Parole d’enfant ► Sauver Bambi


Il y a des fois que Mlle a des propos déroutants. Enfin, elle comprend que plus on construit des maisons, plus les animaux sauvages perdent du territoire, et elle s’inquiète pour les chevreuils qui  parfois viennent manger des carottes au fond de la cour qui est juste derrière un bois
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Sauver Bambi

 

Grand-maman raconte :
Derrière la maison de Mlle, il y a une petite forêt qu’on peut observer des oiseaux, des écureuils et parfois des cerfs.
Mlle me demande

– Pourquoi il y a une forêt interdite ?
– Ce n’est pas une forêt interdite, c’est un terrain privé !
– Il n’y a pas de maison
– Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de maison que c’est à personne
– Il ne faut pas de maison, parce que Bambi va mourir, il n’aura plus de quoi se nourrir
Il.faut pas tuer Bambi sinon, je serai obliger d’appeler la police et j’aime papa et maman, ils ne faut pas qu’ils aillent en prison
– Ils ne chassent pas et ne tuent pas des animaux
– Tu aimerais voir ta fille en prison ?
Moi non plus, tu ne pourras plus voir ta fille juste la visite
Pis moi, je donne des carottes à Bambi pour le regarder
C’est bien que tu n’essaies pas de l’apprivoiser
– Moi, je veux juste le regarder

Ana-Jézabelle, 5 ans /  5 juin 2017

Le Saviez-Vous ► Il y a 40 ans, un président américain écrivait aux extraterrestres une lettre qui voyage encore dans l’espace


Il y a 40 ans, les États-Unis avaient envoyer une capsule temporelle à bord de Voyager 1 dans le but de communiquer avec des civilisations extraterrestres. Une lettre du président des États-Unis Jimmy Carter, des sons des animaux, de la musique, des photos … ainsi que notre ADN, et bien d’autres choses
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Il y a 40 ans, un président américain écrivait aux extraterrestres une lettre qui voyage encore dans l’espace

 

JIMMY CARTER VOYAGER MESSAGE

Le HuffPost  |  Par Grégory Rozière

Il y a 40 ans, le 16 juin 1977, le président américaine Jimmy Carter écrivait une lettre destinée aux extraterrestres. N’y voyez pas une preuve d’un quelconque complot pour autant. Car sur l’enveloppe, point d’adresse exacte. La missive était destinée à s’insérer dans une sorte de bouteille à la mer de l’espace.

Et effectivement, quelques mois plus tard, la lettre quitta la Terre à bord de la sonde Voyager 1. À l’origine, ce vaisseau, lancé le 5 septembre 1977, avait pour mission d’explorer Jupiter et Saturne. Mais la Nasa avait vu plus loin que ces géantes gazeuses.

Elle souhaitait qu’ensuite, la sonde, la plus rapide jamais lancée alors (et qui ne fut détrônée que par les très récentes sondes Juno et New Horizon), devait ensuite sortir du système solaire, tout simplement. Ce qui a eu lieu en 2012, une première pour un objet créé par l’homme.

Avec cette idée en tête, la NASA a donc voulu placer dans Voyager 1 et 2 (sa grande sœur, plus lente) une sorte de « capsule temporelle« . Le but de cette bouteille spatiale, appelée « Golden Record »?

« Communiquer l’histoire de notre monde aux extraterrestres » potentiels.

Candidature pour rejoindre le club galactique des civilisations

À l’intérieur de Voyager se trouve donc toujours, 40 ans après, la lettre de Jimmy Carter, s’adressant aux extraterrestres. Le président commence par présenter succinctement ce vaisseau, les Etats-Unis, la Terre. Puis d’expliquer que ce message a été « envoyé à travers le cosmos », avec l’objectif de survivre un milliard d’années, jusqu’à une époque où « notre civilisation aura été profondément altérée et où la surface de la Terre pourrait être grandement changée ».

