Le mystérieux syndrome qui plonge des enfants réfugiés dans un état proche du coma


URSS et de l’ex Yougoslavie. Ce qui est encore plus bizarre, c’est que cette maladie n’existe qu’en Suède. Ce syndrome de résignation n’a qu’un seul traitement, c’est d’être accepté de rester dans le pays d’accueil où il se sentait en sécurité
Nuage

 

Le mystérieux syndrome qui plonge des enfants réfugiés dans un état proche du coma

 

© thinkstock.

L’Uppgivenhetssyndrom, ou syndrome de la résignation, n’existe apparemment qu’en Suède chez les jeunes réfugiés.

Le magazine du New Yorker consacre dans son prochain numéro un long article à Georgi, un jeune réfugié d’origine russe qui est arrivé en Suède avec sa famille à l’âge de cinq ans. Très apprécié dans son école, le garçon de 13 ans était parfaitement adapté à sa nouvelle vie suédoise quand il a appris en 2015 que le gouvernement avait rejeté la demande d’asile de sa famille: ils allaient être expulsés. Après avoir lu la lettre, le jeune garçon est allé se coucher dans son lit. Il a refusé de manger, de parler ou de sortir de sa chambre. Au bout d’une semaine, il avait déjà perdu cinq kilos. Inquiets, ses parents ont fait appel à Elisabeth Hultcrantz, un médecin qui s’occupe gratuitement des enfants réfugiés. Elle leur a conseillé d’emmener leur fils aux urgences de Falun, où les docteurs ont pu effectuer un diagnostic.

Perdu la volonté de vivre

Georgi était atteint de l’Uppgivenhetssyndrom, le syndrome de la résignation, une maladie qui n’existe apparemment qu’en Suède chez les réfugiés, lit-on sur le site de Slate.

« Les patients n’ont aucune maladie physique ou neurologique sous-jacente, mais ils semblent avoir perdu la volonté de vivre. » Le docteur Hultcrantz ajoute: « C’est comme une sorte de protection, ce coma dans lequel ils sont plongés. Ils ressemblent à Blanche Neige qui se retire du monde. »

Expulsions d’enfants malades

Au début des années 2000, cette mystérieuse condition a touché des centaines d’enfants comme Georgi en Suède.

Appelés les « apathiques », les jeunes patients, âgés de 8 à 15 ans, étaient décrits comme « totalement passifs, immobiles, sans tonus, effacés, muets, incapables de boire ou de manger, incontinents et pas réactifs aux stimuli extérieurs ou à la douleur. »

Presque tous ces enfants étaient originaires de l’ex-URSS et de l’ex-Yougoslavie. Selon des psychiatres de l’époque, le syndrome avait été causé par deux facteurs traumatiques: le stress dans le pays d’origine et la peur, après avoir vécu en Suède, de devoir y retourner. Malheureusement, beaucoup d’enfants ont été expulsés malgré leur état préoccupant. En 2005, suite à une pétition signée par 160.000 citoyens et la demande de plusieurs partis politiques, le gouvernement a permis aux familles des enfants apathiques de rester en Suède, un pays qui s’était toujours montré fier de sa politique d’asile généreuse jusqu’en 2015.

L’asile, le traitement le plus efficace

Après trois nuits à l’hôpital, Georgi est retourné chez lui mais sa santé ne s’est pas améliorée, malgré les appels de ses camarades de classe et les soins de sa famille. Dans un guide sur le syndrome de la résignation publié en 2013, un comité officiel de médecins explique que le traitement le plus efficace pour guérir les enfants apathiques est l’obtention de l’asile.

 « Si le garçon obtient la sécurité de pouvoir vivre dans son pays d’accueil, le pronostic est bon et il pourra aller mieux au bout d’un an. Mais s’il n’a aucun sentiment de sécurité, il ne se réveillera pas, peu importe le pays où il se trouve. »

Fin mai 2016, la lettre tant espérée est arrivée chez Georgi: sa famille a finalement obtenu le droit d’habiter en Suède. Deux semaines plus tard, le jeune homme ouvrait enfin les yeux. Allité pendant presque six mois, il a récupéré petit à petit ses capacités: il a pu s’alimenter, marcher et reparler à ses parents et son petit frère. Dans un entretien avec une journaliste, le garçon a expliqué que durant sa maladie, il se sentait comme « dans une boîte de verre aux murs fragiles, tout au fond de l’océan. » Il avait peur de briser le verre en bougeant ou en parlant. « L’eau aurait pu rentrer et me tuer », a confié Georgi. « Aujourd’hui, j’ai compris que ce verre n’avait jamais existé. »

http://www.7sur7.be

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