Ce qu’un petit geste peut faire


Des fois, il ne suffit pas de grand chose pour changer le cours d’une vie d’une personne désespérée. Cela est bel exemple qu’une simple discussion devant un café a permis de redonner le goût à la vie
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Ce qu’un petit geste peut faire

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Facebook / Casey Fischer

Étudiante et maman, Casey, est allé un matin au café Dunkin Donuts pour acheter le petit déjeuner, mais elle ne savait pas qu’elle partirait comme une nouvelle personne.

Dans le café, Casey a rencontré un SDF et elle lui a parlé, et avant qu’elle parte, il lui a donné une note. Leur conversation avait changé la vie de l’homme et la note était la preuve.

Lisez l’histoire de Casey sur sa rencontre avec le SDF ci-dessous.

« Aujourd’hui je suis allée à Dunkin Donuts et j’ai vu un SDF assis dehors à la recherche des petites pièces. A la fin, je l’ai vu entrer dans le café, et lorsqu’il comptait son argent pour acheter quelque chose, je suis allée lui parler. Je me suis rendue compte qu’il ne voulait pas me parler mais j’ai continué quand même. »

« Il avait à peine 10 centimes sur lui, alors je lui ai acheté un bagel et un café, et je lui ai demandé de s’asseoir avec moi. Il m’a raconté que les gens sont souvent méchantes avec lui, que les drogues ont fait de lui la personne qu’il déteste, il a perdu sa mère d’un cancer, il n’a jamais pu rencontrer son père et qu’il veut seulement être quelqu’un de bien, pour que sa mère soit fier de lui. »

« Cet homme merveilleux, appelé Chris, est l’un des personnes les plus honnêtes et authentiques que j’ai rencontré. »

« Quand j’ai réalisé que je devais retourner à l’école, Chris m’a demandé d’attendre pour qu’il puisse m’écrire un petit mot. Il m’a donne un reçu, s’est excusé pour son écriture, sourit et partit. »

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Facebook / Casey Fischer

« J’ai déplié le reçu et lu :  « Je voulais me tuer aujourd’hui. Grâce à toi, je ne veux plus le faire. Merci belle dame. »

Facebook / Casey Fischer

Casey est la preuve qu’il y a encore des bonnes personnes dans le monde, et cela fait une grande différence. Nous sommes tellement soulagés qu’elle a décidé de parler à Chris ce jour-là, car elle a sauvé sa vie.

Parfois, la seule chose dont les gens ont besoin pour survivre c’est un peu d’espoir.

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Le Saviez-Vous ►L’anti-moustique naturel des singes capucins


Qui aurait cru que l’anti-moustique utilisé par les singes capucins est plus toxique que les produits chimiques que nous utilisons
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 L’anti-moustique naturel des singes capucins

 

Dans la forêt tropicale du Venezuela, les singes capucins savent se protéger des piqûres de moustiques, tout comme les hommes. Si le principe est le même la forme est très différente, puisque le produit anti-moustique des singes est un mille-pattes, l’Orthoporus dorsovittatus, que les capucins débusquent dans les troncs investis par les termites.

(…)  Les capucins enduisent leur fourrure avec les sécrétions du mille-pattes, un produit chimique puissant, la benzoquinone, qui repousse les moustiques. Les chercheurs ont constaté que le recours aux mille-pattes correspondaient aux périodes où il y a avait le plus de moustiques.

Les sécrétions de ce mille-pattes contiennent deux composants de la famille des benzoquinones, connus pour leurs propriétés anti-moustiques. Ces composés sont de loin beaucoup plus toxiques que les produits les plus forts utilisés par les hommes.

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Maux du pied : des conseils pour choisir la chaussure idéale


Il y a des douleurs aux pieds que nous pourrions éviter si nous achetions des souliers pour le confort avant tout
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Maux du pied : des conseils pour choisir la chaussure idéale

 

 

Le confort doit rester la priorité. © PureStock/SIPA

Le confort doit rester la priorité. © PureStock/SIPA

Trop souvent négligées, les douleurs aux pieds touchent une très large majorité de la population. Un problème de santé publique méconnu et évitable si l’on suit quelques règles lors de l’achat de chaussures.

