Parole d’enfant ► Les bisous


Les mamans aiment leurs enfants même s’ils sont tous barbouillés, et qu’ils ont mauvaise haleine …
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Les bisous

 

 

Maman raconte

Ce matin Mlle me regarde et me donne un bisou
– « Maman, je suis certaine que tu es ma maman »
–  » Ah oui, pourquoi ? »
– « Moi, je le sais, car tu me donnes des bisous avant que je me brosse les dents »

Ana-Jézabelle / 3 ans / Novembre 2015

Le Saviez-Vous ►Il était une fois la maladie: La mort de Diderot et la dynamite


La médecine, heureusement, évolue ! Il fut un temps qu’on soignait tout problèmes par le vin et l’opium. L’opium était servi a toutes les sauces même pour faire dormir les bébés. Enfin bref, la mort subite chez l’adulte a été une maladie étrange qui finit par être mieux comprise et on lui donnait même un nom : l’angine de poitrine
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Il était une fois la maladie: La mort de Diderot et la dynamite

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique


 

Les premiers conseils en santé cardiaque

«Le vin et les cordiaux, pris le soir en allant au lit, peuvent prévenir ou affaiblir les paroxysmes nocturnes. Mais rien n’agit plus efficacement que les préparations d’opium ; dix, quinze à vingt gouttes de teinture thébaïques, en entrant au lit, font que les malades peuvent y rester jusqu’au matin, tandis qu’ils auraient été obligés de se lever et de se tenir debout pendant deux à trois heures chaque nuit, et cela durant plusieurs mois. On peut continuer, augmenter même cette dose de laudanum impunément aussi longtemps que le cas l’exige, et le soulagement procuré par l’opium peut être ajouté aux arguments en faveur de la nature spasmodique de la maladie. J’ai connu un malade, dit ailleurs le même auteur (Dr D. de la Roche), qui s’imposa l’obligation de scier du bois pendant une demi-heure tous les jours, et qui en fut presque guéri. Chez un autre individu, la maladie cessa d’elle-même. La saignée, les vomitifs, et les purgatifs ne me paraissent pas convenir.»

Ce texte fut écrit au début du XVIIIe siècle par un grand médecin italien : le Dr Bernardo Ramazzini. Son livre paru en 1714, Traité des maladies des artisans, comporte plusieurs sections, dont celle intitulée : Mémoire sur l’angine de poitrine signée par le médecin Louis Jurine. Ce livre servira de référence médicale pendant plus de deux cents ans.

Il est étonnant de constater quelques trois cents ans plus tard que certaines des recommandations du Dr Ramazzini sont redevenues à la mode. On peut ainsi citer la prise quotidienne d’un peu de vin et l’exercice physique. Mais on doit bien se rendre compte que la pharmacopée de l’époque était plutôt limitée. Il faut se rappeler que l’opium et ses dérivés venaient à peine d’être découverts et qu’on les utilisait à toutes les sauces. Ainsi, le laudanum, un sirop fait d’opium auquel on avait ajouté de l’eau et un peu de sucre, pouvait servir tant pour soulager la douleur que pour provoquer le sommeil. Certaines nourrices en ajoutaient même au dernier biberon du soir pour le bébé, s’assurant ainsi qu’il dormirait toute la nuit. Bien des nouveau-nés en sont morts sans qu’on puisse alors expliquer pourquoi. Il s’agissait vraisemblablement d’overdose… Le laudanum était offert alors en vente libre et coûtait moins cher qu’une bouteille de vin ou d’alcool.

