L’attente


Attendre que les autres, que la situation changent, à remettre à demain, on finit qu’on passe notre vie à attendre. On accuse les autres d’être ce que nous sommes, alors que nous n’avons rien fait pour changer nous-même
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L’attente

 

 

Pendant des années, j’ai attendu que ma vie change. Mais maintenant, je sais que c’était elle qui attendait que moi, je change

Fabio Volo

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres


Le trouble bipolaire est connu depuis des lustres. Hippocrate, Aristote, Socrate avaient déjà une connaissance des symptômes. Les traitements par contre, n’ont pas été toujours été efficaces, on passa par les saignées, des lobotomies et les électrochocs. Aujourd’hui, cette maladie peut se traiter avec des médicaments et la personne peut vivre une vie a peu près normale
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Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres

 

Jacques Beaulieu
Chroniqueur et communicateur scientifique

Il semble bien que la maladie soit aussi vieille que l’Homme. Hippocrate affirma que la maladie mentale était reliée à une mauvaise circulation des fluides dans le cerveau. Il avait écrit:

«Par le cerveau, nous pouvons devenir fou, enragé, nous développons de l’anxiété et de la peur la nuit ou le jour, nous pouvons souffrir d’insomnie, faire des erreurs et éprouver des inquiétudes non fondées, nous perdons la capacité à bien reconnaître la réalité, nous devenons apathiques et ne pouvons plus participer à la vie sociale.» (Hippocrate, traduit du grec ancien par Andreas Marneros, 1897).

Aristote établit un lien entre le génie (la créativité) et la folie (la manie). Déjà, deux siècles avant Jésus Christ, le médecin grec, Arétée de Cappadoce parlait de personnes souffrant de manies suivies d’épisodes de mélancolie. Dans son Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, on peut lire:

«La manie peut varier en apparence et prendre mille formes, mais au fonds c’est toujours la même maladie: c’est une démence totale, chronique, sans fièvre, ou si la fièvre l’accompagne, ce n’est qu’accidentellement et nom à raison de la maladie.»

Et un peu plus loin: «La maladie a des intermissions complettes (sic) et peut même cesser entièrement par un traitement convenable.» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp. 87-88).

Plus ça change, plus c’est pareil

Je suis souvent étonné de trouver dans ces écrits qui datent de plus de deux mille ans autant de vérités et de similitudes avec ce qui est généralement admis aujourd’hui. Ainsi, Arétée décrit les personnes souffrant de manie:

«Parmi les maniaques, on en voit dont la folie est d’une nature gaie, qui rient, qui chantent, dansent nuit et jour, qui se montrent en public et marchent la tête couronnée de fleurs, comme s’ils revenaient vainqueurs de quelques jeux ; d’autres dont la fureur éclate à la moindre contradiction (…). La manie prend une infinité de formes différentes ; parmi les gens bien élevés et qui ont l’aptitude aux sciences, on en a vu plusieurs devenir astronomes sans maîtres, philosophes sans précepteurs, poètes d’eux-mêmes.»

D’autres observations du même médecin semblent aussi intemporelles:

«Le genre de vie particulier dispose aussi à la manie comme de manger trop, de se remplir outre mesure, l’excès dans la boisson, l’abus ou le désir trop ardent des plaisirs vénériens. (…)» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp.90-91).

Par contre, là où la sauce se gâche est dans les causes et surtout les traitements qu’il préconise:

«La cause de la manie réside dans la tête et dans les hypocondres (NA: abdomen) (…) Il faut saigner avec beaucoup de précaution les mélancoliques ; car cette maladie provient plus de la mauvaise qualité du sang que de la quantité…» (p.389).

La naissance du nom

L’expression maniaco-dépression, qui décrivit longtemps la maladie, vient de Théophile Bonnet, médecin privée d’Henri II d’Orléans-Longueville vers la fin du XVIIème siècle. Ce médecin parlait alors de manico-melancolus. Successeur de Philippe Pinel à l’hôpital de la Salpètrière, Jean-Étienne Esquirol crée le terme demonomanie. Son élève, Jules Baillarger, parle au milieu des années 1800 de folie à double forme composée de deux périodes: l’une de dépression, l’autre d’excitation. Quelques années plus tard, Jean-Pierre Falret écrit un ouvrage avec une description très précise de la folie à double forme, qui étonne encore aujourd’hui par la modernité de ses propos.

