Le corail garde la trace des batailles navales


Est-il possible que les coraux puissent garder en elle l’histoire de l’humanité, comme les arbres ? Il semble en effet qu’ils accumulent certains métaux et d’après l’analyse, cela coïnciderait avec les guerres dans le coin de la Chine. Il faudrait plus d’études pour rallier d’autres scientifiques
Nuage

 

Le corail garde la trace des batailles navales

 

Récif corallien, dans la Grande Barrière de corail (Lizard Island). © Oona M. Lönnstedt.

Récif corallien, dans la Grande Barrière de corail (Lizard Island). © Oona M. Lönnstedt.

Par Joël Ignasse

Le corail enregistre dans son squelette la trace de certains événements historiques comme les combats en mer.

ANNEAUX. Comme les arbres et leurs cernes de croissance, le squelette des coraux présente des anneaux annuels servant à retracer son histoire. L’ossature du corail est composé principalement d’aragonite (un carbonate de calcium) mais il intègre aussi d’autres métaux et polluants tels le plomb ou le mercure. Ruoyu Sun, géochimiste à l’université Trent à Peterborough (Canada), a découvert qu’il pouvait retracer la concentration de ces deux métaux sur une période de 200 ans, en analysant une carotte extraite d’un massif corallien de mer de Chine et en étudiant chaque anneau du squelette. Cette méthode originale a montré que des pics de pollution au mercure, entre quatre et douze fois les concentrations normales, apparaissaient certaines années ; ils correspondent aux batailles navales qui se déroulèrent en Mer de Chine durant les « guerres de l’opium » (1839-42 et 1856-60), les affrontements sino-japonais de 1937 à 39 ou la Seconde Guerre mondiale.

En effet, le métal avec lequel est fabriqué l’artillerie (roquettes, canons, boulets…) et les explosifs libèrent du mercure dans l’air durant leur utilisation. Une partie de ce mercure est captée par l’océan puis absorbée par les coraux qui le fixent dans leurs squelettes, ce qui explique les pics de concentration selon le chimiste qui publie ses résultats dans la revueEnvironmental Science & Technology. Ils sont toutefois contestés par des spécialistes comme Carl Lamborg, de l’université de Californie Santa Cruz qui estime qu’il faudrait une quantité phénoménale de mercure libérée pour qu’il soit capturé par les coraux. Pour avoir une certitude, Ruoyu Sun va mener d’autres études plus précises en mesurant les différents isotopes dumercure. Il sera ainsi possible d’en identifier la provenance.

http://www.sciencesetavenir.fr/

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