Au quotidien, la solution la plus protectrice est de porter une chaussure maintenant le pied sans le serrer grâce à une matière souple comme le cuir et un système de fermeture réglable comme les lacets ou les scratchs.

Son talon doit avoir une base large et ne pas mesurer plus de 4 cm de haut pour ne pas déporter tout le poids du corps sur l’avant.

L’empeigne, c’est-à-dire le dessus de la chaussure, doit être souple et dépourvue de coutures ou de brides qui pourraient blesser.

Les podologues conseillent d’acheter ses chaussures en fin de journée, au moment où le pied est le plus gonflé, surtout pour les chaussures d’été. Il faut prendre le temps de les essayer pour vérifier qu’elles respectent le volume et la forme. En oubliant l’idée que les chaussures vont « se faire », car elles feront seulement souffrir. Le confort doit rester la priorité.

Par Afsané Sabouhi

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Feu vert à la manipulation d’embryons humains


Est-ce une bonne chose ? Peut-être que oui, en tout cas, je suppose que les questions d’éthiques doivent être la même chose quand on commençait a parler des bébés éprouvettes, ce qui a permis a de nombreuses femmes de pourvoir enfanter. C’est sûr que le terme manipulation génétique rend mal à l’aise, tout dépend jusqu’où ils sont prêt a aller dans cette manipulation
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Feu vert à la manipulation d’embryons humains

 

Feu vert à la manipulation d'embryons humains

Photo Fotolia

LONDRES – Des scientifiques ont été autorisés à manipuler, pour la première fois au Royaume-Uni, des embryons humains à des fins de recherche, a annoncé lundi l’autorité britannique de la fertilisation humaine et de l’embryologie, la HFEA.

Cette autorisation concerne l’utilisation de la méthode Crispr-Cas9, qui permet de cibler les gènes défaillants dans l’ADN afin de les neutraliser plus précisément. Il s’agit d’une des toutes premières autorisations de manipulation d’embryons humains.

«Nous avons approuvé la demande du docteur Kathy Niakan de l’Institut Francis Crick (de Londres) d’ajouter la possibilité de manipuler des embryons (humains) à son autorisation de recherche», a annoncé la HFEA.

La demande avait été déposée au mois de septembre afin d’étudier les gènes en jeu lors du développement des cellules qui vont ensuite former le placenta, pour essayer de déterminer pourquoi certaines femmes font des fausses couches.

La modification génétique d’embryons à des fins de traitement est interdite au Royaume-Uni. Elle est en revanche autorisée depuis 2009 dans la recherche, à condition entre autres que les embryons soient détruits au bout de deux semaines maximum.

Mais c’est la première fois qu’une telle demande a été formulée, avait précisé en septembre la HFEA, qui a confirmé lundi qu’il serait interdit d’utiliser les embryons pour les transplanter sur des femmes.

En avril dernier, des chercheurs chinois avaient annoncé être parvenus à modifier un gène défectueux de plusieurs embryons, responsable d’une maladie du sang potentiellement mortelle. Une première qui avait soulevé des inquiétudes et des questions éthiques.

Les scientifiques chinois avaient eux-mêmes indiqué avoir «eu de grandes difficultés» et affirmé que leurs travaux «montraient la nécessité urgente d’améliorer cette technique pour des applications médicales».

