Les 10 commandements des Premières Nations


Ces commandements, on les trouve dans toutes les cultures à travers le monde, mais avec notre technologie, notre confort, nous les avons oubliés plusieurs points qui pourtant pourrait améliorer notre vie et celle des autres
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Les 10 commandements des Premières Nations

 

Reste près du Grand Esprit
Démontre le plus grand respect pour tes semblables
Donne de l’assistance et de l’aide dès que le besoin est là
Soit véridique et honnête en tout temps
Fais ce que tu crois qui est bien
Regarde toujours pour le bien-être de ton corps et de ton esprit
Traite la terre et tout ce qui vit dessus avec respect
Prend l’entière responsabilité de tes actes
Dédie une partie de tes efforts pour le bien-être supérieur
Travail pour le bénéfice de toute l’humanité

L’hypnotisante nébuleuse de la Bulle photographiée par Hubble


Grâce à des vents vraiment puissant que cette nébuleuse est en forme de bulle. Hubble nous permet d’admirer encore une fois, un des merveilles de l’espace
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L’hypnotisante nébuleuse de la Bulle photographiée par Hubble

 

The Bubble Nebula, also known as NGC 7635, is an emission nebula located 8 000 light-years away. This stunning new image was observed by the NASA/ESA Hubble Space Telescope to celebrate its 26th year in spac

Baptisée SAO 20575, celle-ci dégage de puissants vents stellaires (à plus de 100 000 km/h), qui donnent à la nébuleuse cette forme en bulle de savon. D’une taille de 10 années-lumière, elle devrait continuer de grandir jusqu’à ce que l’étoile achève son existence en supernova dans 10 à 20 millions d’années.

Découverte en 1787 par l’astronome germano-britannique William Herschel, elle avait déjà été photographiée par Hubble.

http://www.nationalgeographic.fr/

 

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: chèvre et cataracte


A force de lire ce genre d’article, on ne peut qu’être content de l’évolution de la médecine. Il y a des millions de gens qui souffre de la cataracte, a travers les siècles des méthodes plus moins douteux ont été pratiqués avec un certain succès, mais aujourd’hui, la méthode est plus sûre et moins barbare
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Il était une fois la maladie: chèvre et cataracte

 

Il y aurait actuellement plus de 40 millions de personnes aveugles sur terre, et la moitié le sont à cause de cataractes.

Origine du mot «cataracte»

Tout au long de l’histoire, la cataracte porta bien des noms. Les Grecs antiques qui ne reconnaissaient pas le rôle du cristallin dans l’apparition de la cataracte l’avait nommée : hypochime. Les Romains traduisirent cela par le mot suffusio. Finalement, les Arabes trouvaient que la couleur du cristallin ressemblait à une chute d’eau, ce que les Romains traduisirent comme goutta opacta, qui devint dans le langage courant cataracta, puis cataracte.

D’ailleurs, l’être humain n’est pas le seul à souffrir de cataractes. Plusieurs autres animaux peuvent aussi en être atteints. Ainsi, les premières interventions auraient eu lieu en Inde aussi tôt que 2 500 ans avant Jésus-Christ. Une légende romaine prétendit plus tard que les médecins s’étaient inspirés des animaux pour traiter cette maladie. On disait que lorsqu’une chèvre avait une vision défaillante, elle se précipitait dans les buissons et se perforait l’œil pour abaisser cette cataracte invalidante.

D’ailleurs, ce fut cette première technique, appelée «abaissement», qui fut d’abord utilisée et qui, étonnamment, l’est encore de nos jours dans certaines régions du globe.

Une technique bien décrite

Le médecin romain Aulus Cornelius Celsus (25 AC – 50 DC) en fournit une description très détaillée. Ainsi, on pouvait y lire que le patient devait être assis sur une chaise droite dans une pièce lumineuse. Un assistant se plaçait derrière pour lui tenir la tête, et l’opérateur se tenait devant le patient. Il était recommandé qu’il utilise la main droite pour opérer l’œil droit et la main gauche pour l’autre œil. Il introduisait alors une aiguille dans l’œil et effectuait une perforation perpendiculaire au globe. Puis il effectuait un mouvement de bascule pour provoquer l’abaissement du cristallin. Souvent, il devait répéter ce geste plusieurs fois pour que le résultat souhaité se produise.

Au Moyen Âge, surtout chez les Arabes, on utilisait aussi une aiguille creuse pour aspirer les restes du cristallin. En Europe, les abaisseurs étaient surtout des barbiers itinérants, les médecins ne jugeant pas cette opération assez digne pour leur art. Ce n’est que sous Louis XV (XVIIème siècle) que La Martinière, premier chirurgien du roi, a été chargé par ce dernier d’édicter des règles précises de formation des chirurgiens et les séparer enfin des barbiers-perruquiers.

La méthode de l’abaissement

La méthode de l’abaissement est aussi rudimentaire qu’efficace. Lorsqu’elle est bien exécutée, les patients perçoivent d’abord une bonne amélioration de leur vision. Mais deux complications majeures sont alors à prévoir. La première est, bien sûr, l’infection. La stérilisation étant inconnue jusqu’à tout récemment, les instruments utilisés et le manipulateur provoquaient des contaminations. Même de nos jours, dans les régions reculées où l’abaissement est encore pratiqué, ceux qui exercent le métier d’abaisseurs sont souvent peu conscients des vertus de l’asepsie, et les infections qui surviennent conduisent le plus souvent à la cécité.

L’autre complication est tout aussi fréquente et sévère. Souvent, l’abaisseur commettra l’erreur de rompre la capsule de l’œil, ce qui provoquera l’échappement de protéines du cristallin dans le vitré. Il s’ensuivra généralement une sévère inflammation de l’œil, une uvéite et un glaucome. Le temps que le tout se résorbe et que la tension intraoculaire revienne à la normale, l’œil est devenu pratiquement aveugle.

Les abaisseurs

Comme souligné, ceux qui exercent encore ce métier se retrouvent le plus souvent dans les pays chauds. Ils sont généralement fort peu instruits et n’ont peu ou pas de compréhension des bases médicales. Ils se déplacent de village en village pour offrir leurs services à tous ceux qui souffrent de cataractes. Comme ils sont nomades, il est difficile de les repérer et carrément impossible d’évaluer leur performance.