La mort de Diderot «

En 1782, Diderot, conversant avec feu M. le docteur D. de la Roche, lui racontait les symptômes d’une affection pénible qui le tourmentait depuis plusieurs années. Celui-ci frémit en reconnaissant dans sa description tous les caractères de l’angine de poitrine. Quel traitement suivez-vous, lui dit-il, pour cette maladie ? – Aucun, répondit le philosophe. – Cependant, vous feriez mieux de vous en occuper, elle pourrait avoir des suites fâcheuses. – Et quelles suites ? Quel peut être mon pis-aller ? – Une mort subite. Diderot charmé de ce pronostic déclara qu’il ne voulait user d’aucun remède. Assez longtemps après, il subit une attaque violente qui le saisit au milieu de la nuit et qui effraya ses alentours et peut-être lui-même; on chercha du secours, mais sa maladie fut méconnue; il fut saigné et médicamenté de manière à être jeté dans une hydropisie, à laquelle il fut longtemps menacé de succomber. Des soins mieux adaptés à son état le tirèrent de ce danger ; mais à peine commençait-il à jouir de son rétablissement, qu’une mort subite le mit au tombeau.» (Référence : Ramazzini, Roedérer, Wagler et Jurine, Encyclopédie des sciences médicales, Paris, 1841, P.414)

Les origines de l’angine de poitrine

Des textes provenant de l’empire mésopotamien citent pour la première fois le risque de mort subite d’un humain qui s’était plaint de douleur thoracique. Mais ce ne fut que plusieurs centaines d’années plus tard que l’angine de poitrine fut décrite plus spécifiquement par le médecin italien Giovanni Maria Lancini. Ses études sur les maladies cardio-respiratoires furent reconnues dans les plus hautes sphères. C’est ainsi qu’il fut nommé médecin du pape Clément XI. Il fut le premier à décrire au début des années 1700 l’insuffisance des valves tricuspides et cardiaques ainsi, comme souligné, que l’angine de poitrine qu’il appelait : douleurs thoraciques.

De l’angine de poitrine aux restos du cœur

Plus de soixante ans plus tard, soit en 1768, un brillant médecin français le Dr Nicolas-François Rougnon signe une missive intitulée : Lettre décrivant avec soin les symptômes de l’angine de poitrine, et l’autopsie d’une personne qui en est décédée. Le docteur Rougnon constata une ossification des cartilages costaux et soupçonna qu’il s’agissait là de la cause de la maladie. En plus de sa contribution aux sciences médicales, le Dr Rougnon fut connu pour son implication sociale. À cette époque de grande agitation en France, il vole au secours des indigents en fondant l’œuvre des restos du cœur : une autre création du XVIIIe qui a repris vie depuis. La même année, le médecin britannique, William Heberden, officialise le terme d’angine de poitrine en décrivant aussi la maladie à la suite de l’observation d’une vingtaine de cas. Ce sera à lui que l’histoire accordera la paternité de la découverte.

Des traitements

Les premiers traitements pharmacologiques efficaces contre l’angine de poitrine apparaissent plus de cent ans plus tard avec les essais du Dr londonien William Murrell sur la nitroglycérine (élément de base de la dynamite) dont les résultats furent publiés dans le journal The Lancet en 1879. Dans son Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, volume 30, Amédée Dechambre énumère ainsi certains des premiers chercheurs à utiliser la trinitrine pour traiter l’angine cardiaque :

«C’est surtout dans la médication de l’angine de poitrine que ce médicament a été utilisé d’abord par M. Murrel (de Londres), après lui par Farquhiar, Sitts, M. Call Anderson, Green et surtout par M. Huchard, en France, et Desrosiers, au Canada. On trouve la raison de cette médication dans la formule pathogénique de l’angine de poitrine, tel qu’elle a été donnée par MM. G. Sée, Liégeois et H. Huchard : «L’angine de poitrine est le résultat d’une ischémie cardiaque organique ou fonctionnelle». Dès lors, en dilatant paralytiquement les artères coronaires spasmodiquement contractées, la dynamite rétablit l’intégrité circulatoire du muscle cardiaque et prévient l’anémie du myocarde.»

Ce dictionnaire encyclopédique a été publié en 1884 chez G. Masson, libraire de l’académie de médecine, et P. Asselin libraire de la faculté de médecine à Paris. Au début des années 1930, deux médecins chercheurs russes, Nikolaiy Nikolaevich Anichkov et Semen S. Chalatov, furent les premiers à découvrir les effets du cholestérol sur l’athérosclérose après une série d’expériences sur des lapins. Ces découvertes ouvrirent la voie aux recherches qui aboutirent entre autres à la fabrication des statines.