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Donald Trump candidat au Nobel de la paix


Le 1 er février était la date final pour parrainer des candidatures pour le prix Nobel. Certains ne sont pas connu du grand public, mais un qui peut faire sursauter, c’est le nom de Donald Trump en liste pour le prix Nobel de la paix. Parmi tous ceux parrainés pour ce prix de la paix, il me semble évident qu’il ne sera pas retenu … Sinon, ce prix ne voudra absolument rien dire
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Donald Trump candidat au Nobel de la paix

 

Donald Trump mériterait d'être récompensé pour «son idéologie... (PHOTO DAVE KAUP, REUTERS)

Donald Trump mériterait d’être récompensé pour «son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l’islam radical, l’EI (le groupe islamiste État islamique, NDLR), l’Iran nucléarisé et la Chine communiste», souligne la lettre de parrainage suggérant le magnat de l’immobilier pour la haute distinction.

PHOTO DAVE KAUP, REUTERS

Donald Trump, les habitants des îles grecques venant en aide aux migrants, les acteurs du processus de paix colombien, le pape, Angela Merkel… Célébrissimes ou anonymes, ils sont tous présumés être en lice pour le Nobel de la paix.

Comme chaque année, les candidatures à «la plus prestigieuse récompense au monde attribuée pour la préservation de la paix» – dixit le dictionnaire d’Oxford – doivent être envoyées au plus tard le 1er février.

Et comme à l’accoutumée, l’identité des candidats est tenue strictement secrète, ou presque puisque les parrains peuvent en effet divulguer le nom de leur «poulain».

Une pétition en ligne avait ainsi recueilli lundi quelque 630 000 signatures pour que le Nobel soit attribué aux habitants des îles grecques qui, en première ligne de la crise migratoire, portent secours et réconfort aux réfugiés franchissant au péril de leur vie la Méditerranée depuis la Turquie voisine.

Soutenue par des universitaires, la campagne se heurte cependant à une difficulté de taille: le prix ne peut être partagé par plus de trois lauréats.

Des scientifiques grecs ont contourné l’obstacle en distinguant trois noms: une octogénaire et un pêcheur de Lesbos ainsi que l’actrice américaine Susan Sarandon, première personnalité d’envergure à être venue sur l’île pour sensibiliser l’opinion publique.

Lui-même prix Nobel de la paix en 1984, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu a apporté son soutien à trois candidatures, dont une a également trait aux bons Samaritains grecs: le Mouvement de solidarité égéen.

«Imaginez 900 000 visiteurs dans le besoin qui arrivent à la porte d’un établissement relativement modeste. Affamés, épuisés et dans un état de choc émotionnel… Ils ne parlent pas votre langue ni ne partagent les mêmes croyances culturelles ou religieuses», a écrit Mgr Tutu.

«Qu’est-ce que vous faites? Vous ouvrez la porte. Incroyable!», s’est-il émerveillé.

Les deux autres candidatures ayant reçu sa bénédiction sont la Fondation pour la paix dans l’ère nucléaire qui milite pour l’abolition de l’arme atomique, et un trio comprenant… le pape François salué par l’archevêque anglican pour ses efforts «écologiques» contre «le consumérisme et la cupidité».

Un «traître à la patrie» primé? 

Dans un autre registre, le candidat à la candidature républicaine Donald Trump a aussi été suggéré pour le Nobel de la paix, selon un observateur attentif de la chose Nobel, Kristian Berg Harpviken, directeur de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (Prio).

M. Trump mériterait d’être récompensé pour «son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l’islam radical, l’EI (le groupe islamiste État islamique, NDLR), l’Iran nucléarisé et la Chine communiste», souligne la lettre de parrainage, dont M. Harpviken dit avoir reçu copie.

Parlementaires et ministres, anciens lauréats, certains professeurs d’université…: des milliers de personnes à travers le monde sont habilitées à proposer une candidature. Si l’Institut Nobel est tenu d’accepter toutes les propositions valides, le seul fait d’être candidat ne représente pas un adoubement de sa part.

Les cinq membres du comité qui choisit le lauréat pourront aussi mettre sur la table les candidatures de leur choix lors de leur première réunion, le 29 février.

Pour M. Harpviken, Edward Snowden, qui a révélé l’ampleur du programme de surveillance de l’Agence de sécurité américaine (NSA), pourrait bien l’emporter.

