A quoi ressemblerait un monde avec 4 degrés de plus? Un quasi enfer


Il est vrai que nous ne pouvons probablement pas empêcher les changements climatiques qui sont maintenant des faits que nous vivons, mais nous pouvons et nous devons faire des efforts pour diminuer l’impact pour nos descendants
Nuage

 

A quoi ressemblerait un monde avec 4 degrés de plus? Un quasi enfer

 

Indonésie, octobre 2013. REUTERS/Sigit Pamungkas

Indonésie, octobre 2013. REUTERS/Sigit Pamungkas

Moisés Naím

Traduit par Micha Cziffra

Le sud de l’Europe ressemblerait au Sahara et le désert africain s’étendrait vers le sud. La neige disparaîtrait de la chaîne de l’Himalaya. La mousson de l’Inde serait modifiée…

Pour vous, une augmentation de quatre degrés Celsius de la température ambiante n’a pas de conséquences graves. Mais pour la planète, un réchauffement moyen de 4°C est catastrophique. Et, à la lumière des preuves scientifiques dont nous disposons aujourd’hui, nous courons au désastre si nous ne faisons rien pour l’éviter.

Selon Nicholas Stern, l’un des spécialistes les plus respectés dans le domaine du changement climatique:

«A moins que des mesures draconiennes ne soient prises, il est fort probable que d’ici environ un siècle, le monde soit en moyenne plus chaud de quatre degrés qu’à la fin du XIXe siècle [avant le début de l’industrialisation]. Cette augmentation de la température ainsi que d’autres changements climatiques liés à ce phénomène altéreront la relation des humains avec la planète, en particulier leurs styles de vie et les régions où ils habitent.»

Stern explique que depuis dix millions d’années, la planète n’a jamais connu une telle hausse de sa température. Et les êtres humains, apparus sur Terre il y a seulement 250.000 ans, n’ont jamais vécu dans un monde avec quatre degrés de plus. En fait, au cours des 8.000 dernières années, la température moyenne de la planète est restée quasi constante, n’oscillant en moyenne qu’entre 1°C et 1,5°C.

Cette stabilité du climat a rendu possibles la culture de céréales, l’agriculture sédentaire et l’installation des populations dans des villages et des villes.

L’enfer du réchauffement

A partir d’une compilation des études scientifiques les plus poussées, Stern brosse l’effrayant tableau d’un monde plus chaud de quatre degrés: le sud de l’Europe ressemblerait au Sahara et le désert africain s’étendrait vers le sud, avec des effets dévastateurs dans des pays comme le Nigeria.

La neige disparaîtrait de la chaîne de l’Himalaya, un paramètre qui modifierait aussi bien le lit que le débit des cours d’eau dont dépendent plus de deux milliards de personnes.

Le continent américain ne serait pas épargné, en particulier dans les Andes et les montagnes Rocheuses. Cette fonte des neiges provoquerait, entre autres, des pénuries chroniques d’eau dont souffriraient de nombreuses populations. De plus, la mousson du nord de l’Inde, qui conditionne l’activité agricole de centaines de millions de personnes, changerait radicalement, entraînant des migrations massives et des modifications  fondamentales au niveau des modèles de production et de consommation des céréales, grains et légumes.

Des millions d’écoréfugiés avant la fin du siècle!

Des forêts comme celle du bassin amazonien seront frappées par la désertification et par la disparition de milliers d’espèces qui ne résisteront pas au nouveau climat. Les phénomènes climatiques extrêmes caractérisés par des vents très violents –ouragans, tempêtes et cyclones– deviendront plus fréquents.

La mer montera: il y a trois millions d’années, alors qu’il faisait sur la planète trois degrés de plus qu’au XIXe siècle (préindustriel), le niveau de la mer était supérieur de vingt mètres à ce qu’il est aujourd’hui. Une augmentation de deux mètres par rapport à son niveau actuel déplacerait 200 millions de personnes. Cet impact du réchauffement pourrait se produire avant la fin de ce siècle…

Votre réaction après avoir lu tout ce qui précède? Elle entre probablement dans l’une de ces trois catégories:

1.Négation et scepticisme

«Il n’y a pas de réchauffement planétaire. C’est exagéré. Ce sont des spéculations, on n’est pas sûr que cela arrivera vraiment. Les changements de température sont des fluctuations normales, et non le résultat des activités humaines. Notre modèle de développement a aussi des conséquences positives qui compensent ses effets indésirables.»