Suit alors un petit message, destiné directement à de possibles extraterrestres découvrant Voyager à la dérive:

Ceci est un présent d’un petit monde éloigné, un témoignage de nos sons, notre science, nos images, notre musique, nos pensées et nos sentiments. Nous tentons de survivre à notre époque afin de pouvoir vivre dans la votre. Nous espérons qu’un jour, après avoir résolu les problèmes qui nous font face, nous rejoindrons une communauté de civilisations galactiques. Cet enregistrement représente notre espoir et notre détermination, ainsi que notre bonne volonté dans cet univers si vaste et génial.

Images et sons de la Terre

Derrière cette lettre symbolique, mais peu utile pour qui ne comprend pas l’anglais, la NASA a également sélectionné différents éléments permettant de mieux nous présenter. 115 images, plusieurs sons naturels et artificiels, des musiques et un « bonjour » en 55 langues différentes.

Tout cela a été intégré dans une sorte de vinyle en cuivre plaqué or, le tout empaqueté dans une pochette de protection en aluminium. Des instructions symboliques expliquent d’où provient la sonde Voyager et donne des instructions pour lire les informations.

On y trouve notamment des dessins expliquant notre conception des mathématiques.

La description de notre ADN.

Ou des photos de notre espèce.

Si des extraterrestres découvrent la sonde Voyager, ils pourront également écouter le bruit du vent et de la pluie sur la Terre:

écouter ici

Des différents animaux qui peuplent actuellement la planète:

écouter ici

Des musiques provenant du monde entier:

écouter ici

Ou encore un « bonjour tout le monde » en Français:

écouter ici

Si avec ça, la Terre n’est pas invitée à rejoindre le club des civilisations galactiques…

 

http://quebec.huffingtonpost.ca

Un temple et un terrain de jeu de balle aztèques découverts à Mexico


Une grande découverte à Mexico qui est construit sur des ruines datant des Aztèques. Ils ont découvert un temple qui servait a des jeux de balle du genre jeu de pelote. À certaines occasions lors de cérémonies religieuses, les perdants étaient décapités. Un jeu bien dangereux …
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Un temple et un terrain de jeu de balle aztèques découverts à Mexico

 

Temple Mexique

Un archéologue mexicain commente la découverte récente d’un temple circulaire au centre de Mexico.

CRÉDITS: ALFREDO ESTRELLA / AFP

Bernadette Arnaud

Spécialiste archéologie, anthropologie et histoire au magazine Sciences et Avenir

Un temple circulaire et les vestiges d’un terrain de jeu de balle cérémoniel aztèques viennent d’être mis au jour dans la capitale mexicaine.

Les fondations d’un ancien temple aztèque ainsi qu’une portion de terrain de jeu de balle ou de pelote cérémoniel ont été découvertes dans le centre historique de Mexico, comme l’ont révélé le mercredi 7 juin 2017 les autorités mexicaines, lors d’une conférence de presse. Mexico City a en effet été construire sur les ruines de Tenochtitlan, l’ancienne capitale des Aztèques ou Mexica. Il n’est donc pas rare, lors de travaux de terrassement, de voir surgir d’antiques monuments, à l’instar de ceux récemment dégagés derrière l’imposante cathédrale coloniale. Celle qui domine la place du Zocalo, l’immense esplanade centrale de la ville. Dédié au dieu du vent Ehecatl, une des divinités primordiales du panthéon aztèque, le temple circulaire en stuc érigé à la fin du XVe siècle, dont seuls les niveaux inférieurs ont été retrouvés, possédait au temps de sa splendeur, un sommet en forme de serpent lové, a rappelé Eduardo Matos, archéologue à l’Institut national d’histoire et d’anthropologie du Mexique (INAH).

Selon les spécialistes, c’est à l’emplacement même de ces vestiges exhumés, qu’en 1528, Hernan Cortez, le conquérant espagnol, aurait assisté pour la première fois au jeu rituel aztèque, à l’invitation du dernier empereur, Moctezuma. Un jeu spectaculaire aux règles qui pouvaient faire frémir, puisqu’en certaines occasions elles conduisaient à des sacrifices humains !