Puis les traitements chirurgicaux firent leur apparition. D’abord les revascularisations qui connurent leurs premiers essais, ici même au Québec, avec le Dr Arthur Martin Vineberg qui développa un protocole opératoire portant son nom. Dès 1950, il commença ses expérimentations à l’hôpital Royal Victoria de Montréal en implantant les artères mammaires directement dans le ventricule gauche. Puis les pontages veineux arrivèrent au début des années 1960 et les pontages à partir de l’artère mammaire dans les années 1980. Vers la fin des années 1970, un cardiologue suisse, le Dr Andreas Gruentzig réalise les premières angioplasties.

Chirurgie et pharmacopée ont donc bien évolué depuis les premières descriptions de l’angine de poitrine, mais souvenons-nous que dès les années 1700, les prémisses du succès étaient déjà en place, un peu de vin et au moins 30 minutes d’exercices physiques par jour. Pour vous aider, la Fondation des maladies du cœur a mis au point un outil électronique gratuit pour permettre à chacun d’évaluer son risque cardiovasculaire.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

D’où viennent les armes de l’Etat islamique ?


Comment se fait-il que ceux qui font des attentats, les guerres au Moyen-Orient sont si bien armées ? D’où viennent les armes, les munitions, les obus … ? Ceux qui vendent l’armement doivent bien savoir à quoi cela va servir ? Est-ce que le profit vaut tous ces morts innocents ? Les pays tels que les États-Unis, la Chine, la Russie et autres sont-ils coupables de complicité ?
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D’où viennent les armes de l’Etat islamique ?

 

Un obus de mortier dans le centre de Kobané, dans le nord de la Syrie, le 28 janvier 2015. AFP/ BULENT KILIC

La découverte d’un fusil d’assaut de fabrication chinoise dans l’arsenal de l’organisation Etat islamique début 2015 avait relancé le débat sur le commerce des armes au Moyen-Orient. Les grands pays exportateurs d’armes, à commencer par les Etats-Unis, ne peuvent plus fermer les yeux sur cette question.

Fin février, un chercheur de la société britannique Conflict Armament Research, spécialisée dans l’inventaire des armes de guerre, a fait une découverte étonnante. En mission à Kobané – ville du nord de la Syrie, théâtre des combats des forces kurdes contre l’organisation Etat islamique [(EI) ou son acronyme arabe Daech] pendant plusieurs mois –, il a mené une enquête à partir d’un fusil d’assaut ayant appartenu à un combattant de Daech. L’arme dont le numéro de série avait été effacé ressemblait en tout point à un M-16, le fameux fusil d’assaut de l’armée américaine en circulation dans la région. Mais diverses recherches lui ont permis d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait en réalité d’un fusil d’assaut CQ de fabrication chinoise, rapporte The New York Times Magazine.

Depuis un an, Conflict Armament Research dresse méthodiquement l’inventaire des armes, véhicules et équipements utilisés par les combattants de l’EI. S’il s’agit pour la plupart d’armes américaines,un rapport publié le 6 octobre 2014 a montré que les équipements de Daech proviennent en réalité de 21 pays différents, parmi lesquels la Russie et la Chine.

Si l’on en croit le long article de Foreign Policy sur le sujet publié en octobre 2014, ce n’est donc pas la première fois qu’on découvre une arme chinoise dans l’arsenal de Daech. Mais un fusil d’assaut CQ de fabrication chinoise, c’est une première ! Or, en 2013, un groupe de recherche indépendant suisse a prouvé que les rebelles du Soudan du Sud avaient en leur possession d’importantes quantités de ce type de fusil d’assaut chinois.

Il apparaît donc clairement “que l’EI a obtenu des armes qui transitaient de l’Afrique de l’Est vers la Syrie”, poursuit le New York Times.

