Le nouveau mal des ados


C’est compliqué l’adolescence, peut-être encore plus aujourd’hui, avec une société changeante, avec les réseaux sociaux. De plus en plus des ados souffrent de détresse psychologique que le personnel de l’école doivent se mettre à jour pour dépister et venir en aide ces jeunes qui ont un mal de vivre
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Le nouveau mal des ados

 

Plein écran(Illustration de Marie Lafrance)

En hausse constante depuis 15 ans, la détresse psychologique liée à l’anxiété chez les jeunes a pris les proportions d’une urgence médicale. Au banc des accusés : la réussite scolaire et les réseaux sociaux.

Par pudeur ou par crainte d’essuyer les moqueries de ses camarades, Alia, 12 ans, parle très rarement de son anxiété. Mais dans le parc où elle a accepté de rencontrer L’actualité, la jeune Montréalaise résume avec lucidité les crises de panique qui ponctuent son quotidien depuis un an. Sa première crise a duré 45 minutes. Pour mettre un terme aux suffocations qui la paralysaient, sa mère l’a conduite à l’hôpital. Diagnostic : anxiété pathologique.

Les médecins ont prescrit des anxiolytiques à Alia, mais ceux-ci ne font guère effet. Alors, elle attend de voir un pédopsychiatre au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, mais il faut plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous. Entre-temps, elle tâche de gérer son anxiété par d’autres moyens.

« Lorsque ma respiration s’accélère et que je commence à manquer d’air, je sais qu’une nouvelle crise s’annonce », explique-t-elle.

Pour calmer le tourbillon des pensées qui asphyxient sa fille, la mère a pris l’habitude de faire jouer dans l’appartement un enregistrement de bruits de la nature. Alors elles se blottissent toutes deux dans le canapé, le temps que le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles aient un effet apaisant. Jusqu’à la prochaine crise.

Alia est loin d’être un cas isolé. En hausse constante depuis 15 ans, la détresse psychologique liée à l’anxiété a pris en 2014 les proportions d’une urgence médicale. Elle toucherait désormais plus du tiers des jeunes, contre 24 % en 2013, selon une étude menée en 2016 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, affilié à l’Université de Toronto, auprès de 10 000 étudiants en Ontario. Et si tous ne se retrouvent pas aux urgences, un sur cinq ressentirait le besoin de recourir à une aide médicale.

Jean-François Bélair, psychiatre et chef du Programme d’intervention intensive de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, côtoie des adolescents anxieux depuis des années. S’il constate bien la montée de ce phénomène depuis deux ans, il appelle cependant à manier les statistiques avec précaution.

« L’évolution de la pratique de la médecine nous incite à diagnostiquer de plus en plus les troubles mentaux des patients. Il ne faudrait pas basculer dans le surdiagnostic », souligne-t-il.

L’anxiété, explique-t-il, est avant tout un réflexe biologique qui incite à se protéger en cas de situation dangereuse. Elle est naturellement plus réactive dans le cerveau des adolescents, qui accumulent les nouvelles expériences et s’éloignent chaque jour un peu plus du rassurant cocon familial. Cette réaction devient toutefois problématique si elle fait entrave aux activités du quotidien. On parle alors d’anxiété pathologique. Celle-ci se manifeste le plus souvent par des douleurs physiques et par l’évitement de toute situation susceptible d’entraîner le jugement d’autrui. Dans le quotidien d’un jeune soucieux d’esquiver tout ce qui peut mettre à l’épreuve sa confiance en lui-même, des activités aussi banales que traverser la cour de l’école, parler devant la classe ou avec des camarades deviennent de véritables obstacles.

 

Aux premières loges du théâtre de la vie des jeunes, les enseignants doivent apprendre à composer avec l’anxiété d’un nombre croissant de leurs élèves et les accompagner dans la gestion de celle-ci.