Une estimation empirique nous montre que même dans les cas plutôt rares où l’opération s’est déroulée sans problèmes et sans infection, tout au plus 50 % d’amélioration visuelle pourrait être observée. Mais dans la majorité des cas, les résultats sont pires que si aucune intervention n’avait été tentée.

Serait-il possible de mieux encadrer et former les abaisseurs pour qu’ils puissent être plus efficaces et rendre de meilleurs services? La réponse est complexe car, d’une part, ces opérateurs ne reconnaissent pas la nécessité d’une formation théorique ou même pratique, et d’autre part, la technique même de l’abaissement n’a pas fait l’objet d’études scientifiques sérieuses.

Par ailleurs, dans certaines régions, les abaisseurs demeurent la seule ressource accessible pour ceux qui souffrent de cataracte.

Si l’abaissement était alors connu comme technique pour améliorer la vision, on n’en savait que très peu sur la physiologie de la vision. L’idée la plus répandue était que le cristallin était le siège de la vision. Il faudra attendre qu’un célèbre astronome, Johannes Keppler, très intéressé par les lentilles, les chambres noires et les miroirs, pour comprendre que la vision s’effectuait dans la rétine et que le cristallin ne faisait que focaliser les rayons lumineux sur celle-ci. Il émit aussi l’hypothèse que la cataracte n’était pas une membrane qui se développait sur le cristallin mais bien une opacification de celui-ci. Il publia ses idées dès 1610, mais il faudra attendre un siècle avant qu’elles ne soient reprises.

Ainsi, en 1705, le Dr Pierre Brisseau décrit les résultats de ses autopsies, dans lesquelles il démontre que la cataracte est vraiment une opacification du cristallin, ce que confirme Antoine Maître-Jean par ses expériences effectuées sur des animaux dès 1907.

Traité de Brisseau (1709)

Le véritable pionnier fut un chirurgien français né en 1693. Durant sa carrière, il aurait opéré pas moins de 206 cataractes, dont 182 avec succès. Mais on ignore qu’elle fut l’acuité visuelle de ces succès. Le docteur Jacques Daviel mit au point la technique de l’extraction de la cataracte. Non seulement il réussissait à abaisser la cataracte, mais il l’extrayait complètement, ce qui provoqua une scission entre les tenants de l’abaissement et ceux de l’extraction. Il faut noter que la technique de l’abaissement survécut en France jusqu’au milieu du XIXème siècle.

Technique de Daviel

Plusieurs autres améliorations à la technique de l’extraction du Dr Daviel virent successivement le jour. Le champion incontesté de l’extraction complète du cristallin fut le Dr Georg Joseph Beer (1763-1821). Ainsi Friedrich Jaeger, qui œuvra longtemps comme assistant du Dr Beer, proposa une incision de la cornée supérieure permettant à la paupière de maintenir en place le volet cornéen. Plus tard, au milieu des années 1800, Albert Mooren suggéra une iridectomie et Albert Von Graefe, élève brillant de Jaeger, proposa une incision linéaire périphérique, technique qui fut adoptée par tous les ophtalmologistes. Deux techniques d’anesthésie allait simplifier grandement le travail des ophtalmologistes : Carl Koler inventa l’anesthésie locale par cocaïne, et Anton Elschnig arriva en 1865 avec l’injection rétrobulbaire d’anesthésiant.

Extraction de la cataracte à la cryode
Extraction de la cataracte à la cryode
Courtesy of the National Library of Medicine
Photo P.Larsen

L’ère moderne

Au milieu des années 1950, le docteur Joaquin Barraquer, dont le père et le grand-père avaient été ophtalmologistes, met au point un microscope pour pouvoir effectuer plus efficacement les chirurgies oculaires.

En 1962, Charles Kelman a développé la technique de la phako-émulsification, qui permet de fragmenter le cristallin tout en ne réalisant qu’une très petite incision (quelques millimètres). Dès la fin des années 1940, les premiers essais pour implanter des cristallins artificiels furent tentés par Harold Ridley en Angleterre, mais il faudra attendre 1972 pour que Cornelius Binkhorst modifie ces lentilles, qui deviennent dès lors à la hauteur des attentes.

En Californie en 1989, le premier laser chirurgical en ophtalmologie fut mis au point. Depuis, d’autres types de laser ont vu le jour, permettant des chirurgies de la cataracte sans douleur et extrêmement performantes.

Chirurgie au laser

http://quebec.huffingtonpost.ca/

L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle


Je sais qu’en temps de guerre, de conflits, dans un pays désorganisé que les femmes payent cher d’être femme. Elles sont victimes de violences, d’agressions sexuelles et souvent, elles vendent leur corps pour survivre. Mais pour une épidémie comme celle qui a sévi en Afrique de l’Ouest par le virus Ebola, c’est bien entendu le chaos, la désorganisation du pays, mais aussi le confinement. Ces « pauvres » hommes n’ayant plus de vie sociale causé par la quarantaine ont préféré la voie de la violence et du viol. Une fille qui ne peut pas aller a l’école est une fille accessible pour ces hommes.
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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle

 

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Seema Yasmin

Traduit par Peggy Sastre

En Afrique de l’Ouest, l’épidémie de fièvre hémorragique aura été accompagnée par une explosion du nombre de grossesses adolescentes.

En septembre 2014, quand l’épidémie d’Ebola atteignait son pic au Liberia, Tina Williams avait 14 ans, de la fièvre et était enceinte. Elle avait été violée et son petit-ami l’avait abandonnée. Tremblante, elle était allongée dans un lit et priait pour souffrir de paludisme, pas d’Ebola.

Plus tard, les tests reviendront négatifs pour Williams et la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Ce qui ne l’empêchait pas d’être une survivante d’Ebola, une survivante d’un autre genre. En Afrique de l’Ouest, la propagation du virus et ses quasi 30.000 personnes infectées se sera accompagnée d’une autre épidémie: des poussées de viols, d’agressions sexuelles et de violences envers des femmes et des jeunes filles.

Si les professionnels de la santé publique ont comptabilisé le nombre de malades d’Ebola, les adolescentes comme Williams, victimes de violences sexuelles, ont été ignorées des registres. Il aura fallu attendre que l’année 2016 soit bien entamée pour apprendre qu’en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont vu leur nombre décupler pendant l’épidémie d’Ebola, à cause d’une multiplication des viols générée par la propagation du virus.