L’information montre que Daech ne cesse de multiplier et de diversifier ses sources d’approvisionnement d’armes et d’équipements militaires.

“On retrouve dans l’inventaire de l’EI tous les grands pays exportateurs d’armes : des cartouches de Russie et des Etats-Unis, des fusils de Belgique ou de pays de l’ex-bloc soviétique, des missiles antichar fabriqués par MBDA, le leader européen dans le domaine”, précise le New York Times.

Plus l’arsenal s’agrandit, plus la position de certains Etats qui combattent l’organisation terroriste devient inconfortable.

“Si les armes passent aussi facilement d’un conflit ou d’une force combattante à l’autre, alors ces mêmes conflits ne peuvent être considérés comme ‘clairement distincts’, pour reprendre les mots de James Bevan,  directeur de Conflict Armament Research.”

Ce fait ne peut plus être ignoré par les Etats qui exportent ou vendent des armes, quel que soit le pays destinataire.

“Les armes que possède l’EI ont dans la plupart des cas été exportées en premier lieu par des pays qui avaient l’intention de rendre la région concernée plus sûre. Aujourd’hui elles sont au contraire utilisées par des combattants (…) qui défendent une organisation djihadiste en train de devenir la plus importante et la plus violente de notre époque”, conclut le quotidien.

Lucie Geffroy

http://www.courrierinternational.com/

Et si le gratte-ciel couché était l’avenir du logement?


Peut-être que nous verrons dans un avenir rapproché des édifices à logement très différents à ce que nous connaissons aujourd’hui dans les grandes villes. Si cela permet de laisser du terrain aux animaux sauvages du moins pour un temps … Pourquoi pas ? Par contre, une telle proximité, pourrait déranger plusieurs
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Et si le gratte-ciel couché était l’avenir du logement?

 

The Interlace à Singapour | Buro Ole Scheeren

The Interlace à Singapour | Buro Ole Scheeren

Repéré par Lorenzo Calligarot

Un complexe de gratte-ciel superposés à l’horizontale a fait sensation au Festival mondial de l’architecture.

Parfois, ce sont les idées les plus simples qui sont les plus malignes et le projet Interlace de Singapour en est un bel exemple. Son principe est librement inspiré des constructions de Lego, rapporte Slate.com. Au lieu d’empiler les gratte-ciel à la verticale les uns à côté des autres, les architectes ont décidé de les coucher à l’horizontale puis de les superposer les uns sur les autres. Une innovation qui permet de faire gagner énormément de surface, d’optimiser la vie communautaire et de laisser de la place pour des espaces verts. Une avancée considérable dans une des régions les plus peuplées du monde.

Maquette du projet | Buro Ole Scheeren

The Interlace a été conçu par Ole Scheeren, un architecte allemand à la tête du cabinet d’architecture Buro Ole Scheeren. Sa construction est composée de trente-et-un immeubles d’au maximum six étages et dispose de 1.041 appartements. Le festival mondial de l’Architecture, qui vient de remettre à The Interlace le prix de Bâtiment mondial de l’année, le qualifie dans un communiqué de

«village vertical» offrant«une approche radicalement nouvelle de la vie contemporaine dans un environnement tropical» et désignant le bâtiment comme «l’un des développements résidentiels les plus ambitieux de l’histoire de Singapour».

Le cabinet d’architecte vante lui aussi les avantages de son système de construction dans des propos rapportés par le Financial Times:

«En empilant les immeubles, ce design multiplie les surfaces horizontales peuplées de vastes jardins sur les toits et de terrasses aménagées qui, combinés, augmentent de 112% les espaces verts, soit plus que le site initial sans construction.»

http://www.slate.fr/

Orphelins et perturbés


 

Ce n’est pas surprenant, si les bébés singes n’ont pu avoir l’enseignement de leur mère dès les premières années de leur vie, on subit un enlèvement agressif en plus d’un changement radical de leur style de vie puissent avoir des problèmes de comportement
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Orphelins et perturbés

Une mère et un jeune chimpanzés 

Photo :  iStockphoto

Un texte d’Alain Labelle

Les chimpanzés sauvages capturés et importés d’Afrique dans leur jeune âge présentent des facultés sociales affaiblies quand ils deviennent adultes. En fait, la perte précoce de la mère a des effets négatifs sur l’intégration sociale des chimpanzés tout au long de leur vie, affirment des chercheurs autrichiens.

