Le Saviez-Vous ► Livre des confitures de Nostradamus


Tout le monde a déjà entendu parler de Nostradamus pour ses prédictions, ses travaux sur l’astrologie et de médecine. Saviez-vous qu’il s’est intéressé aussi à la confiture, il en a même fait un traité ?
Nuage

 

Livre des confitures de Nostradamus

 

Bibliothèque Municipale de Lyon, fonds ancien, Rés 813538

 

Célèbre pour ses prédictions dont on a tiré les interprétations parfois les plus farfelues, Nostradamus (1503-1566) fut un personnage aux multiples talents. Médecin et astrologue, il s’illustra également dans l’art de confectionner des… confitures.

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En 1555, Nostradamus publia un traité sur le sujet écrit à Salon de Craux, en Provence. Plus de quatre siècles se passèrent et, en 1981, un éditeur, Olivier Orban, eut la bonne idée de le rééditer en le dépoussiérant quelque peu au niveau de la langue ( “Des Confitures ”)

D’entrée de jeu, Nostradamus s’en prenait à ceux qui gâchaient l’objet de sa gourmandise:

« En voulant soulager ceux qui sont aux cités et qui pensent savoir beaucoup et qui bien souvent se trouvent trompés, s’il leur plaît aux heures perdues de bien vouloir un peu lire cet opuscule, ils trouveront des fabrications de confitures qu’ils ne se plaindront de l’avoir acheté. Ils seront plusieurs qui n’ont pas l’apothicaire, ni l’épicier prêts pour venir leur faire quelques confitures. Aussi, le plus souvent, on échoit entre les mains de quelque maître ou jeune serviteur qui pense savoir beaucoup, qui bien souvent ne sait rien, gâte la confiture, brûle le sucre ou le miel tant que l’on est contraint de tout jeter.»

Au fil de son ouvrage, Nostradamus délivrait ses trucs (comme on ne disait pas au XVIe siècle) et détaillait ses recettes. Il se montrait également soucieux de la bonne santé de ses lecteurs. Ainsi, Nostradamus indiquait-il en tête du chapitre XIX :

«Pour confire des coings à quartier en un jour, qui se conserveront longuement, qui seront d’un merveilleux goût, qui pourront servir pour deux intentions c’est à savoir pour médecine confortative et restrictive, pour en manger à plaisir à toute heure.»

Nostradamus, glisse son Codignat, sa confiture de Coings. Les médecins la conseillent. Ainsi peut-on lire « le Codignat est astringent si on le prend à l’entrée du repas; il fortifie l’estomac, aide à la digestion, garantit des fumées qui montent à la tête après avoir bu ; au contraire s’il est pris après, il lâche le ventre insensiblement et peu à peu, sans l’offenser ». François 1er en raffole alors. https://www.madeinalsace.com

Dans le détail, cela donne ceci :

«C’est une recette très facile et assez rapide, pour une fois vous pourrez la faire en l’espace d’une après-midi. Mettez 1 litre d’eau par kilo de coings, et faites-les bouillir ½ heure. Ajoutez alors 1,250 kg de sucre par kilo de fruits et faites cuire au “petit boulé ” (116-125ºC) en rajoutant de l’eau si la confiture vous semble trop pâteuse. Vers la fin, donnez quelques bouillons plus forts pour avoir une confiture au “grand boulé ” (126-135ºC) : la goutte que vous déposerez alors sur une assiette devra être plus ronde et plus grosse qu’au stade du “petit boulé ”. Il est préférable de mettre un peu plus de sucre qu’à l’ordinaire et de prolonger la cuisson de ¼ heure, pour éviter que la confiture ne se décuise trois ou quatre jours plus tard.»

Nostradamus passe de la cerise ou citron, de la poire ou gingembre, de l’orange à la noix. En prévenant :

« Il y a beaucoup de choses qui sont chères, difficiles à faire. Mais si tu veux dans ton cerveau calculer, tu ne trouveras que des choses qui sont par trop faciles. Mais qui voudrait user de trop sévère avarice pourrait bien être frustré de son intention.»

La crise, Nostradamus ne connaissait pas…

http://www.lesoir.be

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4 réponses à “Le Saviez-Vous ► Livre des confitures de Nostradamus

  1. Il en a fait plein de recettes avec beacoup de choses pour la médecine, il a même été accusé de sorcellerie à un moment, heureusement pour lui, une Renne de France ( Catherine de Médicis) avait pris cause pour lui en devenant son conseillé.

  2. Lorsque on va dans sa propriété à Salon de Provnce, on découvre toutes les facettes de ce génie : ses trouvaille en tant qu’apothicaire, sa façon de se prévenir de la peste, ses écrits en astrologie, en Médecine, et certains écrits qu’on qualifiera plus tard d’Humaniste.
    On y trouve aussi quelques-unes de ces fameuses recettes su les confitures : cet homme était vraiment un touche-à-tout qui intéressa entre autres Rabelais, Catherine de Médicis, Charles IX ou Marguerite de Navarre.
    Il émit même quelques idées sur la Réforme et s’intéressa de près à la Kabbale, ce qui aurait pu lui valoir quelques ennui mais, de par ses appuis à la cour, il n’en fut rien.

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