Dans certaines régions de Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont augmenté de 65% durant l’épidémie d’Ebola, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Reste que les données sont très difficiles à obtenir, notamment parce que les victimes sont rares à déclarer leur agression. Une autre étude, menée conjointement par l’Unicef et les ONG Plan International, Save the Children et World Vision, estime que le nombre de grossesses adolescentes a quasiment doublé dans les régions touchées par Ebola.

Danger du confinement

Une recrudescence qui n’a rien d’une coïncidence. Les épidémies infectieuses augmentent souvent la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles face aux violences, qu’elles soient ou non sexuelles –la faute à l’agitation et à l’instabilité civile que les épidémies laissent dans leur sillage.

«Cela ne devrait surprendre personne si on envisageait les épidémies comme n’importe quelle autre catastrophe, explique Monica Onyango, chercheuse en santé mondiale à l’Université de Boston. Les épidémies sont identiques à des situations de conflit. Vous avez une lacune de gouvernance, vous avez du chaos et de l’instabilité. Autant de facteurs qui fragilisent les femmes face à la violence sexo-spécifique.»

Pour autant, la corrélation entre épidémies et violences envers les femmes n’est pas bien documentée.

«Nous savons qu’en temps de guerre les jeunes filles et les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. Le phénomène a été documenté durant la guerre civile au Sierra Leone, au Liberia, après le génocide au Rwanda, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, précise Onyango. Il nous faut mieux documenter les viols et les agressions sexuelles qui surviennent pendant ou après une épidémie, car ils existent. Les femmes sont extrêmement vulnérables.»

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est un cas d’étude. Les quarantaines, les couvre-feux, les fermetures d’écoles –autant de mesures sanitaires destinées à endiguer la propagation de la maladie– ont aussi augmenté le risque, pour les femmes et les jeunes filles, d’être victimes de violences et de viols, affirme Marie Harding, qui travaille au centre médical Star of the Sea installé dans West Point, l’un des plus grands bidonvilles du Liberia et lieu d’une désastreuse quarantaine de vingt-et-un jours durant l’épidémie.

Au plus fort de l’épidémie, les matchs de football ont été annulés et les bars fermés. Les hommes qui, d’habitude, menaient leur vie sociale en extérieur allaient être assignés à résidence, avec femmes et enfants. D’où des poussées de violence et de viols dans les foyers mis en quarantaine. Selon une étude menée au Sierra Leone par l’ONG Save the Children auprès de 617 jeunes filles rapportant des agressions violentes et des viols, la plupart des victimes l’ont été en quarantaine.

À West Point, Marie Harding a été témoin d’une tendance similaire.

«Il y avait tant de stress, tant de tension. Les gens ne savaient pas quoi faire, où trouver à manger, dit-elle.Quand une fille n’est pas à l’école, quand elle est à la maison toute la journée et, quand tout le monde est à la maison toute la journée, elle est en danger.»

Un danger que le confinement sanitaire n’est pas seul à augmenter. Dans une étude menée par l’ONG Plan International au Liberia, des mères déclarent avoir eu peur pour les filles qui ne pouvaient pas aller à l’école et qui devaient subvenir aux besoins de leur famille. Avec la faim, certaines ont échangé du sexe contre de la nourriture. Un phénomène d’autant plus saillant chez les orphelines d’Ebola, qui allaient devoir survivre par leurs propres moyens. Dans l’étude de Save the Children, 10% des enfants interrogés –dont beaucoup ont perdu au moins un parent à cause du virus– déclarent que les filles qui avaient perdu leurs proches à cause d’Ebola ont été obligées de se prostituer pour se nourrir et se loger.

Ce que confirme Marie Harding, zigzagant entre les bancs de la salle d’attente du centre médical. C’est ce qu’elle a vu à West Point.

«Ce sont des enfants, mais elles doivent assurer leur subsistance, dit-elle en désignant des jeunes femmes qui attendent leur tour.Ebola a tué leur maman et leur papa, et elles doivent faire ce qu’il faut pour joindre les deux bouts.»

Quelques jours auparavant, Harding s’était occupée d’une jeune fille de 18 ans, que la malaria allait emporter. Elle avait perdu ses deux parents à cause d’Ebola et vivait avec un homme de 65 ans.

«C’était son petit-ami, soupire Harding. Les jeunes filles ne vont avec des vieux que parce qu’elles n’arrivent pas à se trouver à manger. Elles sont avec eux pour la sécurité et pour l’argent.»

Et celles qui n’ont pas perdu leurs proches ont quand même à souffrir des répercussions économiques d’Ebola. Le commerce s’est arrêté, les marchés ont été fermés et beaucoup ont plongé encore plus bas dans les entrailles de la misère. Même avant l’épidémie d’Ebola, qui allait pousser le gouvernement libérien à fermer les écoles, beaucoup de familles préféraient voir leurs filles travailler qu’étudier. Et à l’extérieur de la salle de classe et de sa sécurité relative, les risques de violence sexuelles sont d’autant plus élevés.

Épidémie de grossesses adolescentes

Aujourd’hui, tandis que la menace d’Ebola s’atténue et que les humanitaires plient bagages, les victimes de cette seconde épidémie sont laissées à elles-mêmes.

«Avant, c’était affreux, mais depuis Ebola, c’est encore pire, commente Marie Harding. Parfois, ce sont des filles de 13 ans qui arrivent et qui sont enceintes. Ebola a rendu les choses vraiment très très difficiles pour les filles.»

L’Afrique de l’Ouest devra gérer pendant des années les effets à long terme de cette épidémie de grossesses adolescentes, si ce n’est pendant des générations. Par exemple, le Liberia interdit aux adolescentes enceintes d’aller à l’école la journée, une mesure qui creuse encore plus les inégalités scolaires et oblige les femmes à travailler pour de très maigres salaires. Au Sierra Leone, les adolescentes enceintes n’ont tout simplement pas le droit d’aller à l’école, de jour comme de nuit.

Au Liberia, l’un des rares établissements à accepter les élèves enceintes s’appelle More Than Me. Niché dans une rue commerçante, entre les marchandes de tongs et de lunettes de soleil, le bâtiment vert et blanc est aujourd’hui vide de ses 150 étudiantes. Ce sont les vacances de Noël et on ne croise que des professeurs et des membres de l’administration dans les couloirs.