Jusqu’à ce jour, les effets à long terme d’expériences traumatisantes dans l’enfance sur le comportement social ont été observés uniquement chez les humains et les chimpanzés socialement isolés.

Entre les années 1950 et 1980, des milliers de bébés chimpanzés sauvages ont été capturés dans la nature en Afrique de l’Ouest et exportés vers l’Europe, le Japon et les États-Unis.

Certains ont été utilisés pour la recherche biomédicale, alors que d’autres ont pris le chemin de jardins zoologiques.

Ces établissement abritent donc des chimpanzés capturés avant la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, signée à Washington en 1973.

Ces individus ont subi un traumatisme important. Ils ont souvent été capturés après l’abattage de leur mère, qui s’est produit devant eux. Ils ont aussi vécu un changement de vie important, passant de l’état sauvage à la captivité.

Le saviez-vous?

Pas moins de 90 % de la population des chimpanzés a disparu au cours des 50 dernières années. Actuellement, il y aurait environ 100 000 individus à l’état sauvage.

La population totale initiale de chimpanzés se montait à plusieurs millions d’individus. Elle est passée de 2 millions, au début du 20e siècle à 1 million en 1960 pour tomber à 300 000 dans les années 1980, et moins de 150 000 dans les années 2000. 

Toutefois, contrairement aux autres chimpanzés de laboratoire, ces orphelins ont bénéficié de la présence maternelle humaine et d’autres individus de la même espèce. Ils ont ainsi pu vivre des interactions sociales.

Les travaux d’Elfriede Kalcher-Sommersguter et Jorg Massen, de l’Université de Graz, montrent que les chimpanzés qui ont été privés de leur mère dès les deux premières années de la vie sont limités dans leur comportement de toilettage social des décennies plus tard. Ce toilettage est très important pour l’établissement et le maintien des relations sociales au sein des groupes de chimpanzés.

Ces déficits ne sont pas seulement observés chez les chimpanzés qui ont été hébergés individuellement en cage pendant des décennies dans un laboratoire d’analyses biomédicales avant d’être resocialisés, mais aussi chez les individus orphelins qui ont grandi dans les groupes sociaux dans un zoo.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Scientific Reports.

http://ici.radio-canada.ca/

Fonte accélérée d’un important glacier du Groenland depuis 2012


Même si l’on croit que ce n’est pas pour demain, il faut penser aux générations avenir qui eux devront y faire face. Si l’eau continue à se réchauffer, c’est l’Antarctique le suivra et l’eau continua à monter au cours des années. Même si l’on croit que ce n’est pas pour demain, il faut penser aux générations avenir qui eux devront y faire face. En attendant, nous subissons quand même les conséquences des changements climatiques
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Fonte accélérée d’un important glacier du Groenland depuis 2012

 

Le glacier Zachariae Isstrom est situé au nord-est... (Capture d'écran sur Google Earth)

Le glacier Zachariae Isstrom est situé au nord-est du Groenland (photo).

CAPTURE D’ÉCRAN SUR GOOGLE EARTH

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Un vaste glacier du nord-est du Groenland avec assez d’eau pour faire monter les océans d’un demi-mètre connaît une fonte accélérée ces dernières années sous l’effet du réchauffement climatique et risque de déstabiliser une autre grande calotte glaciaire voisine, révèle une étude jeudi.

Ce glacier, le Zachariae Isstrom, était stable jusqu’au début des années 2000 mais perd depuis cinq milliards de tonnes de glace par an, entraînant une disparition de sa partie qui flotte sur l’océan dont le rythme a triplé depuis 2012, précisent ces scientifiques. Leur recherche paraît dans la revue américaineScience.