« Nous vivons dans une société de performance où les parents ont des attentes élevées, observe Marie-Claude Ratté, de l’école secondaire des Sentiers, à Québec. Les jeunes somatisent régulièrement cette pression en maux de ventre ou de tête ; ils veulent aller aux toilettes ou s’absentent lors des évaluations. »

Johanne Grenier, de l’école primaire Cœur-Vaillant, à Sainte-Foy, note aussi un manque de confiance plus répandu chez ses élèves, qui cherchent à être rassurés, qui paniquent lorsqu’ils doivent exécuter une tâche seuls et essuient quelques larmes si la note obtenue n’est pas à la hauteur de leurs espérances. Dans son école, où 52 % des élèves sont issus de l’immigration, la pression exercée par les parents est également une source d’anxiété. Certains enfants ont peur de les décevoir et d’être punis.

Plein écran(Illustration de Marie Lafrance)

L’effet Facebook

Au stress lié à la performance à l’école et aux relations sociales s’est ajouté progressivement l’anxiété provoquée chez les jeunes par l’utilisation démesurée des nouvelles technologies : 86 % d’entre eux fréquentent les médias sociaux quotidiennement, un sur cinq passe plus de cinq heures par jour en ligne et un sur huit présente des symptômes de dépendance aux jeux vidéos, selon l’étude menée en 2016 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, affilié à l’Université de Toronto. La même étude révèle qu’en plus d’en subir les conséquences sur leur santé et leur hygiène de vie en général, 22 % deviennent soit victimes de cyberintimidation, soit complexés à force de se comparer aux autres, les filtres du Web donnant l’illusion d’une vie parfaite.

« Les médias sociaux ont une très grande influence sur l’estime que les jeunes ont d’eux-mêmes, explique le Dr Bélair. L’image qu’ils projettent et qu’on leur renvoie a un effet énorme sur leurs sentiments. Si certains trouvent beaucoup de plaisir à échanger sur les médias sociaux et se sentir connectés, bon nombre s’y sentent peu confiants, isolés, à la limite moqués et rejetés. »

Lorsque le réconfort des proches ne suffit pas à raisonner un jeune, les ressources de l’école — groupes d’entraide ou psychologues scolaires — et les services professionnels des CLSC peuvent prendre le relais. Dans les cas plus extrêmes, le jeune doit consulter en clinique externe de psychiatrie ou dans un service d’urgence, où il apprendra à acquérir des mécanismes sains et efficaces pour gérer ses émotions et adopter une pratique modérée des nouvelles technologies.

« La crainte de ne pas réussir encourage même certains jeunes à saboter leur propre travail, comme s’il était plus rassurant de provoquer soi-même un échec plutôt que de le subir », observe le socio-anthropologue de l’adolescence Jocelyn Lachance, professeur à l’Université de Pau, en France, et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

 Il observe que dans notre société, où les notions de performance et d’adaptabilité sont de plus en plus présentes, les jeunes doivent se responsabiliser plus rapidement. Si certains savent redoubler d’inventivité, d’autres craignent de ne pas réussir à trouver leur place et s’en trouvent fragilisés.

« Les adolescents sont désormais sommés de grandir dans un monde en transformation permanente. C’est comme si nous leur disions : prépare-toi maintenant pour un monde qui ne sera plus le même demain », explique-t-il.

La popularité des émissions où les participants doivent rivaliser entre eux pour déterminer qui est le plus populaire ou le plus talentueux alimente la pression que certains jeunes se mettent pour « réussir ». 

elon la psychologue Geneviève Taylor, professeure au Département d’éducation et pédagogie de l’UQAM, ces émissions peuvent avoir une portée particulièrement lourde pour les adolescents, qui sont, par nature, psychologiquement plus vulnérables et dont l’estime d’eux-mêmes est plus fragile.

« C’est physiologique ! dit-elle. Notre cerveau se divise en deux parties : l’amygdale, impliquée dans nos émotions, et le cortex préfrontal, qui permet de les réguler. À l’adolescence, lorsque les émotions sont plus exacerbées, le cortex est moins capable de les maîtriser. »

Depuis sa thérapie à l’hôpital de jour de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, Anthony, 14 ans, a appris à reconnaître les moments où son anxiété le pousse à s’isoler pour mieux les affronter. Retranché derrière des jeux vidéos jusqu’à très tard le soir, cet adolescent discret a mis plusieurs mois avant de se rendre compte que sa vie sociale s’était peu à peu déconstruite. Durant sa thérapie, entouré d’une dizaine d’autres jeunes anxieux, il a appris à maîtriser son handicap et, surtout, à le dédramatiser.