«Les fuites de Snowden ont entraîné un bon nombre de réformes dans les pratiques et dans la législation américaines qui font qu’il est difficile de soutenir encore qu’il est un traître à la patrie», a-t-il expliqué à l’AFP.

Après la percée sur le nucléaire iranien, les négociateurs américain Ernest Moniz et iranien Ali Akbar Salehi comptent aussi parmi ses favoris, de même que les acteurs du processus de paix en Colombie, le président Juan Manuel Santos et le chef des FARC (rebelles) Timoleon Jimenez.

Donnée parmi les favoris l’an dernier – quand le prix est allé au quartette pour le dialogue national tunisien -, la chancelière allemande Angela Merkel est de nouveau en lice.

Idem pour le gynécologiste Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées dans l’est de la RDC, et une Yazidi, Nadia Murad, qui a échappé à l’EI après avoir été réduite à l’esclavage sexuel par les djihadistes.

http://www.lapresse.ca/i

Le plastique, ce fossile du futur


 

Tout ce plastique produit qui se dégrade que très difficilement a un impact majeur sur notre environnement, autant sur terre que dans l’océan et tout autre cours d’eau.
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Le plastique, ce fossile du futur

Le plastique est difficilement biodégradable | Duncan via Flickr CC License by Creative Commons

Le plastique est difficilement biodégradable | Duncan via Flickr CC License by Creative Commons

Repéré par Fatma-Pia Hotait

Sa présence comme déchet sur Terre ou sous les mers est de plus en plus problématique. Pour certains scientifiques, nous voilà même entrés dans une nouvelle ère, «l’ère du plastique».

Les générations futures exposeront-elles le plastique dans des musées d’archéologie? Une publication parue dans le magazine Anthropocene décrit comment l’utilisation du plastique pourrait bien changer la surface de la Terre, nous apprend Quartz. Depuis le milieu du XXe siècle, le matériau a pris une telle place que les auteurs de l’étude soutiennent que nous sommes entrés dans «l’ère du plastique».

D’ailleurs, si tout le plastique que nous avons consommé ces dernières décennies «était du film alimentaire, il y en aurait assez pour envelopper la planète», écrit Jan Zalasiewicz, paléobiologiste à l’université de Leicester et coauteur de l’étude, dans un communiqué.

Les scientifiques prévoient que le plastique, matériau «inerte et difficilement dégradable», s’intègre toujours plus au sol ou dans les fonds sous-marins, où il se consumera. Une hypothèse mortifère pour la faune marine, comme les planctons, les poissons et les oiseaux.

Des pierres en plastique

En 2013, un article scientifique publié dans GSA Today allait jusqu’à avancer qu’un nouveau type de pierres pourrait apparaître. La substance est appelée plastiglomerate, bien que le nom ne soit pas officiel. Elle a été découverte par hasard en 2006 par le capitaine marin et océanographe Charles Moore.

Ce dernier n’y avait pas accordé d’importance jusqu’en 2012, date à laquelle il en parle à sa collègue Patricia Corcoran, professeure à l’université de l’Ontario. Les chercheurs décident alors de se rendre sur les plages hawaïennes de Kamilo Beach. Là-bas, ils répertorient plus de vingt-et-un sites où ces pierres faites de plastique et d’éléments naturels étaient présentes, rapportait en 2014 Maine News.