Considéré comme l’un des pères de la psychiatrie, Emil Kraepelin publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme: la maniaco-dépression et la démence précoce (dichotomie de Kraepelin). Il y distinguera un grand nombre de types évolutifs de ce qu’il nomme la folie maniaco-dépressive, dont les formes unipolaires et bipolaires. Au début du vingtième siècle, les psychiatres allemands Karl Kleist, Carl Wernicke et Karl Leonhard parlent du trouble bipolaire, terme qui demeurera dorénavant le plus utilisé pour décrire la maladie. Vers la fin des années 1960, Jules Angst, Carlo Perris et George Winokur raffinent encore la description des types de désordres bipolaires.

De nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Traitements du trouble bipolaire

Outre les saignées et diètes proposées depuis Arétée de Cappadoce durant l’Antiquité, la médecine eut peu à offrir aux personnes atteintes du trouble bipolaire. Les cas les plus lourds étaient enfermés dans les asiles psychiatriques, et les autres fort probablement laissés pour compte. Certaines sources thermales disponibles en Europe se faisaient dans des eaux dont la concentration en sels de lithium était relativement plus élevée et on remarquait que les patients qui y séjournaient se portaient mieux.

Ainsi, la ville de Santenay en France a connu ses premières eaux thermales dès le début de notre ère. On y trouvait un sanctuaire dédié aux nymphes. Au XVIIe siècle, on lui donna le nom de «Fontaine salée». Autour des années 1890-1910, diverses sources s’ajoutèrent, attirant de nombreux touristes, telles la Source Lithium, la Source Carnée et la Source Santana. En déclin dû aux deux grandes guerres mondiales, certaines dont la Source Lithium reprennent du service vers les années 1945-1950. Depuis 1995, elles sont toutes fermées.

Deux autres traitements firent leur apparition au début du vingtième siècle et disparurent presque totalement au milieu des années 1940: la lobotomie et les électrochocs.

D’efficacité douteuse, ces techniques déclinèrent rapidement avec l’arrivée de médicaments efficaces.

John Frederick Cade est né en 1912 et fut un illustre psychiatre australien. Comme au début des années 1950, les protocoles de recherches n’étaient pas ceux qu’on connaît aujourd’hui, il décida de tester sur lui-même les effets du lithium. Son essai dura deux semaines durant lesquelles il put trouver une dose suffisante de lithium sans trop d’effets toxiques. Puis il l’administra à un premier patient en phase maniaque. Selon sa description personnelle, il s’agissait d’un homme de 51 ans en phase maniaque depuis cinq ans. Le patient était épuisé, sale, autodestructeur, malicieux et reconnu depuis longtemps comme étant le pire patient du service. Après trois semaines de traitement, il put être transféré à l’aile de convalescence et, après trois mois, il put quitter définitivement l’hôpital psychiatrique et se trouver un emploi régulier.

L’efficacité était prouvée, mais l’utilisation du médicament posait toujours de graves problèmes de toxicité. En réalité, le problème principal se situait au niveau de la posologie. Il faudra donc attendre jusque vers les années 1950, date à laquelle un nouvel instrument fit son apparition, le spectrophotomètre de flamme, pour que le docteur Morgan Schou du Danemark l’utilise et fasse le dosage du lithium dans la circulation sanguine. Il devenait alors possible d’atteindre un niveau optimal et vérifiable de lithium sanguin et d’en contrôler la dose pour la maintenir en dessous des limites toxiques. Le lithium put alors faire son entrée réelle dans la pharmacopée actuelle.

Ce médicament présenta deux effets immédiats. Dans un premier temps, il réduisit rapidement les taux de mortalité dans les hôpitaux psychiatriques. Avant son arrivée, de nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Le deuxième effet se fit sentir plus lentement mais tout aussi sûrement par un changement de la perception des maladies mentales. Elle deviendra de mieux en mieux comprise, non plus comme une faiblesse ou un défaut moral, mais bien comme une maladie avec des causes physiologiques.

