La foudre, ce danger sournois


Je préfère l’été que l’hiver, il me semble par contre, que la saison estivale est plus dangereuse que nos hivers avec le froid et la neige. En cas d’orage, mieux vaut s’abriter dans des lieux sûrs, au cas que la foudre viendrait à frapper
Nuage

 

La foudre, ce danger sournois

 

ICI Radio-Canada

Éclair dans le ciel de Montréal le 27 juillet 2015 Photo : ICI Radio-Canada

Formation d’un orage

Lorsque s’affrontent deux masses d’air, de violents courants verticaux entraînent l’humidité, les fragments de glace, les grêlons et les gouttelettes d’eau à l’intérieur de nuages qui ont habituellement une grande extension verticale. Ces frottements séparent les charges électriques de la façon suivante : les particules plus fines chargées d’électricité positive se dirigent vers le sommet et les autres, chargées négativement, vont vers la base.

À cause des puissants mouvements verticaux, un déséquilibre s’opère entre les charges électriques de l’intérieur du nuage et celles de l’extérieur, tout comme entre la base négative du nuage et le sol, qui est positif. Quand les charges accumulées deviennent trop importantes, et surtout lorsqu’il y a opposition directe entre ces charges, il y a décharge électrique (éclair) et un orage éclate.

Le coup de foudre… ou les éclairs!

Un éclair entre un nuage et le sol commence par une faible décharge qui est normalement déclenchée au bas du nuage. Ce traceur par bonds, c’est ainsi qu’on nomme la décharge, progresse vers le sol en zigzaguant pour suivre la trajectoire offrant la plus basse résistance entre le nuage et la terre. Le traceur peut se diviser et se ramifier.

Derrière lui se trouvera un canal ionisé qui, dès que le traceur rencontrera un objet (arbre, clocher, poteau, toit d’un édifice), servira de chemin entre le sol et le nuage. Aussitôt, un très fort courant électrique remontera le long du canal ouvert par le traceur : c’est le coup de foudre! Cette puissante décharge de retour se déplace à près de 40 000 km/s.

Après la décharge de retour, l’éclair peut s’arrêter là. Mais si la charge est suffisante dans le nuage, un traceur de dard peut retourner du nuage au sol et déclencher une deuxième décharge de retour. Il peut y avoir plusieurs décharges de retour dans un éclair, en moyenne trois ou quatre, espacées de 40 à 80 millisecondes. La décharge électrique ainsi produite zèbre l’atmosphère de lignes lumineuses que sont les éclairs. La forme souvent en zigzag vient de la combinaison de plusieurs éclairs. Certains peuvent s’étirer sur une vingtaine de kilomètres!

Il y a trois à cinq fois plus d’éclairs entre deux nuages (aussi appelés éclairs de chaleur) qu’entre un nuage et le sol. Ils jaillissent si vite d’un nuage à l’autre qu’ils donnent l’illusion d’un seul éclair.

Vous pouvez devenir un dieu de la foudre et créer votre propre éclair. Il suffit de gonfler deux ballons de baudruche et de les frotter ensemble. Il se formera ainsi une petite étincelle : c’est l’éclair!

Et le tonnerre?

En soi, c’est le sous-produit de la foudre. Voici pourquoi. Quand l’éclair fend le ciel, l’air sur sa trajectoire s’échauffe jusqu’à atteindre cinq fois la température du soleil, c’est-à-dire environ 30 000 °C. Cet échauffement provoque une expansion quasi instantanée de l’air et crée une explosion soudaine et violente : c’est le tonnerre. Ces ondes de choc sont comparables à celles formées par un coup de canon.

Lorsque l’éclair est court et droit, les ondes sont perçues comme un seul coup de tonnerre. Mais si le trajet est long et ramifié, on entend alors une succession de grondements.  Plus l’orage est loin, plus le tonnerre est perçu comme un grondement. Plus il est rapproché, plus il ressemble à un claquement sec.

Où est située la foudre?

En comptant le nombre de secondes entre l’éclair et le coup de tonnerre, et en divisant le résultat par 3, on évalue la distance de la foudre. Par exemple, si 9 secondes séparent l’éclair du tonnerre, alors la foudre est à 3 km de nous.

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Arbre fendu en deux par la foudre
(Crédit photo: National Lightning Safety Institute)

Les meilleures protections contre la foudre

  • Aucun abri n’est sécuritaire à l’extérieur, ni une tente, ni un véhicule récréatif en fibre de verre, encore moins le dessous d’un arbre. Si vous y êtes et qu’aucune maison à charpente métallique – permettant au courant de suivre le métal – n’est à une courte distance, réfugiez-vous dans une auto ou sinon, dans une crevasse, sous une falaise ou dans une grotte. L’idéal est un édifice équipé d’un paratonnerre. Restez-y 30 minutes après le dernier grondement de tonnerre. Le tiers des blessés par foudre le sont après la fin d’un orage.

  • Il est primordial d’éviter les zones surélevées et de ne pas s’approcher à moins de 30 mètres d’une clôture en fil de fer et de ne pas implorer les dieux du ciel en pointant un bâton de golf au-dessus de la tête en plein milieu d’un terrain dégagé. Il ne faut pas être l’objet le plus élevé des environs.

  • Si l’orage arrive et que vous êtes sur un plan d’eau, il faut en sortir subito presto.

  • Méfiez-vous en terrains montagneux. Le vent qui souffle souvent assez fort peut modifier le son d’un tonnerre et vous leurrer sur la distance de l’orage.

  • À l’intérieur, évitez d’utiliser un téléphone relié à une ligne terrestre, car la foudre voyage par les fils et les cordons électriques. C’est aussi un bon moment pour s’esquiver de laver la vaisselle ou de prendre un bain, l’eau étant conductrice d’électricité, elle aussi!

    Des mythes à détruire

  • La foudre peut s’abattre plus d’une fois au même endroit. Ça ne sert à rien de se placer à un endroit où elle a déjà frappé, car chaque événement est indépendant du précédent. À preuve, l’Empire State Building, à New York, a déjà été frappé 15 fois en 15 minutes.

  • La foudre peut traverser la brique. Alors si vous décidez de fermer portes et fenêtres, c’est plutôt pour empêcher la pluie d’entrer.

  • Il n’y a aucun danger à porter secours à une victime de la foudre. Elle n’est pas conductrice d’électricité.

  • Comme un orage est toujours électrique, il est redondant de dire « orage électrique ».

En terminant, voici une petite histoire qui se trouve dans le livre Guinness des records. Roy Sullivan a été frappé par la foudre sept fois entre 1942 et 1977. Surnommé le paratonnerre de Virginie, on dit que les gens craignaient de se promener avec lui. La première fois, il a perdu un orteil. Puis frappé cinq fois entre 1969 et 1975, ses sourcils et ses cheveux ont été calcinés, il a été brûlé à l’épaule gauche, à la jambe et à une cheville. Son dernier coup de foudre lui a causé des blessures à la poitrine et à l’abdomen. Il est finalement décédé en 1983… pas par la foudre!

La Carte canadienne du risque de foudre indique les zones où des éclairs sont tombés depuis les 20 dernières minutes (ça donne une idée claire et précise du moment où il faut s’abriter adéquatement, car l’orage vient vers chez vous!). .

Ève Christian

http://blogues.radio-canada.ca/

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