Dans un village d’Espagne, on "purifie" les chevaux sur des brasiers


Une tradition en Espagne qu’on ne sait d’ou elle vient. Des chevaux passent à travers brasier pour le purifier et avoir une protection contre les maladies et l’infertilité. On assure que les chevaux ne sont pas forcé a se lancer dans le feu, et qu’aucun n’aurait été brûlé. Quoiqu’il en soit, pour ma part, c’est de prendre des risques inutiles
Nuage

 

Dans un village d’Espagne, on « purifie » les chevaux sur des brasiers

 

AFP

L’épaisse fumée envahit les étroites rues de San Bartolomé de Pinares quand soudain, un cheval traverse au galop un brasier enflammé: les Luminarias, tradition immémoriale de ce village d’Espagne, ont vu cette année défiler plus de 130 cavaliers.

Le vacarme des sabots frappant les pavés fait vibrer les centaines de spectateurs massés dans ce village de 600 habitants non loin de la Sierra de Gredos, à une centaine de kilomètres de Madrid.

Les cavaliers sont de tous âges, y compris de jeunes enfants accompagnés par leur père ou des couples. Personne, pas même les historiens locaux, ne sait d’où vient cette tradition unique en Espagne.

Elle pourrait remonter à environ 3.000 ans, à l’époque où la Castille, hauts plateaux du centre de l’Espagne au climat rigoureux, était occupée par des tribus celtes.

Le feu était vu comme un élément purificateur, protégeant les animaux des maladies et leurs cavaliers de l’infertilité, affirme Salvador Saez, un ancien instituteur de 64 ans ayant fait des recherches sur les Luminarias. Cette célébration païenne aurait ensuite été « christianisée » par l’Église catholique.

Mais ce n’est qu’une théorie parmi d’autres. Il n’existe aucune preuve écrite et les villageois n’ont fait que perpétuer la tradition, oubliant d’où elle venait et depuis quand elle existait.

« Cette question, nous nous la sommes tous posée. Nous avons demandé à nos parents, à nos grands-parents, et la réponse est toujours la même: depuis toujours », affirme Salvador Saez. « Personne n’a su donner une réponse concrète. »

Tradition ressuscitée

Un villageois se désaltère pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, le 16 janvier 2018 © GABRIEL BOUYS AFP

Un villageois se désaltère pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, le 16 janvier 2018 © GABRIEL BOUYS AFP

Alors, chaque 16 janvier au soir, les habitants du village allument des feux de joie qui réchauffent les spectateurs mais les forcent aussi à se couvrir la bouche et le nez pour se protéger de la fumée.

À neuf heures du soir, deux villageois ouvrent la marche en jouant du tambour et de la dulzaina, un hautbois traditionnel, suivis au trot par les cavaliers passant, un par un, tout près des brasiers.

La fin du parcours est la plus spectaculaire: les cavaliers les plus téméraires s’élancent au galop et sautent avec leur monture au-dessus des flammes. Certains ne peuvent éviter de percuter des spectateurs.

Une fois le défilé terminé, le vin coule à flots et la viande grille sur les braises encore chaudes, jusque tard dans la nuit.

Le lendemain, les feux de joie sont rallumés en l’honneur de Saint Antoine, le protecteur des animaux, très célébré en Espagne.

Un cheval et son cavalier sautent par-dessus les flammes pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, dans le centre de l'Espagne, le 16 janvier 2016  © GABRIEL BOUYS AFP

Un cheval et son cavalier sautent par-dessus les flammes pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, dans le centre de l’Espagne, le 16 janvier 2016 © GABRIEL BOUYS AFP

Les Luminarias, qui ont failli disparaître dans les années 1960 quand l’exode rural vidait le village, ont été remises au goût du jour par un groupe de jeunes.

La seule différence est que les équidés s’élançant sur les brasiers ne sont plus des chevaux de trait, mais de ballade.

Chevaux maltraités ?

Avant la tombée de la nuit, Diego Martin prépare son cheval, Dandy, un beau Selle français marron dont c’est la première participation. Il tresse sa crinière et couvre sa queue d’un tissu pour les protéger des flammes.

« S’il veut passer, il passera. Et s’il ne veut pas ou prend peur, il ne passera pas », assure le cavalier de 38 ans qui a grandi à Madrid mais dont les parents sont de San Bartolomé.

Un cavalier et sa monture sautent par-dessus les flammes pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, dans le centre de l'Espagne, le 16 janvier 2018 © GABRIEL BOUYS AFP

Un cavalier et sa monture sautent par-dessus les flammes pendant la fête des Luminarias à San Bartolomé de Pinares, dans le centre de l’Espagne, le 16 janvier 2018 © GABRIEL BOUYS AFP

La célébration est décriée par les militants des droits des animaux. En 2016, le Parti contre la maltraitance animale avait publié des vidéos montrant des cavaliers frappant leur monture et un des chevaux tombant par terre.

Cette année, quelques participants étaient munis de cravaches, mais la plupart n’en avait pas. Beaucoup levaient les bras pendant le saut pour montrer que le cheval sautait sans y être forcé.

Un cheval est tout de même tombé près d’un brasier, et s’est rapidement relevé.

Les habitants de San Bartolomé martèlent que rien n’est imposé aux chevaux, et que leurs propriétaires les traitent avec amour toute l’année.

« Aucun cheval ne s’est jamais brûlé », assure José Luis Escapez, l’un des organisateurs.

        San Bartolome de Pinares (Espagne) (AFP) –          © 2018 AFP

http://www.lepoint.fr/

6 réponses à “Dans un village d’Espagne, on "purifie" les chevaux sur des brasiers

  1. Bonsoir. Désolé si je ne commente plus tes publications mais je n’ai plus d’internet et cela risque de se prolonger jusqu’à la fin du mois. Naviguant à partir de mon téléphone et disposant d’un petit forfait, je dois être vigilant afin de ne pas le dépasser. Je te prie donc de bien vouloir m’excuser car je like uniquement. Cordialement.

  2. Les Espagnols ont un drôle de rapport avec le feu : sans doute est-ce des restes de l’époque où l’Inquisition faisait rage chez eux.
    Il est vrai que le plus cruel et le plus intolérant ds inquisiteur était l’espagnol Torquemada qui brûlait tous ceux qui ne croyait pas comme les catholiques de l’Espagne.

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