Deux références: l’organisme Revivre et le livre Le trouble bipolaire pour ceux qui en souffrent et leurs proches, Dre Marie-Josée Filteau et Jacques Beaulieu, Les éditions La Semaine.

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L’automne 2016 vous fait ressentir de la nostalgie? Ce n’est pas si mal…


Quel sentiment qu’on peut éprouver à l’automne ? Cette année, faut dire que l’automne est assez spécial, par les températures qui sont clémentes. Certains sont plus stressés ou dépressif en cette période de transition, alors que d’autres personnes éprouvent des émotions, de la nostalgie, des souvenirs du passé qui ne sont pas nécessairement négatifs.
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L’automne 2016 vous fait ressentir de la nostalgie? Ce n’est pas si mal…

 

Le HuffPost  |  Par Sandra Lorenzo


  • Ce changement de saison peut avoir des effets sur notre moral. Une psychologue du Pays de Galles, Ginny Sculy, parle même d’anxiété automnale pour qualifier le regain d’angoisses qui se fait parfois jour entre la fin de l’été et le début de cette nouvelle saison. Mais l’automne n’apporte pas seulement son lot de déprime.

    Dans le dernier film de François Ozon, Frantz, actuellement au cinéma, le bruit du vent dans les feuilles en automne fait écho aussi bien à une belle histoire d’amour qu’à la mort de l’un des personnages. Le cinéaste n’est pas le seul à voir dans cette saison une telle dualité. Jaunissement des feuilles, températures qui descendent sont l’occasion de se laisser envahir par une sensation plutôt agréable, une douce mélancolie qui amène souvent à de la nostalgie, soit le regret d’une chose, d’une personne, d’un état que l’on a connu dans le passé.

    autumn

    Regarder la nature s’endormir avec le froid et en profiter pour se recentrer, au coin du feu, sur soi, sur son univers, sur ses souvenirs en somme. Sur le site Quora, où des internautes du monde entier postent des questions sur tous types de sujets, nombreux sont ceux qui ont même essayé de comprendre pourquoi l’automne pouvait provoquer ce genre d’émotions.

    La nostalgie pour combattre la solitude

    L’un d’entre eux avance que l’automne, ses paysages, ses parfums et le bruit du vent dans les feuilles peuvent agir comme

     « un détonateur qui débloque des souvenirs liés à l’enfance ».

    Il va trop loin?

    Une autre internaute assume l’ambivalence de ce sentiment:

    « J’adore l’automne. Les feuilles qui tombent et le fait de penser à la mort peuvent souvent nous rendre déprimé ou triste, mais c’est plutôt sain de ressentir ça. Il ne faut pas le rejeter seulement parce que ce n’est pas joyeux. »

    Un chercheur anglais en psychologie, Constantine Sedikides, s’est interrogé sur la nostalgie qui s’était emparée de lui au souvenir de l’automne. Nous étions en 1999 et il venait de déménager. Était-ce le début d’une déprime comme lui suggérait l’un de ses collègues? Non, ce sentiment ne le rendait pas triste. C’est à partir de ce moment-là qu’il fit de la nostalgie son sujet d’étude. Il a ainsi pu faire avancer la recherche et démontrer que ce sentiment pouvait contrer l’isolement, l’ennui ou encore l’anxiété.

    La nostalgie nous réchauffe, littéralement

    « La nostalgie nous rend un peu plus humain », explique le professeur Sedikides auNew York Times.

    Après avoir récolté de nombreuses histoires dans son laboratoire de recherche et sur la base d’un test qu’il a mis au point et qui fait désormais référence, ce chercheur a compris que les souvenirs nostalgiques sont un moyen de nous raccrocher à notre entourage:

    « Les histoires nostalgiques commencent souvent mal, sur la base d’un problème puis elles tendent à bien se terminer grâce à l’aide de quelqu’un de proche. Ainsi, on finit avec un sentiment renforcé d’appartenance et d’affiliation et l’on devient plus généreux envers les autres. »

    À la suite des travaux de Sedikides, deux équipes de recherche aux Pays-Bas et en Chine se sont intéressées au fait que la nostalgie ne nous réchauffait pas seulement le cœur mais le corps tout entier.