La pollution plastique devient un réel problème. En tenant compte de l’augmentation de la population ainsi que de la conjecture économique, la situation ne fera qu’empirer, rapportait l’an passé NBC News. Le site expliquait que selon l’ingénieure environnementale Jenna Jambeck, les dépôts plastiques dans la mer atteindront les 155 millions de tonnes métriques d’ici 2025. Ce taux qui ne fera que de monter jusqu’en 2100, où il atteindra son point culminant. Toutefois en prenant les bonnes mesures, nous pourrions réduire ces taux de plus de 75% d’ici 2025, affirme Jambeck.

http://www.slate.fr/

Le tabou de l’homme battu


Il est important que les femmes violentées puissent avoir toute l’aide nécessaire, mais aussi pour les hommes qui sont victimes de violences conjugales. On s’imagine que les hommes battus sont souvent frêles alors qu’en réalité, ce n’est pas toujours le cas. S’ils se défendent, ils peuvent être accusés eux-mêmes d’agresseurs
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Le tabou de l’homme battu

 

L'affaire Galchenyuk a soulevé une question souvent passée... (PHOTO MASTERFILE)

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L’affaire Galchenyuk a soulevé une question souvent passée sous silence: celle des hommes victimes de violence physique ou psychologique de la part d’une amoureuse ou d’un amoureux. Un phénomène réel et complexe.

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Est-ce que le hockeyeur Alex Galchenyuk a été victime de violence conjugale ? Ce sera au Directeur des poursuites criminelles et pénales de juger si des accusations doivent être déposées contre sa compagne. Or, l’affaire a soulevé une question souvent passée sous silence : celle des hommes victimes de violence physique ou psychologique de la part d’une amoureuse ou d’un amoureux. Un phénomène réel, complexe et souvent moqué.

Après des années de réflexion, l’Entraide pour hommes Vallée-du-Richelieu a mis en place, l’été dernier, un service d’aide destiné aux hommes qui subissent de la violence conjugale. Ce n’est pas un luxe, selon Geneviève Landry, qui a été intervenante avant de devenir directrice générale de cet organisme qui a pignon sur rue à Saint-Hyacinthe, Beloeil et Longueuil.

« Je me rends compte depuis longtemps qu’il y a des hommes victimes de violence conjugale », dit-elle.

Geneviève Landry relate l’histoire d’un homme qu’elle choisit d’appeler Steven. Il a été dirigé vers l’organisme parce que sa compagne a porté plainte pour violence conjugale. Après quelques séances, il a amorcé une rencontre en déboutonnant sa chemise devant son intervenante médusée : son torse comporte de nombreuses griffures.

«Steven m’a expliqué que ça faisait huit ans que sa blonde lui lançait des assiettes, le griffait et le mordait au visage. Il m’a dit : « Je m’assois et j’attends que ça passe. »» Geneviève Landry
Directrice de l’Entraide pour hommes Vallée-du-Richelieu

Cet homme est beaucoup plus corpulent que sa compagne. Il encaisse. Une fois, il a répliqué. Sa compagne a porté plainte immédiatement. Geneviève Landry ne cherche pas à excuser le geste fait par Steven, simplement à montrer qu’il était aussi une victime dans cette dynamique infernale.

1 cas sur 5

Il ne fait aucun doute que les femmes demeurent les principales victimes de violence conjugale. Or, dans 18 à 20 % des cas, la victime est un homme. Dénigrement, menaces, humiliation, ceux-ci vivent de la violence psychologique, mais aussi physique. Yves C. Nantel, du Service d’aide aux conjoints, parle de tasses d’eau bouillante lancées au visage, de coups de pied, d’agressions avec un ciseau ou un couteau.

Au Service d’aide aux conjoints, 10 % de la clientèle – exclusivement masculine – a vécu de la violence physique. Paul*, la soixantaine, a vécu pendant une dizaine d’années avec un coloc avec lequel il avait des relations sexuelles occasionnelles.

« On était comme un vieux couple », dit l’homme, qui a subi une intervention chirurgicale au coeur à l’hiver 2015.

Un vieux couple dysfonctionnel : il décrit son ancien colocataire et amant comme une personne manipulatrice, profiteuse et violente.

« Avant l’opération, j’étais capable de le remettre à sa place », assure Paul.

Affaibli par ses problèmes de santé, il a fini par appeler les policiers, qui lui auraient fait réaliser que son amant était dangereux pour lui. Il l’a fait expulser. En décembre, il recevait encore des appels de menaces de cet homme.

