Le dinosaure qui ne pondait pas d’oeufs


Une espèce bizarre (comme bien des animaux préhistoriques) a vécu il y a 250 millions d’années dans les mers. On croyait d’après son classement qu’il était ovipare, alors qu’un foetus a été trouver dans le fossile de sa mère gestante ce qui change encore les idées sur l’évolution des systèmes de reproducteur
Nuage

 

Le dinosaure qui ne pondait pas d’oeufs

 

Photo : Dinghua Yang

Un embryon a été découvert dans les restes fossilisés d’un Dinocephalosaurus. Ce monstre aquatique vivait il y a 250 millions d’années dans les mers de ce qui est aujourd’hui devenu la Chine. C’est une première preuve de gestation pour des animaux jusqu’à tout récemment reconnus pour pondre des œufs.

 Explication.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Un texte d’Alain Labelle


Décrivons d’abord la bête à l’esthétique particulière. Le Dinocephalosaurus, un animal de plus de 2 mètres, possédait un cou deux fois plus long que son corps. Sa mâchoire impressionnante et ses dents en faisait un prédateur redoutable qui se nourrissait principalement de poissons et de calmars.

Ce « lézard à terrible tête », comme son nom l’indique, appartenait à la famille des archosauriens, comme les dinosaures, les oiseaux et les crocodiliens. Des animaux ovipares, c’est-à-dire qui se reproduisent en pondant des œufs.

Gestation surprise

La découverte dans son ventre d’un petit embryon a surpris l’équipe internationale de paléontologues qui a analysé les restes fossilisés. C’est que, jusqu’à aujourd’hui, le Dinocephalosaurus était considéré comme un animal ovipare. Il s’agirait plutôt d’une espèce gestante, c’est-à-dire qu’une femelle porte son petit depuis la conception jusqu’à l’accouchement.

L’embryon découvert représente environ 12 % de la taille de sa mère.

J’étais tellement excité quand j’ai vu cet embryon. Jun Liu, de l’université de Hefei en Chine

Le foetus est dans une position typique des embryons de vertébrés : le dos est courbé et la tête est inclinée.

La gestation est grandement associée aux mammifères. Mais il existe également des lézards et des serpents dont les bébés « éclosent » à l’intérieur de leur mère et émergent sans passer par des œufs avec coquilles.

Les auteurs de ces travaux sont certains qu’il s’agit bien d’un embryon et non pas des restes du dernier repas de la femelle, parce qu’il est tourné vers l’avant. Les prédateurs avalent plutôt leur proie en commençant par la tête pour l’aider à descendre, explique le paléontologue Jun Liu.

De plus, la femelle et l’embryon appartiennent à la même espèce.

Cette découverte modifie notre compréhension de l’évolution des systèmes reproducteurs. Jusqu’à maintenant, on pensait que tous les animaux de cette lignée étaient ovipares, qu’il s’agissait d’une contrainte biologique touchant cette lignée. Jun Liu

Le Pr Chris Organ, de l’université d’État du Montana, qui a aussi participé à ces travaux publiés dans la revue Nature, affirme que le sexe d’un bébé Dinocephalosaurus est déterminé au niveau génétique, comme chez les mammifères et les oiseaux.

Or, chez ses plus proches parents vivants aujourd’hui, comme les tortues et les crocodiliens, le sexe de la progéniture est plutôt déterminé par la température d’incubation des œufs.

http://ici.radio-canada.ca/

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