    Cinq expériences ont ainsi été menées. Des volontaires ont tenu un journal de leurs pensées nostalgiques pendant 30 jours, les jours les plus froids ont aussi été les plus productifs. Une deuxième expérience a visé à comparer le ressenti d’un groupe de participants dans une salle à une température de 20°C, une autre à 24°C et une dernière à 28°C. Les participants ont ensuite répondu à un questionnaire visant à mesurer la niveau de nostalgie qui s’était emparé d’eux. C’est dans la première salle que la nostalgie a le plus été présente.

    La troisième étude a fait écouter de la musique liée à la nostalgie en ligne et les internautes devaient ensuite dire si ce type de musique les avaient rendus nostalgiques, si oui, ils ont aussi affirmé s’être sentis plus au chaud. L’avant-dernière expérience a placé d’autres volontaires dans une pièce froide en leur demandant de se souvenir soit d’un événement qui les rendaient nostalgiques, soit d’un événement du passé anodin. Ils devaient ensuite deviner la température de la pièce. Les nostalgiques percevaient la pièce plus chaude qu’elle ne l’était. Pour la dernière expérience, des participants devaient penser au passé de manière nostalgique ou non et ensuite plonger leurs mains dans une bassine d’eau glacée. Les premiers ont tenu plus longtemps que les seconds.

    Les jeunes adultes et les personnes âgées particulièrement sensibles à la nostalgie

    Selon le professeur Wildschut qui travaille avec Constantine Sedikikes, ce rapport entre l’esprit et le corps pourrait être un mécanisme d’adaptation hérités de nos lointains ancêtres. Et voilà qui explique aussi peut-être pourquoi ce sentiment peut nous surprendre plus en automne qu’en été par exemple.

    autumn

    Une chercheuse en psychologie de l’Université de Surrey en Angleterre a aussi montré que certaines personnes étaient plus enclines que d’autres à se montrer nostalgiques, les jeunes adultes et les personnes âgées par exemple. Ce sentiment s’affirme en effet particulièrement pendant les périodes de transitions. En ce sens, l’automne est le moment parfait. L’année touche bientôt à sa fin. En un rien de temps, décembre et les fêtes de fin d’année seront là, d’où l’envie de se remémorer l’année mais aussi plus largement de bons souvenirs.

    Ce que la recherche a pu prouver, certains l’avaient déjà touché du doigt. Un texte publié dans le Guardian en 1840 et mis en ligne en 2013 tente d’expliquer

    « la douce mélancolie de l’automne ». « Devant la nature désolée, nous ressentons la petitesse de nos propres passions ; […] nous imaginons les tombes de ceux que nous détestons et de ceux que nous aimons. Chaque passion néfaste retombe avec les feuilles qui tombent autour de nous ; et nous retournons lentement chez nous, retrouver les gens qui nous entourent avec le seul souhait de les éclairer ou de nous consacrer à eux. »

    De quoi regarder les feuilles d’automne, emportées par le vent, en ronde monotone tomber en tourbillonnant d’un autre œil.

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Les chats ont conquis la planète en deux vagues


Les chats ont été domestiqués probablement vers le début l’agriculture, il y a des milliers d’années. Les deux parties ont trouvé leur compte à cette amitié. Puis, ils ont migré vers d’autres horizons pour peupler de nombreux pays
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Les chats ont conquis la planète en deux vagues

 

(Agence Science-Presse) Après avoir longuement creusé l’origine des chiens, la génétique se tourne vers celle des chats. Et elle se heurte à un gros obstacle : nous savons beaucoup moins de choses sur la façon dont nos ancêtres ont domestiqué les chats — au point que certains chercheurs hésitent toujours à qualifier Felis silvestris d’animal « domestique ».

