Des associations dénoncent l’épilation de fourrure de lapin angora


Si vous aimez la fourrure d’angora, saviez-vous comment on les récolte ? C’est à glacé le sang. Car le poil est arraché sur des lapins angoras, imaginez la souffrance que subissent ces animaux
Nuage

 

Des associations dénoncent l’épilation de fourrure de lapin angora

 

  • Par Diane Berger

Pour dénoncer la violence de l’épilation subie les lapins angora, deux associations de défense des animaux l’ont «mise en scène», ce jeudi, devant le ministère de l’Agriculture. Les éleveurs, eux, se défendent de toute maltraitance et prennent déjà des mesures.

Étrange tableau devant le ministère de l’Agriculture ce matin: en pleine rue, un hommé déguisé en lapin géant, étendu et ligoté sur une table, se faisait mutiler sous les yeux des passants. La mise en scène était volontiers gore: costume sanguinolent, corps qui se débat et hurlements de lapins préenregistrés. À l’origine de cette communication choc, deux associations de défense des animaux habituées des coups d’éclat médiatiques: PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) et One Voice.

«Le lieu est symbolique, c’est un appel au ministre de l’agriculture pour interdire la production d’angora en France» explique au Figaro Anissa Putois, chargée de campagne de PETA France.

Pour obtenir la fourrure angora, pas d’abattage mais un prélèvement régulier des poils, au cours duquel l’animal est attaché, se débat et gémit.

«Quiconque voit des images de lapins mutilés et entend leurs cris de douleur quand ils sont épilés de la sorte comprendra que cette matière cruelle n’a pas lieu d’être au 21ème siècle et il est grand temps que sa production soit interdite», déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice dans un communiqué.

Par cette action, PETA et One Voice ont souhaité alerter l’administration mais aussi les citoyens de ce qui se cache derrière le secteur de la fourrure angora car «beaucoup de gens ignorent la cruauté derrière cette fourrure angora» selon Anissa Putois. Or, des révélations récentes de PETA sur l’élevage des lapins angora en Asie et une enquête en septembre de One Voice sur la réalité des élevages français ont de quoi glacer le sang: minuscules cages individuelles, abattage brutal des mâles, mauvaises conditions d’hygiène, hurlements de souffrance des lapins…

9000 tonnes de poils de lapin commercialisés dans le monde

 

«Beaucoup de gens ignorent la cruauté derrière cette fourrure angora.» Anissa Putois, de PETA France.

Chaque année, 9000 tonnes de poils de lapin seraient commercialisées dans le monde selon One Voice, à 90% en provenance de Chine. Mais il y a encore en France une trentaine d’élevages de lapins angora:

«c’est une production très limitée qui passe donc un peu en dessous des radars du ministère de l’Agriculture» explique Mme Putois qui dénonce une activité très mal légiférée et très peu encadrée.

«La fourrure angora est utilisée surtout pour les vêtements, en petites proportions dans beaucoup de vêtements pour les rendre plus chauds. Mais c’est inutile car nous vivons à une époque où les matières véganes remplacent très bien les produits d’origine animale» affirme Anissa Putois.

Des courriers avaient déjà été adressés au ministère par les associations, mais ils étaient restés sans réponse. Suite à l’action de ce matin, deux représentantes des associations ont été reçues au ministère de l’Agriculture pour discuter du sujet avec l’administration.

Une charte des bonnes pratiques en cours d’adoption

 

«Il s’agit surtout d’élevage familial, artisanal.» Un éleveur de lapins angora.

Contacté par Le Figaro, un éleveur de lapins angora se défend de maltraitance animale.

«Ici c’est différent de la Chine qui assure la majorité de la production mondiale avec des élevages de 100.000 lapins parfois. Le rapport à l’animal est très différent: le plus gros élevage en France doit faire 450 lapins, et sinon il s’agit surtout d’élevage familial, artisanal.»

Néanmoins, il reste ouvert au dialogue avec les associations, qui ont le mérite de secouer les pratiques des éleveurs:

«Quelque part les attaques de l’année dernière ont interrogé les éleveurs qui hésitaient à s’engager en faveur du bien-être animal, ce n’est pas plus mal. Mais ce qui m’écœure c’est qu’on s’attaque à des petites filières artisanales, qui tiennent à leurs animaux.»

Lorsque l’association One Voice a publié en septembre dernier son rapport sur les élevages français, un projet de guide des bonnes pratiques de l’élevage angora était en cours de rédaction, mais peinait à attirer beaucoup d’éleveurs: aujourd’hui, vingt-et-un se sont dits prêts à le signer. Cette charte de l’élevage du lapin angora contient une série de dispositions censées assurer les bonnes conditions de vie des animaux. Elle demande notamment aux éleveurs de donner aux animaux du lagodendron, un mimosa africain censé faciliter la chute des poils et donc l’épilation des lapins: une solution qui ne convient pas à One Voice, pour qui l’efficacité de l’aliment ne compense pas le reste des souffrances endurées par les bêtes à grandes oreilles.

http://www.lefigaro.fr

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