Joueur de pelote de la zone maya-aztèque, représenté sur une stèle date de 600-900 de notre ère. Crédits: Ann Ronan Picture Library /Photo 12/ AFP

Apparu vers 1500 avant notre ère, ce jeu qui opposait deux équipes et se pratiquait à l’aide d’une balle de caoutchouc de taille variable (jusqu’à 3kg !), se déroulait sur un terrain à la structure en H, le tlachtli. Plus d’un millier ont été découverts à ce jour dans l’ensemble de la zone maya-aztèque.

Quelques Codex (manuscrits) et des chroniques espagnoles racontent ainsi que les joueurs utilisaient leurs hanches, coudes ou avant-bras pour garder la balle en jeu, tout en évitant de la toucher avec les pieds ou les mains. Des protections aux articulations et des vestes rembourrées permettaient d’atténuer l’impact des balles. Le but était de renvoyer la balle dans le camp adverse sans qu’elle ne touche le sol. Mais tout prenait une tournure plus dramatique lors des cérémonies religieuses. Le jeu de pelote étant une façon de recréer rituellement les étapes de la création afin d’assurer la continuité du cycle de la vie et de la mort dans le cosmos, la trajectoire de la balle qui correspondait à la course du soleil ne devait jamais s’arrêter. Or quand ce moment se produisait, gare à l’équipe vaincue… Ces célébrations se terminaient en effet par la décapitation des perdants. Leurs têtes atterrissaient sur les terrifiants tzompantli, les rateliers à crânes. Ce qui a certainement dû arriver aux propriétaires des 32 vertèbres cervicales mises au jour près du terrain de jeu, si l’on en croit l’archéologue de l’Inah, Raul Barrera…

Seule une partie de la structure, un escalier et une portion des tribunes sont encore visibles. Les archéologues estiment que le terrain original mesurait 50 mètres de long. Le jeu de pelote est encore pratiqué dans une version soft, sous le nom d’ulama.

Le temple circulaire aurait quant à lui été bâti au cours du règne de l’empereur Ahuitzol (1486-1502), le prédécesseur de Moctezuma. L’ensemble mesurait 34 mètres de long et 4 mètres de hauteur. Il s’agit des derniers vestiges en date mis au jour dans le centre historique de Mexico, sur le site où se trouvait le Templo Mayor (Grand Temple), un des lieux les plus étudiés de la capitale

« Cette découverte offre une nouvelle occasion de nous immerger dans la splendeur de la ville pré-hispanique de Tenochtitlan », a déclaré la ministre de la Culture Maria Cristina Garcia.

Un hôtel se dressait juste au-dessus du site mais il s’est effondré en 1985 lors du tremblement de terre dévastateur qui a frappé la capitale mexicaine faisant des milliers de victimes. Les propriétaires de l’hôtel ont alors découvert ces éléments aztèques et prévenu l’institut national d’anthropologie et d’histoire. Les archéologues mexicains pensent que ce temple a été construit entre 1486 et 1502.

(avec AFP)

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Le premier marsouin siamois du monde a été découvert par des pêcheurs


Les mammifères marins siamois sont très rares, quoiqu’il est difficile de les dénombrer. Ce marsouin siamois est a vécu peu de temps après sa naissance
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Le premier marsouin siamois du monde a été découvert par des pêcheurs

Marsouin

70 cm, 6 kg et… deux têtes.

HENK TANIS/ERWIN KOMPANJE

Marine Van Der Kluft

Un marsouin à deux têtes a été trouvé par des pêcheurs au large des Pays-Bas, dans la mer du Nord. C’est une découverte rarissime puisque c’est seulement le 10ème cas de siamois jamais recensé parmi les cétacés, et le tout premier chez les marsouins

Alors qu’un équipage néerlandais pêchait dans les eaux de la Mer du Nord le 30 mai 2017, ils prennent un drôle de poisson dans leurs filets… Il mesure environ 70 cm, pèse au minimum 6 kg, présente une nageoire dorsale et a… deux têtes. Surpris, les pêcheurs prennent quelques photos du spécimen puis rejettent le corps dans la mer.