Un humain a été enterré avec un chat il y a 9500 ans sur l’île de Chypre. L’« amitié » remonte donc au moins aux débuts de l’agriculture ; c’est ce que tend à confirmer une analyse des génomes de 209 squelettes de chats vieux de 200 à 15 000 ans et dispersés entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Selon l’équipe dirigée par Eva-Maria Geigl, de l’institut Jacques-Monod à Paris, qui a présenté ses résultats en congrès le 15 septembre, il y aurait eu deux vagues migratoires.

  1. La première a accompagné les premières communautés agricoles au Moyen-Orient, il y a environ 10 000 ans.
  2. Puis, des milliers d’années plus tard, d’autres chats auraient « peuplé » l’Europe, l’Asie et l’Afrique à partir de l’Égypte.

Le lien avec l’agriculture est soupçonné depuis longtemps : le fait d’entreposer de grandes réserves de graines attire des rongeurs et le chat devient, du coup, un allié apprécié des humains. Que l’Égypte ait ensuite été un point de départ pourrait être lié au statut de divinité acquis par cet animal, parallèlement au moment où l’Égypte devenait un carrefour des civilisations. Les premiers marins, spéculent les chercheurs, ont sans doute rapidement saisi, eux aussi, l’avantage d’avoir des chats à bord, pour éloigner les rats des réserves de nourriture… Même les Vikings, quelques millénaires plus tard, embarquaient des chats sur leurs drakkars, pour les mêmes raisons.

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L’amitié inter-espèces demeure un accident


L’amitié inter-espèces existe t-elle vraiment ? On peut habitué un chat et un chien à vivre ensemble, une souris et un chat et un oiseau. L’homme peut donner des petits écureuils a une maman chatte pour les nourrir. Mais dans la nature cela est plus un accident qu’autre chose. Beaucoup on vu la lionne qui a adopté une gazelle dans les médias, mais si elle a faim, cette petite gazelle sera sur le menu
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L’amitié inter-espèces demeure un accident

 

Les Montaigne et La Boétie de Star Wars : Chewbacca et Han Solo, en 1977. MayThe4thBeWithYou © NANA PRODUCTIONS/SIPA

Les Montaigne et La Boétie de Star Wars : Chewbacca et Han Solo, en 1977. MayThe4thBeWithYou © NANA PRODUCTIONS/SIPA

Par Sylvie Rouat

Entretien avec Pierre Jouventin, écoéthologue, directeur de recherche émérite au CNRS.

Une lionne recueille une petite antilope, un léopard réconforte un bébé babouin… Compassion ou anecdote ? Le point avec un éthologue qui a lui-même adopté une louve.

 

Sciences et Avenir : On observe parfois d’étonnantes scènes d’adoptions inter-espèces. Comment expliquer de tels comportements ?

Pierre Jouventin : L’adoption inter-espèces est un sujet intéressant, mais difficile, car il se trouve au carrefour de l’éthologie, de la science du comportement, et de l’éthique. Pour les militants de la cause des animaux, elle montre que ces derniers s’entendent tous, que la tendresse est un sentiment universel. De leur côté, les scientifiques préfèrent ignorer le sujet, qu’ils estiment anecdotique. Ce comportement s’observe pour des espèces sociables. Chez celles-ci, le très jeune animal ne connaît pas encore son espèce. Il s’identifie, par imprégnation sociale, au groupe dans lequel il vit et grandit. Ce phénomène a été mis en évidence par l’éthologue Konrad Lorenz avec des œufs d’oie : après l’éclosion, les petits lui ont emboîté le pas comme s’il était leur parent, car les oisons sont programmés pour suivre la première chose qui leur passe sous les yeux à la naissance, que ce soit un humain ou une voiture de pompier. Dans le cas de la lionne, si elle vient de perdre son petit, qu’elle est « en mal d’enfant » et qu’elle tombe sur une petite gazelle, elle l’adopte. Elles n’ont pas grand-chose en commun, mais cela fait de belles photos…

Vous et votre famille avez vécu avec une louve, Kamala *. Un cas d’adoption inter-espèces…

