Donald Trump ? "Un sociopathe",


Un journaliste américain, Tony Schwartz, a passé 18 mois pour écrire une biographie sur Donald Trump sorti en 1985. Aujourd’hui, voyant Trump si près du but, il le regrette amèrement que son livre soit un best sceller. En fait, ce livre serait plus romancé qu’autre chose. Pour lui, Donald Trump serait dangereux s’il était élu président, car il est narcissisme et sociopathe.
Nuage

 

Donald Trump ? « Un sociopathe »

 

En 1985, Tony Schwartz avait érigé le candidat républicain en héros avec un best-seller consacré à sa réussite. Il détruit le mythe dans le « New Yorker ».

« J’ai appliqué du rouge à lèvres à un cochon. »

 L’aveu cinglant est signé Tony Schwartz, l’homme à qui Donald J. Trump doit en partie sa gloire depuis qu’il a façonné son mythe. Alors que la convention de Cleveland s’est ouverte lundi dans un climat politique tendu, l’auteur du best-seller Trump, the Art of the Deal, véritable hagiographie du milliardaire parue en 1987, sort du silence dans le New Yorker . Plus de vingt ans après l’avoir érigé en charismatique self-made-man, au moyen d’un ouvrage aussi dithyrambique que romancé, l’ancienne plume du businessman regrette aujourd’hui d’avoir créé un monstre dès 1985. Alors journaliste, Tony Schwartz avait mis un point d’honneur à taire les tares du magnat de l’immobilier, au détriment de toute impartialité.

Mais l’ascension fulgurante du « héros » de son livre a encouragé l’auteur à avertir les électeurs du candidat républicain à la Maison-Blanche :

« Je pense sincèrement que si Trump gagne et obtient les codes nucléaires, il y a de grandes chances que cela entraîne la fin de notre civilisation. »

Si cette thèse semble exagérée à nos yeux, pour Schwartz, elle apparaît plausible. Il poursuit :

« Il n’y a pas un Trump privé et un Trump public. […] Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus. »

« Un gamin de maternelle »

Tony Schwartz redoute surtout l’exacerbation des pires traits de caractère du riche New-Yorkais. À commencer par sa démesure et son narcissisme.

« Les millions de personnes qui ont voté pour lui et croient qu’il représente leurs intérêts apprendront […] qu’il se fiche complètement d’eux. »

Autre constat inquiétant : l’homme politique souffrirait d’un cruel manque de concentration.

Au point de se comporter, selon son nègre, « comme un gamin de maternelle qui ne peut pas rester tranquille en cours ».

 L’ex-journaliste raconte avoir renoncé à ses méthodes habituelles de travail pour rédiger la biographie du truculent magnat, tant l’intéressé était incapable de méditer plus de quelques minutes « sur un sujet qui ne concern[ait] pas son auto-glorification ».

Le témoignage s’assombrit lorsque Schwartz évoque la propension au mensonge de Trump.

« Une seconde nature », à en croire celui qui a passé dix-huit mois aux côtés de l’homme d’affaires. « Il a, plus que n’importe quelle autre personne que j’ai connue, cette capacité à se convaincre lui-même que tout ce qu’il dit est vrai, ou à moitié vrai, ou, au moins, devrait être vrai », explique-t-il.

Sa bonne connaissance du personnage l’incite à penser que; si Trump avait la possibilité de se présenter pour être empereur du monde, « il le ferait ».

« Le Sociopathe »

« J’ai de profonds remords d’avoir contribué à faire de [lui] quelqu’un de plus attirant qu’il ne l’est réellement, et à lui avoir donné un public élargi […], regrette Tony Schwartz dans le New Yorker. Il n’y a aucune façon de le réparer. »

L’ex-journaliste avait tout de même empoché plusieurs millions de dollars de royalties après la publication du manuscrit. Contacté par le quotidien américain, l’aspirant président des États-Unis juge quant à lui « très déloyal » son ancien collaborateur, « coauteur », selon lui, d’un texte qu’il jure avoir écrit. Une affirmation aussitôt démentie par la maison d’édition, confirmant certaines déclarations de Schwartz.

Dans l’espoir de « racheter son âme », l’auteur prévoit de verser sa part du gâteau à des ONG spécialisées dans la défense des personnes « dont Trump veut réduire les droits ».

Une dernière chose : s’il devait à nouveau titrer son ouvrage, il opterait pour « Le Sociopathe ». Tout est dit.

http://www.lepoint.fr/

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