 « Ils ont cru que c’était illégal de le garder », soupire Erwin Kompanje, conservateur des mammifères au Muséum d’Histoire Naturelle de Rotterdam. « Pour un cétologue, c’est un vrai cauchemar », confie ce passionné d’animaux rares au Washington Post. 

Spécimen très rare de marsouin siamois

En effet, il s’agit d’un spécimen très rare de marsouin siamois. Il (ou ils ?) fait partie de l’espèce marsouin commun, Phocoena phocoena, l’espèce de cétacés la plus répandue sur les côtes d’Europe. Il en existe environ 345.000 seulement dans la mer du Nord, selon une récente estimation.

Ici, il s’agit d’un cas de « marsouin siamois nouveau-né qui est apparemment né vivant, mais est ensuite mort rapidement », explique Erwin Kompaje dans un papier publié le 7 juin 2017 par le Journal of the Natural History Museum Rotterdam.

Grâce aux photos de bonne qualité, il a en effet pu observer l’animal et en tirer quelques conclusions, avec l’aide de C.J. Camphuysen (Royal Netherlands Institute for Sea Research) et Mardik Leopold (Wageningen Marine Research). 

© Henk Tanis et Erwin Kompanje.

On y voit donc deux têtes complètes et bien développées, qui partagent un corps lui aussi bien développé.

« C’est clairement un nouveau-né », indique Erwin Kompaje. « La nageoire dorsale n’est pas droite, elle manque de fermeté. De petits cheveux sont visibles sur les rostres », le museau chez les cétacés. « La fente génitale indique un sexe masculin ».

La naissance de siamois est un phénomène encore méconnu, mais 2 théories sont admises. L’une propose la fusion de deux embryons jumeaux, et l’autre une séparation incomplète du disque embryonnaire qui, au lieu de produire 2 embryons jumeaux, n’en produit qu’un.

10e cas connu de siamois chez les cétacés

Chez les mammifères sauvages, les cas de jumeaux siamois sont très rares. Leur nombre précis est difficile à estimer, étant donné le fort taux de mortalité avant et après la naissance. En 2014, on avait retrouvés des baleines siamoises échouées au Mexique.

« Ce cas serait le premier cas connu de jumeaux siamois chez le marsouin commun, et le 10ème cas connu dans toute la famille des cétacés ».

De plus, la moitié des cas connus concernent « des embryons ou de fétus trouvés lors de la dissection de femelles enceintes mortes ».

Ce qui aurait rendu la découverte d’un spécimen né vivant particulièrement exceptionnelle. 

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"Tu as juste besoin de le faire." Les mots peuvent-ils tuer ?


Je ne voudrais pas être à la place du juge qui a prononcé la culpabilité de cette femme.  C’est un cas compliqué Bien sûr que les textos et SMS n’avaient pas aidé à ce jeune homme et l’a sans doute incité à se suicider, mais cette fille n’est pas non plus n’est pas mentalement stable. Ce garçon n’a vraiment pas eu l’aide de surmonter sa dépression .. Et son amie, n’a pas été un grand secours non plus
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« Tu as juste besoin de le faire. » Les mots peuvent-ils tuer ?

 

"Tu as juste besoin de le faire." Les mots peuvent-ils tuer ?

Michelle Carter et son avocat, le 5 juin 2017, au tribunal (Taunton, Massachusetts) (Faith Ninivaggi/AP/SIPA)

Aux Etats-Unis, une jeune femme a été jugée coupable d’avoir poussé son petit-ami, par textos, au suicide.