Une heure par semaine, les patients de Douglas font le point sur leurs progrès avec leurs parents et un membre du personnel qui les encadre. Ces réunions débouchent toujours sur une série de nouveaux objectifs que le jeune doit atteindre avant la rencontre suivante. Avec son père et Martha, l’assistante sociale qui le suit, Anthony s’engage à mettre en pratique ses apprentissages pour aller jouer dehors avec un ami ou rendre visite à ses cousins de Boston, quels que soient les imprévus qui risquent de survenir et de stimuler son anxiété. Son père est satisfait des progrès que son fils a accomplis en six semaines à l’Institut Douglas. Lui-même anxieux depuis des années, il reconnaît avoir certainement alimenté les angoisses de l’ado en montrant une attitude vulnérable dans des situations peu justifiées. Père et fils repartent avec la résolution de vaincre l’anxiété en dédramatisant en famille les angoisses qu’ils ont souvent jugées honteuses ou stupides, comme traverser un lieu public bondé ou s’exprimer devant un groupe de personnes.

« Il n’est pas rare de voir l’anxiété se transmettre des parents aux enfants, car celle-ci a un caractère héréditaire, comme beaucoup de troubles mentaux », explique le Dr Bélair.

L’enfant reproduit inconsciemment le comportement de ses parents et s’imprègne de leurs angoisses, parfois dès la période in utero, pendant laquelle le fœtus est déjà capable de ressentir les émotions vécues par la mère. La théorie d’une assise génétique à l’anxiété est aussi une explication envisageable, mais elle n’a pas été démontrée scientifiquement. Hors des caractéristiques familiales, le tempérament et l’expérience de vie de chaque adolescent sont déterminants dans son rapport à l’anxiété. D’un jeune à l’autre, un souvenir traumatisant peut aussi bien être évacué illico que générer une anxiété pathologique qui nécessite des soins, parfois indispensables.

Sans thérapie, Marie, 29 ans, n’est pas sûre qu’elle aurait pu surmonter les crises d’angoisse qui gâchaient son adolescence.

« Je pleurais souvent, j’étais toujours anxieuse, se remémore-t-elle. J’avais peur d’être appelée au tableau en classe. Peur de payer à la caisse dans un magasin. Peur de parler devant les gens. Peur de faire rire de moi. Peur d’avoir peur. »

Jusqu’au jour où elle a perdu pied. Ses parents l’ont retrouvée terrée dans sa garde-robe, totalement déconnectée de la réalité, tétanisée par le monde extérieur qu’elle ne voulait plus affronter.

Grâce à une thérapie qu’elle a suivie au centre de jour pour adolescents du pavillon Albert-Prévost, à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, Marie a réussi à se reconstruire… même si elle a longtemps eu honte de cette période sombre de sa vie, de sa maladie impalpable et souvent incompréhensible aux yeux des autres.

« Nous y faisions des jeux, des dessins, de la relaxation, dit-elle. Il y avait même des professeurs sur place pour que l’on continue nos cours. J’ai appris à mieux gérer mon anxiété et je me suis fait des amis. Nous étions des ados différents des autres, mais personne ne se jugeait. »

Prévenir… pour mieux guérir

La lutte contre l’anxiété se répand dans les établissements scolaires, où le personnel est bien placé pour repérer les élèves aux prises avec ce problème de santé et les aider. Le collège public Saint-Louis, à Lachine, en a fait son cheval de bataille il y a déjà une dizaine d’années.

« C’est une priorité inscrite dans notre convention de gestion, explique la directrice, Marthe Blondin. On sensibilise les jeunes, les parents et les enseignants à ce mal, qui, s’il n’est pas traité au plus tôt, accompagnera l’élève tout au long de sa scolarité. »

Certains enseignants ont été formés pour déceler les cas d’anxiété dès le 1er cycle du secondaire. Ils sont régulièrement déchargés d’une partie de leurs tâches pour faire de la prévention dans les classes.

Les élèves de 2e cycle, moins enclins à montrer leurs émotions en public, sont plutôt soumis à un test de dépistage informatisé. Des ateliers de yoga ou des conférences sur l’anxiété leur sont aussi proposés. Les parents sont conviés à ces activités où, chaque mois, des experts viennent transmettre leurs connaissances et outils pour aider les jeunes.