L’agresseur peut aussi être l’épouse ou la petite amie. Ce qui brouille complètement les cartes. Un homme victime de violence conjugale est une idée qui va à l’encontre du discours dominant.

« Il n’est pas normal que l’homme se soit fait agresser, c’est un agresseur, caricature Yves C. Nantel, intervenant et coordonnateur au Service d’aide aux conjoints. Ça reste très marginalisé. Cocasse… »

L’idée qu’un homme puisse être battu semble en effet un sujet de rigolade, si on en croit des commentaires glanés sur la page Facebook d’un site sportif où il était question de l’arrestation de la copine d’Alex Galchenyuk dans un dossier traité comme une histoire de violence conjugale. Un grand nombre de messages tendaient aussi à banaliser la situation.

Devant soi-même

Geneviève Landry confirme que ce sujet peut en effet susciter la moquerie.

« Ça va à l’encontre d’une vision de la virilité voulant que l’homme soit fort, indépendant et capable de se défendre tout seul. Ça ne correspond pas à l’image que ces hommes eux-mêmes ont de ce que c’est que d’être un homme », dit-elle.

Les victimes masculines vivent de la honte et mettent beaucoup de temps à révéler les sévices qu’ils subissent.

« Ils doutent d’eux-mêmes, ajoute Yves C. Nantel. Vu qu’il n’y a pas de reconnaissance sociale de la violence conjugale envers les hommes, c’est souvent une collègue ou une soeur qui dit à l’homme qu’il devrait consulter. Eux-mêmes ne savent pas si ce qu’ils vivent est de la violence… »

«La situation de violence envers un homme ou une femme, c’est la même chose, à quelques nuances près.»Yvon Dallaire
Psychologue

« Je trouve que ce que dit Sophie Torrent [auteure de L’homme battu : un tabou au coeur du tabou] est très pertinent, souligne le psychologue Yvon Dallaire. La femme qui est violentée, lorsqu’elle dénonce la situation, gagne un réseau. Des associations autour d’elle vont la défendre et la prendre en charge. Les hommes, lorsqu’ils sont violentés physiquement, ils perdent un statut. Un statut d’homme. »

Devant le système

Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que la violence conjugale faite aux hommes soit reconnue. Il n’est pas certain que les hommes eux-mêmes aient envie de mener ce combat.

« Contrairement aux femmes, les hommes n’ont pas envie d’aller sur la place publique pour faire parler d’eux », estime Yves C. Nantel.

Parce qu’ils ont honte, parce qu’ils ont peur qu’on se moque d’eux ou que leurs enfants subissent des railleries à l’école…

Plus encore, les hommes auraient une confiance « très mitigée » dans un système judiciaire qui, à leurs yeux, a un préjugé favorable aux femmes. Ainsi, ils prendraient très au sérieux une conjointe qui menace de les accuser, eux, de violence conjugale, de se sauver avec les enfants ou d’inventer des histoires d’agression sexuelle sur un enfant…

Yves C. Nantel estime que le système – structuré pour accueillir et soutenir les femmes victimes de violence – se méfie, lui aussi, des hommes victimes de violence conjugale. Des intervenants (souvent des intervenantes) aux policiers, peu de gens sont formés pour faire face à une situation où l’agresseur n’est pas l’homme. Sans compter que, dans bien des cas, la violence est « mutuelle », selon Geneviève Landry.

« Il faut une reconnaissance sociale de ce problème-là. Il faut offrir les services, estime le coordonnateur du Service d’aide aux conjoints. Il faut améliorer tout ce qui relève du dépistage et de l’intervention. »

* Nom fictif

Quatre chiffres pour comprendre

Difficile d’établir un portrait statistique précis de la violence conjugale. Les données que possède le ministère de la Sécurité publique ne sont basées que sur les interventions policières. Les chiffres révèlent toutefois que de plus en plus d’hommes se retrouvent du côté des victimes. Regard sur la situation en quatre statistiques issues du rapport de 2013 sur la criminalité dans un contexte conjugal au Québec.

