Les incendies du Groenland peuvent-ils faire augmenter le niveau de la mer ?


C’est bien le dernier endroit que j’aurais pensé que le feu puisse autant nuire à l’environnement que le Groenland. Déjà, que ce coin du monde souffre des changements climatiques, le feu qui a duré environs 3 semaines peut faire fondre les glaciers plus vite. Des solutions sont à envisagé
Nuage

 

Les incendies du Groenland peuvent-ils faire augmenter le niveau de la mer ?

 

Glaciers au Groenland

La couleur d’un glacier a une incidence sur sa vitesse de fonte. Ceux plus sombres fondent plus vite.

PHILIPPE ROY / AURIMAGES / AFP

Par Valentin Thévenot

De violents incendies ont ravagé le Groenland entre le 31 juillet et le 21 août 2017. Mais au delà de la végétation brûlée, le phénomène pourrait également accélérer l’élévation du niveau de la mer.

Explications. 

D’importants incendies ont frappé la côte ouest du Groenland entre le 31 juillet et le 21 août 2017, créant d’importantes colonnes de fumées dans l’atmosphère. Après trois semaines de feux ininterrompus, les intempéries ont finalement eu raison des brasiers mais une question demeure : que se passe-t-il dans l’éventualité où des cendres se seraient déposées sur les glaciers environnant ? Dans un précédent article, le glaciologue Jean Jouzel, ancien vice-président du groupe scientifique du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) expliquait que le phénomène aurait pour effet de baisser l’albédo des glaciers et donc de les faire fondre plus vite. Mais comment fonctionne concrètement ce phénomène ?

Explications.

Les surfaces claires réfléchissent mieux la lumière

Chaque surface réfléchit plus ou moins la lumière qu’elle reçoit. Pour catégoriser ce phénomène, il existe une grandeur physique nommée l’Albédo qui s’exprime soit en pourcentages de rayonnements réfléchis, soit par un chiffre allant de 0 à 1. Le 0 équivalant à une surface qui ne renverrait aucun rayonnement et le 1 correspond à un miroir. A titre indicatif, la glace a un albédo d’environ 60% et la neige fraîche de 90%.

Il est par ailleurs possible de déterminer approximativement l’albédo d’une surface à la couleur dont on la perçoit. Par défaut la lumière visible est blanche mais se compose en réalité d’une multitudes de longueur d’ondes colorées. Il est notamment possible de les observer en les séparant à l’aide d’un prisme. 

Lorsque la lumière du soleil atteint la neige, elle est presque totalement réfléchie. La lumière qui parvient à notre œil est donc blanche. De même, les plantes nous apparaissent vertes car c’est la longueur d’onde qu’elles réfléchissent, par opposition aux autres longueurs d’ondes qu’elles absorbent. Une surface qui nous apparaît noire est donc une surface qui absorbe la quasi totalité des longueurs d’ondes.

Le Vantablack, un noir fabriqué depuis 2014 est ainsi célèbre pour ne réfléchir que 0,04% de la lumière qu’il reçoit.

Une étude publiée en 2014 dans la revue Nature Geoscience met également en évidence la forte diminution de l’albédo du Groenland lors de la dernière décennie. En cause : la présence d’impuretés qui assombrissent la neige. Mais les suies ne seraient pas les seules responsables ! Au printemps, les vents contribueraient également à ramener des poussières depuis les zones fondues. 

Une surface sombre est plus chaude qu’une surface claire

Cependant, la couleur d’une surface n’est pas qu’une affaire esthétique mais aussi…de température. Les longueurs d’ondes présentent en effet différents niveaux d’énergie. Lorsqu’elles sont absorbées par un corps, il y a alors passage de cette énergie lumineuse dans celui-ci. Cette transition se manifeste par une excitation des particules au niveau microscopique et donc par une élévation de la chaleur de ce corps. Par conséquent, plus un corps nous apparaît sombre et plus il aura tendance à émettre de la chaleur.

Autrement dit pour le Groenland, de la suie grise ou noire aura tendance à échauffer la glace située en dessous et donc à la faire fondre plus vite. Et en bout de chaîne cela contribuera indirectement à l’augmentation du niveau de la mer.

Peindre en blanc pour augmenter l’albédo

Dès lors, comment abaisser l’albédo d’un glacier pour éviter qu’il ne fonde trop vite ? En 2010, Eduardo Gold, fondateur de l’ONG « Glaciers du Pérou«  avait ainsi entrepris de repeindre le sommet de Chalon Sombrero..en blanc ! Conçue à partir de chaux et de blanc d’œuf dissous dans de l’eau, le péruvien avait pour objectif de refroidir le sol des sommets. Au total, ce ne sont pas moins de 700 hectares qui avaient ainsi été couverts.

Plus récemment, la ville de Los Angeles a également décidé de repeindre certaines de ses rues en blanc. Grâce à un revêtement spécial étalé sur l’asphalte, la municipalité espère ainsi contribuer à abaisser la chaleur de ses routes.

Mais si repeindre le Groenland de peinture blanche semble difficilement envisageable, recouvrir ses glaciers de neige fraîche pourrait bien ralentir leur fonte. Aux deux Alpes, où la technique est expérimentée depuis plusieurs années, cela semble en tout cas fonctionner. Visiblement satisfaite, la station de ski locale prévoit ainsi d’ajouter 6 canons à neige à son dispositif. Inspirant. 

https://www.sciencesetavenir.fr/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s