Il y a une trentaine d’années, en effet, un directeur de zoo nous a confié cette jeune louve qui n’avait pas encore ouvert les yeux. Elle nous a pris pour ses parents ! Nous sommes devenus sa famille, une famille recomposée dont l’un des membres était d’une autre espèce. Kamala se croyait humaine et vivait avec nous comme au sein d’une troupe de loups. Car nous avons des points communs avec cet animal. On l’oublie, à l’heure des supermarchés, mais l’homme a longtemps traqué le gros gibier en groupe. Et qu’est-ce qu’une meute, sinon l’association de plusieurs individus réunis pour chasser ensemble de grosses proies ? La sélection par l’homme du chien, qui descend du loup, a débuté il y a 36.000 ans, soit 25.000 ans avant qu’ils ne se sédentarisent. Entre eux deux, c’est donc une vieille histoire ; un exemple ancien d’adoption inter-espèces. Des hommes préhistoriques ont dû prendre avec eux un louveteau très jeune, et celui-ci, qui se pensait dans sa meute, devait les aider à chasser. Ce loup était-il altruiste ? Lorsque ma compagne se baignait et que notre louve la ramenait au rivage, était-ce par altruisme ? En réalité, elle se comportait avec elle comme elle l’aurait fait avec un de ses louveteaux. Elle était programmée pour défendre son groupe et son patrimoine génétique. C’est de la mécanique, avec ses règles.

L’adoption est-elle le propre des mammifères ?

Non, l’exemple des oies de Lorenz montre que cela concerne aussi les oiseaux. Mais c’est un accident qui, normalement, ne se produit pas dans la nature. D’ailleurs, la lionne et l’antilope ne vivent ensemble que si la première est repue. Lorsqu’elle a faim, l’affaire est vite réglée. Pour que le lien s’établisse, il faut que le parent adoptant soit dans un état physiologique de manque, qu’il s’ennuie, ou que l’humain interfère en liant deux espèces : en confiant un petit cochon ou un chaton à une chienne, par exemple. Mais là où nous avons tendance à discerner de l’amour et de la tendresse, il n’y a rien d’autre qu’un mécanisme éthologique… Et nous projetons ce que nous voulons y voir !

Les animaux s’occupent parfois de leurs congénères malades ou handicapés. Sont-ils capables de compassion ?

Bien sûr ! L’empathie chez les animaux est scientifiquement prouvée. Elle est liée aux neurones miroirs, qui permettent par exemple à un singe de copier le geste d’un congénère. C’est aussi grâce à eux que nous pouvons nous mettre à la place d’autrui afin de ressentir les mêmes émotions. Les mammifères supérieurs ont tendance à s’identifier à l’autre, et plus encore s’il s’agit de proches ou de membres de leur famille. C’est une empathie programmée. Pour ce qui est de l’aide aux handicapés, elle a été observée chez de multiples animaux, mais nous ne savons pas l’interpréter. Nous sommes là dans une zone frontière : à quel moment s’arrête la science ? Si un chien va tous les jours sur la tombe de son maître, est-ce que cela a un sens ? Y va-t-il pour son maître enterré là ou pour la nourriture que des gens déposent à son intention ?

Mais les frontières ne sont-elles pas en train de bouger, au fur et à mesure des découvertes scientifiques ?

Oui, tout à fait. Longtemps, on a cru que l’homme était le seul à se reconnaître dans un miroir. Puis on a découvert, grâce à des expériences, que les chimpanzés se reconnaissaient eux aussi. Mais aussi, ces dernières années, les dauphins, les éléphants, les cochons… Les compétences humaines ne sont pas spécifiques. L’homme est un animal. Original, extraordinaire, certes, mais un animal quand même ! Et le propre de l’homme n’existe pas. Darwin l’a dit en son temps : entre nous et les autres espèces, il n’y a pas de différence de nature, mais seulement de degré. Depuis 2000 ans, on oppose l’instinct à l’intelligence. Or il y a un mélange d’inné et d’acquis chez l’homme, comme chez l’animal… quoique peut-être en proportions différentes.

Propos recueillis par Sylvie Rouat

* Kamala, une louve dans ma famille, Flammarion, 2012.