«Nous sommes la seule école qui s’occupe des filles de West Point», déclare Iris Martor, responsable des programmes scolaires. Mais même ici, où le personnel s’efforce de former des filles autrement exclues du système éducatif, certaines adolescentes ont été renvoyées chez elles quand leur grossesse est devenue trop visible. «On ne veut pas être fermés pour infraction à la législation nationale», précise Martor.

Des effets à long terme qui ne se limitent pas aux carences éducatives. Les mères adolescentes ont plus de risque de souffrir de complications sanitaires –un accouchement trop long, des fistules obstétricales ou la mort en couches. De même, la mortalité infantile des enfants nés de mères adolescentes est plus élevée. Autant de problèmes ignorés par les acteurs internationaux intervenus lors de la crise Ebola, quasiment aveugles aux potentiels effets secondaires de l’épidémie. 

Au Sierra Leone, le personnel des Rainbo Centres –des établissements médicaux dédiés aux victimes de viols– aura alerté la PNUD sur la recrudescence des viols et des violences sexuelles pendant l’épidémie. Il souligne aussi que les victimes n’ont pas été correctement prises en charge et que les services qui pouvaient exister ont été entravés par l’épidémie et les mesures déployées pour y faire face. 

Un phénomène qui s’explique notamment par la formation des équipes chargées de la lutte contre les épidémies: elles arrivent, œuvrent à stopper la propagation de la maladie et repartent le plus vite possible.

«Nous n’avions tout simplement pas les moyens de voir au-delà de l’épidémie, confirme Kaci Hickox, infirmière de Médecins Sans Frontières (MSF), présente en 2014 au Sierra Leone. Nous n’étions absolument pas formés pour nous occuper des viols et de la violence sexuelle, l’ampleur de l’épidémie était trop importante. Tous les humanitaires ont été plus que débordés.»

Selon Onyango, qui est aussi spécialiste des urgences humanitaires, la faute ne repose pas uniquement sur MSF et consorts.

«C’est très compliqué ce qu’ils ont à faire, dit-elle. Ils doivent se focaliser sur un seul problème en même temps. Il y a aussi le souci des donateurs, qui envoient leur chèque quand il y a urgence et passent à une autre crise quand l’urgence se termine.»

Une perspective qui oublie d’investir dans deux besoins vitaux pour les pays en proie à des épidémies: les services sanitaires locaux et les infrastructures. Sans cela, ces pays ont d’autant plus de risques d’être touchés par une nouvelle épidémie –accompagnée des poussées de violences sexuelles touchant la population féminine.

À l’heure actuelle, ce sont des gens comme Marie Harding qui doivent gérer seuls l’impact invisible d’Ebola. Debout au milieu de la salle d’attente du centre médical Star of the Sea, elle appelle Williams. Son bébé dans les bras, la jeune fille se lève et passe devant une demie douzaine d’adolescentes, pour beaucoup victimes d’agressions sexuelles durant l’épidémie.

«Beaucoup sont venus ici pour aider pendant Ebola, dit Harding. Aujourd’hui, ils disent qu’Ebola est parti, alors ils partent. Mais ces filles qui ont souffert, qui ont eu des bébés? Qui va les aider?»

Seema Yasmin

http://www.slate.fr/

Faire son épicerie dans les poubelles


A voir les photos qu’un groupe de déchétariste ont partager sur le journal et sur Facebook est époustouflantes, mais aussi dramatique de voir que les épiceries jettent autant de nourriture à la poubelle. C’est une prise de conscience qu’il serait peut-être temps de prendre des décisions plus éclairées et efficaces pour diminuer tout ce gaspillage alimentaire
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Faire son épicerie dans les poubelles

 

Bien que les participants du réseau soient majoritairement des étudiants, Christian espère que Manger Librement puisse rejoindre des personnes qui vivent la précarité.

Bien que les participants du réseau soient majoritairement des étudiants, Christian espère que Manger Librement puisse rejoindre des personnes qui vivent la précarité.   PHOTO : LAURENCE GALLANT

Un reportage de Laurence Gallan

EXCLUSIF – Un réseau de près de 200 personnes s’est organisé au Bas-Saint-Laurent pour pratiquer le déchétarisme, plus communément appelé « dumpster diving », de façon plus organisée. Des gens fouillent les poubelles à la recherche de nourriture. Il s’agit d’un mouvement plus connu dans les grands centres, mais il en a inspiré plusieurs dans la région. Leur but premier : contrer le gaspillage alimentaire

Depuis le mois de février, le réseau Manger Librement publie des photos de denrées chaque semaine sur sa page Facebook. Des aliments qui semblent venir directement des rayons d’une épicerie, mais qui proviennent plutôt de leurs poubelles.

Une récolte qui provient des poubelles

Une récolte qui provient des poubelles   PHOTO : FABRICE BLAIS POIRIER

Christian, un des membres du groupe, explique qu’une dizaine de personnes du réseau vont « cueillir dans les poubelles », pour ensuite trier, nettoyer et distribuer la nourriture récoltée. Plus d’une quarantaine de personnes profitent de ces récoltes, selon le jeune homme de 25 ans.

Ça fait six mois que je n’ai pas fait d’épicerie et que je mange mieux que si je payais mon épicerie. Christian, participant du réseau Manger Librement

Laurence Gallant a rencontré Christian, Laurence et Jasmin, des participants actifs du réseau Manger Librement.

Outre quelques rares membres plus vieux, la moyenne d’âge tourne autour de 20 et 25 ans dans le réseau.

« Beaucoup d’étudiants, du monde écolo, qui veut diminuer son impact sur l’environnement », indique Christian.

Le mot clé, c’est l’abondance. On ne trouve pas une miche de pain, on en trouve 40. On trouve pas une pizza congelée, on en trouve 20. Christian, participant du réseau Manger Librement

Les gens de Manger Librement, qui encouragent les cuisines collectives, disent se faire des festins de rois.

« Moi, je n’ai pas besoin de cette bouffe-là gratuite, mais ça me dérange qu’elle soit gaspillée. Et je pense que c’est le cas de la majorité des gens qui viennent s’approvisionner ici », affirme Christian.

En Amérique du Nord, environ 40 % des aliments produits sont perdus entre le champ et l’assiette.