« Si un élève s’avère anxieux, on fera tout pour qu’il reprenne la maîtrise de son quotidien sans que cela nuise à sa scolarité, explique le psychoéducateur Martin Tison, de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui travaille trois jours par semaine au collège Saint-Louis. On lui donne des conseils pour lutter contre ses angoisses, des réflexes à adopter en cas de crise, et on peut même organiser des accommodements avec son professeur. »

Grâce à ses efforts pour briser le tabou de l’anxiété, le collège Saint-Louis a vu le taux d’élèves qui en souffrent passer de 30 % à 20 % ces six dernières années.

« À l’école, nous constatons qu’on peut aborder le sujet plus librement depuis que nous faisons de la sensibilisation. Et les parents se concentrent davantage sur le bien-être de leur enfant plutôt que sur sa réussite scolaire à tout prix », conclut Marthe Blondin.

Au terme de ses mois de thérapie, reprendre la vie normale a été difficile pour Marie.

« On était protégés dans notre bunker, loin des jugements, alors ce n’était pas évident d’en sortir », conclut-elle.

Depuis, elle n’a jamais cessé de consulter chaque semaine son psychologue, consciente qu’il lui faudra toujours travailler fort pour maîtriser son anxiété.

La psychologue Geneviève Taylor, qui est chercheuse au Groupe de recherche et d’intervention sur la présence attentive (GRIPA), prône la présence attentive pour aider les jeunes à combattre l’anxiété. Cette méthode permet de prendre conscience de ses émotions pour mieux les raisonner au lieu de se noyer dans un flot de pensées anxiogènes, phénomène courant à l’adolescence, lorsque le cerveau est en pleine croissance et plus labile, c’est-à-dire susceptible de se transformer. Avec Catherine Malbœuf-Hurtubise, également du GRIPA, Geneviève Taylor a mis au point un programme « clé en main » de huit semaines pour aider les enseignants et les parents à prévenir l’anxiété et la déconcentration.

Ce programme, qui est détaillé dans l’ouvrage Mission méditation : Pour des élèves épanouis, calmes et concentrés (Midi trente, 2016), dont Geneviève Taylor signe la préface, propose des exercices à réaliser en groupe en plusieurs étapes. De la prise de conscience de son corps et de ses sensations à la maîtrise de sa respiration et à la gestion de ses pensées anxiogènes, elle accompagne l’élève vers un état de présence attentive et de maîtrise de ses éventuels accès de stress.

« L’idéal serait d’aller vers une formation automatique des futurs enseignants à la gestion des émotions, explique Geneviève Taylor. En optimisant leurs propres capacités d’autorégulation, ils pourraient, d’une part, prêcher par l’exemple devant leurs élèves et, d’autre part, leur enseigner comment gérer leur anxiété. »

Plus qu’un simple passage de l’enfance à l’âge adulte, l’adolescence est considérée, en anthropologie, comme un analyseur social dont le décryptage permet de prendre le pouls de la société.

« Elle annonce les changements à venir concernant l’identité des personnes », dit le socio-anthropologue Jocelyn Lachance.

Dans cette optique, faire tomber le tabou de l’anxiété adolescente et envisager des solutions pour la prévenir et la soigner constituent un véritable investissement pour la société de demain.

Petit guide de survie

N’hésitez pas à contacter le personnel de votre école : professeur, directeur, psychoéducateur ou psychologue. Votre médecin de famille peut aussi vous aider, tout comme les ressources suivantes :

  • Jeunesse, J’écoute : pour se confier, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Anonyme et bilingue. Numéro sans frais : 1 800 668-6868.

  • Revivre, l’association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires : 1 866 REVIVRE (738-4873), ou revivre@revivre.org, ou 5140, rue Saint-Hubert, à Montréal.

  • Phobies-Zéro, groupe de soutien et d’entraide pour les personnes souffrant d’anxiété, de troubles paniques, de phobies et d’agoraphobie : 514 276-3105 ou, sans frais, 1 866 922-0002.

    LECTURES UTILES

    Les troubles anxieux expliqués aux parents, par Chantal Baron, « Collection du CHU Sainte-Justine pour les parents », 2001.