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La limace qui mange des oiseaux


Les limaces sont des indésirables dans un jardin, car ils mangent des feuilles, mais il existe aussi des limaces qui ne se privent pas de manger des oiseaux. Difficile à croire et pourtant, il semble qu’en Europe, des spécialistes ont pu pourtant le constater
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La limace qui mange des oiseaux

 

(Agence Science-Presse) On pourrait croire qu’elle a les yeux plus gros que le ventre : une limace se nourrit généralement de feuilles ou d’insectes, pas d’oiseaux. Mais celle-ci n’est pas une limace ordinaire.

Appelée « supersize » ou « monster » par les ornithologues, qui commencent à admettre qu’il ne s’agit pas de cas isolés, elle n’a été vue à l’œuvre qu’indirectement : en Pologne par exemple, New Scientistrapporte qu’une limace espagnole a été photographiée dans un nid d’oiseaux. Le jour suivant, la limace n’était plus là, mais les oisillons étaient morts. Des observations anecdotiques du même genre ont été faites ailleurs en Europe, concernant chaque fois des oiseaux dont les nids sont près du sol.

Cependant, même dans ces conditions, les experts ont eu du mal à admettre qu’une limace puisse se donner tout ce mal, alors que ces mollusques sont connus pour être beaucoup moins difficiles : ils se nourrissent habituellement de feuilles mortes, de carcasses d’animaux en décomposition ou des crottes des autres

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Les enfants qui jardinent deviennent des étudiants qui mangent plus de légumes


Je suis d’avis qu’un jardin peut aider les enfants à manger plus de fruits et de légumes. Cela serait aussi une occasion d’apprendre comment poussent ce que nous mangeons et le travail qu’il faut produire pour enfin les consommer
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Les enfants qui jardinent deviennent des étudiants qui mangent plus de légumes

 

plenty | dailyfood via Flickr CC License by

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Repéré par Lucie de la Héronnière

Apprendre l’art du potager dès le plus jeune âge pourrait encourager à manger des fruits et des légumes.

Apprendre à jardiner pendant l’enfance pourrait aider à installer l’habitude durable de consommer des fruits et légumes, d’après une étude publiée dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.

Des chercheurs ont interrogé 1.351 étudiants, dont 30% ont jardiné quand ils étaient petits et 38% jardinent aujourd’hui. Résultat de l’analyse: les étudiants qui ont jardiné enfants ou qui jardinent actuellement mangent 2,9 cups (aux Etats-Unis, une cup = une unité de mesure correspondant à une tasse pouvant contenir 240 ml) de fruits et légumes chaque jour, tandis que ceux qui n’ont jamais jardiné consomment quotidiennement 2,4 cups de fruits et légumes.

Les ex-enfants jardiniers consomment en moyenne 15% de fruits et légumes en plus que ceux qui n’avaient pas la main verte pendant leur enfance, souligne Modern Farmer.L’auteure principale de l’étude, Anne Mathews, explique dans un communiqué:

«Ce résultat est particulièrement pertinent, étant donnée la récente popularité des jardins scolaires et des projets avec des fermes. […]  Nous avons constaté que si vos parents jardinaient, mais que vous vous contentiez de les regarder, il n’y a pas de différence dans la quantité de fruits et légumes consommés plus tard. Une expérience pratique semble être importante.»

En gros, selon les chercheurs, si on connaît l’expérience de faire pousser des carottes, des courgettes et des fraises, on est mieux sensibilisé et on les mange plus volontiers.

Ce travail constitue la nouvelle étude de «Get Fruved», un projet collaboratif mené par huit universités américaines et quarante chercheurs, qui «utilise l’interaction entre les pairs, les réseaux sociaux et les événements sur le campus pour encourager les étudiants et les lycéens à manger plus de fruits et légumes, à faire plus de sport et à gérer le stress efficacement». L’une des premières étapes du projet, c’est donc de mieux comprendre quels facteurs prédisent et influencent les comportements liés à la santé.

«Get Fruved» est une sorte de pseudo-acronyme de «Get Your Fruits and Vegetables».Slate.com se moque gentiment de cette invention lexicale censée faire «jeune» et souligne que pour le moment, le compte Twitter @getfruved a bien peu d’abonnés (un peu plus de 200).

http://www.slate.fr/