Sont trouvés des légumes frais « en parfait état », beaucoup de pain et viennoiseries, des plats préparés, du fromage et même de la viande, l'hiver.

Sont trouvés des légumes frais « en parfait état », beaucoup de pain et viennoiseries, des plats préparés, du fromage et même de la viande, l’hiver.  PHOTO : LAURENCE GALLANT

Le code d’éthique du bon « cueilleur »

Selon le porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Doiron, il n’est pas interdit de fouiller dans les poubelles, tant qu’il n’y a pas effraction sur une propriété. La crainte principale des cueilleurs, c’est de se faire refuser l’accès à leurs points d’approvisionnement. Ils s’assurent alors de demeurer respectueux lors de leurs récoltes.

Sur la page Facebook du groupe, un code d’éthique est affiché clairement. On prône le respect des lieux qui approvisionnent les déchétariens, et les récoltes en petits groupes, pour demeurer discrets.

L’aspect « distribution » est aussi central. « Tu prends juste ce que tu peux manger sinon tu le distribues », explique Christian.

Le participant a connaissance d’organismes comme le Collectif Lèche-Babines ou Moisson Rimouski-Neigette, qui contrent également le gaspillage alimentaire, mais ceux-ci demeurent plus limités par les lois établies par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

« Malgré les actions des organismes communautaires existants, il reste encore beaucoup de nourriture gaspillée dans les poubelles », mentionne Christian.

Selon le MAPAQ, aucune loi n’empêche entreprises et organismes de donner des aliments, mais ceux-ci ne doivent pas être périmés.

Contrer la précarité alimentaire

À l’un des repères de Manger Librement, au centre-ville de Rimouski, certains participants se sont aussi mis à aider des gens « visiblement très pauvres ».

Jasmin et Christian racontent qu’ils se sont mis à donner de la nourriture à un homme qui recueillait déjà leurs cannettes vides.

« Je pense que ça l’aide beaucoup parce que lui n’irait pas chercher de la bouffe dans les poubelles », indique Christian.

L’homme en question, qu’ils croient être un itinérant, n’en croyait pas ses yeux de la qualité de la nourriture jetée par les épiceries.

C’est un petit peu un devoir d’aider quelqu’un quand tu n’es en mesure de l’aider. Ce ne serait pas viable en tant que société de ne pas s’aider. Et ça se passe comme ça beaucoup trop souvent. Christian, participant de Manger Librement

Encore très mal vu

Christian convient que les déchétariens sont rarement les bienvenus dans les poubelles des épiceries. Certains propriétaires craignent qu’ils se blessent ou s’empoisonnent, en plus d’avoir l’impression de perdre des clients, explique-t-il.

Selon les participants du réseau, personne n'est encore tombé malade jusqu'à maintenant.

Selon les participants du réseau, personne n’est encore tombé malade jusqu’à maintenant.   PHOTO : MARC-OLIVIER CREVIER

Christian raconte que sa famille accepte très mal qu’il mange ce qui provient des poubelles.

« J’ai eu une chicane avec mon beau-père pour qui, à ses yeux, j’étais juste trop lâche pour travailler. Que je voulais juste pas travailler et que je trouvais des moyens de parasiter la société », raconte-t-il.

« Il le dit sans savoir à quel point il y a beaucoup de monde qui fait ça maintenant. Qu’il y a des familles complètes, même parfois très aisées qui vont chercher de la nourriture qui vient des poubelles. »

Christian croit qu’il faut choquer les gens pour qu’ils prennent conscience du gaspillage alimentaire.

Moins de gaspillage dans les petits marchés

Le directeur de la Coopérative Alina de Rimouski, Olivier Riopel, est loin d’être surpris de la présence de déchétariens dans la région.

Ça fait plusieurs années que ça existe à Rimouski. On a toujours eu des gens qui fouillaient un petit peu dans les poubelles. Olivier Riopel, directeur de la Coopérative Alina de Rimouski

Comme dans toutes les épiceries de Rimouski, Alina donne ses surplus à Moisson Rimouski-Neigette

Comme dans toutes les épiceries de Rimouski, Alina donne ses surplus à Moisson Rimouski-Neigette   PHOTO : RADIO-CANADA

Olivier Riopel mentionne avoir peu de contrôle sur le phénomène.

« C’est sûr que sur le plan de l’hygiène et de la salubrité il peut y avoir des dangers d’être malade », déplore-t-il.

Le directeur affirme également qu’il est plus facile pour les petits marchés comme Alina de contrôler le gaspillage, comme ils font affaire avec des producteurs de la région.

« On ne jette vraiment pas grand-chose », conclut M. Riopel.

http://ici.radio-canada.ca/

Google invente l’écran déchirable


Me semble que c’est encore loin cette technologie d’écran détachable. En tout cas, Google en a l’idée et qui serait utilisée par exemple, comme des petites annonces qu’on pourrait « déchirer » le numéro de téléphone. Il faudrait que ce soit a petits prix, sinon … Un papier et un crayon seront toujours la meilleure méthode
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Google invente l’écran déchirable

 

Les bonnes vieilles affichettes papier et leurs bandelettes détachables seront-elles un jour supplantées par des écrans jetables ? Google l’imagine… © Olivier Le Moal, Shutterstock

Les bonnes vieilles affichettes papier et leurs bandelettes détachables seront-elles un jour supplantées par des écrans jetables ? Google l’imagine… © Olivier Le Moal, Shutterstock

Marc Zaffagni, Futura-Sciences

Google a déposé un brevet décrivant une technologie d’écran littéralement déchirable afin de partager des informations. Le système pourrait par exemple remplacer les affichettes de petites annonces que l’on colle un peu partout avec des numéros de téléphone à détacher. Mieux, les parties détachées pourraient même être réassemblées.

On en voit souvent dans les boulangeries, les commerces de proximité, les salles d’attente. Elles peuplent également les panneaux d’affichage des universités pour les étudiants à la recherche d’un logement ou d’une collocation. Ce sont les petites annonces avec leurs bandelettes détachables sur lesquelles figurent les numéros de téléphone.

Dans le futur, elles pourraient être remplacées par une technologie des plus étonnantes : des écrans dont on pourrait détacher des morceaux en les déchirant, exactement comme les annonces papier. L’idée, digne d’un scénario de science-fiction, nous vient de Google qui l’a déposée auprès du Bureau américain des brevets et des marques (USPTO).