    Alex : Surmonter l’anxiété à l’adolescence, par Nathalie Parent, Éditions Midi trente, 2014 (pour les 12 ans et plus).

    Calme et attentif comme une grenouille : La méditation pour les enfants… avec leurs parents (comprend un CD), par Eline Snel, Transcontinental, 2014 (pour les enfants de 5 à 12 ans).

    http://lactualite.com

  • Le premier pas


    Si on veut changer notre quotidien, il faut faire un tri sur ce que nous devons quitter pour avancer
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    Le premier pas

     

    Le premier pas pour avoir ce que vous voulez, c’est d’avoir le courage de quitter ce dont vous ne voulez plus.

    Inconnu

    Les médecins ont dit que les frères ne survivraient pas la nuit – 66 ans après, ils continuent à défier la vie


    Vous avez sans doute déjà entendu parler de Ronnie et Donnie Gaylon, des jumeaux siamois né en 1951 Les médecins étaient certains que ces jumeaux ne passeraient pas la nuit étant donné qu’ils sont rattachés par la taille. 66 ans plus tard, ils sont toujours vivants et seraient les plus vieux siamois au monde. Il a fallu faire des compromis pour arriver a vivre ensemble, car ils ont deux tempéraments différents, et donc des goûts différents
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    Les médecins ont dit que les frères ne survivraient pas la nuit – 66 ans après, ils continuent à défier la vie

     

    Le Saviez-Vous ► Quand lire au lit était une activité dangereuse et subversive


    Il fut un temps, il y a quelques siècles en Europe, la lecture était jugée comme dangereux pour la moralité et la mortalité. À l’époque que l’électricité n’existait pas, on lisait la nuit à la chandelle, donc possibilité d’incendie. Sans compter que lire voulait dire s’isoler, qui pouvait aussi entrainer des plaisirs solitaires et que les femmes (Hé oui, encore les femmes) pouvait négliger leurs obligations sociales
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    Quand lire au lit était une activité dangereuse et subversive

     

    Une fille lisant son livre dans un lit | https://www.flickr.com/photos/141735806@N08/ via Flickr CC License by

    Une fille lisant son livre dans un lit | https://www.flickr.com/photos/141735806@N08/ via Flickr CC License by

    Repéré par Galaad Wilgos

    Repéré sur The Atlantic

    En Europe au XVIIIe siècle, lire au lit était considéré comme une activité dangereuse pour soi et ses objets, mais surtout comme une menace à la morale et à la cohésion de la vie en communauté.

    En 1831, rappelle The Atlantic, les serviteurs de Lord Walsingham l’ont retrouvé calciné jusqu’à l’os dans son lit, méconnaissable et ne ressemblant plus en rien à un être humain. The Family Monitor supputa qu’il était mort de causes assez folkloriques: il devait sans doute être mort, affirmèrent ses éditeurs, en s’endormant pendant qu’il lisait dans son lit.

     L’édito utilisait cet exemple comme mise en garde face «au danger et au désastre le plus effroyable» qu’était le fait de ramener un livre dans son lit –à l’époque quasi-synonyme de mort par le feu en raison des bougies requises pour lire la nuit. Au lieu de ça, il fallait prier pour se préserver des dangers physiques comme du mal.

    Le lien établi entre moralité et mortalité n’était pas si incongru, puisque les bougies pouvaient faire brûler les draps des lits, puis brûler la maison ou au moins l’endommager. Cependant, c’était surestimer l’effet de ces flammes noctures, puisque des 29.069 feux enregistrés à Londres entre 1833 et 1866, seuls 34 avaient été attribués au fait de lire dans son lit –autant que les chats. Alors pourquoi les gens se sentaient-ils menacés?

    Une menace à l’ordre social

    Il faut comprendre ces peurs en prenant en compte le contexte social et historique de l’époque: avant le XVIIe, lire était une activité collective et orale. Lire un livre dans son lit impliquait de savoir lire, avoir les moyens de se payer un livre et d’avoir sa propre chambre.

    The Atlantic rappelle que, la nuit, «même la royauté n’avait pas la vie privée que les dormeurs contemporains considèrent comme acquise», des servants pouvaient en effet dormir à leurs côtés.

