Le Saviez-Vous ► La recherche scientifique méconnue du grand public


Il fut un temps que guérir des maladies étaient relier à la superstition, aux recettes plus ou moins douteuses. Heureusement, les choses ont changé, des maladies qu’on évite avec un vaccin, des guérisons qui hier étaient impossible. Pour arriver à de tel résultat, il y a plusieurs étapes pour y arriver et le mettre sur le marché et c’est une question de plusieurs années
Nuage

 

La recherche scientifique méconnue du grand public

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

    La volonté de traiter des maladies, de soulager les douleurs et de venir en aide à la santé des gens est probablement aussi vieille que l’humanité elle-même. Bien des tisanes, décoctions et utilisations en tous genres d’herbes et d’épices ont surgi au cours des siècles pour répondre à ces besoins. Dans un article que je signais en mai 2016 et qui s’intitulait: Il était une fois la maladie. Quand le «naturel» est plus dangereux que le «chimique», je donnais cet exemple: les sages-femmes et les sorcières utilisaient l’ergot de seigle pour provoquer des avortements. La notion de dosage était alors connue, mais de manière plus superstitieuse que scientifique. On préconisait en effet de n’utiliser qu’un nombre impair d’ergots, 5, 7 ou 9, dans les préparations. Souvent, l’avortement réussissait, mais la mère décédait aussi.

    Nous pouvons en trouver des centaines de milliers d’autres exemples en quelques clics sur le Web. Par exemple cette recette pour guérir la rage: Manger le foie, grillé sur la braise, de l’animal assommé. Réduire en poudre une certaine quantité des poils de la queue carbonisés, et l’appliquer, pétrie de beurre végétal, sur la morsure. Si l’animal a été excité par la magie, se baigner dans une décoction de gui (Loranthus) de nzaba (Landolphia owariensis) (Réf: Dominique Traoré, Médecine et magie africaine, Édition Présence Africaine, 1983, page 100). Je peux affirmer sans craindre de trop me tromper que le vaccin mis au point par Louis Pasteur contre la rage est beaucoup plus efficace.

Mais les tenants du «naturel» et les militants anti-vaccination ont la peau dure. En preuve, cette recrudescence de rougeole en Europe, un continent où les taux de vaccination n’atteignent pas les niveaux sécuritaires.

Les chevaliers de la guerre contre la vaccination avec, comme chef, le Professeur Henri Joyeux y ont fait un travail de sabotage de la vaccination digne de mention. Ils ont réussi à provoquer une recrudescence de la rougeole en Europe, qui risque fort de se répandre mondialement, car de nos jours, les personnes voyagent beaucoup, y compris bien sûr, en Europe. Heureusement, pour la santé publique le fameux docteur fut radié de son ordre professionnel en décembre 2016.

Et la vraie science

Il faut connaître le long et onéreux processus relié à la découverte d’un médicament pour comprendre en quoi les propagandistes anti-vaccination et tous les autres semblables dénigreurs des produits pharmaceutiques répandent à qui mieux mieux des informations erronées, quitte à mettre en danger la santé des citoyens. Supposons que vous soyez face à 5 000 à 10 000 composés qui seraient susceptibles de devenir des médicaments, après 8 à 10 ans d’efforts et plus de 1 milliard de dollars dépensés, vous pouvez vous attendre à obtenir un médicament qui sera accepté par toutes les instances et qui sera enfin disponible pour les personnes qui en ont besoin. Examinons les diverses étapes que devra traverser tout nouveau médicament.

Première étape: Découverte du médicament

Un savant chercheur découvre une molécule ou un autre médicament qu’il croit pouvoir utiliser contre une ou des maladies quelconques. C’est l’étape que l’on a appelée: la recherche fondamentale. Le chercheur étudie le mécanisme d’une maladie ou d’une anomalie quelconque et imagine un moyen qui pourrait résoudre le problème. C’est aussi ici que l’on parle de 5000 à 10 000 composés avancés.

Deuxième étape: Les essais précliniques

Ces nouvelles substances seront d’abord testées sur divers organismes d’abord cellulaires, puis microbiens pour finir parfois par être essayées sur divers animaux si cela est nécessaire. Des 5000 à 10 000 composés d’origine, environ 250 réussiront le passage des essais précliniques. Et il aura fallu de 3 à 6 ans de travail pour arriver à la fin de ces essais précliniques et pouvoir passer à l’étape 3.

Étapes des essais cliniquesÉtape 3: Essais cliniques de phase 1

Ici, entre 20 et 100 volontaires utiliseront sous stricte supervision le nouveau médicament. Des 250 médicaments qui passeront par cette phase, seulement 5 pourront être promus à l’étape suivante.

Étape 4: Essais cliniques de phase 2

Le nouveau médicament sera testé sur 100 à 500 volontaires. Puis celui ou ceux qui auront passé avec succès ces tests pourront accéder à l’étape suivante.