On peut imaginer qu’il s’agirait non pas d’un seul écran réellement déchirable mais de plusieurs, susceptibles de fonctionner indépendamment. Google n’entre pas dans le détail quant à la manière dont ces affichages seraient connectés entre eux. Cela pourrait être un système magnétique, un peu comme celui que l’on trouve sur les ordinateurs portables hybrides dont l’écran se détache pour se transformer en tablette tactile façon Surface Pro de Microsoft. Futura-Sciences avait déjà évoqué un projet assez similaire avec le concept du Paperfold de la Queen’s University (Canada). Il s’agit un Smartphone composé de trois écrans E-Ink détachables et combinables selon les besoins.

Ce dessin sommaire adossé au brevet de Google donne un exemple du fonctionnement de l’écran détachable qui pourrait combiner différentes technologies d’affichage : Led ou Oled pour la partie principale et E-Ink pour les parties détachables. © Google, USPTO
Ce dessin sommaire adossé au brevet de Google donne un exemple du fonctionnement de l’écran détachable qui pourrait combiner différentes technologies d’affichage : Led ou Oled pour la partie principale et E-Ink pour les parties détachables. © Google, USPTO

Combiner différentes technologies d’affichage

Sauf que Google va encore plus loin en expliquant que les parties détachées pourraient être réassemblées, associées entre elles ou encore connectées à un autre écran. Le contenu affiché s’adapterait selon ces configurations. Autre détail intéressant, le document explique que différentes technologies d’affichage pourraient être utilisées : Led, Oled, E-Ink

Dans l’un des exemples concrets évoqués, Google décrit une annonce pour un chien perdu avec un affichage Oled sur l’écran principal et de petits écrans détachables en E-Ink. Rappelons que cette technologie d’encre électronique ne consomme de l’énergie que lorsque le contenu qu’elle affiche est modifié, ce qui veut dire que ces écrans détachables n’auraient potentiellement pas besoin d’embarquer de système d’alimentation.

Autre exemple proposé par Google, celui d’une publicité pour un produit avec des coupons détachables pour bénéficier d’une réduction. Tout cela est épatant mais tout de même difficile à imaginer, alors que les écrans souples et pliables que l’on nous promet depuis plusieurs années ne sont même pas encore commercialisés… Pour qu’une telle technologie puisse voir le jour, il faudra d’abord qu’ait lieu une importante baisse du prix des composants et des processus de fabrication.

Dans une déclaration adressée à la chaîne américaine CNN, un porte-parole de Google prend soin de souligner qu’un brevet n’implique pas nécessairement un produit fini. Il s’agit avant tout de protéger une idée, un concept dont la description est suffisamment large pour pouvoir couvrir de multiples applications. En résumé, Google tente vraisemblablement d’anticiper l’arrivée d’écrans jetables qui, espérons-le, seront aussi biodégradables.

http://www.futura-sciences.com/

J’ai un pain qui ne veut pas moisir


Je suis déçu de voir que les pains ont autant d’additifs et d’agents de conservation. Pourtant, le plus simple serait d’un pain comme nos grands-mères et le congelé pour ne prendre que les tranches quand nous en avons besoin. Enfin, c’est ce que je fais ! Parce que ce n’est pas normal que des pains prennent des semaines voir des mois avant de moisir
Nuage

 

J’ai un pain qui ne veut pas moisir

En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont,... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont, en grande majorité, fait leurs frais trop longtemps. Pourquoi ?

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

MARIE ALLARD

La Presse

Symbole de la nourriture, le pain – à la base, un mélange de farine, d’eau, de sel et de levure – est censé sécher ou moisir. En janvier, La Presse a acheté huit pains qui ont, en grande majorité, fait leurs frais trop longtemps. Pourquoi ?

Le premier à verdir a été le Carré... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

Le premier à verdir a été le Carré aux grains germés biologiques de Première Moisson, couvert de moisissures et malodorant quelques jours plus tard.

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Vous prendrez bien du pain frais d’il y a deux mois?

Toujours pas moisi, plus de deux mois après sa date de péremption. Acheté le 13 janvier, un pain Campagnolo à l’avoine et au sésame, de la Boulangerie St-Méthode, avait encore bonne mine le 24 mars. L’attache du sac précisait pourtant qu’il était « meilleur avant » le… 21 janvier.

Après le miracle de la multiplication des pains, La Presse a été témoin de celui des miches de longue durée. Aux fins de ce reportage, huit pains (de marques Auger, Bon Matin, Gadoua, POM, Première Moisson, St-Méthode et Villagio) ont été achetés dans un supermarché montréalais le 13 janvier, puis entreposés dans un cagibi de la salle de rédaction du journal.

Le premier à verdir a été le Carré aux grains germés biologiques de Première Moisson, couvert de moisissures et malodorant quelques jours plus tard.

« Sachez que la règle chez Première Moisson est toute simple : pas d’agent de conservation ni d’additifs chimiques dans nos produits, indique Manon Kirouac, directrice des communications de l’entreprise. Donc, il est tout à fait normal que ce pain ait moisi après cinq jours de durée de vie. »

Les autres pains ont gardé leur aspect initial plus longtemps. Si bien qu’à la mi-février, un mois après leur achat, la moitié des miches n’avaient pas encore moisi. Le dernier à être conquis par les champignons a été le pain Campagnolo, le 31 mars.

Additifs qui empêchent de moisir

« Le pain tranché commercial contient généralement des additifs qui l’empêchent de moisir », confirme Pierre Gélinas, chercheur spécialisé dans la qualité des aliments à base de céréales au Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Saint-Hyacinthe.

«Ces agents de conservation ne sont pas des poisons. Il est toutefois possible que les pains contiennent des doses excessives de ces additifs, par mesure de protection ou d’assurance.» Pierre Gélinas Chercheur

Faut-il se demander, comme le fait la boulangerie biologique Inéwa :

 « Si bactéries et champignons n’en veulent pas, pourquoi en mangeriez-vous ? »

La réponse n’est pas si simple. Moisissure n’égale pas qualité.