2.Cela arrivera dans très longtemps

«Je ne serai pas là pour en subir les conséquences.»

3.Fatalisme et impuissance

«Je n’y peux rien. Les tendances sont irréversibles ou, en tout cas, les renverser exige des efforts que personne ne fera. Les gouvernements n’agissent pas.»

La première de ces réactions (le scepticisme) néglige le fait que 97% des articles scientifiques concluent que la planète se réchauffe du fait des activités humaines. Elle ignore aussi que 40 fondations reçoivent 900 millions de dollars par an de la part de secteurs qui ont intérêt à répandre le doute au sujet du changement climatique.

La deuxième réaction («cela prendra beaucoup de temps») ne tient pas compte du fait que le processus s’est emballé, que les impacts négatifs existent déjà et qu’ils s’aggraveront dans un laps de temps relativement court. La majorité des scientifiques estiment qu’une simple hausse  de deux degrés entraînerait déjà des changements catastrophiques et que si nous n’inversons pas la tendance, cette augmentation se produira en 2036.

Enfin, partir du principe que nous ne pouvons rien y faire, c’est la meilleure garantie que rien ne sera fait! Même si c’était vrai, regarder passivement la planète courir tout droit à la catastrophe est une attitude inadmissible. Il y a bien une chose très importante et très simple que nous pouvons faire: nous résoudre à ne pas être indifférents face à ce danger.

http://www.slate.fr/

6 réponses à “A quoi ressemblerait un monde avec 4 degrés de plus? Un quasi enfer

    • En temps qu’individus .. transports en commun, ou vélo a pied, recyclage, moins d’aiiments transformés plus de produits locaux , moins de viande (si nous serions tous végé, l’agriculture auraient probablement des peines a satisfaire tout le monde) moins de gaspillage .. d’éviter le suremballage etc

  1. Les activités humaines telles que l’utilisation de combustibles fossiles, l’exploitation des forêts tropicales = Autres énergies pour le chauffage, les déplacements etc??: Lesquelles ???

    et l’élevage du bétail exercent une influence croissante sur le climat et la température de la terre.=> Devenir tous végétariens?

    Ces activités libèrent d’énormes quantités de gaz à effet de serre, qui viennent s’ajouter à celles naturellement présentes dans l’atmosphère, renforçant ainsi l’effet de serre et le réchauffement de la planète.

    Gaz à effet de serre

    Certains gaz de l’atmosphère terrestre agissent à la manière des parois d’une serre: ils permettent à l’énergie solaire d’entrer dans l’atmosphère mais l’empêchent de s’en échapper.

    Un grand nombre de ces gaz sont naturellement présents dans l’atmosphère, mais l’activité humaine accroît les concentrations de certains d’entre eux dans l’atmosphère, en particulier:

    le dioxyde de carbone (CO2);
    le méthane;
    le protoxyde d’azote;
    les gaz fluorés.

    Le CO2est le gaz à effet de serre le plus produit par les activités humaines; il est responsable de 63 % du réchauffement de la planète causé par l’homme. Sa concentration dans l’atmosphère est actuellement supérieure de 40 % à celle du début de l’industrialisation.

    D’autres gaz à effet de serre sont émis en moindres quantités, mais ils retiennent la chaleur bien plus efficacement que le CO2, et sont jusqu’à 1 000 fois plus puissants. Le méthane est responsable de 19 % du réchauffement de la planète causé par l’homme, tandis que cette proportion s’élève à 6 % pour le protoxyde d’azote.
    Les causes de la hausse des émissions

    La combustion du charbon, du pétrole et du gaz produit du dioxyde de carbone et du protoxyde d’azote.
    La disparition des forêts (déforestation). Les arbres contribuent à réguler le climat en absorbant le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère. Aussi, lorsqu’ils sont abattus, cet effet positif est perdu et le carbone stocké dans les arbres est libéré dans l’atmosphère, aggravant l’effet de serre.
    L’augmentation de l’élevage. Bovins et ovins produisent de grandes quantités de méthane lorsqu’ils digèrent leur nourriture.
    Les engrais contenant de l’azote produisent des émissions de protoxyde d’azote.
    Les gaz fluorés ont un effet de réchauffement considérable, jusqu’à 23 000 fois supérieur à celui du CO2. Heureusement, ils sont libérés en plus petites quantités et sont progressivement interdits par la réglementation de l’Union européenne.

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