 

Emilie Brouze

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Peut-on tuer avec des mots ? Ont-ils ce pouvoir-là ? Dans quelle mesure peut-on être jugé responsable d’un suicide ? Est-ce un homicide que de pousser quelqu’un, par des textos, à en finir ? Ces questions sont au cœur d’un procès qui s’est ouvert le 6 juin dernier dans le Massachusetts.

Michelle Carter, 20 ans, est accusée d’avoir poussé son ancien petit-ami dépressif à se tuer. Sur la base d’échanges de SMS et de conversations téléphoniques cités comme preuves pendant les audiences, elle encourt 20 ans de prison pour homicide involontaire – la provocation au suicide n’est pas inscrit dans la loi au Massachusetts (c’est le cas en France). 

« Tu dis toujours que tu vas le faire, mais tu ne franchis jamais le pas », lui avait-elle entre autres écrit, relate le Los Angeles Times.

« Gare ta voiture et assied-toi et ça prendra 20 minutes, environ. »

 

« Cette-fois c’est la bonne et tu es prêt. Tu as juste besoin de le faire. Tu ne peux plus continuer à vivre comme ça. »

 

Quand Conrad Roy III, 18 ans, est sorti du véhicule, déjà étourdi, et a appelé sa petite-amie pour lui dire qu’il avait peur, Michelle lui a demandé de retourner s’asseoir sur son siège et d’aller jusqu’au bout.

Le 12 juillet 2014, Conrad est mort intoxiqué au monoxyde de carbone dans l’habitacle de son véhicule, sur le parking d’un supermarché.

« Couple-écran »

 

Les deux adolescents se sont rencontrés en 2012, à l’occasion de vacances en Floride. C’est un « couple-écran » : bien qu’ils vivent à moins d’une heure de route l’un de l’autre, ils ne se sont rarement rencontrés (trois ou quatre fois en trois années) mais sont constamment en lien, sur Messenger ou par textos.

C’est un duo instable, chacun étant psychologiquement fragile. Michelle Carter a souffert d’anorexie et d’auto-mutilations. Conrad Roy III a maintes fois recherché sur Internet comment il pouvait se tuer et a tenté à plusieurs reprises de le faire. Il se décrit dans les moments noirs comme un « minuscule petite particule de cette planète » – « ma vie est une blague ».

En octobre 2012, quand sur Facebook Conrad dit à Michelle qu’il pense au suicide, cette dernière est choquée :

« Tu as encore tant de choses à vivre, s’il te plaît ne le fais pas. »

Deux ans plus tard, début juillet 2014, son attitude est tout autre : elle l’encourage à en finir. Lui dit qu’il est assez fort pour aller jusqu’au bout.

« Je crois que tes parents savent que tu ne vas pas  bien. Je ne suis pas en train de dire qu’ils veulent que tu le fasses mais je crois sincèrement qu’ils peuvent l’accepter. »

« Tout le monde sera triste pendant un temps mais ils vont s’en remettre et avancer. »

Michelle Carter n’a pas fait que l’accompagner/l’encourager, elle l’a également conseillé dans ses choix morbides :

« Pends-toi, jette-toi d’un bâtiment, poignarde-toi, il y a différentes façons de faire. »

« Je le tiens en vie »

Du 6 au 12 juillet 2014, la jeune fille a demandé 40 fois à son petit-ami s’il allait se suicider, a fait savoir le procureur. Elle était virtuellement présente quand il est passé à l’acte.

Pour le procureur, Michelle Carter a joué « un jeu malsain » avec la vie de Conrad. Voulait-elle attirer l’attention sur elle, endosser le rôle de la petite-amie en deuil, suscitant ainsi la sympathie ? C’est une des thèses évoquées au cours du procès.

« Il n’a que moi et il a besoin de moi », écrit-elle en juin 2014 à une fille qu’elle admirait. Ajoutant que si elle le lâchait, il se tuerait probablement, « et ce serait de ma faute ».