    C’est vers le XVIIe siècle que lire devient une activité solitaire moins inhabituelle, notamment grâce à l’invention de l’imprimerie. Au même moment, la chambre à coucher change. D’une pièce collective, tant chez les pauvres que chez les riches, elle devient un lieu où s’isoler, notamment avec l’apparition du lit baldaquin qui permettait de fermer les rideaux.

    Cet isolement inquiéte à l’époque, à cause de la transgression possible lorsque l’on est à l’abri des regards. Ainsi, Thomas Laqueur, historien auteur de Solitary Sex, fait un lien direct entre ces inquiétudes du XVIIIe siècle et la vision de la masturbation comme une menace publique. Les romans, comme la masturbation, créaient des «compagnons d’oreiller» alternatifs et étaient condamnés par peur que cette autonomie individuelle puisse mener à la perte de l’ordre moral. Or ces changements dans la façon de lire et de dormir ont promu l’indépendence nécessaire à l’émergence des idées des Lumières, continue The Atlantic, alors que la lecture orale et collective obligeait chacun à se confronter à une figure d’autorité.

    La crainte émerge que la lecture et le fait de dormir seul ne fassent céder certains à une vie fantaisiste menaçant la vie en collectivité. Notamment les femmes qui pouvaient en oublier leurs obligations sociales en laissant aller leur imagination en lisant de la fiction… La société ne semble pourtant pas aujourd’hui ébranlée par toutes ces personnes qui lisent seules.

    http://www.slate.fr

    Un gène du bonheur uniquement chez la femme


    C’est récent comme étude et demande d’être approfondie, mais il semble que le bien-être pourrait être génétique du moins pour les femmes,(toutes les femmes n’ont pas nécessairement ce gène)  qui dus par un gène particulier, alors que chez l’homme ce gène favoriserait l’agressivité. Cependant, il y a quand d’autres facteurs qui doivent rentrer en ligne de compte et les hommes ont leurs moyens pour être heureux .. Et parait-il que ces messieurs éprouveraient un sentiment de bien-être quand ils font du ménage. C’est bon à savoir ! Non ? 😉
    Nuage

     

     

    Un gène du bonheur uniquement chez la femme

     

    Par Janlou Chaput, Futura

     

    Les femmes auraient droit à un gène du bonheur qui produit presque l’effet inverse chez l’homme. Cet allèle particulier procure du bien-être quand il est présent en un exemplaire, et encore plus lorsqu’il est en deux copies !

    Les hommes et les femmes pourraient ne pas demeurer libres et égaux en bonheur. En effet si cet état de plénitude a une forte composante génétique, la gent féminine jouirait d’un avantage sur son homologue masculine. Un allèle particulier du gène Maoa (monoamine oxydase A) procurerait du bien-être chez la femme alors qu’il favoriserait l’agressivité chez l’homme. Comment est-ce possible ?

    Le contexte : le bien-être génétique

    La génétique s’immisce vraiment partout et joue parfois en notre faveur. Ainsi, des études menées auprès de jumeaux indiquent qu’elle explique entre 35 et 50 % des variations de bonheur entre les individus. La joie de vivre est donc en partie dans l’ADN.

    Si d’une part cela justifie le fait que tout le monde n’a pas la même conception du plaisir, l’aptitude au bonheur est également dépendante du sexe. En effet, de précédents travaux tendent à montrer que les femmes se déclarent plus heureuses que les hommes, même si elles sont davantage victimes de troubles de l’humeur et de l’anxiété.

    Pourquoi ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre une équipe de chercheurs de l’University of South Florida en évaluant l’effet de différentes versions d’un même gène, nommé Maoa, sur le bien-être des hommes et des femmes.

    Mais cet effet ne se constate pas chez les individus masculins. Au contraire, cet allèle avait déjà été surnommé par quelques scientifiques le « gène du guerrier » du fait de l’agressivité qu’il engendre. Il est également associé à l’alcoolisme et au comportement antisocial. Même séquence ADN, effets presque opposés !