Étape 5: Essais clinique de phase 3

À ce niveau, les tests s’adresseront à des cohortes beaucoup plus importantes, soit de 1000 à 5000 volontaires. Si le composé a survécu à toutes ces étapes, il lui restera encore quelques essentielles reconnaissances à obtenir avant de se retrouver sur les tablettes des pharmacies. Fait à noter, il aura fallu entre 6 et 7 ans pour que le médicament ait franchi ces 5 premières étapes.

Étape 6: Les examens règlementaires

Ici, ce sont les divers organismes de santé, internationaux, nationaux, et provinciaux qui contrevérifieront les résultats de la recherche clinique avant d’apposer leur autorisation finale sur ledit médicament. On peut penser à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, à la Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) au Canada et à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) au Québec.

En résumé, il aura fallu, comme cité précédemment plus de 10 ans et bien souvent entre 10 et 15 ans de recherche ainsi que plus d’un milliard de dollars pour produire un seul médicament qui pourra être mis en marché.

La bonne nouvelle

Présentement, plus de 7000 médicaments sont en développement. 1 813 de ceux-ci visent à combattre les divers cancers, 1 329, les diverses maladies neurologiques (ex: Alzheimer, Parkinson, etc.) 1 256, les maladies infectieuses, 1 120 les maladies immunologiques, 599, les maladies cardiorespiratoires, 511, troubles de santé mentale, 475, le diabète et 159 le VIH/SIDA. C’est donc 7 262 médicaments qui devront chacun avoir franchi toutes les étapes de la recherche scientifique, telle que décrite ci-haut, qui seront bientôt disponibles à toute la population.

La moins bonne nouvelle,

Comme souligné d’entrée de jeu dans cet article, malgré l’effort scientifique déployé et tous les contrôles des plus rigoureux exercés, il demeure pour certains encore plus facile de croire aux remèdes dits «naturels» que d’accorder leur confiance aux produits pharmaceutiques. D’une part, l’appellation même de naturel n’a rien de rassurant en soi. L’arsenic est tout ce qu’il y a de plus naturel… D’autre part, un article paru dans La Presse du 1er avril 2017 nous apprenait que l’industrie des produits de santé naturels prétend que le projet de refonte de Santé Canada va trop loin et restreindra l’accès aux produits. Mais plusieurs experts, comme le souligne le même article, croient, au contraire que le projet est insuffisant pour bien protéger les Canadiens.

La meilleure des nouvelles

Nous en sommes arrivés au point où la pensée scientifique a réussi à s’implanter au point où les reliquats de magie, de sorcellerie et de guérisseurs (et guérisseuses) de tous acabits s’estompent de plus en plus. Et surtout, les patients, ceux-là qui sont la cause de tous ces efforts de recherche réalisent l’effet de ces médicaments dans leur vie de tous les jours. Pour certains, ce sera un cancer qu’ils ont vaincu, pour d’autres, ce sera une maladie invalidante de laquelle ils ont pu s’échapper et commencer une vie active et gratifiante et pour d’autres enfin, il s’agira de douleurs continuelles dont ils ont enfin vu la fin. Comme quoi, aux portes de l’évidence, il faut quand même parfois placer une enseigne, ne serait-ce que pour pleinement réaliser les résultats de nos efforts.

http://quebec.huffingtonpost.ca

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4 réponses à “Le Saviez-Vous ► La recherche scientifique méconnue du grand public

  1. Il n’y a pas si longtemps que çà , on utilisait encore des procédés disons dépassés ou non conventionnels pour soigner certaines maladies …J’ai connu l’utilisation des sangsues !!!!! ( pas sur moi ouffff ) , il y avait aussi les ventouses : Des petits récipients de verre dans les quels on faisait bruler un petit bout de coton (pour y faire le vide ) puis aussi tôt , on appliquait la ventouse sur la peau ( souvent le dos ) pour soulager la douleur ou soigne un rhume ,dégager les bronches et…..cela fonctionnait ! Je ne te parle pas des emplâtres d’argile soignant les entorses et autres concoctions d’herbes de toutes sorte en tisane comme diurétiques  » nettoyant de l’organisme dont était adepte ma grand-mère ….
    F.

  2. Fausse idée: Le professeur Joyeux n’est pas contre les vaccins, il est contre l’accumulation de plusieurs maladies dans un seul vaccin qui nous ai imposé et qui coûte très cher à la collectivité alors que l’ancien vaccin était très suffisant au regard de la loi mais PAS cher… il souligne le fait que des industries pharmaceutiques avec l’accord de l’état s’engraisser et il y a d’ailleurs une machine arrière qui se fait… Je ne parle pas également de l’adjudant qui est de l’aluminium alors qu’on lutte contre dans les déodorants, etc…! Les droits et devoirs ne sont pas les mêmes pour tous apparemment…. excuses moi de m’emballer….Bisous

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