon épouse nous nous arrangeons pour planter dans notre jardin des essences diverses sans utiliser d’engrais chimiques. Nous utilisons uniquement des e composts pour faire pousser fleurs, légumes et autres plantes.
    A notre grande joie, après 6 ans d’efforts, de plus en plus de papillons et de coccinelles se donnent rendez-vous chez nous.
    Non loin de notre maison, se trouvent des ruches et, tous les étés, les abeilles butinent à tout va nos fleurs. A croire que ces animaux se passent le mot !
    J’attends avec impatience le retour des vers luisants….

    • Heureusement que des citoyens prennent leurs responsabilités et s’engagent activement pour faire prendre conscience qu’il faut agir autrement avec la nature et qu’ils combattent ceux qui polluent de trop .
      Des combats qui de plus en plus souvent donnent raisons aux associations et aux citoyens qui recherchent la protection de notre Terre.

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