    Le bonheur serait aussi codé dans l'ADN, en partie dans certaines formes du gène Maoa des femmes. Les hommes ont-ils eux aussi un équivalent ? © Maurizio de Angelis, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

    Le bonheur serait aussi codé dans l’ADN, en partie dans certaines formes du gène Maoa des femmes. Les hommes ont-ils eux aussi un équivalent ? © Maurizio de Angelis, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

    Dans ce travail publié dans Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, les auteurs relatent leur protocole. Une analyse génétique de la version de Maoa de 345 volontaires (193 femmes et 152 hommes) était mise en parallèle à un questionnaire dans lequel les cobayes devaient déclarer leur niveau de bonheur.

    De façon surprenante, l’allèle qui conduit à une expression moindre de l’enzyme était associé au bonheur chez les femmes. Celles possédant une seule version disaient être plus heureuses que celles qui en étaient dépourvues. Mais ces premières étaient dépassées dans l’intensité du bien-être par les femmes homozygotes, c’est-à-dire dotées de deux de ces allèles.

    Où résiderait l’efficacité de Maoa ? Ce gène code pour une enzyme qui découpe des neurotransmetteurs importants, comme la sérotonine et la dopamine. Or ces molécules contribuent au bonheur et sont même à la base de certains antidépresseurs. Cet allèle correspond à la forme la moins active, celle qui préserve davantage ces neurotransmetteurs de la famille des monoamines, leur permettant d’augmenter leur efficacité et d’améliorer le bien-être.

    Reste à résoudre la question de la spécificité de genre : pourquoi les hommes n’en bénéficient pas ? Les auteurs suggèrent que les hauts niveaux de testostérone annihilent cet effet. Mais cela reste à prouver.

    L’œil extérieur : c’est quand le bonheur ?

    Si le bien-être moral dépend évidemment du contexte, la génétique y contribue également. Cependant, ce domaine de recherche étant récent, les scientifiques creusent afin de combler les nombreuses lacunes auxquelles ils doivent faire face. Ils supposent par exemple que le bonheur ne dépend pas d’un gène ni d’un groupe de gènes, mais plutôt de l’interaction entre plusieurs de ces groupes, rendant les situations encore plus complexes qu’elles ne le sont déjà.

    Cependant, tout ne tient quand même pas dans les gènes. Et les hommes aussi ont leur façon d’être heureux. Ce n’est pas un collectif féministe qui le dit mais bel et bien une étude scientifique : ils éprouvent davantage de bien-être lorsqu’ils font le ménage

    http://www.futura-sciences.com/

    Sacs compostables: le vrai du faux


    Chez-moi, je ne peux pas participer au compostage, car des locataires ne se forcent pas pour faire le tri entre recyclage et compostage. On peut néanmoins composter, malheureusement, encore là, il y a un manque flagrant de rigueur pour le recyclage. Bien que les sacs à compostage ne soient obligatoires, je trouve cela préférable surtout pendant la saison chaude, ou un rien fait reproduire des larves de mouches en grand nombre
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    Sacs compostables: le vrai du faux

     

    Agence Science-Presse  |  Par Eve Beaudin

    Bien des consommateurs sont confus quand vient le temps de choisir un sac pour leur bac de compost. Devrait-on acheter des sacs certifiés compostables, ou si un sac qui porte la mention biodégradable peut être utilisé pour le compost ? Peut-on mettre les sacs compostables au recyclage ? Devrait-on les utiliser comme sac à ordures pour réduire les impacts environnementaux?

    Le Détecteur de rumeurs répond à ces questions.

    Les sacs compostables sont faits de matériaux biodégradables : vrai

    Il existe deux types de sacs compostables. Certains sont faits de plastique d’origine végétale (par exemple, de l‘amidon transformé en résine), alors que d’autres sont en papier. Peu importe le matériau, pour être considéré compostable, le produit doit se décomposer au même rythme que les végétaux. Selon la norme sur la biodégradation des plastiques par compostage (ISO 17088), cela signifie qu’un sac de plastique compostable doit se dégrader à 90 % en moins de six mois.