« Lorsqu’un pain sort du four, on pourrait dire qu’il est aseptisé, fait valoir Jérôme Laplante, directeur de la recherche et du développement chez St-Méthode. Il ne contient pas de moisissures, en raison de la cuisson. Le refroidissement, le tranchage et l’emballage sont les étapes critiques où un pain peut être contaminé – ou pas – par une moisissure présente dans l’air ou sur une surface. »

Chaleur et humidité favorisent les moisissures

Or, « si un pain n’est pas exposé à une source de moisissure, il ne moisira tout simplement pas », explique Alain Tanguay, directeur assurance qualité et salubrité des aliments à la Boulangerie Canada Bread, qui produit les pains Bon Matin, POM et Villagio.

La recette du pain et ses conditions de conservation influent ensuite sur la vitesse de développement des moisissures. Il est normal que les miches de La Presse se soient conservées plus longtemps dans un cagibi tempéré que sur un comptoir de cuisine, lors de chaudes et humides journées d’été.

« À la maison, normalement, on ouvre le sac de pain tous les jours pour prendre quelques tranches, observe M. Gélinas. La contamination vient aussi de là. »

Il reste que pour garantir un produit impeccable longtemps, les boulangeries industrielles reconnaissent qu’elles utilisent « des agents inhibiteurs de moisissures », comme le dit M. Tanguay.

Les plus populaires sont le propionate de calcium (qu’on trouve dans les pains Auger, Bon Matin, Gadoua, POM, St-Méthode et Villagio) et l’acide sorbique (présent dans les pains St-Méthode, POM et Villagio).

« Le propionate de calcium, à peu près tous les pains commerciaux en ont depuis longtemps, indique M. Gélinas. Cet additif retarde la multiplication des moisissures, mais il change aussi le goût du pain.»

«La saveur du propionate s’apparente à celle de certains produits laitiers, comme le fromage emmenthal.» Pierre Gélinas Chercheur

Le dernier pain du test -le Campagnolo à... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 6.0

Le dernier pain du test -le Campagnolo à l’avoine et au sésame de St-Méthode- est moisi.

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Quant à l’acide sorbique (ou sorbate de potassium), « on n’avait pas ça il y a cinq ans », relève le chercheur. « Il n’y a pas un boulanger qui voulait mettre ça dans son pain, parce que ça sent un peu le chimique. Ça a une odeur qui se rapproche de celle des muffins anglais. Juste à sentir un emballage de pain, je peux vous dire s’il y a de l’acide sorbique dedans. »

Aujourd’hui, « au moins 50 % des pains sur le marché contiennent de l’acide sorbique, estime M. Gélinas. C’est énorme. » Si cet additif est soudainement si populaire, « c’est parce que c’est le champion toutes catégories pour empêcher de moisir », explique-t-il.

La Boulangerie St-Méthode, qui utilise ces deux additifs (sauf dans ses pains biologiques), cherche à les éliminer (voir plus bas). Quant à la Boulangerie Auger, elle refuse d’employer l’acide sorbique.

« Nous travaillons même à retirer le propionate de calcium, de façon à offrir à notre clientèle des pains naturels, précise Guillaume Talbot, directeur général de l’entreprise de Saint-Jérôme. Nous voulons atteindre cet objectif avant 2017. »

Chronologie

13 janvier 2016

La Presse achète huit pains dans un supermarché montréalais. Une tranche est retirée de chaque miche. Les pains sont ensuite entreposés dans un cagibi tempéré de la salle de rédaction.

18 janvier 2016

Le Grains germés biologiques de Première Moisson, dont la date de péremption était le 14 janvier, est le premier à moisir.

22 janvier 2016

Le POM ultra-moelleux est le deuxième à verdir. Le jour même de sa date de péremption, une surface de 8 cm sur 12 cm est couverte de moisissures.

15 février 2016

Un troisième et un quatrième pains moisissent : le Multigrains classique de Bon Matin et le Gadoua moelleux. La moitié des pains sont toujours d’aspect normal, plus d’un mois après leur achat.

22 février 2016

Des moisissures vertes sont visibles sur la moitié du pain 100 % grains entiers de St-Méthode, dont la date de péremption était le 18 janvier.

8 mars 2016

Un sixième pain, le Villagio Toscana, est tombé au combat.

24 mars 2016

Le Petit ménage d’Auger est le septième pain à moisir.

31 mars 2016

Le dernier pain du test – le Campagnolo à l’avoine et au sésame de St-Méthode – est moisi.

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INFOGRAPHIE LA PRESSE

Additifs cachés

Des pains dont la liste d’ingrédients ne fait pas mention d’agents de conservation en contiennent de façon détournée, a appris La Presse. Ces conservateurs se cachent notamment sous l’anodine appellation « amidon de blé cultivé ».

Qu’est-ce que c’est, de l’amidon de blé cultivé ?

En fait, « il s’agit d’un ingrédient appelé MicroGard », indique Pierre Gélinas, chercheur au Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Saint-Hyacinthe. « Peut être utilisé comme alternative à d’autres conservateurs visant le contrôle des moisissures et des bactéries en boulangerie », précise la fiche technique du MicroGard 910.

Produit par Danisco, propriété du géant américain de l’agrochimie DuPont, le MicroGard 910 est décrit comme du « cultured wheat starch », soit littéralement de l’amidon de blé cultivé.

« Le MicroGard est le produit de la fermentation d’une culture de Propionibacterium, explique M. Gélinas. Ce sont des bactéries typiques de la fabrication du fromage emmental ; elles produisent naturellement de l’acide propionique, mais pas seulement cet acide. En d’autres termes, un pain qui contient du MicroGard est indirectement enrichi d’acide propionique et d’autres agents inhibiteurs comme l’acide acétique (vinaigre) ou l’acide lactique. »

Ce n’est pas tout : selon son brevet, cette invention inclut des « potentiators », en français des amplificateurs, dont… l’acide sorbique.

« L’ingrédient appelé ‟amidon de blé cultivé » contient donc de l’acide propionique et, probablement, de l’acide sorbique », observe M. Gélinas.

Profiter de l’engouement pour le naturel

Or, les boulangeries se gardent bien de le dire. Elles écrivent simplement « amidon de blé cultivé » comme ingrédient, ce qui semble moins chimique qu’acide sorbique ou propionique.

« Répond au désir des consommateurs pour des produits naturels et des listes d’ingrédients simples et compréhensibles », fait carrément valoir Danisco-DuPont.