>>>Consultez le rapport complet.

En hausse?

29,9 %

Le taux de victimes masculines de violence conjugale a grimpé de 29,9 % entre 2004 et 2013. À l’opposé, le taux de victimes féminines a diminué de 1,2 % pendant la même période. Cet écart est toutefois probablement dû au fait que la violence faite aux hommes est de moins en moins taboue.

« Avant les années 20, on ne parlait pas de violence faite aux femmes. Ça a commencé avec le mouvement féministe. Avec raison, on a ouvert un oeil sur la violence domestique subie par les femmes. On est en train d’ouvrir le deuxième oeil avec celle vécue par les hommes », croit Yvon Dallaire, psychologue et notamment auteur du livre La violence faite aux hommes 

Une réalité taboue et complexe. Éric Couto, travailleur social et étudiant au doctorat à l’Université Laval, nuance :

« À ma connaissance, il n’y a pas d’hypothèse admise pour expliquer [une telle hausse], puisque ce qui amène une personne à dénoncer la violence dépend de plusieurs variables. »

Des agressions plus violentes

19,8 %

Lorsque les femmes sont accusées de violence, dans 19,8 % des cas, elles ont commis une agression armée ou ayant causé des lésions corporelles (contre 10,1 % chez les hommes). Cela s’explique souvent par la différence de force physique entre les deux sexes.

« Les femmes vont compenser en utilisant un objet, alors que les hommes vont utiliser leurs poings comme objets de violence », explique le psychologue Yvon Dallaire.

Éric Couto propose une explication similaire et souligne néanmoins que, selon les données disponibles, les femmes sont malgré tout trois fois plus nombreuses à avoir craint pour leur vie dans une situation de violence conjugale.

La pointe de l’iceberg?

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En 2013, le taux d’hommes victimes de violence conjugale était de 111 par 100 000 habitants. La même année, le taux de femmes qui en ont été victimes était de 415 par 100 000 habitants.

« Selon les chiffres issus du « cycle sur la victimisation » de Statistique Canada, les victimes de violence conjugale qui ont porté plainte à la police sont de l’ordre de 20 % à 25 % pour les femmes et de 7 % à 8 % pour les hommes, expose Éric Couto. Les femmes dénoncent trois fois plus la violence conjugale à la police que les hommes, selon ces chiffres-là. »

« Il faut prendre en considération que la violence physique fait beaucoup moins peur aux hommes que la violence psychologique, juge pour sa part Yvon Dallaire. Dès le plus jeune âge, les hommes sont habitués à se tirailler entre eux. Ils le disent si bien : ils sont capables d’en prendre. Dans une relation où une femme frappe, bien des hommes vont voir ça comme « de l’amour féroce ». Ça peut changer le portrait. »

Les jeunes plus à risque

37,8 %

En 2013, plus du tiers des victimes de crimes contre la personne dans un contexte conjugal (hommes et femmes) étaient âgées de 18 à 29 ans. Et entre 2009 et 2013, c’est chez les adolescents que le taux d’infractions a le plus augmenté. Éric Couto ne s’en étonne pas.

« Depuis le début des années 2000, les 18-40 ans ont toujours été le groupe le plus représenté dans les statistiques sur la violence conjugale, dit-il en rappelant que ceux-ci représentaient 69 % des cas en 2001. Plus on est jeune, plus on est à risque de déclarer vivre ce genre de situation. »

Très souvent, dans les couples, la violence est mutuelle, croit Yvon Dallaire.

« À travers la violence, il y a une grande souffrance, rappelle-t-il. Il y a l’incapacité à exprimer des besoins de façon adaptée. C’est la même chose chez les hommes et chez les femmes, mais, en général, les hommes ne sont pas portés à dénoncer cette violence. »

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