Ainsi de 2002 à 2014, la plateforme flottante du glacier s’est réduite de 95 %.

Ce recul rapide menace aussi de déstabiliser un autre grand glacier plus au nord, le Nioghalvfjerdsfjorden, encore protégé par une colline.

« C’est la première fois qu’on voit un énorme glacier dans le nord du Groenland, une région froide, qui jusque-là ne montrait pas de changement, qui se met à perdre de sa masse de manière accélérée », souligne Jérémie Mouginot, chercheur au département de géophysique de l’Université de Californie à Irvine, principal auteur de cette étude.

« Le glacier se désintègre et lâche de nombreux icebergs qui en fondant vont faire monter le niveau des océans au cours des prochaines décennies », ajoute-t-il dans un entretien avec l’AFP, soulignant qu’il s’agit « juste du début ».

« Il a perdu 40 milliards de tonnes de glace depuis 2003 à raison de 5 milliards de tonnes par an et il pourrait doubler cette perte, voire davantage », estime ce scientifique, précisant que 40 milliards de tonnes équivaut déjà à une montée du niveau de la mer de 0,1 millimètre.

Mais, « si les deux glaciers étudiés dans cette étude, qui représentent ensemble 12 % des glaces du Groenland, fondaient complètement, cela ferait monter les océans d’un mètre. Avec de la chance cela prendra plusieurs siècles », ajoute le glaciologue.

Utilisant des mesures obtenues avec des observations aériennes et par satellites fournies par plusieurs agences spatiales dont la Nasa, ces chercheurs ont pu déterminer que le socle du glacier Zachariae Isstrom s’érode rapidement au contact des eaux plus chaudes de l’océan. La température de l’eau a augmenté de plus d’un degré Celsius entre 1997 et 2010.

« Le réchauffement de l’océan a probablement joué un rôle majeur pour déclencher le recul de ce glacier », pointe Jérémie Mouginot.

Scénario préoccupant

Toutefois, « nous avons besoin de davantage d’observations et de mesures océanographiques dans ces zones sensibles du Groenland pour pouvoir faire des projections », estime-t-il.

« Le dessus du glacier fond sous l’effet d’une augmentation régulière des températures de l’air depuis des décennies tandis que sa base est affaiblie par des courants marins transportant des eaux plus chaudes. Cela a pour résultat de le désintégrer morceau par morceau et de provoquer sa retraite plus en profondeur à l’intérieur du Groenland », résume Eric Rignot, professeur de géophysique à l’Université de Californie à Irvine, principal co-auteur de la recherche.

Selon lui, « il ne fait plus aucun doute après des observations directes pendant plusieurs décennies des résultats du réchauffement sur les glaciers polaires, et les changements sont stupéfiants, affectant les quatre coins du Groenland ».

Comme le montre cette nouvelle étude, le changement climatique érode de plus en plus des glaciers situés près du pôle Nord où il fait le plus froid, relève Jérémie Mouginot.

« Si les températures du globe continuent à grimper il y a un risque que des régions encore plus froides comme l’Antarctique de l’est se mettent aussi à fondre », craint-il.

Un tel scénario serait encore plus préoccupant car l’Antarctique contient beaucoup plus de glace, avec la capacité de faire monter le niveau des océans de plusieurs mètres au cours des prochains siècles, dit-il.

Selon une autre recherche publiée la semaine dernière aux États-Unis, les grands glaciers de l’ouest de l’Antarctique s’effondreraient si ceux du bassin Amundsen, plus petits, étaient totalement déstabilisés sous l’effet du réchauffement.

Or ces chercheurs de l’Institut Potsdam en Allemagne estiment que les glaciers de l’Amundsen perdent déjà de leur stabilité.

Ils seraient le premier « verrou » à sauter dans le système climatique de l’Antarctique, ont-il expliqué montrant pour la première fois les conséquences inévitables d’un tel effondrement.

http://www.lapresse.ca/