Cette manoeuvre semble permise par Santé Canada.

« Selon le Règlement sur les aliments et drogues, les fabricants n’ont pas l’obligation d’indiquer sur l’étiquette du produit fini les constituants de certains ingrédients, tels que la farine », précise Maryse Durette, conseillère principale en relation avec les médias à Santé Canada.

Bref, tant que la boulangerie écrit « farine », pas besoin de révéler ce que contient la dite farine.

Des exemples

Le pain Blanc rustique Première Fournée « ne contient aucun agent de conservation, colorant ou saveur artificielle », d’après son fabricant Weston.

Or, ses trois premiers ingrédients sont : farine de blé enrichie, eau et… le fameux amidon de blé cultivé. Ce pain d’allure artisanale renferme aussi de l’intrigante « farine de blé cultivé » en plus de la « farine de blé ».

« Nous vous confirmons qu’il n’y a aucun ajout de quelque façon que ce soit d’acide sorbique et/ou de propionate de calcium dans les pains Première Fournée, a néanmoins indiqué Vincent Marcoux, directeur de la sécurité des aliments pour le Québec et l’Atlantique chez Weston. La farine de blé cultivé est une farine qui a été préparée suivant un procédé de fermentation contrôlé, impliquant une production d’acide lactique par des bactéries. L’amidon de blé cultivé est obtenu par un procédé similaire. »

L’amidon de blé cultivé se retrouve aussi dans des pains Gadoua et Au pain doré. Un mystérieux « amidon de blé fermenté » est, quant à lui, visible dans la liste d’ingrédients de pains de la Boulangerie St-Méthode. Notamment dans le pain intégral contenant 90 % d’ingrédients biologiques. S’agit-il du MicroGard ou d’un de ses compétiteurs ?

« Nous sommes désolés, mais il s’agit d’une information confidentielle », a répondu Sophie Pomerleau, responsable de la recherche et du développement de la Boulangerie St-Méthode.

Faut-il éviter les agents de conservation?

Vaut-il mieux éviter les pains qui restent beaux et moelleux longtemps ?

 « Certaines recherches tendent à démontrer que les substances ajoutées comme agents de conservation pourraient avoir des effets délétères sur notre santé à moyen et long terme », répond Mélanie Demers, infirmière en santé environnementale, diplômée du microprogramme Alimentation fonctionnelle et santé de l’Université Laval.

« Ici, on ne parle pas seulement des agents de conservation, mais de plusieurs autres substances ajoutées dans l’alimentation industrielle, indique l’infirmière. C’est l’accumulation de tous ces agents agresseurs pour le corps qui vient à créer des problèmes de santé à long terme. »

Que conseille-t-elle ?

« Bien entendu, le meilleur choix pour un pain demeure celui dont la liste des ingrédients est la plus courte et se rapproche le plus possible de la recette originale de nos grands-mères, dit Mme Demers. Évidemment, un pain sans agents de conservation devra être consommé rapidement ou surgelé. »

Ensachage du pain à la Boulangerie St-Méthode. «Si... (PHOTO FOURNIE PAR LA BOULANGERIE ST-MÉTHODE) - image 8.0

Ensachage du pain à la Boulangerie St-Méthode. «Si le pain n’a pas été contaminé, il n’y aura pas de développement de moisissures les jours suivants», explique M. Laplante.

PHOTO FOURNIE PAR LA BOULANGERIE ST-MÉTHODE

La méthode St-Méthode

Des pains de la Boulangerie St-Méthode moisissaient avant leur date d’expiration, il y a quelques années.

« On a même eu certaines pertes de clients à cause de ça », dit Jérôme Laplante, directeur de la recherche et du développement de l’entreprise d’Adstock, en Chaudière-Appalaches.

Avec ses pains bons pour la santé, St-Méthode plaît involontairement aux champignons.

« Le fait d’avoir moins de sel, moins de sucre, moins de gras dans nos pains, en plus de farines entières, cela fait que la moisissure tombe dans un milieu plus favorable à sa croissance », explique M. Laplante.

« Le sel est un agent de conservation à effet anti-moisissure, confirme Pierre Gélinas, chercheur en qualité des aliments à base de céréales à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Si on met très peu de sel, c’est normal qu’il moisisse un peu plus vite. »

En 2011, la Boulangerie – qui produit 13 % du pain tranché vendu au Québec – a formé un groupe chargé de régler ce problème, notamment avec l’aide de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval.

« Il a fallu développer un ensemble de barrières pour retarder ou éliminer la moisissure », relate M. Laplante.

Moins d’additifs l’hiver

Les méthodes de nettoyage des équipements ont été revues, comme la fréquence du lavage des mains des employés.

« Le secteur de l’emballage a été fermé, puis on s’est assurés qu’il soit à pression positive, pour que l’air de l’extérieur ne cherche pas à y pénétrer », ajoute M. Laplante.

C’est que les moisissures voyagent naturellement dans l’air, sans douaniers pour les arrêter. La Boulangerie a également cessé de reprendre les pains invendus – source possible de contamination – pour les destiner à l’alimentation des animaux.

Enfin, la recette des pains est désormais modifiée au fil de l’année.

« L’hiver, on réduit la quantité d’agents de conservation », révèle M. Laplante.

La durée de vie du pain est aussi allongée jusqu’à 10 jours. En saison chaude, propice aux moisissures, le pain a une durée de vie de neuf jours… et il contient plus d’additifs.

Objectif : éliminer le propionate et l’acide sorbique

St-Méthode utilise du propionate de calcium et du sorbate de potassium, des agents de conservation bannis notamment des magasins d’alimentation Whole Foods. 

« On cherche constamment à s’améliorer, assure M. Laplante. On travaille à enlever le propionate et l’acide sorbique de nos formulations. Mais c’est un travail à long terme. Si on se compare, on n’utilise pas de conditionneurs de pâte chimiques comme nos compétiteurs POM ou Gadoua. »

« Le consommateur veut beaucoup de choses, souligne Sophie Pomerleau, responsable de la recherche, du développement et du service à la clientèle de St-Méthode. Il veut un bon pain, le plus santé possible, avec le moins d’ingrédients chimiques possible, qui se conserve et soit moelleux longtemps. C’est un gros défi de réaliser tout ça en même temps. »

http://www.lapresse.ca/