    Les sacs compostables doivent être certifiés et porter un logo : vrai

    Puisqu’ils doivent répondre à une norme environnementale, la simple mention « compostable » n’est pas suffisante, ils doivent être certifiés par un organisme indépendant. Le consommateur qui veut s’assurer qu’un sac est vraiment compostable doit repérer un logo de certification sur le sac ou sur l’emballage. Le premier logo ci-après est celui du Bureau de normalisation du Québec qui certifie les produits compostables pour la province. D’autres logos de certifications peuvent être repérés sur les produits vendus au Québec. Voici les plus fréquents.

    logos

    Il ne faut pas confondre sac compostable et sac biodégradable : vrai

    Les sacs dits « biodégradables » ou « oxobiodégradables » qu’on nous donne parfois aux caisses des supermarchés ne sont pas compostables. Ils sont faits de plastique traditionnel (polyéthylène) auquel on a ajouté des additifs chimiques dans le but d’en accélérer la fragmentation en petits morceaux… de plastique ! Il ne faut pas les mettre au compost puisque le plastique et les additifs qu’ils contiennent représentent un contaminant qui pourrait affecter la qualité du compost. De plus, plusieurs études, comme celles rapportées dans la revue Nature en 2011, indiquent que la « dégradation » de ces sacs est loin d’être établie et que leurs résidus peuvent rester dans l’environnement durant de nombreuses années. Enfin, ces sacs ne sont pas non plus recyclables, car les additifs qui favorisent leur fragmentation peuvent corrompre le plastique recyclé. Bref, les sacs de plastique dit biodégradables ou oxobiodégradables ne semblent pas présenter d’intérêt écologique par rapport aux sacs de plastique traditionnel.

    On devrait utiliser un sac compostable comme sac à poubelle : faux

    On pourrait croire qu’il est plus écologique d’utiliser un sac de plastique d’origine végétale comme sac à poubelle, mais il n’en est rien. Lorsqu’on les envoie au dépotoir, les sacs compostables se dégradent sans présence d’oxygène, ce qui génère du méthane, un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2. Donc, les plastiques compostables qui se retrouvent à l’enfouissement contribuent au réchauffement climatique ! Paradoxalement, le fait que les sacs à poubelle traditionnels soient stables (ils peuvent prendre plusieurs centaines d’années à se dégrader) fait en sorte qu’ils ne génèrent pas de gaz à effet de serre dans un site d’enfouissement. C’est pourquoi on recommande de continuer à utiliser des sacs de plastique pour les déchets. Pour faire mieux du point de vue environnemental, on peut réutiliser un sac d’épicerie comme sac à poubelle ou acheter des sacs à ordures en plastique recyclé.

    On peut mettre les sacs compostables au recyclage : faux

    Les sacs de plastique compostables ne sont pas destinés à être recyclés. Puisqu’ils se décomposent plus rapidement que les autres plastiques, ils peuvent contaminer les lots de plastique recyclé qui résultent du recyclage. Un objet fait de plastique recyclé qui contiendrait une trop grande quantité de plastique compostable pourrait être moins solide ou encore avoir une moins bonne tolérance aux rayons UV, par exemple.

    Les sacs compostables sont nécessaires à la collecte du compost municipal : faux

    Bien que très répandue pour des raisons pratiques, l’utilisation des sacs compostables n’est généralement pas obligatoire dans les municipalités qui font la collecte du compost. Cela signifie qu’on peut mettre directement nos déchets de table dans le bac brun, si on le souhaite. Pour faciliter la collecte, on recommande de faire un baluchon à l’aide de papier journal et de ne pas mettre de liquides dans le bac.

    http://quebec.huffingtonpost.ca

    Parole d’enfant ► Sirop d’érable


    Ana-Jézabelle me raconte aussi des choses qui se passent avec la grand-maman du côté de son père. Et ce qui je trouve intéressant, c’est qu’elle essaie de donner des noms a des choses qu’elle connait certaines propriétés, mais sans plus
    Nuage

     

    Sirop d’érable

     

     

    Grand-maman raconte :

    Mamie se fait grignoter pleins de choses comme le pic-bois qui cogne après l’arbre
    Pis, il y a un castor qui a grignoté un arbre au sirop d’érable
    – Hum un arbre au sirop d’érable ?
    – Oui, on met quelque chose pour faire du sirop d’érable
    – Comment s’appelle l’arbre ?
    – Je sais pas
    – Allez, je sais que tu es capable
    – Du sirop d’érable ?
    – Non, un érable

    Ana-Jézabelle, 5 ans/17 mai 2017