« En gros, je le tiens en vie. »

A la barre, un psychiatre a parlé à son sujet de « transformation ». Quelques semaines avant l’issue fatale, l’adolescente qui était sous Prozac depuis ses 14 ans, a changé d’antidépresseur pour du Celexa. Témoignant pour sa défense, le médecin a souligné que de tels traitements pouvaient altérer le jugement, la compréhension ou l’empathie particulièrement chez un adolescent. Michelle Carter pensait-elle bien faire ?

L’avocat de la défense a souligné que le jeune homme avait des envies suicidaires avant de la rencontrer.

« C’était l’idée de Conrad Roy de se suicider, pas celle de Michelle. […] C’était un suicide — un triste et tragique suicide, pas un homicide. »

Peu après la mort de son petit-ami, elle a organisé une collecte de fonds sous la forme d’un tournoi de baseball au nom de Conrad Roy, rapporte le New York Times. La jeune femme dit aujourd’hui vouloir lutter contre le suicide.

« Même si je n’ai pas pu sauver la vie de mon petit-ami »,écrit-elle sur Facebook « je veux  sauver autant de vies que possible ». 

La juge Lawrence Moniz a rendu son verdict vendredi 16 juin : Michelle Carter a été jugée coupable de la mort de son petit-ami.

 

Emilie Brouze

Journaliste

http://tempsreel.nouvelobs.com

L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?


Pour ceux qui s’intéressent comme moi à l’archéologie, dans le domaine de l’évolution humaine, ces quelques mois ont été vraiment fructueuse. Avec des nouvelles technologies, la collaboration internationale fait reculer l’apparition de l’homme de plusieurs milliers d’années
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L’origine de l’homme moderne nous réserve-t-elle d’autres surprises?

 

L'évolution humaine représentée par une illustration

Illustration de l’évolution humaine Photo : iStock

En quelques mois seulement, 2017 a étonné les anthropologues de la planète : l’analyse d’outils et d’ossements fossilisés a fait reculer à au moins trois reprises l’apparition de notre espèce sur Terre et en Amérique. Une année exceptionnelle pour la science puisqu’elle bouleverse les théories acquises à ce jour.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Des restes humains, des outils en pierre et des ossements d’animaux fossilisés, retrouvés sur le site archéologique de Djebel Irhoud, au Maroc, ont permis de situer l’être humain sur le continent africain il y a environ 315 000 ans, soit 100 000 ans plus tôt qu’on le croyait.

La conclusion de l’équipe de chercheurs à l’origine de cette découverte sans précédent se retrouve dans de nouvelles études publiées récemment dans la revue Nature.

La datation des sédiments a été obtenue par thermoluminescence, une méthode qui consiste à dater d’autres objets retrouvés sur le site, plutôt que les ossements, comme des morceaux de galets brûlés par le feu à l’époque.

« En les chauffant à nouveau, l’énergie emmagasinée dans le silex est libérée. Et on peut la comparer, en calculer l’irradiation, et déterminer l’âge de l’occupation du site archéologique », explique Daniel Richter, de l’Institut allemand Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, qui a daté les fossiles retrouvés au Maroc.

« C’était la seule façon de procéder pour dater d’aussi vieux ossements », ajoute le chercheur, qui se dit surpris d’en être arrivé à un chiffre aussi reculé dans le temps.

Les dents ont pour leur part été datées grâce à la résonance de spin électronique (une autre méthode de datation) pour contre-vérifier les résultats obtenus.

Un bond de 100 000 ans

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d'un crâne d’Homo sapiens trouvé à Jebel Irhoud, au Maroc.

Reconstruction faciale réalisée à partir des fragments d’un crâne d’Homo sapiens trouvé au Maroc   Photo : Hublin/Ben-Ncer/Bailey

Le plus vieil être humain moderne connu à ce jour remontait à environ 200 000 ans. Ses restes avaient été retrouvés en Éthiopie. L’Afrique de l’Est était depuis considérée comme le berceau de l’humanité.

