L’Homme de Kennewick a été réenterré


Un homme, 8 400 ans découverts en 1996 a retrouvé une sépulture sur la terre des Premières nations aux États-Unis. C’est grâce à son génome qu’il a pu trouver des descendants amérindiens
Nuage

 

L’Homme de Kennewick a été réenterré

 

Homme de Kennewick

Le crâne de l’Homme de Kennewick, et une restitution.

BRITTNEY TATCGELL / SMITHSONIAN INSTITUTION

Après 20 ans de contentieux, les restes de l’Homme de Kennewick, un squelette de 8 400 ans, ont été restitués aux Amérindiens qui l’ont immédiatement inhumé dans un endroit tenu secret aux Etats-Unis.

BRITTNEY TATCGELL / SMITHSONIAN INSTITUTION

CÉRÉMONIE. L’ « Ancien » vient de retrouver la terre de ses ancêtres… Après 20 ans de batailles juridiques, le vieux squelette de 8400 ans réclamé aux anthropologues par cinq nations indiennes, a été « réenterré » samedi 18 février 2017. L’inhumation de cet « Homme de Kennewick » a eu lieu dans un endroit tenu secret, proche de la rivière Columbia, dans l’Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis. Là même où il avait été découvert accidentellement par deux jeunes promeneurs en 1996. Des chefs religieux et de tribus se trouvaient parmi les 200 personnes venues rendre un dernier hommage à cet aïeul, inhumé selon des rites sacrés.

« Ceci est un grand jour et nos peuples sont venus honorer notre ancêtre », a ainsi déclaré Arman Minthorn, du conseil tribal Umatilla, cité par le quotidien en ligne Tri-City Herald. 

Les représentants des cinq Nations (Umatilla, Yakama, Nez Percé, Colville et Wanapum) qui revendiquaient depuis deux décennies la restitution des restes de ce corps, avaient été reçus la veille de la cérémonie au musée Burke d’histoire naturelle de Seattle, dans l’Etat de Washington. Ils y ont été accueillis par les représentants de l’US Army Corps of Engineers, du Département d’Archéologie et d’Histoire, qui conservaient légalement le squelette. La dépouille leur a alors officiellement été remise.

Le crâne de l’Homme de Kennewick, et une restitution. ©Brittney Tatcgell

C’est le séquençage du génome de l’homme de Kennewick en 2015 qui a permis de dénouer le conflit. Les résultats ont en effet écarté toutes les caractéristiques caucasiennes qui lui étaient prêtées jusqu’alors, et permis d’établir des liens de parenté avec les actuelles populations autochtones. Ces résultats sans appel, effectués par une équipe internationale dirigée par Eske Willerslev, paléogénéticien au Centre de GeoGenetics du Musée d’Histoire Naturelle du Danemark, avaient alors été publiés dans la revue Nature. Ce que nous avions à l’époque évoqué dans Sciences et Avenir. Un décret signé par l’ancien président Barack Obama le 19 décembre 2016 a ensuite autorisé la restitution du squelette à la coalition de tribus qui le réclamaient après que les anthropologues ont pu en effectuer l’étude complète. Une loi votée en 1990, le Native American Graves Protection and Rapatriation Act (Nagpra) protège, en effet, les sépultures amérindiennes en imposant aux chercheurs de restituer aux populations autochtones tous les témoignages qu’ils rencontrent liés à leur histoire. Il suffit pour cela que l’inhumation ait plus de 500 ans et qu’un lien culturel direct soit avéré avec le demandeur. L’Homme de Kennewick repose donc désormais sur le sentier de la paix.

https://www.sciencesetavenir.fr/a

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