Les travaux effectués au Maroc bouleversent donc deux fois plutôt qu’une : l’être humain est non seulement beaucoup plus âgé qu’on le croyait, mais il était aussi présent dans toute l’Afrique.

D’autres surprises en Amérique

Au début de l’année, des travaux menés à l’Université de Montréal ont permis de chiffrer la présence de l’humain en Amérique à plus de 20 000 ans, grâce à l’analyse au radiocarbone d’artéfacts provenant de grottes dans le nord du Yukon.

L’être humain aurait donc peuplé le continent 10 000 ans plus tôt qu’on le croyait au départ. Sauf que, peu après, des travaux, cette fois menés aux États-Unis, ont donné lieu à une autre théorie, selon laquelle les premiers hommes avaient plutôt foulé le sol de l’Amérique il y a 130 000 ans.

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego

Les os du mastodonte découverts en 1993 près de San Diego Photo : La Presse canadienne

La professeure au département d’anthropologie de l’Université de Montréal Ariane Burke qualifie de formidables les avancées de la science depuis le début de l’année, bien qu’il ne soit pas si étonnant, selon elle, que des artéfacts et des sites archéologiques soient redatés.

Ce qui fait l’éclat et attire l’attention en 2017, c’est qu’on repousse encore plus loin les origines de l’homme. Ariane Burke, archéologue et anthropologue

« Au fil des années, on ajoute des précisions sur des dates imprécises avec l’objectif d’affiner notre chronologie », ajoute-t-elle.

Les fragments de Djebel Irhoud, au Maroc, ont été retrouvés en 2004. Il a ensuite fallu plus de 10 ans pour les dater et contrevérifier les résultats obtenus avant d’être présentés la semaine dernière.

Le site archéologique avait révélé ses premiers secrets dans les années 60, mais c’est justement parce que les chercheurs de l’Institut Max-Planck doutaient des chiffres obtenus à l’époque qu’ils ont repris les fouilles. Les sédiments qui y étaient restés ont donc fait l’objet de nouvelles analyses.

« Depuis une vingtaine d’années, on a vu beaucoup de progrès dans les méthodes de datation, explique Ariane Burke. Les sites fouillés plus récemment peuvent être repris, parce que des sédiments ont été laissés en place en prévoyant qu’il y aurait peut-être des avancés dans les techniques archéologiques qui nous permettraient de revenir sur les lieux et de poser de nouvelles questions ».

Faire le point

L’archéologie n’a pas fini de révéler tous ses secrets sur l’être humain. Daniel Richter concède lui-même qu’avec le perfectionnement des technologies, d’autres découvertes pourraient le surprendre à nouveau.

De très vieux fossiles se cacheraient d’ailleurs toujours en Afrique, ce qui s’explique, selon plusieurs archéologues, par le manque de fouilles sur le continent.

La professeure Burke cite d’ailleurs un quatrième cas, en 2017, qui a cependant moins retenu l’attention : celui de la découverte, en Afrique du Sud, de nouveaux restes de l’Homo naledi, un cousin de l’Homo sapiens. Si on estimait à l’origine qu’il avait vécu il y a environ un ou deux millions d’années, il a plutôt été daté récemment entre 236 000 et 335 000 ans et aurait donc cohabité avec l’homme moderne, bouleversant l’ordre établi dans la chaîne de l’évolution.

« Je pense qu’on peut s’attendre à d’autres nouveautés et découvertes. On a une espèce qui a une portée géographique très vaste », poursuit Ariane Burke, en rappelant que des collaborations internationales et le perfectionnement des technologies permettent justement d’écrire l’histoire de l’être humain avec plus de précision.

« C’est ça la science, résume-t-elle. On émet des hypothèses, on les teste, puis on les ajuste. C’est un domaine très enrichissant et en plein mouvement ».

Les découvertes de cette année en archéologie et en anthropologie montrent qu’une chose est certaine : l’histoire de l’humain réserve encore des surprises.

http://ici.radio-canada.ca